Archives pour janvier 2006
Le nouvel Observateur, Hors-série, no. 61 (Bible/Darwin)
30/01/06
Le Nouvel Observateur, Hors-série, no. 61 (décembre 2005 / janvier 2006 ) [7.75$]
Dossier « La Bible contre Darwin »
Ce Dossier de 83 pages contient 29 articles dont 11 signés par des philosophes. Il s`ouvre par un entretien avec Dominique Lecourt, professeur de philosophie à l`Université Denis-Diderot (Paris-VII). Nous reproduisons ci-après, les titres des articles signés par des philosophes :
1. DILHAC, Marc-Antoine. « De la démocratie américaine », p. 8 [professeur de philosophie à l`Université Panthéon-Sorbonne (Paris-I]
2. CALVIER, Paul. « Le Dieu bouche-trou », p. 9 [maître de conférences au département de philosophie de l`École normale supérieure]
3. BESNIER, Jean-Michel. « Le cauchemar de Dieu », p. 23 [professeur de philosophie à l`Université de Compiègne]
4. LADMIRAL, Jean-René. « Raconte-moi une histoire ! », p. 36-37 [professeur de philosophie à l`Université de Nanterre (Paris-X)]
5. QUINIOU, Yvon. « La mort scientifique de Dieu », p. 38-41 [philosophe et enseignant en classes préparatoires]
6. CLAVIER, Paul. « Dieu contre Darwin, un match inamical », p. 52-55 [maître de conférences au département de philosophie de l`École normale supérieure]
7. LECOURT, Dominique. « Le spectre d`une théocratie », p. 56-59.
8. ENGEL, Pascal. « Ni intégrisme ni scientisme ! », p. 62-65 [professeur de philosophie à l`Université de Paris-Sorbonne (Paris-IV)]
9. COMETTI, Jean-Pierre. « Le mirage d`une alliance », p. 66-69. [directeur du département de philosophie de l`Université de Provence (Aix-Marseille-I)]
10. POUIVET, Roger. « L`idéologie du texte absolu », p. 74-77 [professeur à l`Université de Nancy-II et membre du Laboratoire de philosophie et d`histoire des sciences-archives-Poincaré (CNRS)]
11. CONCHE, Marcel. « Inutilité de Dieu », p. 82-83 [professeur émérite à l`Université Paris I Panthéon-Sorbonne]
L’amour est-il un ou multiple ?
29/01/06
À l’instar du pape Pie II (Aeneas Sylvius), grand humaniste du Quattrocento, Benoît XVI, dans sa première Encyclique intitulée Deus Caritas Est, se révèle un fin connaisseur des bonae litterae et un profond théologien philosophe. Il offre à notre attention, dans la première partie de sa lettre, une très belle méditation spéculative sur l’essence de l’amour humain et divin. Eros et agapè, ces réalités incontournables de l’existence, ne sont pas séparées ou opposées de manière rigide. Bien au contraire : à la question de savoir si l’amour humain est un ou multiple, Benoît XVI défend avec vigueur et rigueur la thèse de l’unicité de cette aspiration, de cette extase vers l’éternité qui nous permet de dépasser notre finitude.
Le thème de la justice et de la charité est développé dans la deuxième partie de l’Encyclique. Certes, l’Église et l’État sont deux sphères distinctes dans la société, mais il ne peut y avoir de mur qui les sépare. S’il appartient à l’État de faire régner la justice, l’Église a pour rôle de purifier la raison pratique de ses inévitables aveuglements : « La foi permet à la raison de mieux accomplir sa tâche et de mieux voir ce qui lui est propre. » L’Église intervient dans le débat politique en se fondant sur le droit naturel et c’est essentiellement par l’argumentation rationnelle qu’elle contribue à édifier une société plus juste, dans laquelle est donné à chacun ce qui lui revient. C’est d’ailleurs ce que pose avec une parfaite clarté le droit romain, fondé lui-même sur la philosophie grecque : Juris praecepta sunt haec : honeste vivere, alterum non laedere, suum cuique tribuere. Cependant, même dans la société la plus juste, l’amour – caritas – sera toujours nécessaire. Car il est bien évident qu’il y aura toujours de la souffrance ; prétendre que les gens seraient heureux si seulement leurs besoins matériels étaient comblés relève d’une conception matérialiste de l’homme. Aucune bureaucratie ne peut remplacer le dévouement personnel, l’humanité, l’attention du cœur.
L’Encyclique s’adresse donc à un très large auditoire, en fait à tous ceux qui désirent comprendre plus profondément le sens de l’amour, et à tous ceux qui veulent saisir comment s’articulent justice et compassion. Mais l’Encyclique s’adresse aussi à ces catholiques qui ont tendance à réduire la religion à son utilité sociale : l’authentique « diaconie » ne saurait être un militantisme dans des mouvements de libération. « L’activité caritative chrétienne doit être indépendante de partis et d’idéologies. » Par son action, Benoît XVI a déjà donné des signes de sainteté, au travers de cette méditation sur l’amour et la justice, on voit percer son génie. En passant, la version originale est en allemand, et non en latin.
De la transmission des valeurs
22/01/06
Où sommes-nous ?
De la transmission des valeurs. [*]
Patrice Létourneau
Professeur de philosophie
au Cégep de Trois-Rivières
Je remercie la Société des Écrivains de la Mauricie pour l’invitation à cette rencontre, autour de la question de la transmission des valeurs. Il y a moins d’un mois, c’était Noël. Si on a mis les pieds dans un centre commercial après cette fête, on aura remarqué que les échanges/retours de cadeaux ont été nombreux. Cette image m’est revenue à l’esprit à la lecture de la question Qu’avons-nous à offrir aux jeunes ? Si nous souhaitons offrir quelque chose, ce serait bien que ce ne soit pas un de ces « cadeaux » mal adaptés. Il m’a donc semblé utile d’essayer avant tout de nous situer, de tenter d’entrevoir quelques repères composant notre contexte.
D’ailleurs, il convient de le dire directement, la question des valeurs est aussi la question des repères. Par conséquent, je vais d’abord m’intéresser à cette autre interrogation : Où sommes-nous ? Je ne suis cependant pas celui qui fait le meilleur usage des cartes : des détours sont donc à prévoir dans ce repérage, mais après tout, si ça peut vous rassurer, évoquons ce qui est probablement devenu des lieux communs : le chemin importe plus que le point d’arrivée ; et il faut parfois se perdre pour se retrouver.
Débutons donc…
Les Grands Dossiers des Sciences Humaines (origine/cultures)
22/01/06
À l`occasion du 15e anniversaire de la création de la revue Sciences Humaines (novembre 1990), ses dirigeants lancent un nouveau titre trimestriel : Les Grands Dossiers des Sciences Humaines. Ainsi, à chaque trimestre deux dossiers seront proposés. D`abord, un dossier d`actualité qui rendra compte d`une problématique contemporaine ou d`un moment fort d`une discipline. Puis, un dossier de synthèse qui portera sur une question fondatrice des sciences humaines. On trouvera également d`autres rubriques telles des entretiens, un portfolio, un guide bibliographique. Le premier numéro est consacré à l`origine des cultures et passe en revue les nouvelles hypothèses en ce domaine. On y aborde des questions telles que : Comment penser l`évolution de l`homme ? Quand la culture est-elle apparue ? Quel est le facteur décisif qui a permis l`émergence des cultures ? Le lecteur est donc invité à prendre en compte les avancées considérables (hypothèses, scénarios) de ces dernières années.
Info. : Site Web
Rencontre philosophique à la SEM
17/01/06
Bonjour,
au nom de la Société des Écrivains de la Mauricie, il me fait plaisir de vous inviter à une rencontre philosophique sur la transmission des valeurs en compagnie des professeurs et philosophes Patrice Létourneau et Nicolas Rivard. Qu’avons-nous à offrir aux jeunes? Quelle place faisons-nous au livre, à la culture? Voilà ce à quoi nos invités répondront le dimanche 22 janvier prochain à 11 heures à la Maison Hertel-de-la-Fresnière (802, des Ursulines).
PATRICE LÉTOURNEAU
Âgé de 30 ans, Patrice Létourneau est professeur au Département de philosophie du Cégep de Trois-Rivières. Il vient de publier, aux Éditions Nota bene, un essai philosophique intitulé Le phénomène de l’expression artistique, où il s’intéresse à la question des rapports entre le langage, l’expressivité et le monde vécu. Il a aussi publié un Guide de références en éthique et philosophie politique et il a été boursier du Fonds québécois de recherche sur la société et la culture. C’est au sein d’une réflexion plus globale sur la culture et l’éducation que s’ancre son regard sur la question de la transmission des valeurs.
NICOLAS RIVARD
Nicolas Rivard est <aussi>professeur de philosophie. Il a fait paraître un Guide d’accompagnement spirituel pour personne ayant un déficit cognitif. Parmi ses nombreux champs d’intérêt, on compte la métaphysique, l’histoire des idées, la mystique, l’alchimie, la mythologie, la religiosité occidentale et la critique de la connaissance. Après une maîtrise en philosophie, il poursuivra des études de doctorat en science des religions.
Au plaisir de vous rencontrer,
Gérald Gaudet
président de l’Association
des professionnels de l’enseignement
du français au collégial (APEFC)
professeur de littérature
Département de littérature et communication
Cégep de Trois-Rivières
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