Archives pour mai 2007
Philosophie Magazine, no. 9 (Montaigne)
31/05/07
Philosophie Magazine, no. 9 (Mai 2007), 98p. [10.50$]
La section Analyse publie le second volet de l`article de Ronald Dworkin. Ce dernier s`intéresse cette fois au serment d`allégeance des citoyens américains qui, dit-il, « agit de manière à renforcer l`association de la religion et du patriotisme » (p.24). La rubrique Dialogue met en présence Alexandre Jollien, handicapé de naissance et auteur de La Construction de soi et l`acteur Bernard Campan. Tous deux ont fait de leur corps leur outil de travail pour surmonter les apparences et aller au-delà. Le Dossier a pour thème « L`Univers est-il fait pour l`homme ? ». Le cosmologiste Thibault Damour et le philosophe Frédéric Nef y croisent le fer et plaident pour un renouveau du dialogue entre science et métaphysique. La rubrique Entretien offre sa tribune à l`historien français Paul Veyne qui affirme ne pas croire aux idées générales. Pour ce dernier, l`histoire n`est pas une science mais compréhension du réel, description de pratiques concrètes. En ce sens, il considère que « le lecteur doit avoir le poids concret de ce qu`il lit. Il ne faut pas écrire pour les professionnels mais pour le public cultivé, ce qu`on appelait l`honnête homme » (p.58). La section Biographie est consacrée à Montaigne. Anne-Vanessa Prévost rappelle que « toute l`entreprise de Montaigne dit le malaise d`un moi placé entre l`exigence de se fixer et l`impossibilité de se constituer en être stable » (p.60). À propos de l`auteur des Essais, André Comte-Sponville y voit un maître d`incroyance, un maître de liberté : « Maître à penser plutôt qu`à croire, et à vivre plus encore qu`à penser. Il invente une sagesse à la fois laïque et fidèle [...], une sagesse sans rien qui pèse ni qui pose, une sagesse pour ceux qui ne sont pas des sages et qui se moquent de la sagesse : une sagesse pour tous, à condition que chacun, suivant son exemple, sache inventer la sienne » (p.68). En guise de supplément, un Cahier central (16 pages) contenant des extraits du Livre II, Chapitre I des Essais intitulé « De l`inconstance de nos actions » présentés par Antoine Compagnon, professeur de littérature française à l`Université Columbia (New York) et au Collège de France.
Info. : Site Web
Hommage à Gilles Lane
31/05/07
C’est avec tristesse que nous apprenons le décès du professeur Gilles Lane. Le Québec perd un penseur.
À le fréquenter nous apprenions comment le philosophe peut conduire ceux qui le veulent à la connaissance. Il posait les questions qui apportent la découverte. Il ne laissait pas un problème avant d’avoir trouvé ce qu’il était possible d’être trouvé à son égard.
Sans parler de l’écrivain émérite que nous perdons, chacun pouvait reconnaître en lui le pédagogue, le guide et l’homme affable. Ce philosophe aimait la vérité mais croyait qu’elle devait ouvrir à l’expérience religieuse.Toujours curieux et chercheur dans l’âme, il aimait toutefois dire qu’il ne faut lire que les ouvrages qui nous attirent plus que ceux qu’on nous recommande.
Clément Loranger
Département de philosophie du Cégep de Trois-Rivières
Décès de Gilles Lane
30/05/07
Le 28 mai 2007 est décédé à Saint-Jérôme, près de Montréal, le philosophe québécois Gilles Lane, s.j. à l`âge de 77 ans, après 56 ans de vie religieuse au sein de la Compagnie de Jésus. Il était professeur honoraire de l`Université de Montréal. Il fut membre de l`Association canadienne de philosophie ainsi que membre du comité de rédaction de la revue Dialogue.
Il naît le 21 octobre 1929 à Saint-Boniface (Manitoba). Il est le fils d`Arthur Lane, cadre et de Rachel Langevin, psycho-éducatrice. Il fait ses études au Collège de Saint-Boniface où il obtient un diplôme de bachelier ès arts en 1950. La même année, il entre chez les Jésuites. Licencié en philosophie (Facultés S.J.,Montréal), il étudie ensuite les sciences. En 1957, il obtient un baccalauréat en mathématiques à l`Université de Montréal. En 1959, il complète une maîtrise en physique à l`Université Columbia, à New York. Pendant quatre ans, il étudie la philosophie allemande, alors qu`il poursuit ses études en théologie en Autriche à l`Université Leopold-Frantzen, à Innsbruck, où il complète une licence en théologie en 1963. En 1962, il est ordonné prêtre. Puis, de 1964 à 1968, il fait des études à la Sorbonne, à Paris, où il obtient, en 1969, un doctorat d`État ès lettres avec thèse en philosophie. Par la suite, il est professeur de philosophie à l`Université du Québec à Trois-Rivières (1968-74), au Collège Laflèche de Trois-Rivières (1974-78), à l`Université de Sherbrooke (1976), puis à l`Université Laval (1978-79) et à l`Université de Montréal, où il est professeur titulaire (1979-93). Suite à la sortie de son livre L`urgence du présent, il prononce, le 20 février 1974, au Centre culturel, une conférence intitulée « Considérations sur la culture et la contre-culture » devant l`auditoire du Cercle de philosophie de Trois-Rivières présidé par le professeur Alexis Klimov (1937-2006) de l`UQTR. Durant de nombreuses années, il est un collaborateur assidu à la Maison des amis du Plateau Mont-Royal. Il y est animateur auprès de personnes démunies, jeunes et moins jeunes.
Il a publié une douzaine d`ouvrages de philosophie, principalement sur la connaissance ordinaire et la connaissance scientifique, la culture et l`éducation, l`éthique fondamentale, la vie en société et la politique. Sa bibliographie comprend les titres suivants : Notre monde apparent (1969), J.L. Austin. Quand dire, c`est faire. Introduction, traduction et commentaire de Gilles Lane (1970), Être et langage (1970), L`avenir d`une prédiction (1971), L`urgence du présent (1973), À quoi bon la philosophie ? (1982, 3e éd.en 1997), Si les marionnettes pouvaient choisir (1983), La science comme mythe (avec Yvon Johannisse,1988), Pouvoir, justice et non-mépris (1989), Loi, conscience et société (1992), Government, Justice, and Contempt (New York/Londres, 1993), Dieu nous aime quand même (1995), Conscience et lien social (une 2e édition de Loi, conscience et société,1996).
Il est exposé à la Maison des Jésuites, à Saint-Jérôme. Les funérailles y seront célébrées le vendredi 1er juin à 10h30.
Le Magazine littéraire, no. 463 (Kierkegaard)
15/05/07
Le Magazine littéraire, no. 463 (Avril 2007), 98p. [8.10$]
Dossier « Soren Kierkegaard, philosophe et dandy »
Le dossier de 36 pages qui comprend 12 articles est coordonné par Patrice Bollon. Il est structuré autour des trois « stades sur le chemin de la vie » (l`esthétique, l`éthique et le religieux) qui constituent la colonne vertébrale de l`oeuvre de Kierkegaard. Dans l`avant-propos, Jean-Louis Hue, directeur de la rédaction, rappelle concernant l`auteur du Traité du désespoir que « La mélancolie ne lui est pas une pénitence, plutôt une grâce. Loin de se réduire à une lugubre tessiture, son oeuvre est sans cesse parcourue d`échos, de correspondances, de variations, à la manière d`une symphonie. Kierkegaard s`y plaît à endosser des identités multiples, comme s`il lui était impossible de parler de lui directement, et convoque la fiction pour éclairer sa propre vie » (p.3).
Pour Patrice Bollon, journaliste et essayiste, Kierkegaard est « le prophète d`une nouvelle façon de penser, apte à nous délivrer des errements du rationalisme et d`une pensée hiérarchique d`autorité » (p.29). De son côté, le philosophe Alain Badiou voit dans Kierkegaard l`un des plus grands antiphilosophes : « J`appelle ” antiphilosophe ” cette sorte particulière de philosophe qui oppose le drame de son existence aux constructions conceptuelles; pour qui la vérité existe, absolument, mais doit être rencontrée, expérimentée, plutôt que pensée ou construite » (p.50). Pour sa part, Jean-Louis Chrétien, professeur de philosophie à Paris-IV Sorbonne, montre que les nombreux « discours édifiants » publiés par Kierkegaard, loin d`être des sermons pontifiants, sont des paroles intimes adressées à un lecteur, pris dans toute sa singularité, afin qu`il accède par lui-même à la vérité.
Info. : Site Web
Décès d`Alain Etchegoyen
14/05/07
Le 9 avril 2007 est décédé au Mans (Sarthe) le philosophe français Alain Etchegoyen à l`âge de 55 ans des suites d`un cancer. Il y était hospitalisé depuis le 28 mars. Cet intellectuel éclectique était aussi féru de football et de gastronomie. Sur ce dernier sujet, le disparu faisait connaître son point de vue lors d`un dialogue avec le cuisinier Pierre Gagnaire et le chercheur au Collège de France et à l`Institut national de la recherche agronomique Hervé This dans un article intitulé « Qu`est-ce qu`un repas réussi ? » et reproduit dans Philosophie Magazine, no. 4 (octobre-novembre 2006) aux pages 28 à 31. Il avait cofondé le mouvement Agir avec Martine Aubry, maire socialiste de Lille. Avec celle-ci, il avait travaillé sous Lionel Jospin à la mise en oeuvre des emplois jeunes. Il avait été collaborateur de Marylise Lebranchu au ministère de la Justice. Il a mené un parcours intellectuel et professionnel protéiforme et inclassable, entre salles de cours de lycées, studios de télévision ou cabinets ministériels de gauche comme de droite. Bref, il était un touche-à-tout boulimique.
Il naît le 16 novembre 1951 à Lille, de mère lilloise et de père chef d`entreprise d`origine basque. Bardé de diplômes – normalien, agrégé de philosophie, il est titulaire d`une maîtrise sur la thermodynamique sous la direction de Michel Serres. Élève des Jésuites, il mène de brillantes études de lettres qui le conduisent à l`École normale supérieure et à l`université parisienne Panthéon-Sorbonne. De 1976 à 1981, il est professeur de philosophie aux lycées de Coulommiers en Seine-et-Marne. Il enseigne en classes préparatoires au lycée Louis-le-Grand à Paris depuis 1981 et au lycée professionnel Galilée de Gennevilliers dans les Hauts-de-Seine.
1 788











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