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French Theory : la mutation de la vie intellectuelle aux États-Unis

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Avec l’ouvrage de Céline Lafontaine sur l’empire cybernétique, l’essai de François Cusset sur la réception/interprétation étasunienne de la «French Theory» compte parmi les ouvrages importants pour tenter de ressaisir la vie intellectuelle depuis la seconde moitié du 20e siècle aux États-Unis, un pays qui, qu’on aime ou critique, joue avec quelques autres un rôle de plaque tournante dans les débats d’idées qui contribuent à faire «l’air du temps».

 

Voici la présentation qu’en fait l’éditeur :

«Baudrillard inspirant la science-fiction, Deleuze et Guattari les pionniers de l’Internet, Foucault les luttes communautaires et Derrida toute la théorie littéraire : après avoir croisé à New York la contre-culture des années 1970, les œuvres des philosophes français de l’après-structuralisme sont entrées dans les départements de littérature de l’université américaine, où elles ont bouleversé de l’intérieur tout le champ intellectuel. Réinterprétées, réappropriées au service des combats identitaires de la fin de siècle américaine, elles ont fourni le socle théorique sur lequel ont pu s’épanouir, contre la régression des années Reagan, les Cultural Studies, les Gender Studies et les études multiculturelles. C’est cette histoire, mal connue, de la French Theory que François Cusset retrace ici. Il décrit le succès de cette étrange « théorie française » — la déconstruction, le biopouvoir, les micropolitiques ou la simulation — jusque dans les tréfonds de la sous-culture américaine. Il restitue l’atmosphère particulière des années 1970 et raconte la formidable aventure américaine, et bientôt mondiale, d’intellectuels français marginalisés dans l’Hexagone. Car le plus surprenant est que, pendant que l’Amérique les célébrait, la France s’empressait d’inhumer ces dangereux échevelés de la « pensée 68 » pour louer à nouveau l’humanisme citoyen et son vieil universalisme abstrait. Au-delà, ce livre brosse un portrait passionnant des mutations de l’espace intellectuel, culturel et politique américain des dernières décennies.

Ancien directeur du Bureau du Livre Français de New York, fondateur de la collection d’essais “Penser/Croiser” aux éditions Les Prairies ordinaires, François Cusset est un spécialiste d’histoire intellectuelle dont les publications et les recherches portent plus particulièrement sur l’histoire des théories critiques et l’évolution du champ des sciences humaines dans l’université anglo-saxonne et sur les transferts culturels et intellectuels transatlantiques.  Il enseigne à l’Université Paris-X (Nanterre).

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Table des matières :

«Introduction. L’effet Sokal

I. L’invention d’un corpus
1. Préhistoires
– D’exil en export
– Antécédents transatlantiques
– L’invention du poststructuralisme (1966)

2. L’enclave universitaire
– Mondes à part
– Gentlemen et savants
– L’excellence et le marché
– New Criticism et modernisme littéraire

3. Le tournant des « seventies »

– De la militance à l’existence
– Revuisme éclectique
– Contre-culture : un rendez-vous manqué ?
– L’aventure de Semiotext(e)

4. Littérature et théorie
– Conflit des facultés : la victoire du récit
– En citant en détournant
– Résistances : de l’histoire à la philosophie
– Theory, une éducation critique

5. Les chantiers de la déconstruction
– Lecture, l’enjeu derridien
– Le quatuor de Yale
– Échappées et stratagèmes
– Supplément : l’effet Derrida

II. Les usages de la théorie
6. Politiques identitaires
– Le triomphe des cult’ studs’
– Ethnicité, postcolonialité, subalternité
– Questions de genre
– Politique théorique, alliance malaisée
– New Historicism : les limites d’un compromis

7. La contre-offensive idéologique

– La querelle du canon
– Les méprises du PC
– Un débat national
– La croisade néoconservatrice
– Vers une gauche postpolitique ?

8. Stars de campus
– Judith Butler et la performance
– Gayatri Spivak et l’intotalité
– Stanley Fish et l’institution
– Edward Said et la critique
– Richard Rorty et la conversation
– Fredric Jameson et la question postmoderne

9. Étudiants et usagers
– Les jeux de la parataxe
– Bildungstheorie contre lecture légitime
– Augmentation du monde et privatisation des savoirs

10. Pratiques artistes

– Entre l’œuvre et le marché
– Le quiproquo simulationniste
– Architectures immatérielles

11. Machinations théoriques

– Zone d’autonomie temporaire
– Cyborgs, platines, objets trouvés
– Pop : circulation aléatoire

III. Allers-retours
12. La théorie-norme : une influence prolongée
– La ritournelle du déclin
– La persistance culturaliste
– De Foucault à Barthes : le nuancier des paradoxes

13. La théorie-monde : un héritage planétaire
– L’Amérique et ses autres
– Impacts lointains, effets directs
– Les sources allemandes

14. Et pendant ce temps-là en France…
– L’humanisme isolé, ou la résurgence des gros concepts
– Le lent retour du refoulé
– Science pure et raison d’État

Conclusion. Différence et affirmation

Postface à l’édition de 2005
Index
Remerciements.»

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AUTEUR : François Cusset
TITRE : French Theory.  Foucault, Derrida, Deleuze & Cie et la mutation de la vie intellectuelle aux États-Unis
ÉDITEUR : La Découverte
ÉDITION : 2e édition augmentée d’une «Postface»
PARUTION : septembre 2005
PAGES : 373 pages.
ISBN : 9782707146731
empire cybernetique

l’empire cybernétique

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Publié en 2004, cet essai de Céline Lafontaine n’est pas à proprement parler une nouveauté, quoiqu’il n’a peut-être pas encore rencontré tout l’écho qu’il mérite, et ce, malgré qu’il ait été couronné du «Prix du jeune sociologue de l’Association Internationale des Sociologues de Langue Française». 

Il s’agit d’un ouvrage susceptible d’intéresser tout autant le philosophe des sciences et l’épistémologue, que le sociologue des sciences (comme le sociologue de la culture et des «idées») et l’historien des sciences, tout comme le philosophe intéressé par la «querelle de l’humanisme et du posthumanisme», ainsi que la personne à l’affût des rapports possibles entre utopie et critique dystopique – ce qui peut aussi rejoindre des considérations sur le rapport entre culture, imaginaire et «mythologies contemporaines».

Voici la présentation qu’en fait l’éditeur :

«Du structuralisme à la philosophie postmoderne, de la déconstruction au systémisme, de Claude Lévi-Strauss à Jacques Lacan, de Gilles Deleuze à Jean-François Lyotard, une bonne part de la pensée européenne des cinquante dernières années a été souterrainement influencée par un ensemble de présupposés théoriques élaborés dans l’immédiat après-guerre avec la naissance de la cybernétique. Ce « paradigme cybernétique », dont l’apparition est historiquement datée, se fondait sur une toute nouvelle conception de l’humain et de la société en rupture avec l’héritage humaniste de la modernité. En général ignorée, ou passée sous silence, cette influence a profondément marqué le paysage intellectuel contemporain. C’est ce que l’auteur de ce livre, sociologue à l’Université de Montréal, met en évidence dans cet essai. Il s’agit de reconstituer, avec précision, la généalogie d’un paradigme qui fut et demeure très influent, aussi bien sur le vieux continent qu’outre-Atlantique. À ce titre, le travail de Céline Lafontaine apparaît comme une contribution essentielle autant que neuve au débat contemporain. En replaçant dans son contexte historique l’apparition de ce qu’on appelle la postmodernité, cet essai surprendra sans doute. C’est néanmoins un apport dont il sera désormais difficile de ne pas tenir compte, d’autant plus qu’il apporte un éclairage neuf sur l’imaginaire des technosciences.

Jeune sociologue québécoise (elle vient d’être nommée à l’Université de Montréal), Céline Lafontaine fut l’élève, en France, du professeur Philippe Breton, spécialiste des sciences de la communication et auteur de nombreux livres qui font autorité sur le langage et la manipulation de la parole (il préface le livre). Mais, au Québec, Céline Lafontaine inscrit son travail dans le droit fil d’un auteur considérable et injustement méconnu en France : Michel Freitag. Elle incarne assez bien une génération de jeunes chercheurs, paisiblement affranchis des querelles intellectuelles traditionnelles (Mai 68, la postmodernité, le structuralisme, etc.). De plain-pied avec la modernité, elle propose une analyse décomplexée, critique et roborative des courants de pensée contemporain.»

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AUTEURE : Céline Lafontaine
TITRE : l’empire cybernétique.  Des machines à penser à la pensée machine
ÉDITEUR : Seuil
PARUTION : 2004
PAGES : 238
ISBN-13 : 978-2020561709 


Voir aussi : cette recension dans la revue Philosophiques (volume 32, numéro 1, 2005, p.277-281).

slam-2008

Salon du livre ancien de Montréal 2010

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C`est les 25 et 26 septembre  2010 qu`aura lieu la 27e édition du Salon du livre ancien de Montréal. Parrainé par Confrérie de la Librairie Ancienne du Québec (CLAQ), l`événement (le 2e en importance au Canada) se tiendra dans l`atrium du Pavillon McConnel de la bibliothèque Webster de l`Université Concordia, au 1400 boul. de Maisonneuve Ouest. La présente édition rend hommage à l`écrivain britannique Lewis Carroll (1832-1898), auteur d`Alice au pays des merveilles (1865). Le Salon, c`est 30 libraires du Québec et d`ailleurs ainsi que 10,000 livres pour tous les budgets de 25$ à 25,000$ et plus.

Le visiteur pourra y retrouver un grand choix de livres anciens, rares ou épuisés ainsi que des éditions originales et de belles reliures. Bref, des livres de toutes les époques, sur tous les sujets et pour toutes les bourses. L`horaire est le suivant : samedi de 12h00 à 18h00 et dimanche de 11h00 à 17h00. L`admission est de 6$ pour les deux journées. Rappelons que la Confrérie de la librairie ancienne du Québec est une corporation à but non lucratif  fondée en 1987 afin de promouvoir l`intérêt pour le livre ancien.

Info. : www.bibliopolis.net/claq