Archives pour novembre 2010
Claude Lévesque, Philosophie sans frontières (MÀJ)
26/11/10
traverse aussi bien la littérature que la philosophie [p. 19 ...]
– Claude Lévesque
Philosophie sans frontières est un bel ouvrage, de par sa facture autant que son contenu, qui s’efforce de montrer qu’il n’y a pas de travail profond de la pensée sans travail sur le langage – et qui, donc, tend à mettre en relief qu’il n’y a pas de grande philosophie sans faire advenir un style.
Voici la présentation de l’éditeur :
«La philosophie a ceci de particulier qu’elle n’a pas d’objet propre ni de domaine qui lui soient réservés ou attribués d’avance. Son questionnement ne se laisse pas limiter à une seule région du savoir. Tout l’intéresse, et rien ne lui est étranger ; aucune limite ne l’enferme. Son objet est proprement démesuré, il ne souffre aucune restriction. Seule répond alors à ses besoins une écriture nomade, aventureuse, intempestive, risquée, ouverte en droit sur le texte général et sans bordure.
En rassemblant des textes de sources, d’époques et de styles différents, mais où s’inscrit en filigrane une complicité profonde, toujours soutenue, avec les œuvres où se risque une pensée à la limite, l’auteur entend laisser le métissage et le nomadisme contaminer jusque dans sa facture même cet ouvrage voué à l’exploration sans contraintes du champ illimité de la philosophie, de la psychanalyse et de la littérature. Loin d’amalgamer inconsidérément ces disciplines, Philosophie sans frontières cherche, au contraire, à en exploiter et à en accentuer le potentiel déconstructeur et la singularité même.
Professeur de philosophie, à la retraite depuis 2002, Claude Lévesque s’intéresse à la philosophie continentale contemporaine, à la psychanalyse et à la littérature. Il a publié plusieurs essais, dont «L’étrangeté du texte» (VLB, 1976 et Christian Bourgeois, 1978), «L’oreille de l’autre» (en collaboration avec Christie V. McDonald, VLB, 1982), «Dissonance» (Hurtubise HMH, 1988), «Le proche et le lointain» (VLB, 1994) et «Par-delà le masculin et le féminin» (Aubier, 2002, Prix de l’essai de la revue Spirale). Il est membre de l’Académie des lettres du Québec et de la Société royale du Canada.»
Barthes, Mythologies : nouvelle édition illustrée
16/11/10
à tout ce qu’il convient de croire, aux dogmes sournois du “bon sens”. L’enjeu est
– Raphaël Enthoven (source)
Présentation de l’éditeur :
«Ce volume contient l’intégralité du texte des Mythologies et environ 120 illustrations.
Parues en 1957, les Mythologies de Roland Barthes constituent un cas à part dans l’édition : depuis plus de cinquante ans, elles ont eu des centaines de milliers de lecteurs ; attachées à saisir une époque, elles n’ont pourtant pas pris une ride. Bref, les Mythologies sont désormais inscrites dans notre patrimoine littéraire.
Pourquoi illustrer les Mythologies ? Avant tout parce que leur objet est très souvent visuel. On sait l’intérêt que Barthes portait à la photographie. Son regard sur la presse ( Paris-Match, Elle ), la publicité, etc. est tout aussi omniprésent dans le livre. Ce volume entend donc donner à voir l’univers visuel de Barthes, le texte caché en quelque sorte.
Le résultat est fort, surprenant, parfois drôle.»
Source : Fabula
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Note : ajoutons qu’il s’agit d’un livre grand format, à la facture soignée, avec une illustration dont le grain est signifiant en lui-même, confectionné avec un bel équilibre texte/images. Et puisqu’il y a sûrement aussi une mythologie du livre-objet, ajoutons que c’est un livre qui sent bon le mélange d’encre et papier lorsqu’on l’ouvre.
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AUTEUR : Roland Barthes
TITRE : Mythologies (nouvelle édition illustrée par Jacqueline Guittard)
ÉDITIONS : Seuil
PAGES : 256
PARUTION : 14 octobre 2010
ISBN : 9782021034479
Revue «Argument» A-2010 : Grandeur et misère du citoyennisme
13/11/10
Le second dossier de ce numéro a pour thème «Grandeur et misère du citoyennisme» et tente «de jeter un regard critique sur cette nouvelle forme de militantisme que représente le «citoyennisme». Largement présent au sein de l’ensemble des espaces publics en Occident depuis bientôt deux décennies […]» (p. 45). On y retrouve des articles de :
- Danic Parenteau (professeur adjoint au Collège militaire royal de Saint-Jean),
- François Charbonneau (professeur adjoint à l’École d’études politiques de l’Université d’Ottawa)
- et d’Éric Martin (candidat en pensée politique à l’Université d’Ottawa).
Le premier dossier a quant à lui pour thème «Le Québec au miroir de ses téléséries». Après avoir remarqué que «les téléséries québécoises se sont multipliées et se sont considérablement raffinées sur le plan du contenu et de la qualité télévisuelle, à l’instar des grandes productions américaines […]» (p. 14), il s’agit de les prendre «comme matière à investigation et de les analyser en tant que miroir de la société qu’elles dépeignent, en y posant un regard distancié, sociologique.» (p.14). On y retrouve :
- un article de Pierre Barette (titulaire d’un doctorat en sémiologie et enseignant au Cégep du Vieux-Montréal, ainsi qu’à l’École des médias de l’UQAM) sur la série Trauma ;
- un article d’Helen Faradji (titulaire d’un doctorat en littérature de l’UQAM – sur l e cinéma des frères Coen – et rédactrice en chef de la revue 24 images) sur la série Les Invincibles ;
- un article de Carl Bergeron (essayiste) sur la série C.A. ;
- un article de Catherine Côté (professeure agrégée à l’École de politique appliquée, à l’Université de Sherbrooke) sur la série Tout sur moi ;
- et un article d’Éric Bédard (historien et professeur à la Télé-Université de l’UQAM) sur la série Minuit le soir .
À propos de ce dossier sur les téléséries, on peut lire l’article de Stéphane Baillargeon dans Le Devoir : «Médias – Cinq intellos au chevet des téléromans québécois»
Par ailleurs, dans le dossier «Autour d’un livre» est mis en discussion le dernier ouvrage de Joseph Facal : «Quelque chose comme un grand peuple». Prennent part à l’échange :
- Eugénie Brouillette (professeure agrégée à la faculté de droit de l’Université Laval)
- Jean-Herman Guay (professeur titulaire à l’École de politique appliquée de l’Université de Sherbrooke)
- Claude Couture (professeur à l’Institut d’études canadiennes, au Campus Saint-Jean de l’Université de l’Alberta)
- Éric Montpetit (professeur agrégé au Département de science politique de l’Université de Montréal)
- Mathieu Bock-Côté (candidat au doctorat en sociologie à l’UQAM)
- François Rocher (directeur et professeur titulaire à l’École d’études politiques de l’Université d’Ottawa)
- Et la réplique de Joseph Facal
Thierry Blin et le passage du politique à l’humanitaire
13/11/10
Thierry Blin est notamment à l’origine du recueil de traductions d’Alfred Schütz accompagné d’une remarquable préface, intitulé «Essai sur le monde ordinaire» (dont nous avons rendu compte là, ainsi que dans les «Cahiers internationaux de sociologie», PUF, 2008), ainsi que l’auteur de «Requiem pour une phénoménologie».
Dans son dernier essai paru le 1er septembre 2010, «L’invention des sans-papiers. Essai sur la démocratie à l’épreuve du faible» (PUF), il analyse le cas des «sans-papiers de Saint-Bernard» comme cas type d’un «changement de paradigme politique, tout entier dominé par la question des droits de l’Homme, [qui] marque une étape de l’individualisme démocratique et de l’affirmation corrélative d’une démocratie des droits de l’Homme.» Ou en d’autres termes, un passage des luttes sociales vers des luttes de «reconnaissance», un passage des luttes sociales aux luttes morales, ce qu’il considère comme une régression.
Par delà les données sociologiques et les considérations politiques, le philosophe des sciences comme le philosophe de la culture y trouveront aussi matière à réflexion. Car, au travers de cet ouvrage, Thierry Blin montre le rôle et l’importance du symbolique et du conjoncturel, qui dépassent le seul structurel et les seules ressources matérielles.
À écouter : l’actualité des essais sur France Culture
À lire :
- la critique de Solange Chavel
- le compte-rendu d’Axelle Brodier
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