Archives pour octobre 2011
Pour une réhabilitation des dialogues socratiques
31/10/11
[NDLR : l’article qui suit a d’abord été publié dans la revue « Philosopher. La revue de l’enseignement de la philosophie au Québec », Numéro 23, Automne 2011 (pages 40 à 48). Nous le reproduisons ici avec les autorisations nécessaires.]
Pour une réhabilitation des dialogues socratiques
par Martin Hould, Cégep de Trois-Rivières
Très souvent, les étudiants entrent au collège avec une idée préconçue de la philosophie. Les préjugés les plus communs étant 1) que la philosophie est inutile (à quoi ça va me servir de savoir ça?) 2) qu’elle est un enseignement dogmatique (il faut que tu penses comme le professeur) et 3) que la logique brime la liberté d’expression et le processus créatif (j’ai le droit de penser comme je veux). Très souvent, la réalité quotidienne de l’enseignant, plus particulièrement de celui qui initie les jeunes adultes au cours Philosophie et rationalité, est d’avoir à combattre sans relâche ces trois préjugés récurrents. C’est une tâche « non écrite » qui échoit à tout enseignant qui veut gagner le cœur des étudiants pour la cause du savoir, de la pensée et de l’esprit critique.
Nous pouvons prendre beaucoup de temps pour expliquer l’utilité de la philosophie en début de session. Cela suffit rarement : soit certains étudiants persistent à vouloir comprendre l’utilité de la chose sans jamais être vraiment satisfaits, soit ils se résignent à répéter machinalement ce qu’ils entendent, s’aliénant par la même occasion la possibilité de développer une conscience philosophique authentique. Serait-il alors pertinent d’orienter Philosophie et rationalité sur le quotidien du jeune adulte, sur des sujets qu’il comprend d’emblée et sur les avantages immédiats qu’il peut tirer d’une argumentation bien articulée?
Brel et la culture
31/10/11
«J’essaie de réaliser les étonnements, plutôt que les rêves. (…) Un Homme qui n’a pas peur, c’est pas un Homme (..) La bêtise, c’est de la paresse. (…) La bêtise, c’est un type qui vit et qui dit «ça me suffit». «Ça me suffit, je vis, je vais bien, ça me suffit.» Et il ne se botte pas le cul tous les matins en se disant «c’est pas assez». «Tu ne sais pas assez de choses, tu ne vois pas assez de choses, tu ne fais pas assez de choses». C’est de la paresse pour moi la bêtise. Une espèce de graisse autour du cœur qui arrive – une graisse autour du cerveau.»
Le monde ne suffit pas toujours : iPhilosophie
31/10/11
« V. Billard montre qu’il est possible d’engager des réflexions
d’un tout autre niveau, pourvu que l’on se
donne les moyens – métaphysiques – de le faire. »
– Nicolas Rousseau (Source)
La collection « Quand la philosophie fait pop ! », des Presses de l’Université Laval, s’enrichit d’un nouveau titre : iPhilosophie. Comment la marque à la pomme investit nos existences, de Vincent Billard (qui se réclame de la philosophie analytique).
Voici la présentation de l’éditeur :
« Qui ne connaît pas Apple, la marque californienne dont le logo est une pomme croquée ? Son parcours extraordinaire, commencé il y a longtemps dans un garage d’étudiant, a donné lieu à de nombreux livres. Mais, étonnamment, on trouve très peu de réflexions consacrées à penser en profondeur cette marque elle-même. Cet ouvrage est le premier essai philosophique sur le sujet écrit en français. Son but est de traiter vraiment de philosophie et vraiment d’Apple, de comprendre en particulier ces objets aujourd’hui mondialement célèbres, commençant par le fameux « i » (iPod, iPhone, iPad, iMac…). Qu’est-ce que ces créations apportent de nouveau dans le monde ? Comment les définir et quel est leur sens ? Voilà les interrogations philosophiques, on pourrait même dire ontologiques (c’est-à-dire concernant la nature fondamentale de ce qui est), dont traite cet ouvrage et auxquelles il tente d’apporter les réponses les plus claires et précises possibles.
Vincent Billard est né au Viêt Nam pendant la guerre américaine. Orphelin, il a été adopté étant enfant, comme Steve Jobs, le fondateur d’Apple. En France, où il a grandi, il est devenu professeur de philosophie. C’est lors d’un long séjour aux États-Unis et au Québec que l’idée d’écrire un ouvrage sur Apple lui est venue, en découvrant la collection dirigée par Normand Baillargeon et Christian Boissinot. Une partie de ce livre a été rédigée à Montréal ainsi qu’une autre à Nouméa, en Nouvelle-Calédonie. »
À lire : le compte-rendu critique de Nicolas Rousseau sur le site « Actu philosophia ».
« Wanderer » : un essai de Georges Leroux
31/10/11
Georges Leroux a fait paraître, en août dernier aux Éditions Nota bene, un essai sur le Voyage d’hiver de Franz Schubert, avec une suite photographique de Bertrand Carrière.
Voici la présentation de l’éditeur :
« Le Voyage d’hiver appartient aux dernières années de la courte vie de Franz Schubert. Il porte les marques du chemin qui s’achève, mais dans la méditation de son voyageur, on entend aussi une résolution, une volonté de poursuivre envers et contre tout.
Dans cet essai, on accompagne le Wanderer dans son ultime combat, on le suit dans ce cycle de vingt-quatre Lieder où chaque instant est aussi un paysage, une émotion associée à la quête d’une sérénité qui toujours échappe. Confronté à la perte, le héros traverse tous les états de l’abattement et de la détresse, jusqu’à la rencontre finale avec un personnage aussi démuni que lui, ce joueur de vielle à roue qui pourra, peut-être, lui offrir l’hospitalité attendue. Chaque Lied est ici l’occasion d’un exercice de pensée, où l’écriture tente l’impossible : dire ce qui a lieu dans l’œuvre, suivre le Wanderer, en recueillir le chant de courage. Chaque Lied est aussi commenté par une image, chacune offrant un regard sur ce paysage hivernal dont l’horizon est toujours celui de cette attente blessée, de cette paix qui se dérobe.
Leçon de lucidité, appel à consentir à la finitude, le Voyage d’hiver invite à la compassion et cherche dans la compagnie du Wanderer la ressource extrême de la vie, la force de se relever, l’accueil de l’autre.
Georges Leroux est professeur émérite au Département de philosophie de l’UQAM, où il a enseigné l’histoire de la pensée grecque de 1969 à 2006. Connu internationalement comme helléniste et traducteur de Platon et de Plotin, il est l’auteur de plusieurs ouvrages de philologie et d’histoire. Il a également publié de nombreuses études sur l’art et la musique. Son essai, Partita pour Glenn Gould. Musique et forme de vie (PUM, 2007), a reçu plusieurs prix, dont le Prix de la revue Études françaises, et le Grand Prix du livre de Montréal, 2007. Il a été traduit en Anglais et en Japonais.
Bertrand Carrière développe depuis vingt-cinq ans une œuvre photographique variée. Son travail a été exposé au Québec, au Canada, aux États-Unis, en Europe et en Chine. Il a publié cinq livres de ses photographies aux éditions Les 400 coups. »
Aussi disponible chez l’éditeur : exemplaires de tête, imprimés sur papier Strathmore 100% coton et numérotés 5 à 25 au prix de 75$.
La revue Liberté s`expose à Montréal
26/10/11
C`est du 22 février 2011 au 27 novembre 2011 qu`a lieu l`exposition « Liberté, des écrivains dans la Cité (1959-2009) » à la Grande Bibliothèque, à Montréal. L`événement se tient à la Promenade de l`Avenue Savoie, niveau 2. En 50 citations tirées des textes de certaines des plus grandes plumes de la revue Liberté, cette exposition offre un aperçu de ce que fut, de 1959 à nos jours, l`aventure intellectuelle du Québec. Cinquante ans plus tard, Liberté est plus que jamais un lieu de parole destiné aux assoiffés de sens, aux amoureux des lettres et aux vindicatifs de la place publique.
La revue Liberté est fondée en janvier 1959 à Montréal par un groupe d`écrivains et d`intellectuels québécois dont l`avocat et homme de lettre Jean-Guy Pilon qui la dirige de 1959 à 1979, le poète et critique André Belleau (1930-1986), le poète et essayiste Fernand Ouellette, le romancier et cinéaste Jaques Godbout et le journaliste et romancier Jean Filiatrault (1919-1982). Dix ans après la publication, à Montréal, du manifeste du Refus global (1948), ceux-ci réclament une liberté surtout culturelle. Ils considèrent que la collectivité québécoise doit s`exprimer dans sa langue avec fierté. Cette revue littéraire est indépendante de tout parti politique et de toute religion. En 1959 et 1960, ce sont les Éditions de l`Hexagone qui publient la revue Liberté. Toutefois, la direction, le comité de rédaction, l`administration et l`adresse du périodique sont distincts de ceux de la maison l`Hexagone. Au départ, Liberté comprend dans son comité de rédaction des poètes qui ont déjà publié à l`Hexagone dans les années 1950 (Fernand Ouellette, Michel Van Schendel) ou qui y publieront dans les années 1960 (Jacques Godbout, Gilles Hénault, Paul-Marie Lapointe). À la fin de 1960, la maison l`Hexagone cesse d`être l`éditeur de la revue après la parution des douze premiers numéros.
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