Le 9 juillet 2013, à Montréal, est décédé d`une crise cardiaque à l`âge de 54 ans le philosophe et romancier québécois Gaétan Soucy. Il enseignait la philosophie au Collège Édouard-Montpetit, à Longueuil; il fut également chargé de cours à l`Université du Québec à Montréal. Durant sa carrière littéraire, il a remporté de nombreuses récompenses. Entre romans, contes et fables, ses livres mettent en scène des héros en quête d’un passé trouble ou mystérieux, des enfants livrés au désordre du monde, un imaginaire entre noirceur et drôlerie. Chez lui, la littérature se distingue par sa recherche stylistique sur la langue, ainsi que par ses thèmes récurrents : la gémellité, le corps mutilé, le parent cruel, l’enfant supplicié, le remords, le pardon et l’âme errante à la recherche d’amour.

Il naît le 21 octobre 1958 dans une famille nombreuse du quartier ouvrier Hochelaga-Maisonneuve, à Montréal. Son enfance est sans histoires, il néglige ses études secondaires et s’instruit en lisant des livres. Dans un premier temps, il entreprend des études en astrophysique et en mathématiques à l`Université de Montréal. Par la suite, il obtient un baccalauréat en lettres à l`Université du Québec à Montréal et une maîtrise en philosophie avec un Mémoire sur la théorie transcendantale des sciences dans la philosophie critique kantienne. Par après, il consacre quelques années à l`étude exclusive de la langue et de l`écriture japonaises. Ce qui l`amène à voyager au Japon entre 1990 et 1995. En 1994, il publie son premier roman L`Immaculée Conception (Boréal), ce qui lui vaut d’être honoré, en France, par le Festival du Premier roman de la ville de Chambéry (Savoie). En France, le livre est publié l`année suivante sous le titre 8 décembre (Éditions Climats). En 1997, il publie un roman L`Acquittement (Boréal), qui remporte, en 1998, le Grand Prix du Salon du Livre de Montréal. En 1998, il publie un roman La petite fille qui aimait trop les allumettes (Boréal) qui sera traduit dans une vingtaine de langues. Cette publication le propulse au rang d`écrivain internationalement reconnu. En 1998, il obtient le Grand Prix du livre de Montréal pour L’Acquittement. En 1999, son troisième roman, intitulé La Petite fille qui aimait trop les allumettes, obtient le prix Ringuet de l`Académie des lettres du Québec, le prix Grand Public La Presse; ce même roman se rend en finale du prix Renaudot, en France. En 1999 toujours, il fait partie, avec Dany Laferrière, des invités de Bernard Pivot, à l`émission Bouillon de culture, à Paris.

En 2001, il signe son premier texte dramatique, avec Catoblépas, qui fut mis en scène par Denis Marleau et créé par UBU compagnie de création, en coproduction avec le Théâtre français du Centre national des Arts et le Festival de théâtre des Amériques. La pièce fut jouée au Centre national des arts en mai 2001 et au Théâtre d’Aujourd’hui à l’automne 2001. En 2002, il publie un roman Music Hall ! (Boréal). Acclamée partout dans le monde, l`oeuvre a été traduite dans plus de douze langues. En 2003, l`Association des libraires du Québec lui remet le 10e prix des libraires du Québec pour son roman Music Hall ! La même année, il obtient le Prix France-Québec-Jean-Hamelin. En 2003 également, il reçoit le Prix Nessim Habif (3000 euros) de l`Académie royale de la langue et de la littérature françaises de Belgique pour l`ensemble de son œuvre. Le 3 avril 2004, à l`occasion de la 11e édition de la Dictée des Amériques, il assume la rédaction et la lecture de la dictée. L`événement est retransmis sur les ondes de Télé-Québec, en direct de la salle du Conseil législatif de l`Assemblée nationale du Québec. La même année, il effectue une importante tournée de promotion à Bratislava, Prague et Amsterdam. En 2005, il publie une nouvelle, L’angoisse du héron, qui paraît chez Le lézard amoureux Du 17 au 22 mars 2006, lors de la 26e édition du Salon du Livre de Paris, au Parc des expositions, Porte Versailles, il fait partie avec Guillaume Vigneault, des auteurs francophones invités pour le Salon.

Il laisse dans le deuil sa fille, Sayaka, sa conjointe Masako, ses parents René et Rose et ses six frères et sœurs. Un service commémoratif aura lieu au Complexe funéraire Bleuciel Espace Hommage à Montréal, samedi le 20 juillet 2013 à 20h30.