En ce mois d’octobre, alors que les feuilles qui vont au gré des vents prennent les couleurs de tous les possibles, vient tout juste de paraître un livre, que certains désignent comme un «premier essai de philosophie politique», qui aborde non seulement la question de l’accession aux études supérieures, mais aussi – et peut-être surtout – la question des finalités qui devraient être celles des universités.  Car, se montrant critique face à l’importation du modèle étasunien des universités où l’utilité immédiate exerce son influence au détriment des recherches fondamentales, ce livre examine les alternatives qui pourraient être les nôtres, tout en relatant bien des éléments relatifs à la mobilisation sociale de 2012.

 

Gabriel_Nadeau-Dubois_-_Place_du_Canada_22_mars_2012Le jeune auteur de ce livre (auteur, de 23 ans seulement), Gabriel Nadeau-Dubois, a fait des études de Majeure en «Histoire, culture et société» à l’UQAM (un programme conçu par Georges Leroux, Michel Freitag et Jean-Paul Bernard, dans l’esprit des Liberal Arts) et il fait maintenant des études pour l’obtention d’une Mineure en philosophie à l’Université de Montréal.  Du grand public, il a surtout été connu comme l’un des porte-paroles de la Coalition large de l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (la CLASSE) lors de la grève étudiante de 2012.

 

Certes jeune, cet auteur sait s’entourer des recherches et réflexions réalisées par ses prédécesseurs.  Et si la désignation par les gens de l’émission «Plus on est de fou, plus on lit» à Radio-Canada qui en fait un «premier essai de philosophie politique» pourra apparaître à quelques-uns comme présomptueuse, il n’en demeure pas moins certain que ce livre (intitulé Tenir tête) inscrit dans le débat public plusieurs considérations très pertinentes sur ce que pourrait ou devraient être les finalités des universités québécoises, de l’éducation qui subit la pression marchande, de même que sur les mécanismes de notre démocratie.  Et ce, avec de surcroit une très belle plume.

 

Voici un court extrait :

«Il n’y a rien de bon pour le Québec dans l’adaptation servile à la globalisation économique.  Depuis trop longtemps on cherche à nous imposer un modèle de société dont on voit partout les conséquences désastreuses.  On a trop longtemps essayé de nous faire croire qu’être indépendant voulait dire rejoindre le cercle des pays qui obtempèrent passivement aux injonctions des agences de notation.  «La souveraineté est indivisible», rappelait le sociologue Marcel Rioux : nous ne serons souverains que lorsque nous le serons à la fois politiquement, culturellement et économiquement.

[…]

Au printemps 2012, nous avons marché vent debout, à l’envers du temps, et c’est vers nous que nous allions.»

– Gabriel Nadeau-Dubois, Tenir tête, p. 208 et 210

 

Et voici la présentation de son éditeur :

«Toute histoire a un commencement, et pour moi l’aventure du printemps 2012 débute le 12 juin 2009 lorsque j’ouvre le journal Le Devoir

Dans ce livre, écrit avec le style qu’on lui connaît, on suit pas à pas Gabriel Nadeau-Dubois au fil des luttes, des rencontres décisives, des assemblées générales, des confrontations avec journalistes, ministres, juges et policiers, mais aussi dans son analyse de la grève de 2012. Chemin faisant, le lecteur prendra acte, non sans stupéfaction, de la misère morale et intellectuelle d’une certaine élite québécoise. Il renouera surtout avec la formidable vigueur des étudiants qui se sont opposés au mercantilisme de cette élite.

Tenir tête doit être lu par ceux qui ont partagé la colère des étudiants, 
mais aussi par les autres, qui se surprendront peut-être à admettre que 
la cause des étudiants est également la leur.

Gabriel Nadeau-Dubois a été l’un des porte-parole de la Coalition large de l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE) pendant la grève étudiante de 2012. Après des études en Histoire, culture et société à l’UQAM, il étudie à l’Université de Montréal en philosophie. Il est aussi chroniqueur à Radio-Canada.

 

GND-tenir-teteAUTEUR : Gabriel Nadeau-Dubois

TITRE : Tenir tête

ÉDITEUR : Lux

PARUTION : octobre 2013

PAGES : 224

ISBN : 978-2-89596-175-8

 

 

 

*Note : la même journée et chez le même éditeur, est aussi paru un autre intéressant livre : «À force d’imagination. Affiches et artéfacts du mouvement étudiant au Québec 1958-2013».