Le 4 octobre 2013 est décédé au Centre Champagneur de Joliette à l`âge de 87 ans, le père Bruno Drolet, c.s.v. Homme de Dieu, le Père Drolet était également un homme de devoir et d`intériorité. Il eut une généreuse carrière comme éducateur, prenant à cœur tout ce qu`on lui confiait. Au cours de sa vie, il s`adonna à la méditation des œuvres complètes du carme et mystique espagnol saint Jean de la Croix (1542-1591). Plusieurs ont admiré en lui une grande rigueur de pensée, une belle honnêteté intellectuelle et une facilité rare pour expliquer la pensée des philosophes contemporains.

Repères biographiques

Il naît à Shawinigan, en Mauricie, le 4 septembre 1926. Il fait son cours primaire dans l`ancienne municipalité de Baie-de-Shawinigan. Il poursuit ses études classiques au Séminaire de Joliette. En 1948, il obtient un baccalauréat ès arts de l`Université de Montréal. Le 15 août 1949, il fait ses premiers vœux. Le 30 mai 1953, il reçoit l`ordination sacerdotale. Après celle-ci, il étudie la théologie à l`Angelicum, à Rome pendant deux ans. En 1957, à ce même endroit, il y soutient une thèse de doctorat portant sur Sainte Marguerite-Marie Alacoque (1647-1690), religieuse visitandine française. Puis, il œuvre quelques années au noviciat de Joliette. De 1960 à 1967, il enseigne la philosophie au Séminaire de Joliette (auj. l`Académie Antoine-Manseau). En 1967, il termine une maîtrise en philosophie à l`Université Laval, dont le mémoire porte sur le philosophe danois Sören Kierkegaard (1813-1855) et qui sera publié en 1971. De 1968 à 1985, il est professeur de philosophie au Cégep de Joliette. De 1967 à 1968, il entreprend des études spécialisées en philosophie à l`Institut catholique de Paris. En 1986, il prend sa retraite de l`enseignement. Après un bref passage au Centre de réflexion chrétienne de Joliette, on le retrouve, en 1988, à la Maison provinciale où il exerce diverses fonctions dans l`administration, le ministère paroissial et l`animation spirituelle. De 1995 à 2010, il fait partie de la communauté Saint-Viateur à Joliette. En 2011, il se retire au Centre Champagneur, à Rawdon, où il décède.

Le défunt a été exposé à la Résidence Saint-Viateur. Le 7 octobre 2013, une célébration de la Parole a eu lieu. Ses funérailles furent célébrées le mardi 8 octobre 2013 à 14h00 au même endroit, suivi de l`inhumation au cimetière de la Congrégation, à Joliette.

Publications

En 1971, il publie un essai : Le Démoniaque chez S.A. Kierkegaard (Le Centre de diffusion Lanaudière, Joliette). L`ouvrage, divisé en trois chapitres, est préfacé par Emmanuel Trépanier, doyen de la Faculté de philosophie de l`Université Laval, à Québec. L`auteur se promène à travers l`œuvre de Kierkegaard et fait une synthèse lumineuse sur la doctrine du démoniaque qui est, en somme, la clef de toute la pensée kierkegaardienne. En 1974, il publie un essai En quête de l`humain (Éd. Pleins Bords). En 1975, il publie un autre essai Entre dune et aboiteaux… un peuple : étude critique des œuvres d`Antonine Maillet (Éd. Pleins bords). En relation avec le vécu des situations, une analyse minutieuse des caractères dans l`œuvre d`Antonine Maillet, amorce la réflexion du professeur de philosophie Bruno Drolet pour qui une vérité d`ordre littéraire est souvent prégnante de solution existentielle. En 1980, il publie un roman Le bois de lune, suivi de quatre nouvelles (Éd. Pleins bords). En 1998, il publie Frère Abel Leclair, clerc de Saint-Viateur, 1913-1998 (Clercs de Saint-Viateur du Canada, Secrétariat provincial). En 2012, il publie dans L`Encyclopédie de l`Agora, un article intitulé « Le salut de Raskolnikov ». Il s`agit d`un essai d`analyse d`interprétation de l`œuvre du romancier russe Fedor Dostoievski (1821-1881) : Crime et Châtiment (1866), à la lumière des principes du philosophe danois Sören Kierkegaard.

De plus, il collabore à différentes revues : L`Action nationale, Les Ateliers de production littéraire de la Mauricie (APLM, no. 16, 1982), Les Cahiers de Cap-Rouge (depuis 1975), Critère, L`Information médicale et paramédicale (sous le pseudonyme de Gérard Debrun, depuis 1972), La Société des écrivains de Montréal (SEM). Il a aussi fait des recherches sur l`évolution de la pensée du Père Louis Marie-Joseph Querbes (1793-1859), fondateur de l`ordre religieux dit Clercs de Saint-Viateur (C.S.V.), congrégation religieuse chargée de l`enseignement et de l`éducation des jeunes. Il a même écrit des articles qui permettent d`approfondir le rêve du Père Querbes.