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	<title>PhiloTR &#187; Apports pédagogiques</title>
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	<description>Département de philosophie Cégep de Trois-Rivières</description>
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		<title>Jean-Jacques Rousseau &#8211; Ce qu’il faut pour que la démocratie soit souveraine</title>
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		<pubDate>Wed, 19 Dec 2012 22:34:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Martin Hould</dc:creator>
				<category><![CDATA[Documents 102]]></category>
		<category><![CDATA[Essais et opinions]]></category>
		<category><![CDATA[Informations]]></category>
		<category><![CDATA[Jean-Jacques Rousseau]]></category>

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		<description><![CDATA[<p style="text-align:center;"><img width="200" height="278" src="http://philosophie.cegeptr.qc.ca/wp-content/documents/Jean-Jacques_Rousseau_painted_portrait-200x278.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="Jean-Jacques_Rousseau_(painted_portrait)" /></p><em><strong>Jean-Jacques Rousseau</strong></em>

<em><strong>Ce qu’il faut pour que la démocratie soit souveraine</strong></em>

<strong>Par Martin Hould</strong>

<strong>Professeur de philosophie au Cégep de Trois-Rivières</strong>

&nbsp;

<strong>300 ans déjà!</strong>

L’année du 300<sup>e</sup> anniversaire de la naissance de Jean-Jacques Rousseau (1712-1778) s’achève déjà et quelle année au Québec pour lui rendre honneur! Le moins qu’on puisse dire est que sa pensée vieillit assez bien et je me permettrais dans ce court texte de la célébrer, mais sans trop la froisser; c’est sa fête quand même. Il faut en ce sens lire les lignes qui suivent non comme une critique académique ou « actualisante », mais comme un humble éloge du maitre… 

&nbsp;

<span style="font-family: Calibri; font-size: medium;"><span style="color: #000000;"><span id="more-4201"></span></span></span>

<strong>Le plus heureux des philosophes!</strong>

Ce titre paraitra paradoxal pour ceux qui connaissent la vie tumultueuse du célèbre Franco-suisse dont l’œuvre a été maintes fois brulée sur la place publique : censures à Genève et à Paris, mandats d’arrestation, exils et inimitiés récurrentes ont parsemé le parcours pour le moins atypique de cet écrivain des <em>Lumières</em>. Sans oublierle fait que très jeune, il s’est retrouvé « orphelin », pour ensuite vivre aux dépens des autres et chercher constamment support dans la diligence de ses concitoyens. <em>« Ma naissance fut le premier de mes malheurs</em> », écrit-il dans ses <em>Confessions</em>. Sa mère est morte en couche. « <em>Rends là moi, console-moi d’elle, remplis le vide qu’elle a laissé dans mon âme</em> », lui dira quelques fois son père, avant qu’il doive le quitter lui aussi alors que Jean-Jacques n’avait à peine que 8 ans. Sa situation précaire le mettra plus tard devant le choix difficile entre sa carrière d’intellectuel et ses enfants (s’étant épris d’une jeune femme qui n’était pas plus que lui de sang noble et prospère), choix cruel qui le hantera jusqu’à la fin de ses jours (ses cinq enfants ayant été confiés l’un après l’autre à l’aide publique).

<span style="font-family: Calibri; color: #000000; font-size: medium;"> </span>

Dans ce cas, où trouver le bonheur de l’homme? Le bonheur se trouve dans sa mémoire et dans l’impact presque immédiat qu’a eu sa pensée sur le cours de l’histoire. Des protagonistes des plus influents de la Révolution française et de la Révolution américaine auront lu Rousseau, y feront référence, pour le critiquer ou pour en faire l’éloge, mais à chaque fois, la capacité du philosophe à problématiser et à cerner les éléments les plus fondamentaux de la science politique ne laissera personne indifférent.

&nbsp;

Bref, là où Platon et Aristote ont échoué, emportant dans leurs tombes l’âge d’or de la philosophie et de la démocratie en Antiquité, Rousseau en est sortie pour le moins ravigoté. Cela sans compter son impact ultérieur sur le développement de la psychologie, notamment chez Freud. Rousseau a bien sûr subi les foudres de plusieurs critiques et sur plusieurs fronts : les attaques personnelles sur ses choix de vie, sur sa sexualité peu commune et sur la naïveté de ses propos sur la nature humaine ont fait le tour du monde.

&nbsp;

Il n’en reste pas moins que Rousseau a été l’instigateur d’idées fondatrices de l’identité moderne et que cette identité vit encore à travers nous : la souveraineté du peuple, l’éducation des jeunes et la culture nationale étant peut-être les trois exemples les plus éloquents. Il ne faut pas chercher très loin dans l’actualité pour voir que ces trois idées sont au cœur de nombreux débats passionnés : débats sur les relations Québec-Canada, sur les cours d’histoire au secondaire, sur l’influence du hockey professionnel sur les jeunes, sur l’investissement public dans les festivals et le cinéma, sur la place de la monarchie britannique dans l’identité canadienne et j’en passe.  <em></em>

<em><span style="font-family: Calibri; color: #000000; font-size: medium;"> </span></em>

<strong>Dénoncer la tyrannie de la majorité</strong>

C’est surement au sujet de sa théorie politique que Rousseau a fait le plus couler d’encre. Je dirais qu’il n’a pas seulement fait réfléchir les spécialistes de toutes les époques jusqu’à aujourd’hui, il a aussi fait peur et, dans une certaine mesure, il fait encore peur. Pour certains, il est trop à gauche, pour d’autres, trop à droite. Aux yeux des critiques les plus extrêmes, il est tantôt celui qui sape les fondements de l’État, ouvrant la porte à l’anarchie, tantôt, il est celui qui met les bases du fascisme, voire du totalitarisme.

&nbsp;

Je trouve ces critiques très exagérées et je n’ai pas l’intention de briser l’atmosphère de fête qui règne autour de l’esprit de Rousseau en les ressuscitant. Je me contenterai simplement d’expliquer en quel sens le système de Jean-Jacques peut être interprété pour déterminer comment le peuple peut être libre sous un gouvernement représentationnel et élu par la population.

&nbsp;

Cette question de la liberté dans une démocratie comme la nôtre trouve écho aujourd’hui dans les multiples tentatives pour réformer le mode de scrutin et pour « faire la politique autrement », de Barrack Obama à Jack Layton (repose en paix), en passant par Pierre Curzi et les multiples démissionnaires du Parti québécois. Le danger est pour tous très visible : le régime parlementaire peut faire en sorte qu’une minorité se présente faussement comme la volonté de la majorité, donnant lieu à ce que John Stuart Mill (1806-1873) appelait « la tyrannie de la majorité », c’est-à-dire un tyran dont le succès repose essentiellement sur sa capacité à se faire passer pour un démocrate; alors qu’en fait, lui et son gouvernement défendent principalement les intérêts de petits groupes clés leur assurant une réélection périodique.

&nbsp;

Cette corruption de la légitimité politique n’est certes pas sans conséquence sur la paix sociale, comme nous avons pu le constater durant le « printemps érable ». Heureusement, les élections sont arrivées à point pour calmer le jeu et le système électoral en place a mis en évidence ses vertus de stabilisation. Cependant, que serait-il arrivé si les élections n’avaient pas été à l’agenda et que le gouvernement avait pu ainsi continuer longuement sa confrontation brutale et directe avec la société civile? Je n’ose même pas l’imaginer…

<span style="font-family: Calibri; color: #000000; font-size: medium;"> </span>

Rousseau a vu de ses propres yeux les apories du système de représentation par députés chez ses amis anglais et, près de 100 ans avant Mill, il ne s’est pas gêné pour le dénoncer de manière provocatrice:

<span style="font-family: Calibri; color: #000000; font-size: medium;"> </span>

« <em>Le peuple Anglais pense être libre, il se trompe fort; il ne l'est que durant l'élection des membres du parlement: sitôt qu'ils sont élus, il est esclave, il n'est rien. Dans les courts moments de sa liberté, l'usage qu'il en fait mérite bien qu'il la perde.</em> » (<em>Contrat social</em>)

<span style="font-family: Calibri; font-size: medium;"><span style="color: #000000;"> </span></span>

Jean-Jacques avait une dialectique du maitre et de l’esclave qui était à la fois simple et efficace, mais également terrible! « <em>Si tu ne te reconnais pas dans les lois de ton pays et que tu ne fais rien, alors tu es un esclave! </em>» <span style="font-family: Calibri;">C’est le danger qui guette tout État selon Rousseau, celui où une volonté particulière, corporative, pourrait se substituer à la volonté générale. C’est le risque que les lois soient conçues pour le bonheur de quelques personnes au lieu de l’ensemble, et que personne n’y fasse quoi que ce soit.</span>

<span style="font-family: Calibri; color: #000000; font-size: small;"> </span>

Cela n’est d’ailleurs pas un risque négligeable, c’est plutôt la tendance normale de l’histoire :

<span style="font-family: Calibri; color: #000000; font-size: medium;"> </span>

<em>En effet, s'il n'est pas impossible qu'une volonté particulière s'accorde sur quelque point avec la volonté générale, il est impossible au moins que cet accord soit durable et constant; car la volonté particulière tend, par sa nature, aux préférences, et la volonté générale à l'égalité.</em> » (<em>Contrat social</em>)

<span style="font-family: Calibri; color: #000000; font-size: small;"> </span>

La corruption serait ainsi une tendance naturelle du système électoral en vigueur et « on ne peut pas faire de lois contre la nature humaine », comme le disait un témoin devant la Commission Charbonneau.  Pourtant, Rousseau ne nous laisse pas sans moyens pour remédier à cette situation. 

<span style="font-family: Calibri; color: #000000; font-size: small;"> </span>

<span style="font-family: Calibri; color: #000000; font-size: small;"> </span>

<strong>La démocratie représentationnelle : le meilleur régime?</strong>

Le plus difficile pour les gens est lorsque le gouvernement fait cavalier seul dans un projet. Ne voyant pas la pertinence de se justifier et se justifiant justement par l’absence de justification (appel à la majorité, à la sympathie, cercles vicieux, faux dilemmes), le gouvernement déresponsabilise le peuple vis-à-vis de ses décisions diffic<span style="font-family: Calibri; font-size: medium;">iles. Il lui enlève toute possibilité d’apprentissage et il le maintient dans l’ignorance.</span>

Le peuple peut y perdre gros : sa possibilité d’agir et de comprendre, ce qui le réduirait irrémédiablement à l’esclavage. Le peuple subirait alors la politique sans rien pouvoir y faire. Il ne saurait pas quoi faire autrement que « faire confiance parce qu’il faut <span style="font-family: Calibri;">faire confiance ».</span><span style="font-size: medium;"><span style="font-family: Calibri;">La dureté de ces mots n’a d’égal que la dureté de la pensée de Rousseau lui-même : </span></span>

<span style="font-family: Calibri; color: #000000; font-size: small;"> </span>

« <em>Dire qu'un homme se donne gratuitement, c'est dire une chose absurde et inconcevable; un tel acte est illégitime et nul, par cela seul que celui qui le fait n'est pas dans son bon sens. Dire la même chose de tout un peuple, c'est supposer un peuple de fous; la folie ne fait pas droit.</em> » (<em>Contrat social</em>)

<span style="font-family: Calibri; color: #000000; font-size: medium;"> </span>

Pour ce philosophe du 18<sup>e</sup> siècle, lorsqu’une personne et tant d’autres donnent licence au gouvernement, lorsqu’elle « se donne gratuitement », elle abandonne son devoir de citoyen; c’est-à-dire lorsqu’elle ne vote pas, lorsqu’elle ne manifeste pas, lorsqu’elle n’exige rien du gouvernement, lorsqu’elle se contente d’explications insatisfaisantes, cette personne n’est qu’un esclave dans un monde de fous.

<span style="font-family: Calibri; color: #000000; font-size: medium;"> </span>

Parmi tous les régimes politiques qui existent aujourd’hui, le penseur franco-suisse aurait donc surement désigné la démocratie représentationnelle comme étant la plus pernicieuse de toutes. C’est en effet la seule forme de gouvernement qui, tout en donnant l’impression forte que le peuple gouverne, parce que le peuple peut s’exprimer, il peut dire ce qu’il veut, le gouvernement peut en vérité lui enlever une par une toutes ses libertés les plus fondamentales, celle notamment d’assumer pleinement la sécurité de son pays et celle d’assurer sa prospérité économique :

&nbsp;

<em>Sitôt que le service public cesse d'être la principale affaire des citoyens, et qu'ils aiment mieux servir de leur bourse que de leur personne, l'État est déjà près de sa ruine. Faut-il marcher au combat? ils payent des troupes et restent chez eux; faut-il aller au conseil? ils nomment des députés et restent chez eux. À force de paresse et d'argent, ils ont enfin des soldats pour asservir la patrie, et des représentants pour la vendre.</em> » (<em>Contrat social</em>)

&nbsp;

À l’ignorance, il faut donc opposer notre conscience; à l’indifférence, notre résistance; aux sophismes, notre raison et enfin à l’asservissement par l’abrutissement, il y a au moins une loi qui peut remédier : la loi qui indique l’éducation à tous et l’éducation par l’esprit…

&nbsp;

À la mémoire de Jean-Jacques!

<span style="font-family: Calibri; color: #000000; font-size: small;"> </span>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:center;"><img width="200" height="278" src="http://philosophie.cegeptr.qc.ca/wp-content/documents/Jean-Jacques_Rousseau_painted_portrait-200x278.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="Jean-Jacques_Rousseau_(painted_portrait)" /></p><em><strong>Jean-Jacques Rousseau</strong></em>

<em><strong>Ce qu’il faut pour que la démocratie soit souveraine</strong></em>

<strong>Par Martin Hould</strong>

<strong>Professeur de philosophie au Cégep de Trois-Rivières</strong>

&nbsp;

<strong>300 ans déjà!</strong>

L’année du 300<sup>e</sup> anniversaire de la naissance de Jean-Jacques Rousseau (1712-1778) s’achève déjà et quelle année au Québec pour lui rendre honneur! Le moins qu’on puisse dire est que sa pensée vieillit assez bien et je me permettrais dans ce court texte de la célébrer, mais sans trop la froisser; c’est sa fête quand même. Il faut en ce sens lire les lignes qui suivent non comme une critique académique ou « actualisante », mais comme un humble éloge du maitre… 

&nbsp;

<span style="font-family: Calibri; font-size: medium;"><span style="color: #000000;"><span id="more-4201"></span></span></span>

<strong>Le plus heureux des philosophes!</strong>

Ce titre paraitra paradoxal pour ceux qui connaissent la vie tumultueuse du célèbre Franco-suisse dont l’œuvre a été maintes fois brulée sur la place publique : censures à Genève et à Paris, mandats d’arrestation, exils et inimitiés récurrentes ont parsemé le parcours pour le moins atypique de cet écrivain des <em>Lumières</em>. Sans oublierle fait que très jeune, il s’est retrouvé « orphelin », pour ensuite vivre aux dépens des autres et chercher constamment support dans la diligence de ses concitoyens. <em>« Ma naissance fut le premier de mes malheurs</em> », écrit-il dans ses <em>Confessions</em>. Sa mère est morte en couche. « <em>Rends là moi, console-moi d’elle, remplis le vide qu’elle a laissé dans mon âme</em> », lui dira quelques fois son père, avant qu’il doive le quitter lui aussi alors que Jean-Jacques n’avait à peine que 8 ans. Sa situation précaire le mettra plus tard devant le choix difficile entre sa carrière d’intellectuel et ses enfants (s’étant épris d’une jeune femme qui n’était pas plus que lui de sang noble et prospère), choix cruel qui le hantera jusqu’à la fin de ses jours (ses cinq enfants ayant été confiés l’un après l’autre à l’aide publique).

<span style="font-family: Calibri; color: #000000; font-size: medium;"> </span>

Dans ce cas, où trouver le bonheur de l’homme? Le bonheur se trouve dans sa mémoire et dans l’impact presque immédiat qu’a eu sa pensée sur le cours de l’histoire. Des protagonistes des plus influents de la Révolution française et de la Révolution américaine auront lu Rousseau, y feront référence, pour le critiquer ou pour en faire l’éloge, mais à chaque fois, la capacité du philosophe à problématiser et à cerner les éléments les plus fondamentaux de la science politique ne laissera personne indifférent.

&nbsp;

Bref, là où Platon et Aristote ont échoué, emportant dans leurs tombes l’âge d’or de la philosophie et de la démocratie en Antiquité, Rousseau en est sortie pour le moins ravigoté. Cela sans compter son impact ultérieur sur le développement de la psychologie, notamment chez Freud. Rousseau a bien sûr subi les foudres de plusieurs critiques et sur plusieurs fronts : les attaques personnelles sur ses choix de vie, sur sa sexualité peu commune et sur la naïveté de ses propos sur la nature humaine ont fait le tour du monde.

&nbsp;

Il n’en reste pas moins que Rousseau a été l’instigateur d’idées fondatrices de l’identité moderne et que cette identité vit encore à travers nous : la souveraineté du peuple, l’éducation des jeunes et la culture nationale étant peut-être les trois exemples les plus éloquents. Il ne faut pas chercher très loin dans l’actualité pour voir que ces trois idées sont au cœur de nombreux débats passionnés : débats sur les relations Québec-Canada, sur les cours d’histoire au secondaire, sur l’influence du hockey professionnel sur les jeunes, sur l’investissement public dans les festivals et le cinéma, sur la place de la monarchie britannique dans l’identité canadienne et j’en passe.  <em></em>

<em><span style="font-family: Calibri; color: #000000; font-size: medium;"> </span></em>

<strong>Dénoncer la tyrannie de la majorité</strong>

C’est surement au sujet de sa théorie politique que Rousseau a fait le plus couler d’encre. Je dirais qu’il n’a pas seulement fait réfléchir les spécialistes de toutes les époques jusqu’à aujourd’hui, il a aussi fait peur et, dans une certaine mesure, il fait encore peur. Pour certains, il est trop à gauche, pour d’autres, trop à droite. Aux yeux des critiques les plus extrêmes, il est tantôt celui qui sape les fondements de l’État, ouvrant la porte à l’anarchie, tantôt, il est celui qui met les bases du fascisme, voire du totalitarisme.

&nbsp;

Je trouve ces critiques très exagérées et je n’ai pas l’intention de briser l’atmosphère de fête qui règne autour de l’esprit de Rousseau en les ressuscitant. Je me contenterai simplement d’expliquer en quel sens le système de Jean-Jacques peut être interprété pour déterminer comment le peuple peut être libre sous un gouvernement représentationnel et élu par la population.

&nbsp;

Cette question de la liberté dans une démocratie comme la nôtre trouve écho aujourd’hui dans les multiples tentatives pour réformer le mode de scrutin et pour « faire la politique autrement », de Barrack Obama à Jack Layton (repose en paix), en passant par Pierre Curzi et les multiples démissionnaires du Parti québécois. Le danger est pour tous très visible : le régime parlementaire peut faire en sorte qu’une minorité se présente faussement comme la volonté de la majorité, donnant lieu à ce que John Stuart Mill (1806-1873) appelait « la tyrannie de la majorité », c’est-à-dire un tyran dont le succès repose essentiellement sur sa capacité à se faire passer pour un démocrate; alors qu’en fait, lui et son gouvernement défendent principalement les intérêts de petits groupes clés leur assurant une réélection périodique.

&nbsp;

Cette corruption de la légitimité politique n’est certes pas sans conséquence sur la paix sociale, comme nous avons pu le constater durant le « printemps érable ». Heureusement, les élections sont arrivées à point pour calmer le jeu et le système électoral en place a mis en évidence ses vertus de stabilisation. Cependant, que serait-il arrivé si les élections n’avaient pas été à l’agenda et que le gouvernement avait pu ainsi continuer longuement sa confrontation brutale et directe avec la société civile? Je n’ose même pas l’imaginer…

<span style="font-family: Calibri; color: #000000; font-size: medium;"> </span>

Rousseau a vu de ses propres yeux les apories du système de représentation par députés chez ses amis anglais et, près de 100 ans avant Mill, il ne s’est pas gêné pour le dénoncer de manière provocatrice:

<span style="font-family: Calibri; color: #000000; font-size: medium;"> </span>

« <em>Le peuple Anglais pense être libre, il se trompe fort; il ne l'est que durant l'élection des membres du parlement: sitôt qu'ils sont élus, il est esclave, il n'est rien. Dans les courts moments de sa liberté, l'usage qu'il en fait mérite bien qu'il la perde.</em> » (<em>Contrat social</em>)

<span style="font-family: Calibri; font-size: medium;"><span style="color: #000000;"> </span></span>

Jean-Jacques avait une dialectique du maitre et de l’esclave qui était à la fois simple et efficace, mais également terrible! « <em>Si tu ne te reconnais pas dans les lois de ton pays et que tu ne fais rien, alors tu es un esclave! </em>» <span style="font-family: Calibri;">C’est le danger qui guette tout État selon Rousseau, celui où une volonté particulière, corporative, pourrait se substituer à la volonté générale. C’est le risque que les lois soient conçues pour le bonheur de quelques personnes au lieu de l’ensemble, et que personne n’y fasse quoi que ce soit.</span>

<span style="font-family: Calibri; color: #000000; font-size: small;"> </span>

Cela n’est d’ailleurs pas un risque négligeable, c’est plutôt la tendance normale de l’histoire :

<span style="font-family: Calibri; color: #000000; font-size: medium;"> </span>

<em>En effet, s'il n'est pas impossible qu'une volonté particulière s'accorde sur quelque point avec la volonté générale, il est impossible au moins que cet accord soit durable et constant; car la volonté particulière tend, par sa nature, aux préférences, et la volonté générale à l'égalité.</em> » (<em>Contrat social</em>)

<span style="font-family: Calibri; color: #000000; font-size: small;"> </span>

La corruption serait ainsi une tendance naturelle du système électoral en vigueur et « on ne peut pas faire de lois contre la nature humaine », comme le disait un témoin devant la Commission Charbonneau.  Pourtant, Rousseau ne nous laisse pas sans moyens pour remédier à cette situation. 

<span style="font-family: Calibri; color: #000000; font-size: small;"> </span>

<span style="font-family: Calibri; color: #000000; font-size: small;"> </span>

<strong>La démocratie représentationnelle : le meilleur régime?</strong>

Le plus difficile pour les gens est lorsque le gouvernement fait cavalier seul dans un projet. Ne voyant pas la pertinence de se justifier et se justifiant justement par l’absence de justification (appel à la majorité, à la sympathie, cercles vicieux, faux dilemmes), le gouvernement déresponsabilise le peuple vis-à-vis de ses décisions diffic<span style="font-family: Calibri; font-size: medium;">iles. Il lui enlève toute possibilité d’apprentissage et il le maintient dans l’ignorance.</span>

Le peuple peut y perdre gros : sa possibilité d’agir et de comprendre, ce qui le réduirait irrémédiablement à l’esclavage. Le peuple subirait alors la politique sans rien pouvoir y faire. Il ne saurait pas quoi faire autrement que « faire confiance parce qu’il faut <span style="font-family: Calibri;">faire confiance ».</span><span style="font-size: medium;"><span style="font-family: Calibri;">La dureté de ces mots n’a d’égal que la dureté de la pensée de Rousseau lui-même : </span></span>

<span style="font-family: Calibri; color: #000000; font-size: small;"> </span>

« <em>Dire qu'un homme se donne gratuitement, c'est dire une chose absurde et inconcevable; un tel acte est illégitime et nul, par cela seul que celui qui le fait n'est pas dans son bon sens. Dire la même chose de tout un peuple, c'est supposer un peuple de fous; la folie ne fait pas droit.</em> » (<em>Contrat social</em>)

<span style="font-family: Calibri; color: #000000; font-size: medium;"> </span>

Pour ce philosophe du 18<sup>e</sup> siècle, lorsqu’une personne et tant d’autres donnent licence au gouvernement, lorsqu’elle « se donne gratuitement », elle abandonne son devoir de citoyen; c’est-à-dire lorsqu’elle ne vote pas, lorsqu’elle ne manifeste pas, lorsqu’elle n’exige rien du gouvernement, lorsqu’elle se contente d’explications insatisfaisantes, cette personne n’est qu’un esclave dans un monde de fous.

<span style="font-family: Calibri; color: #000000; font-size: medium;"> </span>

Parmi tous les régimes politiques qui existent aujourd’hui, le penseur franco-suisse aurait donc surement désigné la démocratie représentationnelle comme étant la plus pernicieuse de toutes. C’est en effet la seule forme de gouvernement qui, tout en donnant l’impression forte que le peuple gouverne, parce que le peuple peut s’exprimer, il peut dire ce qu’il veut, le gouvernement peut en vérité lui enlever une par une toutes ses libertés les plus fondamentales, celle notamment d’assumer pleinement la sécurité de son pays et celle d’assurer sa prospérité économique :

&nbsp;

<em>Sitôt que le service public cesse d'être la principale affaire des citoyens, et qu'ils aiment mieux servir de leur bourse que de leur personne, l'État est déjà près de sa ruine. Faut-il marcher au combat? ils payent des troupes et restent chez eux; faut-il aller au conseil? ils nomment des députés et restent chez eux. À force de paresse et d'argent, ils ont enfin des soldats pour asservir la patrie, et des représentants pour la vendre.</em> » (<em>Contrat social</em>)

&nbsp;

À l’ignorance, il faut donc opposer notre conscience; à l’indifférence, notre résistance; aux sophismes, notre raison et enfin à l’asservissement par l’abrutissement, il y a au moins une loi qui peut remédier : la loi qui indique l’éducation à tous et l’éducation par l’esprit…

&nbsp;

À la mémoire de Jean-Jacques!

<span style="font-family: Calibri; color: #000000; font-size: small;"> </span>]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Vidéo de la conférence de Guy Haarscher sur les enjeux contemporains de la laïcité</title>
		<link>http://philosophie.cegeptr.qc.ca/2012/10/video-de-la-conference-de-guy-haarscher-sur-les-enjeux-contemporains-de-la-laicite/</link>
		<comments>http://philosophie.cegeptr.qc.ca/2012/10/video-de-la-conference-de-guy-haarscher-sur-les-enjeux-contemporains-de-la-laicite/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 30 Oct 2012 03:05:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Patrice Létourneau</dc:creator>
				<category><![CDATA[Apports pédagogiques]]></category>
		<category><![CDATA[Informations]]></category>
		<category><![CDATA[Les Grandes conférences du Cégep de Trois-Rivières]]></category>
		<category><![CDATA[Vidéos en philo sur Internet]]></category>
		<category><![CDATA[Guy Haarscher]]></category>
		<category><![CDATA[laïcité]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://philosophie.cegeptr.qc.ca/?p=4093</guid>
		<description><![CDATA[<p style="text-align:center;"><img width="175" height="300" src="http://philosophie.cegeptr.qc.ca/wp-content/documents/Guy-Haarscher-Laicité-175x300.png" class="attachment-medium wp-post-image" alt="Guy Haarscher - Laicité" /></p>Voici la captation vidéo de la conférence du philosophe belge <a href="http://philosophie.cegeptr.qc.ca/categorie/colloques-«une-cite-pour-lhomme»/#ancre12">Guy Haarscher</a> sur les enjeux contemporains de la laïcité, qui a eu lieu le mercredi 17 octobre dernier à 19h au Théâtre du Cégep de Trois-Rivières.

&nbsp;

<iframe src="http://www.youtube.com/embed/K09HYtH00eI" height="315" width="420" frameborder="0"></iframe>

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(Durée : 1:23:56)]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:center;"><img width="175" height="300" src="http://philosophie.cegeptr.qc.ca/wp-content/documents/Guy-Haarscher-Laicité-175x300.png" class="attachment-medium wp-post-image" alt="Guy Haarscher - Laicité" /></p>Voici la captation vidéo de la conférence du philosophe belge <a href="http://philosophie.cegeptr.qc.ca/categorie/colloques-«une-cite-pour-lhomme»/#ancre12">Guy Haarscher</a> sur les enjeux contemporains de la laïcité, qui a eu lieu le mercredi 17 octobre dernier à 19h au Théâtre du Cégep de Trois-Rivières.

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<iframe src="http://www.youtube.com/embed/K09HYtH00eI" height="315" width="420" frameborder="0"></iframe>

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(Durée : 1:23:56)]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Google lance un site d’archives numériques de l’histoire du 20e siècle</title>
		<link>http://philosophie.cegeptr.qc.ca/2012/10/google-lance-un-site-darchives-numeriques-de-lhistoire-du-20e-siecle/</link>
		<comments>http://philosophie.cegeptr.qc.ca/2012/10/google-lance-un-site-darchives-numeriques-de-lhistoire-du-20e-siecle/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 11 Oct 2012 02:06:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Patrice Létourneau</dc:creator>
				<category><![CDATA[Apports pédagogiques]]></category>
		<category><![CDATA[Informations]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire 20e siècle]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://philosophie.cegeptr.qc.ca/?p=4054</guid>
		<description><![CDATA[<p style="text-align:center;"><img width="200" height="123" src="http://philosophie.cegeptr.qc.ca/wp-content/documents/Google-Cultural-Institute-200x123.png" class="attachment-medium wp-post-image" alt="Google Cultural Institute" /></p>Ce mercredi 10 octobre 2012, Google a lancé le «<a href="http://www.google.com/culturalinstitute/"><strong>Google Cultural Institute</strong></a>», un site regroupant des archives historiques provenant de 17 musées et instituts culturels, dont le musée de l’ancien camp de la mort nazi d’Auschwitz-Birkenau (Pologne), l’Institut Yad Vashem (Israël) et le Centre de la mémoire de Nelson Mandela (Afrique du Sud).

&nbsp;

Un jour, de manière nuancée il faudra réfléchir à «l’effet Google» sur les réflexes de pensée (ainsi que sur la relative inaction de certains autres acteurs), ce géant – tel un <strong><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Famille_de_Médicis">Médicis</a> </strong>contemporain – ayant déjà mis ses empreintes sur <a href="http://philosophie.cegeptr.qc.ca/2008/11/exploration-de-la-rome-antique-en-3d/"><strong>l’exploration 3D de la Rome antique</strong></a>, la diffusion de <a href="http://www.googleartproject.com/"><strong>certaines œuvres d’art</strong></a>, <a href="http://books.google.ca/"><strong>Google Books</strong></a>, etc.  Mais pour l’heure, ne boudons pas le plaisir de cette découverte – ce site étant aussi riche et fascinant que chronophage.

&nbsp;

Voici le vidéo promotionnel du «<a href="http://www.google.com/culturalinstitute/">Google Cultural Institute</a>» :
<iframe src="http://www.youtube.com/embed/eEJqCUiaV68" frameborder="0" width="560" height="315"></iframe>

&nbsp;

Et pour en savoir un peu plus sur cette annonce, on peut aussi lire <a href="http://www.ecrans.fr/Google-lance-un-musee-numerique-du,15322.html"><em>cet article de ecrans.fr</em></a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:center;"><img width="200" height="123" src="http://philosophie.cegeptr.qc.ca/wp-content/documents/Google-Cultural-Institute-200x123.png" class="attachment-medium wp-post-image" alt="Google Cultural Institute" /></p>Ce mercredi 10 octobre 2012, Google a lancé le «<a href="http://www.google.com/culturalinstitute/"><strong>Google Cultural Institute</strong></a>», un site regroupant des archives historiques provenant de 17 musées et instituts culturels, dont le musée de l’ancien camp de la mort nazi d’Auschwitz-Birkenau (Pologne), l’Institut Yad Vashem (Israël) et le Centre de la mémoire de Nelson Mandela (Afrique du Sud).

&nbsp;

Un jour, de manière nuancée il faudra réfléchir à «l’effet Google» sur les réflexes de pensée (ainsi que sur la relative inaction de certains autres acteurs), ce géant – tel un <strong><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Famille_de_Médicis">Médicis</a> </strong>contemporain – ayant déjà mis ses empreintes sur <a href="http://philosophie.cegeptr.qc.ca/2008/11/exploration-de-la-rome-antique-en-3d/"><strong>l’exploration 3D de la Rome antique</strong></a>, la diffusion de <a href="http://www.googleartproject.com/"><strong>certaines œuvres d’art</strong></a>, <a href="http://books.google.ca/"><strong>Google Books</strong></a>, etc.  Mais pour l’heure, ne boudons pas le plaisir de cette découverte – ce site étant aussi riche et fascinant que chronophage.

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Voici le vidéo promotionnel du «<a href="http://www.google.com/culturalinstitute/">Google Cultural Institute</a>» :
<iframe src="http://www.youtube.com/embed/eEJqCUiaV68" frameborder="0" width="560" height="315"></iframe>

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Et pour en savoir un peu plus sur cette annonce, on peut aussi lire <a href="http://www.ecrans.fr/Google-lance-un-musee-numerique-du,15322.html"><em>cet article de ecrans.fr</em></a>]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Les étudiants en Histoire et civilisation en classe à la Cathédrale de Trois-Rivières</title>
		<link>http://philosophie.cegeptr.qc.ca/2012/03/les-etudiants-en-histoire-et-civilisation-en-classe-a-la-cathedrale-de-trois-rivieres/</link>
		<comments>http://philosophie.cegeptr.qc.ca/2012/03/les-etudiants-en-histoire-et-civilisation-en-classe-a-la-cathedrale-de-trois-rivieres/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 28 Mar 2012 21:09:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Le comité de PhiloTR</dc:creator>
				<category><![CDATA[Apports pédagogiques]]></category>
		<category><![CDATA[Informations]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://philosophie.cegeptr.qc.ca/?p=4161</guid>
		<description><![CDATA[Un article du journal de notre Cégep (Source) : «Dans le cadre de leur cours « Sens du divin », les étudiantes et les étudiants du programme Histoire et civilisation ont eu la chance de s’initier au langage symbolique par l’étude des vitraux de Guido Nincheri à la Cathédrale de Trois-Rivières. L’activité s’est déroulée en deux temps.&#8230;]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Un article du journal de notre Cégep (<a href="http://www.cegeptr.qc.ca/accueil/archives-actualites?extendedview=1&amp;extendedres=9BD9BAE9-1B68-4BCE-90A0-3BE924146033&amp;parameters=modView%3adetail%7centry%3a29DA17CB-6C8D-4B8E-9A18-B00491F4EBD1">Source</a>) :</p>
<p><img class="alignnone" src="http://www.cegeptr.qc.ca/public/ab5fc928-8c2e-4c27-a3a7-2b68d294d0ec/nouvelles/cathedrale_web.jpg" alt="" width="503" height="337" /></p>
<blockquote><p>«Dans le cadre de leur cours « Sens du divin », les étudiantes et les étudiants du programme <em>Histoire et civilisation</em> ont eu la chance de s’initier au langage symbolique par l’étude des vitraux de Guido Nincheri à la Cathédrale de Trois-Rivières.</p>
<p>L’activité s’est déroulée en deux temps. Une première visite de la cathédrale leur a permis de se familiariser avec l’œuvre du célèbre artiste italien. Chaque étudiant devait choisir un ensemble de vitraux et le photographier aux fins d’analyse. À partir de ces clichés, le « chercheur de sens » avait pour mission de repérer les symboles présents dans ces vitraux afin de décrypter les messages cachés dans chacune des compositions de l&#8217;artiste. Lors d’une deuxième visite à la cathédrale, le 3 mars dernier, les étudiants ont livré le fruit de leurs recherches dans le cadre d’une présentation orale sous forme de visite guidée.</p>
<p>L’enseignante <strong>Patricia Nourry</strong> se réjouit du travail des élèves, qui devaient également remettre un travail écrit en lien avec cette recherche : « Les vitraux de Guido Nincheri, véritables œuvres d&#8217;art, sont si magnifiques et si richement pourvus qu&#8217;on ne pouvait espérer mieux pour un tel travail. Les exposés des étudiants reflétaient cette richesse : ils nous ont tous permis de mieux comprendre le langage de ces lieux. » M<sup>me</sup> Nourry remercie également l’Évêché de Trois-Rivières, qui a permis la réalisation de cette activité pédagogique.</p>
<p>Pour sa part, l’étudiante <strong>Claudia Verreault</strong> a trouvé l’expérience stimulante et enrichissante : « Nous sommes entourés de symboles, mais nous l’ignorons. Il est triste de constater jusqu&#8217;à quel point notre société actuelle a oublié la signification des symboles religieux. Par exemple, plusieurs familles possèdent une crèche de Noël, mais combien d&#8217;entre elles sont conscientes que la présence du bœuf et de l&#8217;âne n&#8217;est pas anodine? Ma recherche m&#8217;a amenée à déchiffrer la présence de ces animaux. Évidemment, plus d&#8217;une interprétation est possible. Que l&#8217;âne représente les païens, l&#8217;Ancien Testament ou l&#8217;universalité du message de Jésus, il n&#8217;a certainement pas été choisi au hasard pour assister à la naissance du Christ. »</p>
<p><strong>À propos du programme <em>Histoire et civilisation</em></strong></p>
<p>Le programme <em>Histoire et civilisation</em> est offert depuis 2007 au Cégep de Trois-Rivières. Ces deux années d’études, axées sur la réflexion, le questionnement et la recherche, permettent aux étudiants de mieux comprendre les grands enjeux de l’existence humaine à travers l’histoire de l’Occident. La formation s’inspire de la grande tradition des arts libéraux et plusieurs domaines y sont étudiés : histoire, musique, philosophie, politique, astronomie, etc. Les diplômés de ce programme disposent ainsi d’une solide formation pour poursuivre à l’université dans la plupart des programmes demandant une formation en sciences humaines.»</p></blockquote>
<p>(<a href="http://www.cegeptr.qc.ca/accueil/archives-actualites?extendedview=1&amp;extendedres=9BD9BAE9-1B68-4BCE-90A0-3BE924146033&amp;parameters=modView%3adetail%7centry%3a29DA17CB-6C8D-4B8E-9A18-B00491F4EBD1">Source</a>)</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://philosophie.cegeptr.qc.ca/2012/03/les-etudiants-en-histoire-et-civilisation-en-classe-a-la-cathedrale-de-trois-rivieres/feed/</wfw:commentRss>
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		</item>
		<item>
		<title>Vidéo de la soirée Musique et philosophie</title>
		<link>http://philosophie.cegeptr.qc.ca/2012/03/video-de-la-soiree-musique-et-philosophie/</link>
		<comments>http://philosophie.cegeptr.qc.ca/2012/03/video-de-la-soiree-musique-et-philosophie/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 06 Mar 2012 00:51:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Patrice Létourneau</dc:creator>
				<category><![CDATA[Documents 102]]></category>
		<category><![CDATA[Essais et opinions]]></category>
		<category><![CDATA[La Semaine de la philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Philo et Musique]]></category>
		<category><![CDATA[Vidéos en philo sur Internet]]></category>
		<category><![CDATA[Antony Joubert-Tremblay]]></category>
		<category><![CDATA[Charles Martel]]></category>
		<category><![CDATA[Charlotte Maltais-Hardy]]></category>
		<category><![CDATA[Débora Perron]]></category>
		<category><![CDATA[Ïoan Bastarache]]></category>
		<category><![CDATA[Maxine Gauvin-Dupéré]]></category>
		<category><![CDATA[Musique et philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Myriam Ross]]></category>
		<category><![CDATA[Nicolas Gosselin]]></category>
		<category><![CDATA[Patrice Létourneau]]></category>
		<category><![CDATA[vidéo]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://philosophie.cegeptr.qc.ca/?p=3772</guid>
		<description><![CDATA[<p style="text-align:center;"><img width="200" height="64" src="http://philosophie.cegeptr.qc.ca/wp-content/documents/Début-soirée-Musique-et-philosophie-300x97.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="Début soirée - Musique et philosophie" /></p>&nbsp;

<center><strong>Partie 1:</strong></center><iframe src="http://www.youtube.com/embed/o6TeqdABOK8" frameborder="0" width="420" height="315"></iframe>
<strong>Partie 2 :</strong>

<iframe src="http://www.youtube.com/embed/rslSY2lOuaA" frameborder="0" width="420" height="315"></iframe>

<strong>Partie 3 :</strong>

<iframe src="http://www.youtube.com/embed/ykaI5jpHMh0" frameborder="0" width="420" height="315"></iframe>

<strong>Performance «Musique et philosophie», qui a eu lieu lors de la <em><a href="http://www.cegeptr.qc.ca/accueil/archives-actualites?extendedview=1&amp;extendedres=9BD9BAE9-1B68-4BCE-90A0-3BE924146033&amp;parameters=modView%3adetail%7centry%3a7EE2639D-57EB-4388-AA3B-23967F3A48E3">Semaine de la philosophie</a></em></strong>

<strong>Animateurs : Patrice Létourneau et Myriam Ross</strong>

<strong>Chanteuses : Charlotte Maltais-Hardy, Débora Perron et Maxine Gauvin-Dupéré</strong>

<strong>Musiciens : Nicolas Gosselin (basse), Antony Joubert-Tremblay (batterie), Charles Martel (guitare) et  Ïoan Bastarache (clavier)</strong>

<strong>Chansons interprétées et analysées :</strong>

<strong><em>- Smells like Teen Spirit </em>de Nirvana (avec des liens à propos des notions d'amour de soi et d'amour-propre chez Rousseau)</strong>

<strong>- <em>Creep</em> de Radiohead (avec des liens à propos de la métaphore du chameau chez Nietzsche)</strong>

<strong>- <em>La nuit je mens</em> d'Alain Bashung (avec des liens à propos de la notion de mauvaise foi chez Sartre)</strong>

<strong>- <em>Sans exigences</em> de Jacques Brel (avec des liens à propos de la notion des relations avec autrui selon Sartre)</strong>

<strong>- <em>One</em> de U2 (avec des liens à propos du mythe de l'androgyne selon Platon)</strong>

<strong>Date : le jeudi 23 février à 19h, au Théâtre du Cégep de Trois-Rivières</strong>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:center;"><img width="200" height="64" src="http://philosophie.cegeptr.qc.ca/wp-content/documents/Début-soirée-Musique-et-philosophie-300x97.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="Début soirée - Musique et philosophie" /></p>&nbsp;

<center><strong>Partie 1:</strong></center><iframe src="http://www.youtube.com/embed/o6TeqdABOK8" frameborder="0" width="420" height="315"></iframe>
<strong>Partie 2 :</strong>

<iframe src="http://www.youtube.com/embed/rslSY2lOuaA" frameborder="0" width="420" height="315"></iframe>

<strong>Partie 3 :</strong>

<iframe src="http://www.youtube.com/embed/ykaI5jpHMh0" frameborder="0" width="420" height="315"></iframe>

<strong>Performance «Musique et philosophie», qui a eu lieu lors de la <em><a href="http://www.cegeptr.qc.ca/accueil/archives-actualites?extendedview=1&amp;extendedres=9BD9BAE9-1B68-4BCE-90A0-3BE924146033&amp;parameters=modView%3adetail%7centry%3a7EE2639D-57EB-4388-AA3B-23967F3A48E3">Semaine de la philosophie</a></em></strong>

<strong>Animateurs : Patrice Létourneau et Myriam Ross</strong>

<strong>Chanteuses : Charlotte Maltais-Hardy, Débora Perron et Maxine Gauvin-Dupéré</strong>

<strong>Musiciens : Nicolas Gosselin (basse), Antony Joubert-Tremblay (batterie), Charles Martel (guitare) et  Ïoan Bastarache (clavier)</strong>

<strong>Chansons interprétées et analysées :</strong>

<strong><em>- Smells like Teen Spirit </em>de Nirvana (avec des liens à propos des notions d'amour de soi et d'amour-propre chez Rousseau)</strong>

<strong>- <em>Creep</em> de Radiohead (avec des liens à propos de la métaphore du chameau chez Nietzsche)</strong>

<strong>- <em>La nuit je mens</em> d'Alain Bashung (avec des liens à propos de la notion de mauvaise foi chez Sartre)</strong>

<strong>- <em>Sans exigences</em> de Jacques Brel (avec des liens à propos de la notion des relations avec autrui selon Sartre)</strong>

<strong>- <em>One</em> de U2 (avec des liens à propos du mythe de l'androgyne selon Platon)</strong>

<strong>Date : le jeudi 23 février à 19h, au Théâtre du Cégep de Trois-Rivières</strong>]]></content:encoded>
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		<slash:comments>1</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Semaine de la philosophie (du 20 au 24 février)</title>
		<link>http://philosophie.cegeptr.qc.ca/2012/02/semaine-de-la-philosophie-du-20-au-24-fevrier/</link>
		<comments>http://philosophie.cegeptr.qc.ca/2012/02/semaine-de-la-philosophie-du-20-au-24-fevrier/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 10 Feb 2012 23:50:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Patrice Létourneau</dc:creator>
				<category><![CDATA[Apports pédagogiques]]></category>
		<category><![CDATA[Informations]]></category>
		<category><![CDATA[La Semaine de la philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Voyage philosophique]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://philosophie.cegeptr.qc.ca/?p=3433</guid>
		<description><![CDATA[<p style="text-align:center;"><img width="150" height="231" src="http://philosophie.cegeptr.qc.ca/wp-content/documents/Semaine-de-la-philosophie-2012.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="Semaine de la philosophie 2012" /></p>&nbsp;

&nbsp;
<p style="text-align: left;" align="center">C’est avec plaisir que nous annonçons que du 20 au 24 février prochain aura lieu la première <em><a href="http://philosophie.cegeptr.qc.ca/2012/02/semaine-de-la-philosophie-du-20-au-24-fevrier/#more-3433">Semaine de la philosophie</a></em> au Cégep de Trois-Rivières.  L’entrée est bien sûr libre et gratuite pour toutes les activités.  Par ailleurs, il est à noter qu’à chacune des activités, des prix de présence seront tirés (voir la programmation, ainsi que nos commanditaires, dans <a href="http://philosophie.cegeptr.qc.ca/2012/02/semaine-de-la-philosophie-du-20-au-24-fevrier/#more-3433">la suite de l'article</a>).</p>
<em>
</em>

<strong>Prix :</strong>

- Lors de <strong>chacune</strong> <strong>des activités</strong>, il y aura un <strong>tirage de 2 cartes-cadeaux de 25$</strong> en prix de présence (sauf pour le rallye, où il y aura 100$ pour l’équipe gagnante)

- <strong>Le grand prix final : un <a href="http://www.apple.com/ca/fr/ipad/features/">iPad</a></strong> (ce prix s’adresse qu’aux étudiants et ceux-ci devront avoir participé à un minimum de trois activités.  À cette fin, tous les étudiants qui sont inscrits à un cours de philosophie à l’hiver 2012 recevront un « <strong><a href="http://philosophie.cegeptr.qc.ca/wp-content/documents/Carnetroute_Philo_corrige1.pdf">Carnet de route</a></strong> », avec les détails<em>.</em>)

&nbsp;

<span id="more-3433"></span>

&nbsp;

<strong>LUNDI 20 FÉVRIER :</strong>

<strong> </strong>

<strong><em>Projection vidéo sur le thème des « Femmes philosophes »</em></strong>

<strong>Titre du reportage : « Les amours cachées de Simone de Beauvoir »</strong>

<strong>Animation de l’activité :</strong> Natacha Giroux et Marie Line Neault

<strong>Heure : </strong>11h35 à 12h10

<strong>Lieu :</strong> au Loft

<strong>Note : </strong>le café et des biscuits seront offerts gratuitement pendant la projection

&nbsp;

&nbsp;

<strong><em>Capsules sur la philosophie</em></strong>

<strong>Animation de l’activité :</strong> Dany Roy-Robert

<strong>Heure : </strong>12h15 à 13h15

<strong>Lieu :</strong> à l’espace Jeanne Vanasse (près de la cafétéria du pavillon des Sciences)

&nbsp;

&nbsp;

<strong>MARDI 21 FÉVRIER :</strong>

<strong> </strong>

<strong><em>Rallye philosophique</em></strong>

<strong>Animation de l’activité : </strong>Patricia Nourry, Martin Hould et Patrice Létourneau

<strong>Heure :</strong> 10h50 (pendant la « période libre »)

<strong>Lieu : </strong>départ à la cafétéria du pavillon des Humanités (le rallye impliquera divers services et départements des deux pavillons du cégep)

&nbsp;

&nbsp;

<strong><em>Ciné-philo : le film présenté est « <a href="http://philosophie.cegeptr.qc.ca/2007/11/crash/">Crash</a> »</em></strong>

<strong>Animation de l’activité :</strong> Martin Hould

<strong>Heure :</strong> 19h

<strong>Lieu : </strong>au Théâtre du Cégep de Trois-Rivières

&nbsp;

&nbsp;

<strong>MERCREDI 22 FÉVRIER :</strong>

<strong> </strong>

<strong><em>Projection vidéo sur le thème des « Femmes philosophes »</em></strong>

<strong>Titre de l'entrevue : « Simone de Beauvoir censurée »</strong>

<strong>Animation de l’activité :</strong> Natacha Giroux et Marie Line Neault

<strong>Heure : </strong>11h35 à 12h10

<strong>Lieu :</strong> au Loft

<strong>Note : </strong>le café et des biscuits seront offerts gratuitement pendant la projection

<strong> </strong>

<strong> </strong>

<strong><em>Ciné-philo : le film présenté est « <a href="http://philosophie.cegeptr.qc.ca/2009/03/suggestions-de-films-autour-des-conceptions-de-letre-humain/">Without Limits</a> »</em></strong>

<strong>Animation de l’activité :</strong> Éric Désilets

<strong>Heure :</strong> 19h

<strong>Lieu : </strong>au Théâtre du Cégep de Trois-Rivières

&nbsp;

&nbsp;

<strong>JEUDI 23 FÉVRIER :</strong>

<strong> </strong>

<strong><em>Philoconférence de <a href="http://philosophie.cegeptr.qc.ca/2011/08/quelques-dvd-a-la-disposition-des-profs-du-departement/">Gérald Allard</a>, ayant pour thème : « La place de la philosophie dans la Cité »</em></strong>

<strong>Animation de l’activité : </strong>Patricia Nourry et Natacha Giroux

<strong>Heure :</strong> 11h45 (pendant la « période libre »)

<strong>Lieu :</strong> au Théâtre du Cégep de Trois-Rivières

&nbsp;

&nbsp;
<h4 id="ancre1"></h4>
<strong><em>Performance « Musique et philosophie »</em></strong><strong></strong>

<strong>Animation de l’activité :</strong> Patrice Létourneau et Myriam Ross

<strong>Musiciens :</strong>

- Charlotte Maltais-Hardy (chant)

- Débora Perron (chant)

- Maxine Gauvin-Dupéré (chant)

- Charles Martel (guitare)

- Nicolas Gosselin (basse électrique)

- Ïoan Bastarache (piano)

- Antony Joubert-Tremblay (batterie)

<strong>Heure :</strong> 19h

<strong>Lieu : </strong>au Théâtre du Cégep de Trois-Rivières

<strong>Chansons :</strong> lors de l’activité, les étudiants en musique joueront en direct 5 chansons et des liens avec des notions philosophiques seront expliqués par les animateurs de l'activité.  Les chansons qui seront jouées sont :

--&gt; « <a href="http://www.youtube.com/watch?v=hTWKbfoikeg&amp;ob=av2e">Smells like Teen Spirit</a> » de Nirvana, avec des liens qui seront développés à propos des notions d’amour-propre et d’amour de soi chez<strong> Rousseau</strong>.

--&gt; « <a href="http://www.youtube.com/watch?v=XFkzRNyygfk&amp;ob=av3e">Creep</a> » de Radiohead, avec des liens qui seront développés à propos de la métaphore du chameau chez <strong>Nietzsche</strong>.

--&gt; « <a href="http://www.youtube.com/watch?v=eLhz8WELr00">La nuit je mens</a> » de Bashung, avec des liens qui seront développés à propos de la notion de mauvaise foi chez <strong>Sartre</strong>.

--&gt; « <a href="http://www.youtube.com/watch?v=1TnzGRPvS3o">Sans exigences</a> » de Brel, avec des liens qui seront développés à propos de la notion des relations avec autrui selon <strong>Sartre</strong>.

--&gt; « <a href="http://www.youtube.com/watch?v=BgZ4ammawyI">One</a> » de U2, avec des liens qui seront développés à propos du mythe de l’androgyne selon <strong>Platon</strong>.

&nbsp;

&nbsp;

<strong>VENDREDI 24 FÉVRIER :</strong>

<strong> </strong>

<strong><em>Capsules sur la philosophie</em></strong>

<strong>Animation de l’activité :</strong> Dany Roy-Robert

<strong>Heure : </strong>11h30 à 13h

<strong>Lieu :</strong> à la cafétéria du pavillon des Humanités

<strong> </strong>

&nbsp;

---

<strong>Note 1 : </strong>L’équipe du journal étudiant « <a href="http://fr-fr.facebook.com/pages/La-Gifle-Lhebdomadaire-de-lAGECTR/132031423517413?sk=info">La Gifle</a> » s’implique dans la <em>Semaine de la philosophie</em> en collaborant avec le département de philosophie pour lancer un concours « libres penseurs ».  Les étudiants sont conviés à répondre, dans une courte composition, à la question suivante : « Est-ce qu’il existe une sagesse propre à la jeunesse ? ».  Les cinq meilleurs textes seront publiés dans un numéro spécial de « La Gifle » et, parmi ceux-ci, 50$ sera attribué au texte gagnant.  Plus de détails dans « La Gifle », vol. 25, no 16, page 6.

&nbsp;

<strong>Note 2 : </strong>Durant toute la <em>Semaine de la philosophie</em>, un présentoir de livres récents en philosophie sera exposé à la bibliothèque.

---

<strong>COMMANDITAIRES DE LA <em>SEMAINE DE LA PHILOSOPHIE</em> :</strong>

<a href="http://philosophie.cegeptr.qc.ca/2012/02/semaine-de-la-philosophie-du-20-au-24-fevrier/daspr/" rel="attachment wp-att-3444"><img class="alignleft size-full wp-image-3444" title="DASPR" src="http://philosophie.cegeptr.qc.ca/wp-content/documents/DASPR.jpg" alt="" width="200" height="48" /></a>

<a href="http://www.cegeptr.qc.ca/sites/recherche/nous-joindre/direction-adjointe-au-soutien-a-la-pedagogie-et-a-la-reussite">LA DIRECTION ADJOINTE AU SOUTIEN À LA PÉDAGOGIE ET À LA RÉUSSITE</a>

&nbsp;

<a href="http://philosophie.cegeptr.qc.ca/2012/02/semaine-de-la-philosophie-du-20-au-24-fevrier/fondation/" rel="attachment wp-att-3447"><img class="alignleft size-full wp-image-3447" title="Fondation" src="http://philosophie.cegeptr.qc.ca/wp-content/documents/Fondation.jpg" alt="" width="200" height="114" /></a>

&nbsp;

<a href="http://fondation.cegeptr.qc.ca/accueil">LA FONDATION DU CÉGEP DE TROIS-RIVIÈRES</a>

&nbsp;

&nbsp;

&nbsp;

&nbsp;

<a href="http://philosophie.cegeptr.qc.ca/2012/02/semaine-de-la-philosophie-du-20-au-24-fevrier/coopsco/" rel="attachment wp-att-3448"><img class="alignleft size-full wp-image-3448" title="coopsco" src="http://philosophie.cegeptr.qc.ca/wp-content/documents/coopsco.jpg" alt="" width="200" height="71" /></a>

&nbsp;

<a href="http://www.cegeptr.qc.ca/lespace-etudiant/pour-taider-dans-tes-etudes/la-librairie">LA COOPSCO TROIS-RIVIÈRES</a>

&nbsp;

&nbsp;

<strong>LA DIRECTION DES SERVICES AUX ÉTUDIANTS</strong>

&nbsp;

AINSI QUE LA <strong>LIBRAIRIE POIRIER</strong>

&nbsp;]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:center;"><img width="150" height="231" src="http://philosophie.cegeptr.qc.ca/wp-content/documents/Semaine-de-la-philosophie-2012.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="Semaine de la philosophie 2012" /></p>&nbsp;

&nbsp;
<p style="text-align: left;" align="center">C’est avec plaisir que nous annonçons que du 20 au 24 février prochain aura lieu la première <em><a href="http://philosophie.cegeptr.qc.ca/2012/02/semaine-de-la-philosophie-du-20-au-24-fevrier/#more-3433">Semaine de la philosophie</a></em> au Cégep de Trois-Rivières.  L’entrée est bien sûr libre et gratuite pour toutes les activités.  Par ailleurs, il est à noter qu’à chacune des activités, des prix de présence seront tirés (voir la programmation, ainsi que nos commanditaires, dans <a href="http://philosophie.cegeptr.qc.ca/2012/02/semaine-de-la-philosophie-du-20-au-24-fevrier/#more-3433">la suite de l'article</a>).</p>
<em>
</em>

<strong>Prix :</strong>

- Lors de <strong>chacune</strong> <strong>des activités</strong>, il y aura un <strong>tirage de 2 cartes-cadeaux de 25$</strong> en prix de présence (sauf pour le rallye, où il y aura 100$ pour l’équipe gagnante)

- <strong>Le grand prix final : un <a href="http://www.apple.com/ca/fr/ipad/features/">iPad</a></strong> (ce prix s’adresse qu’aux étudiants et ceux-ci devront avoir participé à un minimum de trois activités.  À cette fin, tous les étudiants qui sont inscrits à un cours de philosophie à l’hiver 2012 recevront un « <strong><a href="http://philosophie.cegeptr.qc.ca/wp-content/documents/Carnetroute_Philo_corrige1.pdf">Carnet de route</a></strong> », avec les détails<em>.</em>)

&nbsp;

<span id="more-3433"></span>

&nbsp;

<strong>LUNDI 20 FÉVRIER :</strong>

<strong> </strong>

<strong><em>Projection vidéo sur le thème des « Femmes philosophes »</em></strong>

<strong>Titre du reportage : « Les amours cachées de Simone de Beauvoir »</strong>

<strong>Animation de l’activité :</strong> Natacha Giroux et Marie Line Neault

<strong>Heure : </strong>11h35 à 12h10

<strong>Lieu :</strong> au Loft

<strong>Note : </strong>le café et des biscuits seront offerts gratuitement pendant la projection

&nbsp;

&nbsp;

<strong><em>Capsules sur la philosophie</em></strong>

<strong>Animation de l’activité :</strong> Dany Roy-Robert

<strong>Heure : </strong>12h15 à 13h15

<strong>Lieu :</strong> à l’espace Jeanne Vanasse (près de la cafétéria du pavillon des Sciences)

&nbsp;

&nbsp;

<strong>MARDI 21 FÉVRIER :</strong>

<strong> </strong>

<strong><em>Rallye philosophique</em></strong>

<strong>Animation de l’activité : </strong>Patricia Nourry, Martin Hould et Patrice Létourneau

<strong>Heure :</strong> 10h50 (pendant la « période libre »)

<strong>Lieu : </strong>départ à la cafétéria du pavillon des Humanités (le rallye impliquera divers services et départements des deux pavillons du cégep)

&nbsp;

&nbsp;

<strong><em>Ciné-philo : le film présenté est « <a href="http://philosophie.cegeptr.qc.ca/2007/11/crash/">Crash</a> »</em></strong>

<strong>Animation de l’activité :</strong> Martin Hould

<strong>Heure :</strong> 19h

<strong>Lieu : </strong>au Théâtre du Cégep de Trois-Rivières

&nbsp;

&nbsp;

<strong>MERCREDI 22 FÉVRIER :</strong>

<strong> </strong>

<strong><em>Projection vidéo sur le thème des « Femmes philosophes »</em></strong>

<strong>Titre de l'entrevue : « Simone de Beauvoir censurée »</strong>

<strong>Animation de l’activité :</strong> Natacha Giroux et Marie Line Neault

<strong>Heure : </strong>11h35 à 12h10

<strong>Lieu :</strong> au Loft

<strong>Note : </strong>le café et des biscuits seront offerts gratuitement pendant la projection

<strong> </strong>

<strong> </strong>

<strong><em>Ciné-philo : le film présenté est « <a href="http://philosophie.cegeptr.qc.ca/2009/03/suggestions-de-films-autour-des-conceptions-de-letre-humain/">Without Limits</a> »</em></strong>

<strong>Animation de l’activité :</strong> Éric Désilets

<strong>Heure :</strong> 19h

<strong>Lieu : </strong>au Théâtre du Cégep de Trois-Rivières

&nbsp;

&nbsp;

<strong>JEUDI 23 FÉVRIER :</strong>

<strong> </strong>

<strong><em>Philoconférence de <a href="http://philosophie.cegeptr.qc.ca/2011/08/quelques-dvd-a-la-disposition-des-profs-du-departement/">Gérald Allard</a>, ayant pour thème : « La place de la philosophie dans la Cité »</em></strong>

<strong>Animation de l’activité : </strong>Patricia Nourry et Natacha Giroux

<strong>Heure :</strong> 11h45 (pendant la « période libre »)

<strong>Lieu :</strong> au Théâtre du Cégep de Trois-Rivières

&nbsp;

&nbsp;
<h4 id="ancre1"></h4>
<strong><em>Performance « Musique et philosophie »</em></strong><strong></strong>

<strong>Animation de l’activité :</strong> Patrice Létourneau et Myriam Ross

<strong>Musiciens :</strong>

- Charlotte Maltais-Hardy (chant)

- Débora Perron (chant)

- Maxine Gauvin-Dupéré (chant)

- Charles Martel (guitare)

- Nicolas Gosselin (basse électrique)

- Ïoan Bastarache (piano)

- Antony Joubert-Tremblay (batterie)

<strong>Heure :</strong> 19h

<strong>Lieu : </strong>au Théâtre du Cégep de Trois-Rivières

<strong>Chansons :</strong> lors de l’activité, les étudiants en musique joueront en direct 5 chansons et des liens avec des notions philosophiques seront expliqués par les animateurs de l'activité.  Les chansons qui seront jouées sont :

--&gt; « <a href="http://www.youtube.com/watch?v=hTWKbfoikeg&amp;ob=av2e">Smells like Teen Spirit</a> » de Nirvana, avec des liens qui seront développés à propos des notions d’amour-propre et d’amour de soi chez<strong> Rousseau</strong>.

--&gt; « <a href="http://www.youtube.com/watch?v=XFkzRNyygfk&amp;ob=av3e">Creep</a> » de Radiohead, avec des liens qui seront développés à propos de la métaphore du chameau chez <strong>Nietzsche</strong>.

--&gt; « <a href="http://www.youtube.com/watch?v=eLhz8WELr00">La nuit je mens</a> » de Bashung, avec des liens qui seront développés à propos de la notion de mauvaise foi chez <strong>Sartre</strong>.

--&gt; « <a href="http://www.youtube.com/watch?v=1TnzGRPvS3o">Sans exigences</a> » de Brel, avec des liens qui seront développés à propos de la notion des relations avec autrui selon <strong>Sartre</strong>.

--&gt; « <a href="http://www.youtube.com/watch?v=BgZ4ammawyI">One</a> » de U2, avec des liens qui seront développés à propos du mythe de l’androgyne selon <strong>Platon</strong>.

&nbsp;

&nbsp;

<strong>VENDREDI 24 FÉVRIER :</strong>

<strong> </strong>

<strong><em>Capsules sur la philosophie</em></strong>

<strong>Animation de l’activité :</strong> Dany Roy-Robert

<strong>Heure : </strong>11h30 à 13h

<strong>Lieu :</strong> à la cafétéria du pavillon des Humanités

<strong> </strong>

&nbsp;

---

<strong>Note 1 : </strong>L’équipe du journal étudiant « <a href="http://fr-fr.facebook.com/pages/La-Gifle-Lhebdomadaire-de-lAGECTR/132031423517413?sk=info">La Gifle</a> » s’implique dans la <em>Semaine de la philosophie</em> en collaborant avec le département de philosophie pour lancer un concours « libres penseurs ».  Les étudiants sont conviés à répondre, dans une courte composition, à la question suivante : « Est-ce qu’il existe une sagesse propre à la jeunesse ? ».  Les cinq meilleurs textes seront publiés dans un numéro spécial de « La Gifle » et, parmi ceux-ci, 50$ sera attribué au texte gagnant.  Plus de détails dans « La Gifle », vol. 25, no 16, page 6.

&nbsp;

<strong>Note 2 : </strong>Durant toute la <em>Semaine de la philosophie</em>, un présentoir de livres récents en philosophie sera exposé à la bibliothèque.

---

<strong>COMMANDITAIRES DE LA <em>SEMAINE DE LA PHILOSOPHIE</em> :</strong>

<a href="http://philosophie.cegeptr.qc.ca/2012/02/semaine-de-la-philosophie-du-20-au-24-fevrier/daspr/" rel="attachment wp-att-3444"><img class="alignleft size-full wp-image-3444" title="DASPR" src="http://philosophie.cegeptr.qc.ca/wp-content/documents/DASPR.jpg" alt="" width="200" height="48" /></a>

<a href="http://www.cegeptr.qc.ca/sites/recherche/nous-joindre/direction-adjointe-au-soutien-a-la-pedagogie-et-a-la-reussite">LA DIRECTION ADJOINTE AU SOUTIEN À LA PÉDAGOGIE ET À LA RÉUSSITE</a>

&nbsp;

<a href="http://philosophie.cegeptr.qc.ca/2012/02/semaine-de-la-philosophie-du-20-au-24-fevrier/fondation/" rel="attachment wp-att-3447"><img class="alignleft size-full wp-image-3447" title="Fondation" src="http://philosophie.cegeptr.qc.ca/wp-content/documents/Fondation.jpg" alt="" width="200" height="114" /></a>

&nbsp;

<a href="http://fondation.cegeptr.qc.ca/accueil">LA FONDATION DU CÉGEP DE TROIS-RIVIÈRES</a>

&nbsp;

&nbsp;

&nbsp;

&nbsp;

<a href="http://philosophie.cegeptr.qc.ca/2012/02/semaine-de-la-philosophie-du-20-au-24-fevrier/coopsco/" rel="attachment wp-att-3448"><img class="alignleft size-full wp-image-3448" title="coopsco" src="http://philosophie.cegeptr.qc.ca/wp-content/documents/coopsco.jpg" alt="" width="200" height="71" /></a>

&nbsp;

<a href="http://www.cegeptr.qc.ca/lespace-etudiant/pour-taider-dans-tes-etudes/la-librairie">LA COOPSCO TROIS-RIVIÈRES</a>

&nbsp;

&nbsp;

<strong>LA DIRECTION DES SERVICES AUX ÉTUDIANTS</strong>

&nbsp;

AINSI QUE LA <strong>LIBRAIRIE POIRIER</strong>

&nbsp;]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://philosophie.cegeptr.qc.ca/2012/02/semaine-de-la-philosophie-du-20-au-24-fevrier/feed/</wfw:commentRss>
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		</item>
		<item>
		<title>Félicitations à Guy Béliveau</title>
		<link>http://philosophie.cegeptr.qc.ca/2011/12/felicitations-a-guy-beliveau/</link>
		<comments>http://philosophie.cegeptr.qc.ca/2011/12/felicitations-a-guy-beliveau/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 29 Dec 2011 02:57:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean Proulx</dc:creator>
				<category><![CDATA[Apports pédagogiques]]></category>
		<category><![CDATA[Impacts des TICE]]></category>
		<category><![CDATA[Informations]]></category>
		<category><![CDATA[TICE]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://philosophie.cegeptr.qc.ca/?p=3421</guid>
		<description><![CDATA[<p style="text-align:center;"><img width="100" height="73" src="http://philosophie.cegeptr.qc.ca/wp-content/documents/Logo-Cégep.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="Logo Cégep" /></p>Au printemps dernier, M. <a href="http://gb.philo.cegeptr.qc.ca/a-propos/">Guy Béliveau</a>, du département de philosophie, a réalisé un projet de recherche et de dévelppement portant sur <a href="http://philosophie.cegeptr.qc.ca/2011/08/analyse-des-recherches-sur-les-tice/">l'analyse des recherches sur les TICE</a> en relation avec la réussite scolaire. La qualité du travail réalisé par M.Béliveau dans ce projet lui a valu une invitation à participer ( via Skype ) comme personne-ressource à la « rencontre nationale des acteurs d'enseignement supérieur dans les domaines des sciences et des technologies » qui aura lieu en mai 2012 à Nantes en France.

Félicitations donc à M. Guy Béliveau pour la qualité remarquable et reconnue de son travail. Vous pouvez accéder au rapport de recherche de M. Béliveau à l'adresse qui suit:

<a href="http://philosophie.cegeptr.qc.ca/2011/08/analyse-des-recherches-sur-les-tice/">http://philosophie.cegeptr.qc.ca/2011/08/analyse-des-recherches-sur-les-tice/</a>

Au plaisir,

Jean Proulx

Directeur adjoint des études
DASPR]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:center;"><img width="100" height="73" src="http://philosophie.cegeptr.qc.ca/wp-content/documents/Logo-Cégep.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="Logo Cégep" /></p>Au printemps dernier, M. <a href="http://gb.philo.cegeptr.qc.ca/a-propos/">Guy Béliveau</a>, du département de philosophie, a réalisé un projet de recherche et de dévelppement portant sur <a href="http://philosophie.cegeptr.qc.ca/2011/08/analyse-des-recherches-sur-les-tice/">l'analyse des recherches sur les TICE</a> en relation avec la réussite scolaire. La qualité du travail réalisé par M.Béliveau dans ce projet lui a valu une invitation à participer ( via Skype ) comme personne-ressource à la « rencontre nationale des acteurs d'enseignement supérieur dans les domaines des sciences et des technologies » qui aura lieu en mai 2012 à Nantes en France.

Félicitations donc à M. Guy Béliveau pour la qualité remarquable et reconnue de son travail. Vous pouvez accéder au rapport de recherche de M. Béliveau à l'adresse qui suit:

<a href="http://philosophie.cegeptr.qc.ca/2011/08/analyse-des-recherches-sur-les-tice/">http://philosophie.cegeptr.qc.ca/2011/08/analyse-des-recherches-sur-les-tice/</a>

Au plaisir,

Jean Proulx

Directeur adjoint des études
DASPR]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://philosophie.cegeptr.qc.ca/2011/12/felicitations-a-guy-beliveau/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Pour une réhabilitation des dialogues socratiques</title>
		<link>http://philosophie.cegeptr.qc.ca/2011/10/pour-une-rehabilitation-des-dialogues-socratiques/</link>
		<comments>http://philosophie.cegeptr.qc.ca/2011/10/pour-une-rehabilitation-des-dialogues-socratiques/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 01 Nov 2011 01:30:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Martin Hould</dc:creator>
				<category><![CDATA[Documents 101]]></category>
		<category><![CDATA[Essais et opinions]]></category>
		<category><![CDATA[Informations]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie et rationalité]]></category>
		<category><![CDATA[Platon]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://philosophie.cegeptr.qc.ca/?p=3292</guid>
		<description><![CDATA[<p style="text-align:center;"><img width="100" height="133" src="http://philosophie.cegeptr.qc.ca/wp-content/documents/Philosopher-Numéro-23-Automne-20111.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="Philosopher - Numéro 23 - Automne 2011" /></p><div>

<em><small>[NDLR : l’article qui suit a d’abord été publié dans la revue « Philosopher. La revue de l’enseignement de la philosophie au Québec », Numéro 23, Automne 2011 (pages 40 à 48). Nous le reproduisons ici avec les autorisations nécessaires.]</small></em>

<hr />

</div>
<em> </em><strong> </strong>
<p style="text-align: center;" align="right"><strong>Pour une réhabilitation des dialogues socratiques</strong></p>
<p style="text-align: center;" align="right"><strong>par Martin Hould, Cégep de Trois-Rivières</strong></p>
&nbsp;

Très souvent, les étudiants entrent au collège avec une idée préconçue de la philosophie. Les préjugés les plus communs étant 1) que la philosophie est inutile (à quoi ça va me servir de savoir ça?) 2) qu’elle est un enseignement dogmatique (il faut que tu penses comme le professeur) et 3) que la logique brime la liberté d’expression et le processus créatif (j’ai le droit de penser comme je veux). Très souvent, la réalité quotidienne de l’enseignant, plus particulièrement de celui qui initie les jeunes adultes au cours <em>Philosophie et rationalité</em>, est d’avoir à combattre sans relâche ces trois préjugés récurrents. C’est une tâche « non écrite » qui échoit à tout enseignant qui veut gagner le cœur des étudiants pour la cause du savoir, de la pensée et de l’esprit critique.

&nbsp;

Nous pouvons prendre beaucoup de temps pour expliquer l’utilité de la philosophie en début de session. Cela suffit rarement : soit certains étudiants persistent à vouloir comprendre l’utilité de la chose sans jamais être vraiment satisfaits, soit ils se résignent à répéter machinalement ce qu’ils entendent, s’aliénant par la même occasion la possibilité de développer une conscience philosophique authentique. Serait-il alors pertinent d’orienter <em>Philosophie et rationalité</em> sur le quotidien du jeune adulte, sur des sujets qu’il comprend d’emblée et sur les avantages immédiats qu’il peut tirer d’une argumentation bien articulée?

<span id="more-3292"></span>

&nbsp;

Plusieurs manuels proposent une transition semblable vers une certaine « démocratisation » du premier cours de philo, s’adressant ainsi aux apprentis philosophes<em> </em>: « <em>Le Petit traité de l’argumentation en philosophie</em> souhaite vous aider à prendre votre place dans le débat d’idées en développant vos propres capacités. » Les auteurs s’appliquent dans ces ouvrages à disséquer l’argumentation en de multiples parties, de manière à faciliter un processus d’apprentissage structuré, intégrant un vocabulaire accessible et de nombreux exercices au contenu actuel. Les étudiants sont ainsi invités à maîtriser toutes les subtilités d’une discussion rationnelle en partant d’activités très simples et en progressant vers des réflexions de plus en plus complexes.

&nbsp;

Des problèmes sérieux se dressent cependant devant cette orientation : que restera-t-il de l’élévation intellectuelle des étudiants dans ce contexte d’apprentissage? Qu`arrivera-t-il à l’enseignement des classiques? Et à la présentation de l’émergence de la rationalité en Grèce? Tous ces manuels partagent en effet le défaut majeur de reléguer la tradition philosophique au statut d’« accessoire pédagogique », un instrument dont nous pouvons aisément disposer pourvu que les jeunes adultes argumentent correctement et qu’ils connaissent quelque élément de la pensée d’un philosophe.

&nbsp;

C’est une approche qui se défend. Il peut être avantageux d’insister sur l’apprentissage des règles de la logique informelle, parce que cela met en évidence l’utilité de la rationalité pour l’analyse de tous discours, dans toute circonstance. Cette pratique est toutefois très complexe et la développer sérieusement peut difficilement se faire sans négliger d’autres aspects du cours.

&nbsp;

Comment alors opérer un tournant radical dans l’approche de <em>Philosophie et rationalité</em> tout en maintenant l’étude de chefs-d’œuvre dans leur intégralité et la présentation du contexte sociohistorique? Bien sûr, nous pourrions construire notre cours à partir d’un manuel qui met l’accent sur la manière d’argumenter et ajouter à cela la lecture d’un classique de la littérature. C’est une solution raisonnable, en théorie. En pratique, cela ne peut pas se faire sans complications. Si nous examinons les deux textes l’un à la suite de l’autre, comment trouver le moment idéal pour opérer cette transition? À la mi-session? À la 10<sup>e</sup> semaine? Faut-il étudier en détail tous les aspects de l’argumentation avant d’examiner en profondeur un passage significatif de la littérature hellénique? Si nous attendons à la fin de la session pour le faire, ne risquerons-nous pas alors de négliger le deuxième texte? Si nous choisissons plutôt de faire les deux en même temps, en alternant, cela signifie alors qu’il faudra les intégrer convenablement, comme s’ils ne faisaient qu’un, et opérer de multiples transitions de l’un à l’autre, sans jamais perdre le fil conducteur, ce qui est loin d’être évident.

&nbsp;

Bref, un problème revient constamment dans les très nombreux manuels que nous avons examinés, autant ceux qui mettent l’accent sur la structure de l’argumentation que ceux qui se concentrent sur les philosophes de l’Antiquité : comment pondérer et intégrer convenablement les multiples éléments de compétence de <em>Philosophie et rationalité</em>? Bien sûr, peut-être que nous demandons trop d’un simple manuel. Celui-ci doit peut-être rester avant tout un « simple outil » pour l’enseignant, nécessitant une adaptation à son style et à la dynamique de classe qu’il entretient. Mais lorsque l’enseignant ne possède pas vraiment de style bien défini et qu’il expérimente différentes approches avec les jeunes adultes, le phénomène qui se produit le plus souvent par rapport au problème soulevé est que l’enseignant se retrouve, en définitive, à improviser une solution au pied levé. C’est en tout cas de cette façon que nous avons nous-mêmes vécu l’expérience et nous avons dû tenter de résoudre cette énigme.

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Pour cela, nous avons développé une formule qui paraîtra très originale à certains et pas du tout à d’autres. Nous avons eu l’idée d’exploiter au maximum un pan qui est, en tout cas, souvent négligé et sous-estimé de la philosophie de Platon : les dialogues socratiques. Notre méthode visait à réconcilier la « tradition » et la « démocratisation de l’enseignement » en intégrant l’étude de textes classiques à l’apprentissage de la méthode argumentative. Notre hypothèse de départ était que les dialogues de jeunesse contenaient, sous une forme appliquée, c’est-à-dire dans des dialogues vivants, tout ce qu’il fallait savoir pour s’initier à la discussion rationnelle. Il nous restait seulement à rendre ces dialogues compréhensibles aux jeunes adultes en les actualisant, et à faire ressortir les règles logiques élémentaires qu’ils mettaient en scène. Cela n’a pas été facile, mais nous avons fait un bout de chemin dans cette voie et nous y reviendrons plus loin. D’abord, soyons clairs sur ce que nous entendons par « dialogues socratiques » et, avant d’expliciter les éléments particuliers qui les rendent utiles pour l’enseignement, soulignons les avantages généraux qui s’y rattachent.

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Les dialogues socratiques sont les « dialogues de jeunesse », les premiers dialogues, ceux écrits juste avant la mort de Socrate ou peu de temps après celle-ci (entre 399 et 385 av. Jésus-Christ, si nous incluons les dialogues dits de « transition »). Pour notre projet, nous en avons identifié huit qui se démarquaient des autres : <em>Hippias mineur, Hippias majeur, Ion, Euthyphron, Criton, Lysis, Lachès </em>et <em>Charmide</em>. Tous ces dialogues ont en commun trois choses essentielles qui les rendent attrayants pour le premier cours de philo :

1) Ils répondent à une question simple et ils portent sur des thèmes que les étudiants connaissent déjà : la tromperie, la beauté, la poésie, la piété, le devoir, l’amitié, le courage et la sagesse.

2) Ils présentent une argumentation complexe tout en restant concis (de 12 à 25 pages, selon le dialogue), ce qui permet à l’étudiant de s’initier à une discussion philosophique rigoureuse tout en s’appropriant l’ouvrage dans son entièreté.

3) Ils sont aporétiques : Socrate conduit une discussion rationnelle tout en laissant ouverte la question posée, ce qui invite presque explicitement l’étudiant à continuer la recherche pour lui-même et à développer sa propre position.

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De plus, puisqu’ils sont courts, l’enseignant peut se permettre d’en présenter plusieurs pendant la session, quatre, cinq, six, sept et pourquoi pas huit, si le niveau de ses groupes le permet? Plus l’enseignant présentera de dialogues différents, plus les étudiants auront de chances de comprendre l’utilité de l’argumentation dans différents contextes et pour différents sujets d’étude.

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Passer d’un sujet à l’autre plus rapidement grâce aux dialogues socratiques peut faciliter la tâche de l’enseignant : cela maintient l’intérêt de ses étudiants qui ne sont pas encore conquis au projet philosophique, en leur donnant une grande variété d’occasions de s’approprier les rudiments de la discussion rationnelle et ce tout en restant constamment près des textes originaux, en mettant quotidiennement en valeur l’héritage de l’Antiquité.

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D’ailleurs, si notre priorité dans le premier cours de philosophie n’est pas tant d’enseigner à argumenter dans un domaine particulier, dans un contexte spécifique, mais plutôt d’apprendre à argumenter tout court, de préparer la pensée à toute situation d’analyse rationnelle future, alors, avoir sous la main une grande variété de thèmes et de contextes semble particulièrement intéressant et utile pour stimuler l’attention des cégépiens.

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Comment combattre les préjugés les plus répandus sur la philosophie au collège? Comment intégrer efficacement la littérature classique au cours? Comment maintenir l’intérêt de l’étudiant, du début à la fin, pour chacune des 60 périodes de <em>Philosophie et rationalité</em>? Orienter une stratégie pédagogique sur les dialogues socratiques pourrait être un projet qui a du sens, si nous accordons quelque importance aux points soulevés jusqu’ici. Par contre, les meilleurs arguments en faveur de leur réhabilitation se trouvent dans les dialogues eux-mêmes : 1) dans le contexte sociohistorique qu’ils mettent en scène, 2) dans le langage rationnel qu’ils déploient et 3) dans l’éthique de la discussion qu’ils mettent en pratique. Commençons par expliquer la pertinence des dialogues socratiques pour l’élaboration d’un plan de cours où la présentation de l’avènement de la rationalité en Grèce occupe une place importante.

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<em>Le contexte sociohistorique.</em> Il existe un assez large consensus autour de la question de l’émergence de la rationalité en Grèce. Les deux facteurs sociohistoriques qui reviennent le plus souvent et qui sont d’ailleurs liés étroitement sont l’apparition de la démocratie et l’instabilité politique. La pensée doit certainement bénéficier d’une certaine liberté pour se développer, d’où la pertinence d’explorer les circonstances qui ont conduit à l’apparition de la démocratie en Grèce. Seulement, il faut aussi insister sur l’instabilité politique puisque dans l’ensemble, en Grèce, la démocratie directe est restée un phénomène assez marginal et éphémère. Si nous voulons identifier la spécificité du peuple grec par rapport aux autres peuples de l’époque, il faut peut-être aller au-delà de la simple <em>liberté </em>de penser. Il faut imaginer quelque chose d’un peu plus stimulant sur le plan social : le <em>devoir</em> de penser. Les Grecs ont dû, d’une certaine façon, être « obligés » de penser, pour dépasser leurs voisins. Qu’est-ce qui aurait pu alors les « contraindre » à développer autant leurs réflexions?

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La coexistence en Grèce d’une grande diversité d’idées reçues, qui n’étaient pas toujours compatibles sur les plans religieux et politique et qui donnaient lieu à des tensions récurrentes, a certainement stimulé la réflexion. Une fois que la pensée a accédé à une certaine liberté de discussion, grâce aux assemblées populaires, à la redécouverte de l’écriture, à la prospérité économique et à l’intensification des échanges commerciaux, la pensée a dû affronter ses propres contradictions, ses propres apories, et c’est certainement cette situation inconfortable qui a le plus contribué en fin de compte à ce que la pensée passe à un niveau de complexité jamais égalé auparavant. C’est d’ailleurs ici que l’étude des dialogues socratiques devient particulièrement intéressante.

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Platon identifie les problèmes les plus criants de la culture populaire de l’époque et les transpose dans ses dialogues pour en faire ressortir les difficultés : qui est le poète le plus savant? Homère ou Hésiode (<em>Lysis</em>, 213e-216e)? Qui est le héros le plus digne? Ulysse ou Achille (<em>Hippias mineur</em>, 363a-365d)? Est-ce que les imitateurs de la grande poésie savent de quoi ils parlent (<em>Ion</em>, 530b-532d)? Dans le domaine politique, qui est le mieux placé pour diriger? Le peuple ou l’âme noble (<em>Criton</em>, 44c, 46b-48b)? Est-ce qu’il faut absolument apprendre à se battre pour devenir un bon citoyen (<em>Lachès</em>, 178a-180b)? Toutes ces questions (et il y en a beaucoup d’autres) sont des portes d’entrée privilégiées vers le contexte sociohistorique de l’émergence de la rationalité en Grèce, et elles peuvent être facilement utilisées par l’enseignant qui choisit d’élaborer une stratégie pédagogique à partir des dialogues de jeunesse.

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Ces dialogues donnent donc l’occasion d’aborder des éléments importants tels que la poésie homérique, les institutions démocratiques et la guerre du Péloponnèse, mais, de plus, l’auteur lui-même, dans son style littéraire, porte la marque de son époque : il reflète la naissance d’un nouveau type de pensée qui, à travers la résistance aux multiples tendances contradictoires qu’elle rencontre, se démarque des autres en approfondissant une critique systématique des idées reçues. Par ailleurs, ce « système », par lequel Platon critique sans ménagement les acteurs principaux de sa communauté (à travers la bouche de Socrate), n’est nul autre que celui du langage rationnel.

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<em>Le langage rationnel.</em> En plus du riche contexte sociohistorique qu’ils mettent en scène, les dialogues socratiques sont remplis d’arguments et d’exemples qui peuvent servir à expliquer les bases de la logique. L’élément rationnel dont Socrate tire le plus souvent avantage est bien sûr le principe de non-contradiction, illustré à plusieurs reprises dans presque tous les dialogues. C’est aussi le principe que les étudiants comprennent le plus facilement, mais ce n’est pas tout. Il y a aussi de nombreux raisonnements déductifs qui se présentent sous une forme très intuitive. Par exemple, dans l’<em>Hippias majeur </em>: la beauté ne peut pas être laide; l’or peut être laid; donc, l’or n’est pas la beauté (289e-291c). Dans l’<em>Ion </em>: il faut distinguer les bons poèmes des mauvais poèmes pour être un spécialiste de la poésie; Ion ne connaît rien aux mauvais poèmes. Donc, Ion n’est pas un spécialiste de la poésie (531a-532c).

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Ensuite, il y a les raisonnements inductifs où Socrate présente une énumération d’objets et propose à ses interlocuteurs de trouver l’élément commun à tous ces objets. Dans le <em>Lachès</em>, il s’agit de trouver ce qu’est le courage dans un ensemble de situations risquées : à la guerre, en mer, face à la maladie, à la pauvreté, à la politique, à la douleur ou aux craintes, et « dans la lutte contre les désirs et les plaisirs […] » (191d-e). Dans l’<em>Hippias majeur</em>, Socrate remarque que ce qu’il y a de commun entre la lyre, la marmite, la vierge, l’enterrement, la cuillère, l’or, l’ivoire et la richesse, lorsque ces choses sont belles, est peut-être la convenance (293e). Il réfutera aussitôt cette proposition en appliquant le principe d’identité : « être beau » et « paraître beau » ne sont pas exactement la même chose, car une chose convenable peut paraître belle et se révéler être en réalité très laide, après un examen approfondi de la chose (294d-e).

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Le principe d’identité occupe d’ailleurs une place importante dans l’<em>Ion</em>, le <em>Charmide</em> et le <em>Lachès</em>. Ion confond la spécificité de son art, la rhapsodie, avec tous les autres et cela jusqu’à un point assez ridicule quand, à la fin du dialogue, il prétend sérieusement qu’il pourrait être le plus grand général de la Grèce (<em>Ion</em>, 540d-542b). La réduction à l’absurde est le procédé par excellence que Platon utilise pour dénoncer la confusion que les gens ont tendance à entretenir entre différents objets. Ici, l’infraction au principe d’identité devient évidente quand nous considérons les conséquences qu’aurait le fait de réduire la stratégie militaire à la rhapsodie.

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Dans le <em>Charmide</em> et le <em>Lachès</em>, une problématique analogue se présente vers la fin des deux dialogues, mais, cette fois, de façon beaucoup plus complexe : il s’agit d’examiner si la sagesse (<em>sophrosunè</em>) et le courage (<em>andreia</em>) sont des connaissances (<em>sophia</em>). C’est ce que les spécialistes appellent le problème de l’« unité des vertus », qui a fait couler beaucoup d’encre : quelle relation la vertu du savoir entretient-elle avec les autres vertus morales telles que le courage et la maîtrise de soi? Dans ces deux dialogues, en tout cas, il y a une constante : le savoir se présente comme une vertu distincte, qui ne peut pas servir à définir les autres directement, sans entraîner des conséquences absurdes.

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L’intuition que partagent Socrate et ses interlocuteurs, dans les deux dialogues, est que ceux qui possèdent la vertu en question (la sagesse ou le courage) font de plus belles actions que ceux qui ne la possèdent pas, et cela de manière générale, dans la multitude des situations de la vie. Or, si nous établissons une relation d’identité entre cette vertu et le savoir, il se produit alors une chose tout à fait singulière. Celui qui possède la sagesse ou le courage devra alors nécessairement maîtriser la connaissance de toutes les situations multiples que la vie lui offre, ce qui bien sûr n’a aucun sens. Dans le <em>Charmide </em>: « Mais tu vois, repris-je, qu’aucune connaissance de cette sorte ne s’est jamais manifestée nulle part. – Je vois, répondit-il. » (<em>Charmide</em>, 172a) Même conclusion dans le <em>Lachès</em>, exprimée cette fois d’une façon différente :

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<em>Et crois-tu qu’il manquerait ou de modération, ou de justice et de piété, lui qui serait le seul en mesure de se prémunir, tant à l’égard des dieux que des hommes, de ce qui est redoutable et de ce qui ne l’est pas, et de se procurer des biens grâce à sa connaissance de la bonne manière d’avoir commerce avec eux? – Tu me sembles marquer un point, Socrate.</em> (<em>Lachès</em>, 199 d-e)<strong><em></em></strong>

<em> </em>

Dans les deux cas, Socrate fait ressortir l’idée qu’une personne avec une telle connaissance pourrait réussir absolument tout ce qu’elle entreprend, soit en ne commettant jamais d’erreurs (<em>Charmide</em>, 171d-172a), soit en possédant toutes les vertus (<em>Lachès</em>, 199e), ce qui au fond revient au même, car ces deux types de personne ne se sont jamais manifestés nulle part, ils n’existent pas.<em></em>

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Enfin, il y a de nombreux sophismes qui sortent de la bouche des protagonistes platoniciens, notamment l’attaque contre la personne (<em>Hippias majeur</em>, 304a-e), le procès d’intention (<em>Charmide</em>, 166 c), la fausse analogie (<em>Hippias mineur</em>, 373c-376c) la caricature (<em>Hippias majeur</em>, 285a-b), l’équivoque (<em>Hippias majeur</em>, 296d-297a), le subjectivisme (<em>Euthyphron</em>, 9e-11b), la fausse cause (<em>Lachès</em>, 197c), les appels à la tradition (<em>Hippias mineur</em>, 369b-c), à la majorité (<em>Criton</em>, 44b-44d, <em>Ion</em> 533c) et aux sentiments (<em>Ion</em>, 530b-d), et plus encore. Il y a aussi les multiples usages de la citation (<em>Hippias mineur</em>, 364e-365b, 370a-371c; <em>Euthyphron</em>, 12a-b; <em>Ion</em>, 537a-b, 539a-d) et n’oublions pas la fameuse prosopopée du <em>Criton</em> (50a-54d) et l’expérience de pensée du <em>Lysis </em>(220e-221d). Tous ces passages sont extrêmement utiles sur le plan pédagogique lorsque vient le temps d’initier les jeunes adultes à la discussion rationnelle et nous pourrions en trouver beaucoup d’autres, mais il y a un autre aspect important des dialogues de jeunesse dont nous voulons parler et qui nous apparaît comme un incontournable dans la formation collégiale. C’est l’« éthique de la discussion » véhiculée dans les entretiens avec Socrate.

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<em>L’éthique de la discussion.</em> Apprendre à dialoguer avec autrui n’est pas qu’une affaire de rationalité et de logique. Ce n’est pas tout d’être capable d’articuler une idée et des arguments en suivant les règles de la cohérence et de la pertinence. Mener une discussion à bien, faire d’une rencontre avec des collègues un succès, favoriser des échanges constructifs, tout cela nécessite aussi un certain savoir « paralogique », voire <em>éthique</em>, qui n’a rien à voir avec la structure rationnelle du discours, mais qui est tout de même essentiel pour préserver cette dernière.

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L’une des premières choses que l’étudiant est amené à remarquer en lisant les textes du jeune Platon est que Socrate admet d’emblée son ignorance. Cela peut paraître paradoxal venant d’un philosophe, mais en approfondissant l’analyse des textes, nous remarquons que cet aveu n’est pas innocent et qu’il apparaît souvent à des moments clés : lorsque la tension monte d’un cran dans les échanges et que la discussion risque de prendre un tournant vers la discorde. Socrate doit alors intervenir pour faire durer le dialogue rationnel. Cela est nécessaire, car si le débat d’idées devient un procès d’intention ou une suite d’attaques personnelles, le principe d’identité est brisé et le sujet de la discussion est perdu. La stratégie privilégiée de Socrate consiste alors à réitérer son ignorance par rapport au problème soulevé, ce qui rappelle à son interlocuteur qu’il n’est pas lui-même le sujet de la discussion (<em>Hippias mineur</em>, 369b-e; <em>Charmide</em>, 166c-d; <em>Lachès</em>, 197b-198a). Les débatteurs peuvent alors revenir à la question de départ et continuer le jeu intellectuel qu’ils s’étaient proposé.

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Une bonne façon de synthétiser l’éthique de la discussion socratique est de passer en revue les quatre vertus morales traditionnelles et d’en apprécier les avantages dans l’argumentation : la justice, la sagesse, le savoir et le courage. En recherchant la vérité, le savoir complet sur un sujet donné, Socrate donne un objectif de taille à ses interlocuteurs et il attire ainsi leur attention sur une question qui est difficilement résoluble. Si Socrate n’arrivait pas à rendre attrayante la recherche de la vérité, alors il pourrait difficilement  avoir une discussion rationnelle avec ses camarades, car les propositions pourraient porter sur n’importe quoi en même temps et être formulée n’importe comment, peu importe qu’elles soient vraies, fausses ou ni l’un ni l’autre. Ce type de discussion ne pourrait évidemment pas conduire bien loin. Il faut par conséquent reconnaître la valeur de la quête de vérité dans un discours, avant d’entamer une argumentation qui a du sens, ce qui n’est pas toujours évident et peut requérir une certaine habileté : la capacité à faire ressortir les enjeux et à faire voir la nécessité immédiate de trouver une réponse universellement valable.

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Puis, au cours de cette recherche extrêmement ardue, il faut évidemment de la ténacité, de la persévérance, bref du courage pour faire face aux impasses du discours, pour ne pas baisser les bras devant les difficultés et pour ne pas prétendre avoir résolu un problème quand nous ne sommes au fond arrivés qu’à une proposition inintelligible (<em>Euthyphron</em>, 11e, 15c-16a; <em>Charmide</em>, 166d; <em>Lachès</em>, 193e-194b). Il faut encore maîtriser les émotions ainsi que les pensées et être sage pour ne pas céder à la colère ou à la honte (<em>Lachès</em>, 196a-d;<em> Charmide</em>, 162c-163e). Le débatteur doit également être juste devant ses collègues : leur laisser le temps de dire ce qu’ils ont à dire, rester ouvert à de nouvelles propositions et être prêt à accepter les critiques. En somme, il faut bien admettre que l’entretien des vertus morales a au moins deux utilités indéniables dans le dialogue : il fait durer les échanges et il favorise un approfondissement cohérent de la question étudiée.

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Ce sont là des prescriptions « éthiques » parce qu’elles concernent la pratique de l’argumentation. Elles maintiennent la rationalité du discours en s’attaquant, en quelque sorte, à la source passionnelle du paralogisme. Elles s’attaquent aux « origines accidentelles » de l’argument mal construit, aux comportements que nous adoptons le plus souvent lorsque nous commettons des erreurs : lorsque nous ne pouvons pas admettre 1) que notre idée peut être fausse, 2) que le problème est plus complexe que nous l’avions prévu au départ, 3) que nos réflexes émotifs et nos préjugés peuvent nous jouer des tours et 4) qu’autrui peut avoir une idée meilleure que la nôtre.

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Sans aucun doute, apprendre à maîtriser l’éthique de la discussion est-il bien venu dans la formation de jeunes citoyens, mais cela est en plus une occasion pour l’enseignant de donner un aspect « humain » à la matière présentée, en se rapprochant de ce que les étudiants vivent au quotidien lorsqu’ils discutent avec leur entourage.

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Finalement, dans cette tentative pour redonner aux dialogues socratiques une place de choix parmi les multiples stratégies disponibles pour favoriser l’apprentissage des compétences du cours <em>Philosophie et rationalité</em>, plusieurs nous reprocheront avec raison de ne pas avoir assez insisté sur les inconvénients liés à cette approche. Il faut penser notamment au fait que ces textes sont tout de même traduits du grec ancien et que, malgré les efforts remarquables des spécialistes pour en faire des œuvres intelligibles dans notre langue, ils restent tout de même très difficiles à interpréter et à comprendre, même pour les initiés. De plus, la culture ancienne (teintée d’esclavagisme, d’élitisme, de sexisme et de machisme) est elle aussi parfois très étrange pour les étudiants et cela pose des obstacles sérieux quand on veut les attirer vers les textes. Cela dit, si nous avons tout de même éveillé le goût de découvrir ou de revisiter (avec peut-être un nouveau regard) les premiers dialogues platoniciens, pour y rencontrer cette richesse immense qu’ils recèlent autant sur le plan sociohistorique que rationnel et éthique, alors nous aurons amplement atteint notre but.

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<strong>BIBLIOGRAPHIE</strong>

- BELLEMARE, Alain, <em>Genèse de la rationalité occidentale De Thalès à Platon</em>, Gaetan Morin éditeur, Montréal, 1997, 311 p.

- CANTO-SPERBER, Monique, « <em>Platon</em> », dans <em>Philosophie grecque</em>, 2<sup>e</sup> édition, Presses universitaires de France, Paris, 1998, p. 185-299.

- KUNZMANN, BURKARD, WIEDMANN, <em>Atlas de la philosophie</em>, Librairie Générale Française, Paris, 1999, 285 p.

- LARAMÉE, Hélène, DOYON, François, MOSQUERA, Gerardo, VIGNEAULT, Gilles, <em>L’art du dialogue et de l’argumentation</em>, Chenelière Éducation, Montréal, 2009, 112 p.

- LEGARÉ, Ginette, CARRIER, André, <em>Petit traité de l’argumentation en philosophie</em>, 2<sup>e</sup> édition, Les Éditions CEC, Montréal, 2009, 130 p.

- PLATON, <em>Œuvres complètes</em>, sous la direction de Luc Brisson, Éditions Flammarion, Paris, 2008, 2204 p.

&nbsp;]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:center;"><img width="100" height="133" src="http://philosophie.cegeptr.qc.ca/wp-content/documents/Philosopher-Numéro-23-Automne-20111.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="Philosopher - Numéro 23 - Automne 2011" /></p><div>

<em><small>[NDLR : l’article qui suit a d’abord été publié dans la revue « Philosopher. La revue de l’enseignement de la philosophie au Québec », Numéro 23, Automne 2011 (pages 40 à 48). Nous le reproduisons ici avec les autorisations nécessaires.]</small></em>

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</div>
<em> </em><strong> </strong>
<p style="text-align: center;" align="right"><strong>Pour une réhabilitation des dialogues socratiques</strong></p>
<p style="text-align: center;" align="right"><strong>par Martin Hould, Cégep de Trois-Rivières</strong></p>
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Très souvent, les étudiants entrent au collège avec une idée préconçue de la philosophie. Les préjugés les plus communs étant 1) que la philosophie est inutile (à quoi ça va me servir de savoir ça?) 2) qu’elle est un enseignement dogmatique (il faut que tu penses comme le professeur) et 3) que la logique brime la liberté d’expression et le processus créatif (j’ai le droit de penser comme je veux). Très souvent, la réalité quotidienne de l’enseignant, plus particulièrement de celui qui initie les jeunes adultes au cours <em>Philosophie et rationalité</em>, est d’avoir à combattre sans relâche ces trois préjugés récurrents. C’est une tâche « non écrite » qui échoit à tout enseignant qui veut gagner le cœur des étudiants pour la cause du savoir, de la pensée et de l’esprit critique.

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Nous pouvons prendre beaucoup de temps pour expliquer l’utilité de la philosophie en début de session. Cela suffit rarement : soit certains étudiants persistent à vouloir comprendre l’utilité de la chose sans jamais être vraiment satisfaits, soit ils se résignent à répéter machinalement ce qu’ils entendent, s’aliénant par la même occasion la possibilité de développer une conscience philosophique authentique. Serait-il alors pertinent d’orienter <em>Philosophie et rationalité</em> sur le quotidien du jeune adulte, sur des sujets qu’il comprend d’emblée et sur les avantages immédiats qu’il peut tirer d’une argumentation bien articulée?

<span id="more-3292"></span>

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Plusieurs manuels proposent une transition semblable vers une certaine « démocratisation » du premier cours de philo, s’adressant ainsi aux apprentis philosophes<em> </em>: « <em>Le Petit traité de l’argumentation en philosophie</em> souhaite vous aider à prendre votre place dans le débat d’idées en développant vos propres capacités. » Les auteurs s’appliquent dans ces ouvrages à disséquer l’argumentation en de multiples parties, de manière à faciliter un processus d’apprentissage structuré, intégrant un vocabulaire accessible et de nombreux exercices au contenu actuel. Les étudiants sont ainsi invités à maîtriser toutes les subtilités d’une discussion rationnelle en partant d’activités très simples et en progressant vers des réflexions de plus en plus complexes.

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Des problèmes sérieux se dressent cependant devant cette orientation : que restera-t-il de l’élévation intellectuelle des étudiants dans ce contexte d’apprentissage? Qu`arrivera-t-il à l’enseignement des classiques? Et à la présentation de l’émergence de la rationalité en Grèce? Tous ces manuels partagent en effet le défaut majeur de reléguer la tradition philosophique au statut d’« accessoire pédagogique », un instrument dont nous pouvons aisément disposer pourvu que les jeunes adultes argumentent correctement et qu’ils connaissent quelque élément de la pensée d’un philosophe.

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C’est une approche qui se défend. Il peut être avantageux d’insister sur l’apprentissage des règles de la logique informelle, parce que cela met en évidence l’utilité de la rationalité pour l’analyse de tous discours, dans toute circonstance. Cette pratique est toutefois très complexe et la développer sérieusement peut difficilement se faire sans négliger d’autres aspects du cours.

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Comment alors opérer un tournant radical dans l’approche de <em>Philosophie et rationalité</em> tout en maintenant l’étude de chefs-d’œuvre dans leur intégralité et la présentation du contexte sociohistorique? Bien sûr, nous pourrions construire notre cours à partir d’un manuel qui met l’accent sur la manière d’argumenter et ajouter à cela la lecture d’un classique de la littérature. C’est une solution raisonnable, en théorie. En pratique, cela ne peut pas se faire sans complications. Si nous examinons les deux textes l’un à la suite de l’autre, comment trouver le moment idéal pour opérer cette transition? À la mi-session? À la 10<sup>e</sup> semaine? Faut-il étudier en détail tous les aspects de l’argumentation avant d’examiner en profondeur un passage significatif de la littérature hellénique? Si nous attendons à la fin de la session pour le faire, ne risquerons-nous pas alors de négliger le deuxième texte? Si nous choisissons plutôt de faire les deux en même temps, en alternant, cela signifie alors qu’il faudra les intégrer convenablement, comme s’ils ne faisaient qu’un, et opérer de multiples transitions de l’un à l’autre, sans jamais perdre le fil conducteur, ce qui est loin d’être évident.

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Bref, un problème revient constamment dans les très nombreux manuels que nous avons examinés, autant ceux qui mettent l’accent sur la structure de l’argumentation que ceux qui se concentrent sur les philosophes de l’Antiquité : comment pondérer et intégrer convenablement les multiples éléments de compétence de <em>Philosophie et rationalité</em>? Bien sûr, peut-être que nous demandons trop d’un simple manuel. Celui-ci doit peut-être rester avant tout un « simple outil » pour l’enseignant, nécessitant une adaptation à son style et à la dynamique de classe qu’il entretient. Mais lorsque l’enseignant ne possède pas vraiment de style bien défini et qu’il expérimente différentes approches avec les jeunes adultes, le phénomène qui se produit le plus souvent par rapport au problème soulevé est que l’enseignant se retrouve, en définitive, à improviser une solution au pied levé. C’est en tout cas de cette façon que nous avons nous-mêmes vécu l’expérience et nous avons dû tenter de résoudre cette énigme.

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Pour cela, nous avons développé une formule qui paraîtra très originale à certains et pas du tout à d’autres. Nous avons eu l’idée d’exploiter au maximum un pan qui est, en tout cas, souvent négligé et sous-estimé de la philosophie de Platon : les dialogues socratiques. Notre méthode visait à réconcilier la « tradition » et la « démocratisation de l’enseignement » en intégrant l’étude de textes classiques à l’apprentissage de la méthode argumentative. Notre hypothèse de départ était que les dialogues de jeunesse contenaient, sous une forme appliquée, c’est-à-dire dans des dialogues vivants, tout ce qu’il fallait savoir pour s’initier à la discussion rationnelle. Il nous restait seulement à rendre ces dialogues compréhensibles aux jeunes adultes en les actualisant, et à faire ressortir les règles logiques élémentaires qu’ils mettaient en scène. Cela n’a pas été facile, mais nous avons fait un bout de chemin dans cette voie et nous y reviendrons plus loin. D’abord, soyons clairs sur ce que nous entendons par « dialogues socratiques » et, avant d’expliciter les éléments particuliers qui les rendent utiles pour l’enseignement, soulignons les avantages généraux qui s’y rattachent.

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Les dialogues socratiques sont les « dialogues de jeunesse », les premiers dialogues, ceux écrits juste avant la mort de Socrate ou peu de temps après celle-ci (entre 399 et 385 av. Jésus-Christ, si nous incluons les dialogues dits de « transition »). Pour notre projet, nous en avons identifié huit qui se démarquaient des autres : <em>Hippias mineur, Hippias majeur, Ion, Euthyphron, Criton, Lysis, Lachès </em>et <em>Charmide</em>. Tous ces dialogues ont en commun trois choses essentielles qui les rendent attrayants pour le premier cours de philo :

1) Ils répondent à une question simple et ils portent sur des thèmes que les étudiants connaissent déjà : la tromperie, la beauté, la poésie, la piété, le devoir, l’amitié, le courage et la sagesse.

2) Ils présentent une argumentation complexe tout en restant concis (de 12 à 25 pages, selon le dialogue), ce qui permet à l’étudiant de s’initier à une discussion philosophique rigoureuse tout en s’appropriant l’ouvrage dans son entièreté.

3) Ils sont aporétiques : Socrate conduit une discussion rationnelle tout en laissant ouverte la question posée, ce qui invite presque explicitement l’étudiant à continuer la recherche pour lui-même et à développer sa propre position.

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De plus, puisqu’ils sont courts, l’enseignant peut se permettre d’en présenter plusieurs pendant la session, quatre, cinq, six, sept et pourquoi pas huit, si le niveau de ses groupes le permet? Plus l’enseignant présentera de dialogues différents, plus les étudiants auront de chances de comprendre l’utilité de l’argumentation dans différents contextes et pour différents sujets d’étude.

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Passer d’un sujet à l’autre plus rapidement grâce aux dialogues socratiques peut faciliter la tâche de l’enseignant : cela maintient l’intérêt de ses étudiants qui ne sont pas encore conquis au projet philosophique, en leur donnant une grande variété d’occasions de s’approprier les rudiments de la discussion rationnelle et ce tout en restant constamment près des textes originaux, en mettant quotidiennement en valeur l’héritage de l’Antiquité.

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D’ailleurs, si notre priorité dans le premier cours de philosophie n’est pas tant d’enseigner à argumenter dans un domaine particulier, dans un contexte spécifique, mais plutôt d’apprendre à argumenter tout court, de préparer la pensée à toute situation d’analyse rationnelle future, alors, avoir sous la main une grande variété de thèmes et de contextes semble particulièrement intéressant et utile pour stimuler l’attention des cégépiens.

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Comment combattre les préjugés les plus répandus sur la philosophie au collège? Comment intégrer efficacement la littérature classique au cours? Comment maintenir l’intérêt de l’étudiant, du début à la fin, pour chacune des 60 périodes de <em>Philosophie et rationalité</em>? Orienter une stratégie pédagogique sur les dialogues socratiques pourrait être un projet qui a du sens, si nous accordons quelque importance aux points soulevés jusqu’ici. Par contre, les meilleurs arguments en faveur de leur réhabilitation se trouvent dans les dialogues eux-mêmes : 1) dans le contexte sociohistorique qu’ils mettent en scène, 2) dans le langage rationnel qu’ils déploient et 3) dans l’éthique de la discussion qu’ils mettent en pratique. Commençons par expliquer la pertinence des dialogues socratiques pour l’élaboration d’un plan de cours où la présentation de l’avènement de la rationalité en Grèce occupe une place importante.

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<em>Le contexte sociohistorique.</em> Il existe un assez large consensus autour de la question de l’émergence de la rationalité en Grèce. Les deux facteurs sociohistoriques qui reviennent le plus souvent et qui sont d’ailleurs liés étroitement sont l’apparition de la démocratie et l’instabilité politique. La pensée doit certainement bénéficier d’une certaine liberté pour se développer, d’où la pertinence d’explorer les circonstances qui ont conduit à l’apparition de la démocratie en Grèce. Seulement, il faut aussi insister sur l’instabilité politique puisque dans l’ensemble, en Grèce, la démocratie directe est restée un phénomène assez marginal et éphémère. Si nous voulons identifier la spécificité du peuple grec par rapport aux autres peuples de l’époque, il faut peut-être aller au-delà de la simple <em>liberté </em>de penser. Il faut imaginer quelque chose d’un peu plus stimulant sur le plan social : le <em>devoir</em> de penser. Les Grecs ont dû, d’une certaine façon, être « obligés » de penser, pour dépasser leurs voisins. Qu’est-ce qui aurait pu alors les « contraindre » à développer autant leurs réflexions?

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La coexistence en Grèce d’une grande diversité d’idées reçues, qui n’étaient pas toujours compatibles sur les plans religieux et politique et qui donnaient lieu à des tensions récurrentes, a certainement stimulé la réflexion. Une fois que la pensée a accédé à une certaine liberté de discussion, grâce aux assemblées populaires, à la redécouverte de l’écriture, à la prospérité économique et à l’intensification des échanges commerciaux, la pensée a dû affronter ses propres contradictions, ses propres apories, et c’est certainement cette situation inconfortable qui a le plus contribué en fin de compte à ce que la pensée passe à un niveau de complexité jamais égalé auparavant. C’est d’ailleurs ici que l’étude des dialogues socratiques devient particulièrement intéressante.

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Platon identifie les problèmes les plus criants de la culture populaire de l’époque et les transpose dans ses dialogues pour en faire ressortir les difficultés : qui est le poète le plus savant? Homère ou Hésiode (<em>Lysis</em>, 213e-216e)? Qui est le héros le plus digne? Ulysse ou Achille (<em>Hippias mineur</em>, 363a-365d)? Est-ce que les imitateurs de la grande poésie savent de quoi ils parlent (<em>Ion</em>, 530b-532d)? Dans le domaine politique, qui est le mieux placé pour diriger? Le peuple ou l’âme noble (<em>Criton</em>, 44c, 46b-48b)? Est-ce qu’il faut absolument apprendre à se battre pour devenir un bon citoyen (<em>Lachès</em>, 178a-180b)? Toutes ces questions (et il y en a beaucoup d’autres) sont des portes d’entrée privilégiées vers le contexte sociohistorique de l’émergence de la rationalité en Grèce, et elles peuvent être facilement utilisées par l’enseignant qui choisit d’élaborer une stratégie pédagogique à partir des dialogues de jeunesse.

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Ces dialogues donnent donc l’occasion d’aborder des éléments importants tels que la poésie homérique, les institutions démocratiques et la guerre du Péloponnèse, mais, de plus, l’auteur lui-même, dans son style littéraire, porte la marque de son époque : il reflète la naissance d’un nouveau type de pensée qui, à travers la résistance aux multiples tendances contradictoires qu’elle rencontre, se démarque des autres en approfondissant une critique systématique des idées reçues. Par ailleurs, ce « système », par lequel Platon critique sans ménagement les acteurs principaux de sa communauté (à travers la bouche de Socrate), n’est nul autre que celui du langage rationnel.

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<em>Le langage rationnel.</em> En plus du riche contexte sociohistorique qu’ils mettent en scène, les dialogues socratiques sont remplis d’arguments et d’exemples qui peuvent servir à expliquer les bases de la logique. L’élément rationnel dont Socrate tire le plus souvent avantage est bien sûr le principe de non-contradiction, illustré à plusieurs reprises dans presque tous les dialogues. C’est aussi le principe que les étudiants comprennent le plus facilement, mais ce n’est pas tout. Il y a aussi de nombreux raisonnements déductifs qui se présentent sous une forme très intuitive. Par exemple, dans l’<em>Hippias majeur </em>: la beauté ne peut pas être laide; l’or peut être laid; donc, l’or n’est pas la beauté (289e-291c). Dans l’<em>Ion </em>: il faut distinguer les bons poèmes des mauvais poèmes pour être un spécialiste de la poésie; Ion ne connaît rien aux mauvais poèmes. Donc, Ion n’est pas un spécialiste de la poésie (531a-532c).

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Ensuite, il y a les raisonnements inductifs où Socrate présente une énumération d’objets et propose à ses interlocuteurs de trouver l’élément commun à tous ces objets. Dans le <em>Lachès</em>, il s’agit de trouver ce qu’est le courage dans un ensemble de situations risquées : à la guerre, en mer, face à la maladie, à la pauvreté, à la politique, à la douleur ou aux craintes, et « dans la lutte contre les désirs et les plaisirs […] » (191d-e). Dans l’<em>Hippias majeur</em>, Socrate remarque que ce qu’il y a de commun entre la lyre, la marmite, la vierge, l’enterrement, la cuillère, l’or, l’ivoire et la richesse, lorsque ces choses sont belles, est peut-être la convenance (293e). Il réfutera aussitôt cette proposition en appliquant le principe d’identité : « être beau » et « paraître beau » ne sont pas exactement la même chose, car une chose convenable peut paraître belle et se révéler être en réalité très laide, après un examen approfondi de la chose (294d-e).

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Le principe d’identité occupe d’ailleurs une place importante dans l’<em>Ion</em>, le <em>Charmide</em> et le <em>Lachès</em>. Ion confond la spécificité de son art, la rhapsodie, avec tous les autres et cela jusqu’à un point assez ridicule quand, à la fin du dialogue, il prétend sérieusement qu’il pourrait être le plus grand général de la Grèce (<em>Ion</em>, 540d-542b). La réduction à l’absurde est le procédé par excellence que Platon utilise pour dénoncer la confusion que les gens ont tendance à entretenir entre différents objets. Ici, l’infraction au principe d’identité devient évidente quand nous considérons les conséquences qu’aurait le fait de réduire la stratégie militaire à la rhapsodie.

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Dans le <em>Charmide</em> et le <em>Lachès</em>, une problématique analogue se présente vers la fin des deux dialogues, mais, cette fois, de façon beaucoup plus complexe : il s’agit d’examiner si la sagesse (<em>sophrosunè</em>) et le courage (<em>andreia</em>) sont des connaissances (<em>sophia</em>). C’est ce que les spécialistes appellent le problème de l’« unité des vertus », qui a fait couler beaucoup d’encre : quelle relation la vertu du savoir entretient-elle avec les autres vertus morales telles que le courage et la maîtrise de soi? Dans ces deux dialogues, en tout cas, il y a une constante : le savoir se présente comme une vertu distincte, qui ne peut pas servir à définir les autres directement, sans entraîner des conséquences absurdes.

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L’intuition que partagent Socrate et ses interlocuteurs, dans les deux dialogues, est que ceux qui possèdent la vertu en question (la sagesse ou le courage) font de plus belles actions que ceux qui ne la possèdent pas, et cela de manière générale, dans la multitude des situations de la vie. Or, si nous établissons une relation d’identité entre cette vertu et le savoir, il se produit alors une chose tout à fait singulière. Celui qui possède la sagesse ou le courage devra alors nécessairement maîtriser la connaissance de toutes les situations multiples que la vie lui offre, ce qui bien sûr n’a aucun sens. Dans le <em>Charmide </em>: « Mais tu vois, repris-je, qu’aucune connaissance de cette sorte ne s’est jamais manifestée nulle part. – Je vois, répondit-il. » (<em>Charmide</em>, 172a) Même conclusion dans le <em>Lachès</em>, exprimée cette fois d’une façon différente :

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<em>Et crois-tu qu’il manquerait ou de modération, ou de justice et de piété, lui qui serait le seul en mesure de se prémunir, tant à l’égard des dieux que des hommes, de ce qui est redoutable et de ce qui ne l’est pas, et de se procurer des biens grâce à sa connaissance de la bonne manière d’avoir commerce avec eux? – Tu me sembles marquer un point, Socrate.</em> (<em>Lachès</em>, 199 d-e)<strong><em></em></strong>

<em> </em>

Dans les deux cas, Socrate fait ressortir l’idée qu’une personne avec une telle connaissance pourrait réussir absolument tout ce qu’elle entreprend, soit en ne commettant jamais d’erreurs (<em>Charmide</em>, 171d-172a), soit en possédant toutes les vertus (<em>Lachès</em>, 199e), ce qui au fond revient au même, car ces deux types de personne ne se sont jamais manifestés nulle part, ils n’existent pas.<em></em>

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Enfin, il y a de nombreux sophismes qui sortent de la bouche des protagonistes platoniciens, notamment l’attaque contre la personne (<em>Hippias majeur</em>, 304a-e), le procès d’intention (<em>Charmide</em>, 166 c), la fausse analogie (<em>Hippias mineur</em>, 373c-376c) la caricature (<em>Hippias majeur</em>, 285a-b), l’équivoque (<em>Hippias majeur</em>, 296d-297a), le subjectivisme (<em>Euthyphron</em>, 9e-11b), la fausse cause (<em>Lachès</em>, 197c), les appels à la tradition (<em>Hippias mineur</em>, 369b-c), à la majorité (<em>Criton</em>, 44b-44d, <em>Ion</em> 533c) et aux sentiments (<em>Ion</em>, 530b-d), et plus encore. Il y a aussi les multiples usages de la citation (<em>Hippias mineur</em>, 364e-365b, 370a-371c; <em>Euthyphron</em>, 12a-b; <em>Ion</em>, 537a-b, 539a-d) et n’oublions pas la fameuse prosopopée du <em>Criton</em> (50a-54d) et l’expérience de pensée du <em>Lysis </em>(220e-221d). Tous ces passages sont extrêmement utiles sur le plan pédagogique lorsque vient le temps d’initier les jeunes adultes à la discussion rationnelle et nous pourrions en trouver beaucoup d’autres, mais il y a un autre aspect important des dialogues de jeunesse dont nous voulons parler et qui nous apparaît comme un incontournable dans la formation collégiale. C’est l’« éthique de la discussion » véhiculée dans les entretiens avec Socrate.

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<em>L’éthique de la discussion.</em> Apprendre à dialoguer avec autrui n’est pas qu’une affaire de rationalité et de logique. Ce n’est pas tout d’être capable d’articuler une idée et des arguments en suivant les règles de la cohérence et de la pertinence. Mener une discussion à bien, faire d’une rencontre avec des collègues un succès, favoriser des échanges constructifs, tout cela nécessite aussi un certain savoir « paralogique », voire <em>éthique</em>, qui n’a rien à voir avec la structure rationnelle du discours, mais qui est tout de même essentiel pour préserver cette dernière.

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L’une des premières choses que l’étudiant est amené à remarquer en lisant les textes du jeune Platon est que Socrate admet d’emblée son ignorance. Cela peut paraître paradoxal venant d’un philosophe, mais en approfondissant l’analyse des textes, nous remarquons que cet aveu n’est pas innocent et qu’il apparaît souvent à des moments clés : lorsque la tension monte d’un cran dans les échanges et que la discussion risque de prendre un tournant vers la discorde. Socrate doit alors intervenir pour faire durer le dialogue rationnel. Cela est nécessaire, car si le débat d’idées devient un procès d’intention ou une suite d’attaques personnelles, le principe d’identité est brisé et le sujet de la discussion est perdu. La stratégie privilégiée de Socrate consiste alors à réitérer son ignorance par rapport au problème soulevé, ce qui rappelle à son interlocuteur qu’il n’est pas lui-même le sujet de la discussion (<em>Hippias mineur</em>, 369b-e; <em>Charmide</em>, 166c-d; <em>Lachès</em>, 197b-198a). Les débatteurs peuvent alors revenir à la question de départ et continuer le jeu intellectuel qu’ils s’étaient proposé.

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Une bonne façon de synthétiser l’éthique de la discussion socratique est de passer en revue les quatre vertus morales traditionnelles et d’en apprécier les avantages dans l’argumentation : la justice, la sagesse, le savoir et le courage. En recherchant la vérité, le savoir complet sur un sujet donné, Socrate donne un objectif de taille à ses interlocuteurs et il attire ainsi leur attention sur une question qui est difficilement résoluble. Si Socrate n’arrivait pas à rendre attrayante la recherche de la vérité, alors il pourrait difficilement  avoir une discussion rationnelle avec ses camarades, car les propositions pourraient porter sur n’importe quoi en même temps et être formulée n’importe comment, peu importe qu’elles soient vraies, fausses ou ni l’un ni l’autre. Ce type de discussion ne pourrait évidemment pas conduire bien loin. Il faut par conséquent reconnaître la valeur de la quête de vérité dans un discours, avant d’entamer une argumentation qui a du sens, ce qui n’est pas toujours évident et peut requérir une certaine habileté : la capacité à faire ressortir les enjeux et à faire voir la nécessité immédiate de trouver une réponse universellement valable.

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Puis, au cours de cette recherche extrêmement ardue, il faut évidemment de la ténacité, de la persévérance, bref du courage pour faire face aux impasses du discours, pour ne pas baisser les bras devant les difficultés et pour ne pas prétendre avoir résolu un problème quand nous ne sommes au fond arrivés qu’à une proposition inintelligible (<em>Euthyphron</em>, 11e, 15c-16a; <em>Charmide</em>, 166d; <em>Lachès</em>, 193e-194b). Il faut encore maîtriser les émotions ainsi que les pensées et être sage pour ne pas céder à la colère ou à la honte (<em>Lachès</em>, 196a-d;<em> Charmide</em>, 162c-163e). Le débatteur doit également être juste devant ses collègues : leur laisser le temps de dire ce qu’ils ont à dire, rester ouvert à de nouvelles propositions et être prêt à accepter les critiques. En somme, il faut bien admettre que l’entretien des vertus morales a au moins deux utilités indéniables dans le dialogue : il fait durer les échanges et il favorise un approfondissement cohérent de la question étudiée.

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Ce sont là des prescriptions « éthiques » parce qu’elles concernent la pratique de l’argumentation. Elles maintiennent la rationalité du discours en s’attaquant, en quelque sorte, à la source passionnelle du paralogisme. Elles s’attaquent aux « origines accidentelles » de l’argument mal construit, aux comportements que nous adoptons le plus souvent lorsque nous commettons des erreurs : lorsque nous ne pouvons pas admettre 1) que notre idée peut être fausse, 2) que le problème est plus complexe que nous l’avions prévu au départ, 3) que nos réflexes émotifs et nos préjugés peuvent nous jouer des tours et 4) qu’autrui peut avoir une idée meilleure que la nôtre.

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Sans aucun doute, apprendre à maîtriser l’éthique de la discussion est-il bien venu dans la formation de jeunes citoyens, mais cela est en plus une occasion pour l’enseignant de donner un aspect « humain » à la matière présentée, en se rapprochant de ce que les étudiants vivent au quotidien lorsqu’ils discutent avec leur entourage.

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Finalement, dans cette tentative pour redonner aux dialogues socratiques une place de choix parmi les multiples stratégies disponibles pour favoriser l’apprentissage des compétences du cours <em>Philosophie et rationalité</em>, plusieurs nous reprocheront avec raison de ne pas avoir assez insisté sur les inconvénients liés à cette approche. Il faut penser notamment au fait que ces textes sont tout de même traduits du grec ancien et que, malgré les efforts remarquables des spécialistes pour en faire des œuvres intelligibles dans notre langue, ils restent tout de même très difficiles à interpréter et à comprendre, même pour les initiés. De plus, la culture ancienne (teintée d’esclavagisme, d’élitisme, de sexisme et de machisme) est elle aussi parfois très étrange pour les étudiants et cela pose des obstacles sérieux quand on veut les attirer vers les textes. Cela dit, si nous avons tout de même éveillé le goût de découvrir ou de revisiter (avec peut-être un nouveau regard) les premiers dialogues platoniciens, pour y rencontrer cette richesse immense qu’ils recèlent autant sur le plan sociohistorique que rationnel et éthique, alors nous aurons amplement atteint notre but.

<span style="text-decoration: underline;"> _____________</span>

<strong>BIBLIOGRAPHIE</strong>

- BELLEMARE, Alain, <em>Genèse de la rationalité occidentale De Thalès à Platon</em>, Gaetan Morin éditeur, Montréal, 1997, 311 p.

- CANTO-SPERBER, Monique, « <em>Platon</em> », dans <em>Philosophie grecque</em>, 2<sup>e</sup> édition, Presses universitaires de France, Paris, 1998, p. 185-299.

- KUNZMANN, BURKARD, WIEDMANN, <em>Atlas de la philosophie</em>, Librairie Générale Française, Paris, 1999, 285 p.

- LARAMÉE, Hélène, DOYON, François, MOSQUERA, Gerardo, VIGNEAULT, Gilles, <em>L’art du dialogue et de l’argumentation</em>, Chenelière Éducation, Montréal, 2009, 112 p.

- LEGARÉ, Ginette, CARRIER, André, <em>Petit traité de l’argumentation en philosophie</em>, 2<sup>e</sup> édition, Les Éditions CEC, Montréal, 2009, 130 p.

- PLATON, <em>Œuvres complètes</em>, sous la direction de Luc Brisson, Éditions Flammarion, Paris, 2008, 2204 p.

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		<title>Sélection commentée de vidéos</title>
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		<pubDate>Tue, 03 May 2011 01:20:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Christian Boisclair</dc:creator>
				<category><![CDATA[Documents 101]]></category>
		<category><![CDATA[Vidéos en philo sur Internet]]></category>
		<category><![CDATA[philo et vidéo]]></category>

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		<description><![CDATA[<p style="text-align:center;"><img width="130" height="103" src="http://philosophie.cegeptr.qc.ca/wp-content/documents/la-voie.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="La voie" /></p>Voici une sélection commentée de vidéos se rapportant à :
<ul>
	<li>- La philosophie et l'Antiquité</li>
	<li>- La religion et la spiritualité</li>
	<li>- La philosophie et les dessins animés</li>
	<li>- La vie et le football</li>
</ul>
<span id="more-2389"></span>
<span style="text-decoration: underline;"><strong>PHILOSOPHIE DE L'ANTIQUITÉ</strong></span>

Voici quelques vidéos présentant la philosophie de différents philosophes antiques étudiés durant la session. Vous remarquerez qu’il n’y a pas de vidéo concernant l’hédonisme radical. Si vous voulez en voir, écoutez <em>Musique Plus</em>, n’importe quelle vidéo avec un rapper-bling-bling-torse-nu-dans-une-voiture-de-luxe-aux-côtés-de-quelques-filles-portant-bikinis-et-manteaux-de-fourrure devrait faire l’affaire.

<span style="text-decoration: underline;"><strong>Platon pour les spéléologues amateurs</strong></span>
L’allégorie de la caverne en animation. Gardez à l’esprit que pour Platon le réel correspond au monde des Idées (intelligible, abstrait, les concepts) et non au monde sensible (matériel, celui du quotidien). Par conséquent, les ombres correspondent aux idées que nous nous faisons du monde à partir de l’expérience sensible et de l’opinion populaire:
<a href="http://www.youtube.com/watch?v=2yfePu67xoI" target="_blank">http://www.youtube.com/watch?v=2yfePu67xoI</a>

Cette scène du film <em>Matrix</em> illustre bien le problème de considérer le réel comme perceptible par les sens. Le passage concerné se trouve essentiellement entre 1:30 et 1:50, mais le reste présente le contexte général:
<a href="http://www.youtube.com/watch?v=WnEYHQ9dscY" target="_blank">http://www.youtube.com/watch?v=WnEYHQ9dscY</a>

<span style="text-decoration: underline;"><strong>Épicuriens et stoïciens</strong></span>
Parce qu’ils prônent également le renoncement aux désirs et aux passions, et aussi parce qu’ils envisagent la mort avec sérénité, les épicuriens et les stoïciens sont souvent confondus par les néophytes. La distinction entre les deux tient principalement dans les raisons fondamentales qui motivent ces prises de positions. Les épicuriens se « retirent du monde » pour éviter  la stimulation des désirs et la souffrance. Les stoïciens « s’engagent dans le monde » mais évitent ce qui pourrait les détourner de leur « mission » et font peu de cas du plaisir ou de la souffrance.

<span style="text-decoration: underline;"><strong>L'épicurisme, pour vivre heureux vivons cachés</strong></span>
Vous trouverez dans cette vidéo l’essentiel de la philosophie d’Épicure telle que nous l’avons vue ensemble. Ce qui est bien avec Épicure, c’est qu’il arrive à résumer ses idées en de courtes maximes ... pouvant facilement être utilisées comme références historiques lors de l’examen. :
<a href="http://www.youtube.com/watch?v=XTV5x-O6Fqc" target="_blank">http://www.youtube.com/watch?v=XTV5x-O6Fqc</a>

<span style="text-decoration: underline;"><strong>Le stoïcisme, l’armure philosophique</strong></span>
Le stoïcisme grec, mais surtout romain, trouve son équivalent dans le <em>Bushido</em> des samouraïs du Japon féodal.  On peut trouver leurs enseignements dans le <em>Traité des cinq roues</em> et dans le <em>Hagakure</em>, entre autres œuvres. La philosophie orientale a ceci de particulier qu’elle s’exprime généralement en images, en paraboles, devant toujours être réinterprétées selon le contexte et utilisables dans tous les contextes. La vidéo suivante est issue du film <em>Ghost Dog</em> avec Forest Whitaker. Il s’agit ici de voir les images de guerre qu’utilisent les samouraïs comme des « principes » s’incarnant dans différentes réalités de la vie, des plus banales aux plus sérieuses. Ainsi, lorsqu’il est fait mention d’avoir la tête tranchée, il est question du principe général de vivre une épreuve qui nous fait perdre nos moyens d’action: maladie grave, faillite, bannissement, divers cuisants échecs, .... Et bien sûr, « tuer quelqu’un » doit être entendu comme « atteindre un objectif », quelque soit l’entreprise ou le projet :
<a href="http://www.youtube.com/watch?v=OetoiAHefr8" target="_blank">http://www.youtube.com/watch?v=OetoiAHefr8</a>

<span style="text-decoration: underline;"><strong>L’amour... toujours l’amour</strong></span>
Platon, dans le <em>Banquet</em>, s’arrête à la question de la définition de l’amour. Les différents participants au repas s’expriment sur leurs conceptions de l’amour. Voici le mythe grec à l’origine de l’expression « âme sœur » tel que rapporté par le poète Aristophane.
<a href="http://www.youtube.com/watch?v=hwW7MNV5GD0" target="_blank">http://www.youtube.com/watch?v=hwW7MNV5GD0</a>

En entrevue à la télévision française, l’acteur Fabrice Luchini nous offre une réflexion intéressante sur le couple.
<a href="http://www.youtube.com/watch?v=UkbsTmLPaWU" target="_blank">http://www.youtube.com/watch?v=UkbsTmLPaWU</a>

<span style="text-decoration: underline;"><strong>RELIGION ET SPIRITUALITÉ</strong></span>
Depuis ses origines, la philosophie cherche à prendre ses distances par rapport à la pensée religieuse et aux autres formes de discours « irrationnels ».  Ceci étant dit, il est quasiment impossible pour le philosophe d’éviter toutes formes de considérations métaphysiques lorsque vient le temps, par exemple, de réfléchir sur le sens de la vie ou sur les fondements de la morale. Les religions sont autant de moules culturels qui ont influencé et influencent toujours l’évolution des mentalités de nos civilisations humaines.

<span style="text-decoration: underline;"><strong>La passion du Christ</strong></span>
Le personnage de <a href="http://philosophie.cegeptr.qc.ca/2007/10/la-derniere-tentation-du-christ/">Jésus de Nazareth</a> est fascinant à plusieurs égards. Qu’il soit un personnage historique ou fictif, fils de Dieu ou fils de rien, tout cela  importe peu... Il frappe l’imaginaire depuis 2000 ans. Sauveur? Illuminé? Héros tragique ultime? Que signifie ce symbole d’un dieu qui se laisse mettre à mort par sa propre création pour la laver de ses péchés? Et pourquoi a-t-on appelé « passion »  ce long supplice menant à la crucifixion? Si vous voulez méditer là-dessus en écoutant <em>Le Ruht wohl  (repose en paix)</em> de Bach, tiré de son œuvre <em>La passion selon Saint Jean</em>, tout en regardant le Nazaréen être déchiré par amour pour l’humanité...:
<a href="http://www.youtube.com/watch?v=muBv-vRmewI" target="_blank"> http://www.youtube.com/watch?v=muBv-vRmewI</a>

<span style="text-decoration: underline;"><strong>Plusieurs rites, un même dieu</strong></span>
Le judaïsme, le christianisme et l’islam sont trois religions qui trouvent leurs origines dans les mêmes « mythes fondateurs »: la genèse, Adam et Ève, le sacrifice d’Abraham, l’arche de Noé etc. Même Jésus et Marie (...sa mère) trouvent leur place dans l’islam, et la naissance de Isa (le nom de Jésus dans le Coran) est aussi miraculeuse que chez les chrétiens. Ceci dit, Isa est considéré comme un prophète par les musulmans, non comme Dieu ou fils de Dieu. Pour ces trois religions nées dans le désert du Proche-Orient, la voix de Dieu est plus importante que son image, contrairement à chez les Grecs et à chez les Romains.  C’est par sa voix que le dieu d’Abraham parle aux prophètes, et non en paraissant devant eux, comme l’aurait fait Zeus pour les Grecs. Voici un <em>adhan</em>, un appel à la prière musulman (islam):
<a href="http://www.youtube.com/watch?v=vjUIBtM5JeI" target="_blank">http://www.youtube.com/watch?v=vjUIBtM5JeI</a>

<span style="text-decoration: underline;"><strong>Le son qui créa l’univers</strong></span>
Dans quelques grandes religions orientales, dont l’hindouisme et le bouddhisme, on considère que l’origine de l’univers tout entier se trouve dans une vibration fondamentale, un son, une syllabe: <em>Aum</em> (Om). Cette vibration serait le « bruit de fond » du cosmos, et pratiquer la méditation en émettant ce <em>Aum</em> vibratoire nous mettrait en quelque sorte... au diapason avec l’univers. Dans la vidéo suivante le <em>Aum</em> commence vers 2:30.. Namaste:
<a href="http://www.youtube.com/watch?v=n4e9hcqVVfY" target="_blank">http://www.youtube.com/watch?v=n4e9hcqVVfY</a>

<span style="text-decoration: underline;"><strong>Nuit noire, nuit blanche... réflexion sur le mal</strong></span>
Pourquoi, dans la plupart des représentations, le noir est la couleur du mal? Pourquoi pas le jaune? Pourquoi les nuits de pleine lune plutôt que le soleil de midi? Pourquoi un « humain » avec des ailes de chauve-souris nous apparait-il si inquiétant alors qu’on irait le voir, tout confiant, s’il portait des ailes de colombe?  Vous avez déjà été attaqués souvent par des chauve-souris, vous?  Et ça ne vous est jamais arrivé qu’un bel oiseau diurne aux couleurs éclatantes  passe terminer son cycle alimentation/digestion/évacuation sur votre voiture?

Et pourtant, à travers l’histoire le Mal et la Nuit se sont associés dans l’imaginaire humain par un « système » de symboles, comme l’aile de chauve-souris par exemple. Et souvent, dans les représentations culturelles « l’esthétique » du mal est nocturne, elle est sombre, froide... Mais élégante. Qu’on pense au vampire, au sorcier ... ou à l’uniforme des SS.

L’esprit humain a peuplé la nuit d’étranges choses. Les monstres imaginaires sont pour la plupart beaucoup plus effrayants que les simples humains. C’est ce que l’on pourrait croire du moins, si l’on considère quelques instants les nombreux pouvoirs qui leur sont généralement attribués... Et pour les mêmes raisons ils sont paradoxalement les plus rassurants. Ils sont imaginaires, ils sont totalement différents de nous, ils sont « autre chose » que nous. Ça nous rassure sur nous-mêmes...  C’est rassurant de savoir que, sous le soleil, les humains ne sont pas des monstres... n’est-ce pas? Le soleil... Il éclair, et il aveugle...

... .... .... Caligula, Vlad III, Elysabeth Batory, Alexandre VI, Robespierre, Staline, Hitler, Idi Amin Dada, Pol Pot ... Ce n’est qu’une infime partie des trop nombreux vrais monstres qui sont passés à l’histoire... Jusqu'à maintenant. Et combien de dégénérés anonymes de par le monde? Et si l’on en juge par la rapidité de notre évolution technologique et par la lenteur de notre évolution « humaine », on est peut-être en droit de s'attendre à ce qu’un jour, de nouveaux joyeux cinglés cherchent à faire leurs places sous le soleil .

<span style="text-decoration: underline;"><strong><em>In nomine Satanis</em>, la chute de l’ange</strong></span>
Il serait dommage que vous quittiez le collège sans jamais avoir rencontré  Charles Baudelaire.  Notre triste époque perd ses repères et ses grands classiques. Vous pourrez entendre ses <em>Litanies de Satan</em>, tirées des <em>Fleurs du mal</em>, sur la <em>Sonate pour piano no. 14 (au clair de lune) </em>de Beethoven:
<a href="http://www.youtube.com/watch?v=QpVpggESeJo" target="_blank">http://www.youtube.com/watch?v=QpVpggESeJo</a>

<span style="text-decoration: underline;"><strong>
<em>Necurat</em> (ancien Roumain signifiant: <em>âme souillée</em>, utilisé pour parler des vampires)</strong></span>
Si je vous disais que tous les vampires ne sont pas aussi mignons qu’Edward, me croiriez-vous? Pour les amateurs de cinéma, un classique du genre: <em>Nosferatu</em> (1922) de Friedrich Wilhelm Murnau. Un chef-d’œuvre du cinéma expressionniste.  Le tout sur le <em>Lacrimosa</em> de Mozart, une partie de son <em>Requiem</em> (messe funéraire):
<a href="http://www.youtube.com/watch?v=VlzKeJC7DTM" target="_blank">http://www.youtube.com/watch?v=VlzKeJC7DTM </a>

<span style="text-decoration: underline;"><strong>Quand le soleil a rendez-vous avec la lune</strong></span>
Une éclipse totale de soleil est un spectacle fascinant. Nous sommes fascinés, mais nous ne sommes pas terrifiés. C’est parce que nous comprenons la mécanique céleste. Et nous savons également qu’il ne faut pas regarder en direction du soleil pendant une éclipse, car l’on risquerait de perdre la vue. Mais, imaginez-vous vivre à une époque et dans une culture, où ce genre de phénomène ne s’explique pas rationnellement, quand c’est le mythe qui donne les réponses et non la science. Imaginez ... l’effroi des gens qui voient disparaitre leur dieu suprême. Leurs cris hystériques qui supplient le soleil de revenir pendant que le ciel se referme sur lui. Et le lendemain...  des aveugles terrorisés qui hurlent un peu partout.
<a href="http://www.youtube.com/watch?v=s8qUyVpzSEQ" target="_blank">http://www.youtube.com/watch?v=s8qUyVpzSEQ</a>

<span style="text-decoration: underline;"><strong>PHILOSOPHIE ET DESSINS ANIMÉS</strong></span>
Pour peu que l’on soit attentif, le cinéma, les livres, la musique, les animés et les différents autres médias de la culture populaire offrent une pléiade de pistes de réflexion intéressantes. Prenez, par exemple, n’importe quel dilemme moral d’à peu près n’importe quel film et vous en avez pour des heures à pouvoir débattre.

<span style="text-decoration: underline;"><strong>Lex Luthor existentialiste</strong></span>
Dans cet épisode de <em>Superman</em>, Lex Luthor affirme, comme Nietzsche, Heidegger et Sartre, que la vie est dépourvue de sens, qu’elle n’a pas de but précis. C’est à l’individu à donner un sens à <em>Sa vie</em>.
<a href="http://www.youtube.com/watch?v=fSW70fC_sec" target="_blank">http://www.youtube.com/watch?v=fSW70fC_sec</a>

<span style="text-decoration: underline;"><strong>Débat sur l’esthétique entre Sasori et Deidara</strong></span>
Dans la série <em>Naruto</em>, deux membres de l’Akatsuki engagent un débat sur la nature de l’art et la relation qu’il entretient avec le concept de « beauté ». Ce dialogue est malheureusement interrompu par Naruto et ses habituelles mauvaises manières. Dans cette scène, deux visions  de l’art radicalement opposées sont présentées. L’éternel ou l’éphémère? Note: Le personnage de Deidara est inspiré de l’artiste abstrait japonais Taro Okamoto, qui est l’auteur de la formule: « <em>L’art, c’est l’explosion</em> »
<a href="http://www.youtube.com/watch?v=Zf2Spx7dlBE" target="_blank">http://www.youtube.com/watch?v=Zf2Spx7dlBE </a>

<span style="text-decoration: underline;"><strong>Albator chez le psychanalyste</strong></span>
Pour ceux qui s’intéressent au concept d’« archétype » tel que défini par Carl Gustav Jung, élève du psychanalyste Sigmund Freud. [[Note: L’archétype est une structure psychique <em>a priori</em>, un symbole universel d’un type de « réalité » ou d’un type de personne. Ces symboles sont comme autant de caractéristiques qui nous donnent une image mentale du type de personne dont on parle.  Ex: la femme fatale, le chevalier blanc, le dictateur sanguinaire, l’employé model, le patron colérique, la mère surprotectrice etc.]]  Dans cet épisode d’<em>Albator</em>, le héros du même nom affronte Sylvidra, la reine des ennemies (les Sylvidres). La scène présente deux personnages typiques (archétypes), la méchante reine (comme celle de Blanche-Neige) et le héros sombre (Zorro, Batman) et cette scène est bourrée de références aux concepts d’Éros et Thanatos: principe de vie (sexualité, survie, plaisir) et principe de mort (agressivité, destruction, abandon)  s’incarnant dans un duel à mort qui flirte avec un érotisme à peine subtil. Ajoutons à cela qu’à l’exception de Sylvidra , toutes les Sylvidres sont des femmes nues d’origine végétale. Je ne suis pas certain que la chose serait bien accueillie aujourd’hui... Vous-ai-je dit que cette émission passait tous les samedi matins entre 8 am et 10 am quand j’avais 9-10 ans?...
<a href="http://www.youtube.com/watch?v=zL3sw8EH0-0" target="_blank">http://www.youtube.com/watch?v=zL3sw8EH0-0</a>

<span style="text-decoration: underline;"><strong>LA VIE EST UNE PARTIE DE FOOTBALL</strong></span>
J’aime le <em>football</em> depuis longtemps. Comme je n’ai pas la carrure nécessaire pour ce sport, je me suis toujours contenté de mon rôle de spectateur. J’aime ce sport parce que derrière sa « brutalité » apparente se cache un exemplaire raffinement stratégique où rien n’est laissé au hasard. Et la violence se limite au choc des joueurs entre eux, les bagarres sont extrêmement rares et réprimées avec la plus grande intransigeance. J’aime aussi ce sport pour d’autres raisons: parce que l’esprit d’équipe y est fondamental, parce que la douleur y est méprisée par les joueurs et aussi, parce que le <em>football </em>est une excellente illustration des différentes épreuves de nos vies, qui la jalonneront verge par verge, pouce par pouce.
<a href="http://www.youtube.com/watch?v=m_iKg7nutNY" target="_blank">http://www.youtube.com/watch?v=m_iKg7nutNY</a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:center;"><img width="130" height="103" src="http://philosophie.cegeptr.qc.ca/wp-content/documents/la-voie.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="La voie" /></p>Voici une sélection commentée de vidéos se rapportant à :
<ul>
	<li>- La philosophie et l'Antiquité</li>
	<li>- La religion et la spiritualité</li>
	<li>- La philosophie et les dessins animés</li>
	<li>- La vie et le football</li>
</ul>
<span id="more-2389"></span>
<span style="text-decoration: underline;"><strong>PHILOSOPHIE DE L'ANTIQUITÉ</strong></span>

Voici quelques vidéos présentant la philosophie de différents philosophes antiques étudiés durant la session. Vous remarquerez qu’il n’y a pas de vidéo concernant l’hédonisme radical. Si vous voulez en voir, écoutez <em>Musique Plus</em>, n’importe quelle vidéo avec un rapper-bling-bling-torse-nu-dans-une-voiture-de-luxe-aux-côtés-de-quelques-filles-portant-bikinis-et-manteaux-de-fourrure devrait faire l’affaire.

<span style="text-decoration: underline;"><strong>Platon pour les spéléologues amateurs</strong></span>
L’allégorie de la caverne en animation. Gardez à l’esprit que pour Platon le réel correspond au monde des Idées (intelligible, abstrait, les concepts) et non au monde sensible (matériel, celui du quotidien). Par conséquent, les ombres correspondent aux idées que nous nous faisons du monde à partir de l’expérience sensible et de l’opinion populaire:
<a href="http://www.youtube.com/watch?v=2yfePu67xoI" target="_blank">http://www.youtube.com/watch?v=2yfePu67xoI</a>

Cette scène du film <em>Matrix</em> illustre bien le problème de considérer le réel comme perceptible par les sens. Le passage concerné se trouve essentiellement entre 1:30 et 1:50, mais le reste présente le contexte général:
<a href="http://www.youtube.com/watch?v=WnEYHQ9dscY" target="_blank">http://www.youtube.com/watch?v=WnEYHQ9dscY</a>

<span style="text-decoration: underline;"><strong>Épicuriens et stoïciens</strong></span>
Parce qu’ils prônent également le renoncement aux désirs et aux passions, et aussi parce qu’ils envisagent la mort avec sérénité, les épicuriens et les stoïciens sont souvent confondus par les néophytes. La distinction entre les deux tient principalement dans les raisons fondamentales qui motivent ces prises de positions. Les épicuriens se « retirent du monde » pour éviter  la stimulation des désirs et la souffrance. Les stoïciens « s’engagent dans le monde » mais évitent ce qui pourrait les détourner de leur « mission » et font peu de cas du plaisir ou de la souffrance.

<span style="text-decoration: underline;"><strong>L'épicurisme, pour vivre heureux vivons cachés</strong></span>
Vous trouverez dans cette vidéo l’essentiel de la philosophie d’Épicure telle que nous l’avons vue ensemble. Ce qui est bien avec Épicure, c’est qu’il arrive à résumer ses idées en de courtes maximes ... pouvant facilement être utilisées comme références historiques lors de l’examen. :
<a href="http://www.youtube.com/watch?v=XTV5x-O6Fqc" target="_blank">http://www.youtube.com/watch?v=XTV5x-O6Fqc</a>

<span style="text-decoration: underline;"><strong>Le stoïcisme, l’armure philosophique</strong></span>
Le stoïcisme grec, mais surtout romain, trouve son équivalent dans le <em>Bushido</em> des samouraïs du Japon féodal.  On peut trouver leurs enseignements dans le <em>Traité des cinq roues</em> et dans le <em>Hagakure</em>, entre autres œuvres. La philosophie orientale a ceci de particulier qu’elle s’exprime généralement en images, en paraboles, devant toujours être réinterprétées selon le contexte et utilisables dans tous les contextes. La vidéo suivante est issue du film <em>Ghost Dog</em> avec Forest Whitaker. Il s’agit ici de voir les images de guerre qu’utilisent les samouraïs comme des « principes » s’incarnant dans différentes réalités de la vie, des plus banales aux plus sérieuses. Ainsi, lorsqu’il est fait mention d’avoir la tête tranchée, il est question du principe général de vivre une épreuve qui nous fait perdre nos moyens d’action: maladie grave, faillite, bannissement, divers cuisants échecs, .... Et bien sûr, « tuer quelqu’un » doit être entendu comme « atteindre un objectif », quelque soit l’entreprise ou le projet :
<a href="http://www.youtube.com/watch?v=OetoiAHefr8" target="_blank">http://www.youtube.com/watch?v=OetoiAHefr8</a>

<span style="text-decoration: underline;"><strong>L’amour... toujours l’amour</strong></span>
Platon, dans le <em>Banquet</em>, s’arrête à la question de la définition de l’amour. Les différents participants au repas s’expriment sur leurs conceptions de l’amour. Voici le mythe grec à l’origine de l’expression « âme sœur » tel que rapporté par le poète Aristophane.
<a href="http://www.youtube.com/watch?v=hwW7MNV5GD0" target="_blank">http://www.youtube.com/watch?v=hwW7MNV5GD0</a>

En entrevue à la télévision française, l’acteur Fabrice Luchini nous offre une réflexion intéressante sur le couple.
<a href="http://www.youtube.com/watch?v=UkbsTmLPaWU" target="_blank">http://www.youtube.com/watch?v=UkbsTmLPaWU</a>

<span style="text-decoration: underline;"><strong>RELIGION ET SPIRITUALITÉ</strong></span>
Depuis ses origines, la philosophie cherche à prendre ses distances par rapport à la pensée religieuse et aux autres formes de discours « irrationnels ».  Ceci étant dit, il est quasiment impossible pour le philosophe d’éviter toutes formes de considérations métaphysiques lorsque vient le temps, par exemple, de réfléchir sur le sens de la vie ou sur les fondements de la morale. Les religions sont autant de moules culturels qui ont influencé et influencent toujours l’évolution des mentalités de nos civilisations humaines.

<span style="text-decoration: underline;"><strong>La passion du Christ</strong></span>
Le personnage de <a href="http://philosophie.cegeptr.qc.ca/2007/10/la-derniere-tentation-du-christ/">Jésus de Nazareth</a> est fascinant à plusieurs égards. Qu’il soit un personnage historique ou fictif, fils de Dieu ou fils de rien, tout cela  importe peu... Il frappe l’imaginaire depuis 2000 ans. Sauveur? Illuminé? Héros tragique ultime? Que signifie ce symbole d’un dieu qui se laisse mettre à mort par sa propre création pour la laver de ses péchés? Et pourquoi a-t-on appelé « passion »  ce long supplice menant à la crucifixion? Si vous voulez méditer là-dessus en écoutant <em>Le Ruht wohl  (repose en paix)</em> de Bach, tiré de son œuvre <em>La passion selon Saint Jean</em>, tout en regardant le Nazaréen être déchiré par amour pour l’humanité...:
<a href="http://www.youtube.com/watch?v=muBv-vRmewI" target="_blank"> http://www.youtube.com/watch?v=muBv-vRmewI</a>

<span style="text-decoration: underline;"><strong>Plusieurs rites, un même dieu</strong></span>
Le judaïsme, le christianisme et l’islam sont trois religions qui trouvent leurs origines dans les mêmes « mythes fondateurs »: la genèse, Adam et Ève, le sacrifice d’Abraham, l’arche de Noé etc. Même Jésus et Marie (...sa mère) trouvent leur place dans l’islam, et la naissance de Isa (le nom de Jésus dans le Coran) est aussi miraculeuse que chez les chrétiens. Ceci dit, Isa est considéré comme un prophète par les musulmans, non comme Dieu ou fils de Dieu. Pour ces trois religions nées dans le désert du Proche-Orient, la voix de Dieu est plus importante que son image, contrairement à chez les Grecs et à chez les Romains.  C’est par sa voix que le dieu d’Abraham parle aux prophètes, et non en paraissant devant eux, comme l’aurait fait Zeus pour les Grecs. Voici un <em>adhan</em>, un appel à la prière musulman (islam):
<a href="http://www.youtube.com/watch?v=vjUIBtM5JeI" target="_blank">http://www.youtube.com/watch?v=vjUIBtM5JeI</a>

<span style="text-decoration: underline;"><strong>Le son qui créa l’univers</strong></span>
Dans quelques grandes religions orientales, dont l’hindouisme et le bouddhisme, on considère que l’origine de l’univers tout entier se trouve dans une vibration fondamentale, un son, une syllabe: <em>Aum</em> (Om). Cette vibration serait le « bruit de fond » du cosmos, et pratiquer la méditation en émettant ce <em>Aum</em> vibratoire nous mettrait en quelque sorte... au diapason avec l’univers. Dans la vidéo suivante le <em>Aum</em> commence vers 2:30.. Namaste:
<a href="http://www.youtube.com/watch?v=n4e9hcqVVfY" target="_blank">http://www.youtube.com/watch?v=n4e9hcqVVfY</a>

<span style="text-decoration: underline;"><strong>Nuit noire, nuit blanche... réflexion sur le mal</strong></span>
Pourquoi, dans la plupart des représentations, le noir est la couleur du mal? Pourquoi pas le jaune? Pourquoi les nuits de pleine lune plutôt que le soleil de midi? Pourquoi un « humain » avec des ailes de chauve-souris nous apparait-il si inquiétant alors qu’on irait le voir, tout confiant, s’il portait des ailes de colombe?  Vous avez déjà été attaqués souvent par des chauve-souris, vous?  Et ça ne vous est jamais arrivé qu’un bel oiseau diurne aux couleurs éclatantes  passe terminer son cycle alimentation/digestion/évacuation sur votre voiture?

Et pourtant, à travers l’histoire le Mal et la Nuit se sont associés dans l’imaginaire humain par un « système » de symboles, comme l’aile de chauve-souris par exemple. Et souvent, dans les représentations culturelles « l’esthétique » du mal est nocturne, elle est sombre, froide... Mais élégante. Qu’on pense au vampire, au sorcier ... ou à l’uniforme des SS.

L’esprit humain a peuplé la nuit d’étranges choses. Les monstres imaginaires sont pour la plupart beaucoup plus effrayants que les simples humains. C’est ce que l’on pourrait croire du moins, si l’on considère quelques instants les nombreux pouvoirs qui leur sont généralement attribués... Et pour les mêmes raisons ils sont paradoxalement les plus rassurants. Ils sont imaginaires, ils sont totalement différents de nous, ils sont « autre chose » que nous. Ça nous rassure sur nous-mêmes...  C’est rassurant de savoir que, sous le soleil, les humains ne sont pas des monstres... n’est-ce pas? Le soleil... Il éclair, et il aveugle...

... .... .... Caligula, Vlad III, Elysabeth Batory, Alexandre VI, Robespierre, Staline, Hitler, Idi Amin Dada, Pol Pot ... Ce n’est qu’une infime partie des trop nombreux vrais monstres qui sont passés à l’histoire... Jusqu'à maintenant. Et combien de dégénérés anonymes de par le monde? Et si l’on en juge par la rapidité de notre évolution technologique et par la lenteur de notre évolution « humaine », on est peut-être en droit de s'attendre à ce qu’un jour, de nouveaux joyeux cinglés cherchent à faire leurs places sous le soleil .

<span style="text-decoration: underline;"><strong><em>In nomine Satanis</em>, la chute de l’ange</strong></span>
Il serait dommage que vous quittiez le collège sans jamais avoir rencontré  Charles Baudelaire.  Notre triste époque perd ses repères et ses grands classiques. Vous pourrez entendre ses <em>Litanies de Satan</em>, tirées des <em>Fleurs du mal</em>, sur la <em>Sonate pour piano no. 14 (au clair de lune) </em>de Beethoven:
<a href="http://www.youtube.com/watch?v=QpVpggESeJo" target="_blank">http://www.youtube.com/watch?v=QpVpggESeJo</a>

<span style="text-decoration: underline;"><strong>
<em>Necurat</em> (ancien Roumain signifiant: <em>âme souillée</em>, utilisé pour parler des vampires)</strong></span>
Si je vous disais que tous les vampires ne sont pas aussi mignons qu’Edward, me croiriez-vous? Pour les amateurs de cinéma, un classique du genre: <em>Nosferatu</em> (1922) de Friedrich Wilhelm Murnau. Un chef-d’œuvre du cinéma expressionniste.  Le tout sur le <em>Lacrimosa</em> de Mozart, une partie de son <em>Requiem</em> (messe funéraire):
<a href="http://www.youtube.com/watch?v=VlzKeJC7DTM" target="_blank">http://www.youtube.com/watch?v=VlzKeJC7DTM </a>

<span style="text-decoration: underline;"><strong>Quand le soleil a rendez-vous avec la lune</strong></span>
Une éclipse totale de soleil est un spectacle fascinant. Nous sommes fascinés, mais nous ne sommes pas terrifiés. C’est parce que nous comprenons la mécanique céleste. Et nous savons également qu’il ne faut pas regarder en direction du soleil pendant une éclipse, car l’on risquerait de perdre la vue. Mais, imaginez-vous vivre à une époque et dans une culture, où ce genre de phénomène ne s’explique pas rationnellement, quand c’est le mythe qui donne les réponses et non la science. Imaginez ... l’effroi des gens qui voient disparaitre leur dieu suprême. Leurs cris hystériques qui supplient le soleil de revenir pendant que le ciel se referme sur lui. Et le lendemain...  des aveugles terrorisés qui hurlent un peu partout.
<a href="http://www.youtube.com/watch?v=s8qUyVpzSEQ" target="_blank">http://www.youtube.com/watch?v=s8qUyVpzSEQ</a>

<span style="text-decoration: underline;"><strong>PHILOSOPHIE ET DESSINS ANIMÉS</strong></span>
Pour peu que l’on soit attentif, le cinéma, les livres, la musique, les animés et les différents autres médias de la culture populaire offrent une pléiade de pistes de réflexion intéressantes. Prenez, par exemple, n’importe quel dilemme moral d’à peu près n’importe quel film et vous en avez pour des heures à pouvoir débattre.

<span style="text-decoration: underline;"><strong>Lex Luthor existentialiste</strong></span>
Dans cet épisode de <em>Superman</em>, Lex Luthor affirme, comme Nietzsche, Heidegger et Sartre, que la vie est dépourvue de sens, qu’elle n’a pas de but précis. C’est à l’individu à donner un sens à <em>Sa vie</em>.
<a href="http://www.youtube.com/watch?v=fSW70fC_sec" target="_blank">http://www.youtube.com/watch?v=fSW70fC_sec</a>

<span style="text-decoration: underline;"><strong>Débat sur l’esthétique entre Sasori et Deidara</strong></span>
Dans la série <em>Naruto</em>, deux membres de l’Akatsuki engagent un débat sur la nature de l’art et la relation qu’il entretient avec le concept de « beauté ». Ce dialogue est malheureusement interrompu par Naruto et ses habituelles mauvaises manières. Dans cette scène, deux visions  de l’art radicalement opposées sont présentées. L’éternel ou l’éphémère? Note: Le personnage de Deidara est inspiré de l’artiste abstrait japonais Taro Okamoto, qui est l’auteur de la formule: « <em>L’art, c’est l’explosion</em> »
<a href="http://www.youtube.com/watch?v=Zf2Spx7dlBE" target="_blank">http://www.youtube.com/watch?v=Zf2Spx7dlBE </a>

<span style="text-decoration: underline;"><strong>Albator chez le psychanalyste</strong></span>
Pour ceux qui s’intéressent au concept d’« archétype » tel que défini par Carl Gustav Jung, élève du psychanalyste Sigmund Freud. [[Note: L’archétype est une structure psychique <em>a priori</em>, un symbole universel d’un type de « réalité » ou d’un type de personne. Ces symboles sont comme autant de caractéristiques qui nous donnent une image mentale du type de personne dont on parle.  Ex: la femme fatale, le chevalier blanc, le dictateur sanguinaire, l’employé model, le patron colérique, la mère surprotectrice etc.]]  Dans cet épisode d’<em>Albator</em>, le héros du même nom affronte Sylvidra, la reine des ennemies (les Sylvidres). La scène présente deux personnages typiques (archétypes), la méchante reine (comme celle de Blanche-Neige) et le héros sombre (Zorro, Batman) et cette scène est bourrée de références aux concepts d’Éros et Thanatos: principe de vie (sexualité, survie, plaisir) et principe de mort (agressivité, destruction, abandon)  s’incarnant dans un duel à mort qui flirte avec un érotisme à peine subtil. Ajoutons à cela qu’à l’exception de Sylvidra , toutes les Sylvidres sont des femmes nues d’origine végétale. Je ne suis pas certain que la chose serait bien accueillie aujourd’hui... Vous-ai-je dit que cette émission passait tous les samedi matins entre 8 am et 10 am quand j’avais 9-10 ans?...
<a href="http://www.youtube.com/watch?v=zL3sw8EH0-0" target="_blank">http://www.youtube.com/watch?v=zL3sw8EH0-0</a>

<span style="text-decoration: underline;"><strong>LA VIE EST UNE PARTIE DE FOOTBALL</strong></span>
J’aime le <em>football</em> depuis longtemps. Comme je n’ai pas la carrure nécessaire pour ce sport, je me suis toujours contenté de mon rôle de spectateur. J’aime ce sport parce que derrière sa « brutalité » apparente se cache un exemplaire raffinement stratégique où rien n’est laissé au hasard. Et la violence se limite au choc des joueurs entre eux, les bagarres sont extrêmement rares et réprimées avec la plus grande intransigeance. J’aime aussi ce sport pour d’autres raisons: parce que l’esprit d’équipe y est fondamental, parce que la douleur y est méprisée par les joueurs et aussi, parce que le <em>football </em>est une excellente illustration des différentes épreuves de nos vies, qui la jalonneront verge par verge, pouce par pouce.
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		</item>
		<item>
		<title>Exercice Éthique : Anatole, Bernadette et Gertrude à la croisée des chemins</title>
		<link>http://philosophie.cegeptr.qc.ca/2010/05/exercice-ethique-anatole-bernadette-et-gertrude-a-la-croisee-des-chemins/</link>
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		<pubDate>Sat, 01 May 2010 20:09:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Patrice Létourneau</dc:creator>
				<category><![CDATA[Documents Éthique]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://philosophie.cegeptr.qc.ca/?p=146</guid>
		<description><![CDATA[Exercice d&#8217;explication et de mise en application de l&#8217;hédonisme modéré et de la morale du devoir de Kant Dilemme éthique : Anatole (nom fictif !) a 21 ans et, si tout se passe bien, il va obtenir son DEC du Cégep de Trois-Rivières à la fin de la présente session.  Pendant longtemps, Anatole s’est cherché. &#8230;]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><strong>Exercice d&#8217;explication et de mise en application<br />
de l&#8217;hédonisme modéré et de la morale du devoir de Kant </strong></p>
<p><strong>Dilemme éthique :</strong><br />
Anatole (nom fictif !) a 21 ans et, si tout se passe bien, il va obtenir son DEC du Cégep de Trois-Rivières à la fin de la présente session.  Pendant longtemps, Anatole s’est cherché.  Il a souvent pris ses cours «à la légère» (et les a par conséquent souvent échoués), pas parce qu’il n’avait pas la capacité nécessaire, au contraire, mais simplement parce qu’il ne voyait pas où ça devait le conduire.  Mais depuis peu, les choses ont changé.  Ça fait deux mois qu’il est avec Bernadette (nom fictif !) qui, malgré ce que pourrait laisser croire son nom, est à la fois fort séduisante, drôle et vive d’esprit.  Difficile de dire si c’est ou non une coïncidence, mais depuis ce temps les horizons d’Anatole semblent s’éclaircir.  Il a enfin trouvé ce qu’il voulait faire dans la vie : il veut devenir journaliste (plus précisément, faire un baccalauréat en communication publique avec un certificat en journalisme).  Bernadette, pour sa part, veut devenir ergothérapeute.  Puisqu’Anatole et Bernadette terminent en même temps leur DEC et que leurs programmes d’études respectifs sont offerts avec une bonne réputation à l’Université Laval, ils planifient fébrilement leur déménagement à Québec.  Ils quitteront « papa et maman » pour vivre enfin ensemble en appartement.  Quelle joie !  Et ils se consacreront, en se supportant mutuellement, à l’étude en vue de leurs carrières respectives futures.</p>
<p>Mais la vie étant parfois cruelle comme un drame shakespearien, Anatole se réveille au son d’un agent de police qui frappe à la porte : son père et la seconde femme de celui-ci viennent de décéder dans un accident d’auto.  Un abruti ivre a embouti leur auto, alors qu’ils revenaient du cinéma.  Le père d’Anatole, après une douloureuse séparation, avait retrouvé l’amour avec une femme plus jeune.  Ils ont eu une fille ensemble, soit la demi-sœur d’Anatole : Gertrude (nom fictif !).  Gertrude, malgré ce que pourrait laisser croire son nom, a six ans.</p>
<p>C’est comme si le sol se dérobait sous les pieds d’Anatole.  Que doit-il faire ?  Lui et Bernadette devaient quitter la région pour les études à Québec.  Mais que faire de Gertrude?  Amener avec eux Gertrude en appartement à Québec ?  Mais ça semble impensable : Bernadette ne veut pas d’enfant avant au moins 5-6 ans, le temps de lancer sa carrière.  Vouloir lui imposer sa demi-sœur serait matière à disputes, et sans doute à séparation.  Et pour Anatole?  S’occuper de sa demi-sœur implique qu’il faudra s’en occuper adéquatement et veiller à son développement.  Il faudra passer beaucoup de temps lors des soirées pour l’aider à faire ses devoirs, plutôt que de vaquer à ses propres études.  Et d’un autre côté, si Anatole ne prend pas en charge sa demi-sœur, qui le fera ?  Dans sa famille, deux oncles pourraient le faire.  Oncle et parrain Sami (nom fictif !) qui vit maintenant en Ontario.  Cependant, la dernière fois qu’il a vu Gertrude, elle avait six mois : c’est donc un parfait inconnu pour elle.  L’autre oncle, Tony (nom fictif !), travaille sur un chantier à la Baie-James.  Il a des horaires de travail très chargés, mais il dit qu’il pourrait payer du monde pour la garder.  Pour sa part, Gertrude est effrayée !  Elle ne veut ni aller vivre en anglais en Ontario, ni s’expatrier à la Baie-James.  Elle veut être avec son grand frère Anatole.</p>
<p>Anatole est à une croisée des chemins.  Il ne veut pas abandonner sa demi-sœur.  Mais d’un autre côté, peut-il vraiment la prendre en charge ? S’il la prend en charge, il devra lui faire faire ses devoirs, plutôt que de s’occuper de ses propres études.  Il devra aussi travailler pour subvenir à ses besoins.  Il ne pourra pas l’imposer à son amoureuse Bernadette, qui elle ne veut pas d’enfant dans l’immédiat et veut plutôt se concentrer sur son avenir d’ergothérapeute. Doit-il mettre un terme à ses études pour travailler à temps plein et s’occuper de sa demi-sœur ?</p>
<p><strong>Questions</strong><br />
Face à ce dilemme éthique, dites ce que conseilleraient à Anatole à la fois un hédoniste modéré et un kantien.  Pour ce faire :<br />
(1)    Rédigez le paragraphe d’introduction, où vous indiquerez clairement (a) les choix qui s’offrent à Anatole, (b) les valeurs positives qui peuvent être évoquées pour défendre chacun des choix et (c) au moins une conséquence significative découlant du fait que l’on privilégiera un choix plutôt qu’un autre.<br />
(2)    Expliquez et appliquez clairement la théorie de l’hédonisme modéré à ce cas, pour finalement dégager ce qu’un hédoniste modéré conseillerait à Anatole de faire.<br />
(3)    Expliquez et appliquez clairement la théorie de la morale du devoir de Kant à ce cas, pour finalement dégager ce qu’un kantien conseillerait à Anatole de faire.</p>
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