Philo et Peinture
Leipzig et le renouveau en arts visuels
12/03/10
Pour les personnes souhaitant alimenter leurs réflexions avant le colloque «Une cité pour l’Homme» sur La cité et les arts qui aura lieu les 2, 3 et 4 juin prochain, de la même manière que je me suis permis de suggérer l’écoute de l’émission TLMSF qui portait sur le Bauhaus et la ville de Québec, je me permets de suggérer la lecture de cet article du New York Times sur le phénomène artistique qui émerge de Leipzig : The New Leipzig School (6 pages). C’est l’œil alerte de notre collègue et ami Guy Béliveau qui nous avait fait découvrir cet article en 2006.
À l’époque de la République démocratique allemande (RDA), «l’ancienne» académie de peinture de Leipzig était coupée de l’expressionnisme abstrait, du minimalisme et de l’art conceptuel. L’enseignement des arts était en filiation avec l’enseignement classique. Ceux qui enseignent maintenant les arts visuels à Leipzig ont été formés ainsi et répètent, dans une certaine mesure, cet enseignement où il y a un très fort accent sur le travail rigoureux de la technique et une production figurative. Dans la nuit du 9 au 10 novembre 1989, à la suite des manifestations de Berlin et de Leipzig, le mur de Berlin tombe. Die Wende. Ce que l’on appelle la «Nouvelle école de Leipzig», ce sont les jeunes artistes, nés dans les années des décennies de 1960 et 1970, formés par ces professeurs. Avec la chute du mur, il leur devient possible de se faire connaître sur la scène du marché international de l’art. Depuis la percée de Neo Rauch au milieu de la décennie de 1990, leurs œuvres sont extrêmement convoitées. Selon le New York Times, la ville de Leipzig est maintenant au cœur du premier grand phénomène artistique du 21e siècle.
La cité et les arts ? Assurément, ça pose questions.
Exploration en 3D de l’une des œuvres de Picasso
30/11/09
Je ne sais si ce sujet devrait relever davantage de l’art que de la philosophie, mais puisque la question de la beauté est l’affaire des deux, ceux qui s’intéressent à Picasso aimeront sans doute cette exploration – véritable œuvre en elle-même! – de l’œuvre intitulée Guernica, de Picasso.
Cette exploration en 3D de Guernica, de Picasso, a été créée par Lena Gieseke.
Michel-Ange et la théologie de la Sixtine
31/12/07

Suite à un bref échange de courriels, monsieur Jacques Darriulat m’a généreusement accordé la permission de reproduire in extenso (environ vingt pages en version papier) son texte Michel-Ange et la théologie de la Sixtine dans PhiloTR.
Monsieur Jacques Darriulat est maître de conférences à Paris IV- Sorbonne.
On pourra retrouver d’autres textes du même auteur en visitant son site. Je ne saurais trop en recommander la visite. Il s’agit d’un espace intellectuellement riche. Indéniablement une des mines d’or du Web! On y retrouvera principalement des leçons prononcées au cours des douze dernières années devant des étudiants de Paris IV, et, pour certaines d’entre elles, devant les élèves de classe terminale ou de Lettres Supérieures du lycée Henri IV, à Paris. Leçons de philosophie générale et leçons de philosophie esthétique se partagent la part du lion.
Concernant le texte Michel-Ange et la théologie de la Sixtine, monsieur Darriulat veut montrer comment l’oeuvre du sublime Florentin, dans ce haut lieu du catholicisme, annonce les angoisses des Temps Modernes. Il nous propose ainsi un voyage dans l’univers théologique, philosophique et artistique d’une des plus glorieuses périodes de l’histoire de l’art. Je me permets de souligner en terminant comment ce texte fait bien ressortir le rôle de la philosophie néoplatonicienne dans l’oeuvre de Michel-Ange. Et ne serait-ce que pour cela, il s’agit d’un document vraiment intéressant.
Je vous laisse maintenant à votre plaisir!
Yves Bastarache
________________________________________________________________________
Michel-Ange et la théologie de la Sixtine
Conférence prononcée au lycée Henri IV le 14 mai 2001
La chapelle Sixtine n’est pas un lieu de culte tout à fait semblable aux autres : elle est Magna Capella Sacri Palatii, la Grande Chapelle du Sacré Palais, le centre liturgique de la chrétienté romaine, c’est-à-dire de la catholicité, et de nos jours encore seul le Pape peut célébrer la messe sur l’autel que surplombe, depuis le milieu du XVIe siècle, l’immense fresque de Michel-Ange représentant Le Jugement Dernier. L’extrême dignité sacerdotale du lieu le destinait en priorité à une organisation hautement symbolique, en laquelle rien n’était laissé au hasard, et qui devait résumer en sa totalité le message chrétien de la Rédemption, une sorte de compendium de la chrétienté, depuis la création du monde et le premier péché jusqu’à la fin du monde et la résurrection des morts.
Cézanne
10/01/06
L’année 2006 sera marquée en France, et particulièrement à Aix-en-Provence, de nombreuses manifestations soulignant le centenaire de la mort du peintre Paul Cézanne. Par le biais de divers médias, on devrait aussi en entendre parler au Québec.
Cézanne interrogeait la vision. Selon lui, « peindre signifie penser avec son pinceau. » Son souhait était de joindre les acquis du mouvement réaliste et de l’impressionnisme. D’offrir une exemplification de la rencontre possible de ces pôles. Cette rencontre ne constituerait cependant pas un point de vue absolu – ses diverses périodes le manifestant d’ailleurs. Dans sa période médiane, on peut voir dans ses natures mortes l’expression du mouvement du regard.
Considérons un exemple :
Un jeune phénoménologue parmi nous
4/11/05
Allocution prononcée par Guy Béliveau lors du lancement du livre Le phénomène de l’expression artistique du professeur Patrice Létourneau.
Patrice Létourneau, nouveau professeur au département de philosophie, signe un très bel ouvrage intitulé Le phénomène de l’expression artistique. Nous comprenons mieux, en le lisant, plusieurs thèses de Merleau-Ponty, mais, et cela ne cesse d’étonner, nous voyons un jeune philosophe se livrer à de brillantes considérations sur le langage, le style et la réception du sens, pour ne nommer que les seuls thèmes qui feront l’objet de notre propos. Il ne saurait être question de résumer même succinctement tous les sujets qu’aborde l’auteur : son livre est trop riche et trop varié. À chaque page, on constate qu’il a beaucoup lu, et surtout beaucoup réfléchi. Pour l’essentiel, son travail nous conduit à modifier en profondeur notre façon de voir les choses, à convertir notre regard. Voilà donc une œuvre en phénoménologie, une oeuvre de la meilleure eau.
806












Chargement

