Article marqué phénoménologie
Jean-Luc Marion entre à l`Académie française
1/02/09
Le 6 novembre 2008, le philosophe français Jean-Luc Marion est élu à l`Académie française. Il y occupe le fauteuil no. 4, détenu jadis par le cardinal Jean-Marie Lustiger, archevêque de Paris (1981-2005), décédé le 5 août 2007. Le nouvel académicien est un spécialiste de Descartes et de phénoménologie. Il est considéré comme l`un des plus brillants philosophes de sa génération.
Né le 3 juillet 1946, il est un ancien élève de Jacques Derrida à l`École normale supérieure (1967-1971), rue d`Ulm, à Paris. Il subit également l`influence de Jean Beaufret (1907-1982) et Ferdinand Alquié (1906-1985). De ces deux mêmes philosophes, il hérite d`une passion pour la pensée de René Descartes (1596-1650), dont il renouvelle l`interprétation. En 1967, il obtient une Licence ès-lettres (Nanterre). En 1968, il acquiert une Licence de philosophie (Sorbonne). En 1971, il est agrégé de philosophie. En février 1974, on lui décerne un Doctorat de 3e cycle à l`université Paris-IV.
Centenaire de Maurice Merleau-Ponty : une philosophie de l’opacité et de l’ambiguïté
9/03/08
«Qu’il s’agisse des vestiges ou du corps d’autrui, la question est de savoir comment un objet dans l’espace peut devenir la trace parlante d’une existence, comment inversement une intention, une pensée, un projet peuvent se détacher du sujet personnel et devenir visibles hors de lui dans son corps, dans le milieu qu’il se construit.»
– Merleau-Ponty, Phénoménologie de la perception (p.401)
Le 14 mars 2008 marque le centenaire de la naissance du philosophe français Maurice Merleau-Ponty, dont le parcours fut interrompu par sa mort précoce en 1961. Auteur de très nombreux ouvrages, ce n’est que depuis peu qu’on reconnaît son travail en tant qu’œuvre philosophique originale, quoique cette reconnaissance est loin d’avoir véritablement obtenu son rayonnement dans la culture, celle qu’on dit «de l’honnête homme», c’est-à-dire dans cette culture qui dépasse la sphère académique et les «milieux savants». Cela dit, deux filons peuvent s’avérer utiles pour esquisser les lignes de force de cette œuvre : d’abord, la désignation fort à propos de François Alquié (1947), ensuite reprise par Alphonse de Waelhens (1951), de «philosophie de l’ambiguité», puis celle d’Emmanuel Alloa qui, dans La résistance du sensible (2008), aborde l’œuvre de Merleau-Ponty comme une réflexion «sur ce qui résiste», et par là même comme une «critique de toute idéologie de la transparence, que ce soit la croyance en une transparence de soi à soi, du soi et de son savoir, du soi et de l’Autre.» (p. 16).
Phénoménologie de la religion chez Heidegger
16/12/07
Sylvain Camilleri, Phénoménologie de la religion et herméneutique théologique dans la pensée du jeune Heidegger. Commentaire analytique des Fondements philosophiques de la mystique médiévale (1916-1919).
Présentation de l’éditeur :
«Cette étude tente de reconstruire la première phénoménologie de la religion du jeune Heidegger par l’examen du recueil de notes éparses rédigées entre 1916 et 1919 et intitulé rétrospectivement Les fondements philosophiques de la mystique médiévale. Entre sa thèse d’habilitation et ses premiers cours d’après-guerre, Heidegger se consacre à l’écriture d’une Phénoménologie de la conscience religieuse qui, pour des raisons quelque peu mystérieuses, restera finalement inachevée. Si certains de ses éléments seront repris et assimilés dans les cours sur Paul et Augustin des années 1920 et 1921, de nombreux autres, concernant des auteurs tels que Maître Eckhart, Bernard de Clairvaux, Luther, Schleiermacher ou Adolf Reinach, ou des notions phénoménologiques, théologiques et religieuses, telles que la prédonation, la foi, la prière ou l’a priori religieux, trouvent dans ce texte une thématisation tout à fait spécifique, dictée par une situation biographique et philosophique singulière. C’est pour répondre à cette dimension hapaxique que ce livre tente un commentaire exhaustif des notes heideggeriennes. Et c’est à l’occasion de cette lecture suivie que sont apparues les grandes lignes de ce que l’on peut appeler une « herméneutique théologique » censée guider la phénoménologie sur le terrain religieux nouvellement investi et la familiariser avec des phénomènes qui résistent en certains endroits à son esprit méthodique. Malgré leur caractère introductif, les premières recherches de Heidegger témoignent d’une richesse, d’une profondeur et d’un respect de la vie religieuse inégalés à ce jour et il n’est pas exagéré de dire qu’elles devraient servir de prolégomènes à toute phénoménologie future de la religion. Ainsi, parallèlement au travail d’explication, le travail ici présenté esquisse en ce domaine quelques chemins possibles en prolongeant certaines descriptions heideggeriennes et en posant les bases d’un nouveau dialogue entre phénoménologie, théologie et sciences religieuses.»

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