Note de la rédaction : Vous trouverez ci-après le texte de la Philoconférence d’Yvon Corbeil sur l’éducation, prononcée au Théâtre du Cégep de Trois-Rivières le mardi 19 février 2013, dans le cadre de la 2e édition de la Semaine de la philosophie. 

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TABLE DES MATIÈRES DE LA CONFÉRENCE :

Pourquoi l’éducation?

Pour définir l’éducation, on doit d’abord définir l’homme!

L’agir culturel dans la nature; l’éducation comme «formation»!

Un autre chemin: l’éducation comme apprentissage de l’humanité!

Accession à l’humanité et école organisée!

La faillite fondamentale de l’éducation organisée!

La distinction actuelle des savoirs et le sort qu’ils réservent à l’éducation fondamentale!

Le loup dans la bergerie!

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Pourquoi l’éducation?

YVON CORBEIL, Ph. D.

Professeur au Cégep de Trois-Rivières, QC.

1. Pour définir l’éducation, on doit d’abord définir l’homme

Dans le Lachès, Socrate rappelle à deux de ses relations qu’on ne saurait concocter un remède pour les yeux si on ne sait pas ce qu’est un oeil, ou qu’on ne saurait fabriquer un mors si on ignore ce qu’est un cheval. Dans le même ordre d’idées, personne ne songerait donc à concevoir l’éducation sans posséder d’abord une bonne définition de ce que l’homme est.

Mais ce n’est évidemment pas dans le dictionnaire, ni même dans des énoncés fondamentaux qu’il convient de chercher cette définition. Car les locutions vides de sens ou les énoncés savants et habiles se contentent le plus souvent de transformer les énigmes fondamentales en énigmes secondaires, laissant le chercheur tout aussi perplexe à l’arrivée qu’il l’était au départ. L’homme – celui-là même qui sait définir toute chose – éprouve bien du mal à se définir lui-même. Et s’il prétend y être parvenu, il s’en trouve d’autres, autour de lui, pour lui signifier leur désaccord.

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