Apports pédagogiques

Dans cette catégorie, on retrouve des documents pédagogiques (exemples, exercices, méthodes, etc.) pour le cours de «Philosophie et rationalité», pour le cours sur «L’Être humain», ainsi que pour le cours en «Éthique», mis à la disposition de tous par divers professeurs du département de philosophie du Cégep de Trois-Rivières. Les professeurs peuvent réutiliser ces documents en les adaptant au besoin.

Exemple pour la formulation et l’explication de l’argumentation

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Exemple pour la formulation de l’argumentation
Formulation du lien entre la thèse et l’argument («je crois que p parce que q») :
Je crois que la démocratie est un système politique défaillant, parce que la majorité des individus ne sont pas en mesure de déterminer quelles sont les bonnes décisions à prendre.

(Notons ici que l’explication de l’argument sera très importante : est-ce parce qu’on suppose que la majorité des gens sont des idiots?  Est-ce que l’éducation ne fait pas justement en sorte que la majorité est suffisamment instruite pour juger?)

Explication du lien entre la thèse et l’argument : 
Pour prendre une bonne décision, les bonnes intentions ne suffisent pas, il faut aussi avoir une bonne connaissance du sujet en question.  C’est d’ailleurs pourquoi on dit parfois que «l’enfer est pavé de bonnes intentions».  Cependant, les décisions politiques couvrent une très large variété de sujets et d’enjeux.  Or, ces enjeux comportent non seulement des controverses concernant la manière de tenter de les aborder et de les régler, mais en plus ceux-ci sont souvent complexes (après tout, si les solutions étaient si évidentes, on les aurait déjà appliquées).  Le problème ici, c’est qu’il n’est pas vraiment possible de bien connaître tous les dossiers, puisqu’il y en a tout simplement trop pour le temps dont on peut disposer, en tant que citoyen, pour fouiller chacun de ceux-ci.  Par conséquent, si la majorité n’est pas apte à prendre les bonnes décisions, ce n’est pas parce que la majorité serait composée d’idiots et ce n’est pas non plus parce que la majorité n’aurait pas l’éducation nécessaire.  C’est plus simplement (ou plus humainement), parce que la majorité ne dispose tout simplement pas du temps nécessaire pour bien connaître tous les dossiers qui seront impliqués par les prises de décisions.

Exemple de l’argument :

Par exemple, la majorité des gens vont travailler 40 heures par semaine.  À cela s’ajoutent parfois des contraintes familiales, ainsi que du temps pour des loisirs.  En fin de compte, lors d’élections par exemple, il devient difficile de disposer du temps nécessaire pour lire à fond tous les programmes politiques de tous les partis.  Mais encore là, lire les programmes n’est pas suffisant, puisqu’il faudrait aussi s’assurer qu’ils ne contiennent pas de sophismes de caricature.  Et pour le savoir, il faudrait pouvoir s’informer à fond sur les sujets et sur l’état des lieux dans la réalité, «sur le terrain», en s’assurant d’en saisir tous les aspects.  Or, on ne peut pas faire cela pour tous les sujets : santé, éducation, environnement, économie, etc., car ça deviendrait un travail à temps plein.  Par conséquent, on se prononce davantage sur la base d’impressions et de connaissances partielles que sur la base d’une véritable connaissance de toutes les implications.
Formulation de l’objection («certains pourraient m’objecter que non-p, parce que x) :
Par contre, certains pourraient m’objecter que la démocratie n’est pas un système politique défaillant, car au contraire elle rend plus difficile la prise de contrôle par des «spécialistes» qui pourraient être tentés de privilégier leurs propres intérêts lors de décisions politiques.…(refaire les mêmes étapes que pour ce qui précède)…

Directives pour la section de problématisation de la dissertation

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La section de problématisation
–> La démonstration du caractère philosophique de la questionDans cette section, je dois démontrer le caractère philosophique de la question. Pour ce faire, je dois réaliser les deux étapes suivantes:

A) La démonstration du caractère fondamental de la question philosophique
-je montre tout d’abord le caractère fondamental de la question. Cela se fait en formulant des conséquences possibles et significatives que la réponse à la question peut entraîner. On adoptera le modèle du raisonnement hypothétique: «S’il s’avérait que x (x étant une réponse possible à la question philo.), alors y.» La conséquence (y) doit être significative, c’est-à-dire qu’elle doit montrer que répondre à la question engage la réflexion dans une direction qu’il vaut la peine d’explorer. On ne philosophe pas sur des idées insignifiantes.
B) La démonstration du caractère controversé de la question philosophique
-je montre ensuite le caractère controversé de la question. Cela se fait en indiquant que l’on peut très bien soutenir la thèse et l’antithèse (le «oui» et le «non»), chacune étant accompagnée d’unargument crédible et pertinent.  Attention: il ne s’agit pas ici de faire état des motivations personnelles (qui relèvent des jugements de préférence ou de goût), mais bien d’identifier des arguments (qui se situeront au niveau des jugements de valeur ou d’interprétation) indiquant en quoi il pourrait être justifié de défendre la thèse et en quoi il pourrait aussi être justifié de défendre l’antithèse.

Directives pour la section de conceptualisation

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Dans cette section, il vous faudra définir les concepts importants de la question philosophique, illustrer les définitions des concepts importants et, enfin, reformuler la question philosophique en vous servant de vos définitions.Les étapes de la section de conceptualisation1) Formulation de la définition réelle du premier concept-clé de la question philosophique 

Définir réellement un concept, c’est dire quelle sorte de chose il est (son genre) et ce qui lui appartient en propre (sa différence spécifique). Vous devez donc à cette étape de votre dissertation identifiez les concepts importants de la question philosophique et produire une définition réelle pour chaque concept identifié. Prenez garde aux fautes de définition!

– Par exemple, une bonne définition réelle de la philosophie pourrait être la suivante: «c’est une réflexion critique [voilà le genre de chose que c’est] sur des questions fondamentales [et voilà ce qui est spécifique à ce type de réflexion critique].»
– Et, autre exemple, une bonne définition réelle (genre + différence spécifique) du concept de «vérité» pourrait être la suivante: «c’est une affirmation, une pensée ou une croyance qui est conforme au réel.»
2) Exemple venant illustrer chacun des éléments de la définition réelle du premier concept-cléIci vous devez donner un exemple concret et pertinent (bien relié) pour la définition réelle produite. Il faut ici prendre le soin d’illustrer clairement chacune des parties de la définition réelle.  En cas de doute sur la pertinence de votre illustration, justifiez le lien entre votre exemple et la définition dont il est un exemple.
– Par exemple, une bonne définition réelle du concept d’utilitépourrait être la suivante : «c’est une chose, une action ou une activité qui apporte un avantage».  Par la suite, lorsque vous devez illustrer (exemple) le concept d’utilité, un exemple simple pourrait notamment être le suivant : «un marteau est un outil qui, de par sa forme et sa consistance, apporte un avantage afin de planter des clous, car c’est plus rapide et plus facile qu’avec une pièce moins dure, comme un morceau de bois, et c’est aussi plus rapide et plus facile qu’avec une pièce se maniant moins bien, comme une roche.»
3) Formulation de la définition réelle du second concept-clé de la question philosophique Il s’agit ici de répéter l’exercice de la première étape, mais avec le second concept-clé.
4) Exemple venant illustrer chacun des éléments de la définition réelle du second concept-clé
Il s’agit ici de répéter l’exercice de la deuxième étape, mais avec le second concept-clé.
5) Reformulation de la question philosophique à la lumière des définitions réelles
Il s’agit ici de substituer les concepts-clés par les définitions réelles.
– Par exemple, supposons que la question philosophique est la suivante : «Est-ce que la philosophie est utile?».  Les deux concepts-cés de cette question sont : le concept de «philosophie» et le concept d’«utilité».  Ainsi, dans la définition des concepts on aurait :
– la «philosophie, c’est une réflexion critique sur des questions fondamentales» ; et
– «l’utile, c’est «quelque chose» (une chose, une personne, une action ou une activité) qui apporte un avantage»
La reformulation de la question philosophique à la lumière des définitions réelles donnerait donc ceci :
–> «Est-ce qu’une réflexion critique sur des questions fondamentalesest quelque chose qui apporte un avantage 
Ceci permet alors de mieux voir la signification profonde de la question, tout en permettant de mieux voir ce que l’argumentation devra démontrer.

Directives pour les paragraphes d’argumentation de la dissertation

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Paragraphe 3 : l’argumentation (le développement du premier argument)Le troisième paragraphe est celui dans lequel vous devez formuler et développer un argument qui rend votre thèse (formulée dans la première étape du paragraphe 2) acceptable. Il est composé de trois étapes nécessaires:

1) Affirmation du lien entre la thèse et l’argument

Ex. :  » Je crois effectivement que (p) parce que (q) « .
(«p» étant ici votre thèse et «q» étant votre argument)
2) Explication du lien entre la thèse(p) et l’argument(q), avec le développement de l’argument(q) 
Je rends explicite le lien (le rapport) entre la thèse et l’argument. Ensuite j’explique mon argument (je vais expliciter tout ce qui était sous-entendu) et j’entreprends sa défense.

3) Exemple de l’argument(q) 
Un exemple concret montre bien la valeur et le sens de mon argument. Il est important de faire le lien entre l’argument et l’exemple… je rends ce lien explicite.

Note :
Si mon argument utilise de nouveaux termes susceptibles de créer des problèmes, je peux les définir là où c’est le plus propice de le faire (par exemple, en développant l’explication de l’argument). La définition réelle n’est pas ici obligatoire.

Si j’ai de la difficulté à trouver des arguments qui soient autres choses que des exemples, je peux alors tenter de trouver beaucoup d’autres exemples de même nature et tenter d’identifier des constances à partir d’eux.

 

Paragraphe 4: l’argumentation (le développement du second argument)
Dans le paragraphe 4, vous devez formuler et développer un second argument rendant votre thèse acceptable, en suivant les mêmes étapes que pour le paragraphe 3.
Paragraphe 5: l’objection et la réponse à l’objectionDans ce paragraphe, il s’agit de formuler une idée qui remet en question soit la valeur d’un de vos arguments ou de votre thèse elle-même. Dans le dernier cas, vous pourrez récupérer, comme point de départ, ce vous avez déjà fait dans la démonstration du caractère controversé de votre question (dans votre section d’introduction). Puis, il vous faudra répondre à l’objection, c’est-à-dire montrer qu’elle ne vous empêche pas de soutenir votre thèse.

 

Ainsi, pour l’objection:

1) Je formule une objection (je soulève un problème) relative à mon argument ou à ma thèse.  («Certains pourraient m’objecter que X, parce que Y»)

2) Je développe mon objection (je l’explique et montre sa pertinence); je montre en quoi l’objection est acceptable.
3) J’illustre mon objection (je formule un exemple pour l’objection).
Et, pour la réponse à l’objection:
1) Je critique l’objection; ce faisant, j’essaie de « sauver » mon argumentation. Il s’agira de soulever un problème, une faille susceptible de diminuer son impact sur mes idées. Si possible, je peux entreprendre de démontrer qu’elle est carrément irrecevable.
2) Je dis en quoi ma réponse sauve mon argumentation.