Arts et Cité

Créativité, génie, imitation, travail, éclairs et autres demi-mythes à revisiter

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Se pourrait-il que la créativité, le travail patient et, à la limite, une part «d’imitation», ne soient pas opposés, mais complémentaires ?

Nous l’avons déjà noté, à l’approche du 6e colloque Une cité pour l’Homme, sur le thème de «La cité et les arts», dont c’est présentement la période d’inscriptions, nous nous permettons de publier ici quelques billets à l’intersection de la pensée et des arts (1 , 2 , 3 , 4 , 5 , 6 ).

David Galenson a publié, en 2006, une étude sur deux types de «génie» : les «conceptualistes» et les «expérimentalistes».  Les remarques sont embryonnaires, mais pour le plaisir de la réflexion, considérons la chose.  Dans la première catégorie, il y aurait selon lui des «génies» précoces, dont l’œuvre éclorait jeune, comme Picasso, Mozart, Welles, etc.  Dans la seconde catégorie, il y aurait aussi des «génies», mais dont l’œuvre demanderait des années, comme Cézanne, Twain, Hitchcock, Frank Lloyd Wright, Beethoven, etc.  La seconde catégorie, celle des expérimentalistes, semble plus nombreuse.

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La Force d’un malentendu. Essais sur l’art et la philosophie de l’art

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Jean-Pierre Cometti, La Force d’un malentendu. Essais sur l’art et la philosophie de l’art, préface d’Olivier Quintyn, éditions Questions théoriques, collection Saggio Casino, 2009.

Présentation de l’éditeur :

«Appartient-il au philosophe de fixer strictement la compréhension de notre concept d’art, ou doit-il limiter sa tâche à celle d’une clarification de ses usages ? À cette question, les textes de Jean-Pierre Cometti réunis dans ce volume répondent en choisissant la voie d’une esthétique «minimale», qui renonce aux vertiges de l’ontologie et aux ambitions définitionnelle de la philosophie analytique de l’art, tout en prenant acte du caractère caduc des grands récits spéculatifs hérités de l’esthétique idéaliste ou des mirages de la déconstruction.
Sa méthode consiste à localiser et éclairer les présupposés d’un «malentendu» persistant, dont l’origine est située dans la logique des conceptions esthétiques qui séparent les oeuvres d’art de la trame sédimentée et complexe de l’expérience, et tendent à faire de l’art un domaine autonome, comme magiquement institué en dehors de nos formes de vie.
Qu’il prenne pour cible l’intellectualisme abstrait du jugement de goût kantien, l’historicisme hégélien de Danto ou celui de Jerrold Levinson, la tendance à la réification de propriétés esthétiques, le fétichisme et le cynisme de l’art contemporain et de son marché, ou les confusions entre discours philosophique et discours critique, Jean-Pierre Cometti élabore ici un néopragmatisme radical inspiré à la fois par John Dewey, Richard Rorty, le fonctionnalisme de Nelson Goodman et la philosophie des jeux de langage du second Wittgenstein. Son livre s’attache de façon inédite à dessiner les contours d’une esthétique de l’usage, envisageant l’art dans ses modes d’emploi anthropologiques et dans ses activations multiples plus que dans des objets ou des substances.

L’auteur :
Jean-Pierre Cometti a enseigné la philosophie et l’esthétique à l’université de Provence. Responsable de la collection « Tiré-à-part » (éditions de l’Éclat), il a publié et traduit de nombreux auteurs américains issus de la philosophie analytique et du pragmatisme. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages consacrés à Wittgenstein, Musil, au pragmatisme américain et à des questions d’esthétique, parmi lesquels : Qu’est-ce que le pragmatisme ? (Gallimard, 2010).»

Voir aussi : «L’art sans qualité», par Florent Coste sur La vie des idées

Extrait :

«Si l’art contemporain persiste à susciter le rejet et l’incompréhension, c’est, plaide J.-P. Cometti, en raison d’un préjugé essentialiste. En vérité l’œuvre d’art n’est pas un objet clos, calme bloc ici-bas chu, mais événement et performance, toujours inscrit dans un monde de l’art qui la fait fonctionner.»

Remarques sur art – sculpture – espace

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Martin Heidegger, Remarques sur art – sculpture – espace,  traduit de l’Allemand par  Didier Franck, Éditions Rivages, collection Rivages Poche / Petite Bibliothèque, 2009, 96 pages.

Présentation de l’éditeur :
«En 1964, à l’occasion de l’inauguration d’une exposition de sculptures, Heidegger prononce une allocution où il s’attache à préciser les relations entre la sculpture et l’espace, l’art et l’espace, l’homme et l’espace. Dans une langue très simple, il tente de capter et de décrire le mouvement par lequel l’espace se fait espace, par lequel l’homme s’aménage un espace et aménage l’espace. Chemin faisant, il précise également les relations entre le lieu et l’espace, le lieu et l’étendue, le lieu et la distance mesurable. Cette description où chacun ne pourra manquer de reconnaître sa propre expérience possède en outre le mérite d’introduire aussi clairement que possible au coeur de la pensée de Heidegger, à savoir au rapport de l’homme à l’être et de l’être à l’homme. Suivi de Le Séjour du corps par Didier Franck.»

La maison Wittgenstein

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Ludwig Wittgenstein et Paul Engelmann, Lettres, rencontres, souvenirs, Ilse Somavilla (directeur de publication), François Latraverse (traducteur), Brian McGuinness (postfacier), Éditions de l’Éclat, 2010, 251 pages.

Présentation de l’éditeur :

«Cet ouvrage rassemble pour la première fois ce qui a été retrouvé de la correspondance échangée de 1916 à 1937 entre l’architecte Paul Engelmann et Ludwig Wittgenstein.
S’y ajoutent des lettres de quelques proches qui permettent de reconstituer le cercle d’amis du philosophe au moment de la Première Guerre mondiale et de la rédaction du Tractatus logico-philosophicus, dont on peut suivre ici la genèse. L’ouvrage contient également le «Mémoire» qu’Engelmann a consacré à Wittgenstein, ainsi que de nombreuses notes inédites qui témoignent de l’importance des liens d’amitié entre les deux hommes et de l’influence qu’ils exercèrent l’un sur l’autre en ces années difficiles, qui ont vu l’effondrement de l’Empire austro-hongrois et la naissance d’une pensée qui allait devenir l’une des plus originales du XXe siècle.» 

Aussi à lire sur La vie des idées :  «La maison Wittgenstein»

Extrait :

«La construction de cette maison occupa Wittgenstein de 1927 à la fin de 1928, date qui fut celle de son retour à la philosophie. Durant ces deux années, Wittgenstein et Engelmann collaborèrent de manière étroite et ils eurent amplement l’occasion d’échanger des idées sur des sujets qui excèdent à la fois les problèmes de la construction de la maison et ceux qui recommençaient à intéresser Wittgenstein lorsqu’il prit contact avec Moritz Schlick et le tout nouveau Cercle de Vienne. Paul Engelmann était un esprit curieux et attentif dont les goûts et les intérêts – au-delà de son métier d’architecte – communiquaient avec ceux de Wittgenstein, précisément sur des sujets que le Tractatus tenait à l’écart. C’est tout l’intérêt de ces lettres, et des témoignages ou des documents qui les accompagnent dans la présente édition, que de les voir s’exprimer librement. D’une certaine manière, ils offrent comme un aperçu de la face cachée du Tractatus et ils en révèlent une dimension sur laquelle Wittgenstein lui-même a beaucoup insisté au moment où, par exemple, il tentait de convaincre Ludwig von Ficker, alors directeur du Brenner, de le publier. Si une chose est sûre, toute spéculation sur ce sujet mise à part, c’est que les questions touchant à la religion, à l’art et à la poésie y occupent une place qui donne de Wittgenstein une tout autre image que celle d’un homme exclusivement préoccupé par « Le Problème » de la logique.» 

(Lire la suite : Jean-Pierre Cometti, La maison Wittgenstein)