Magazines-Revues

Le Nouvel Observateur, no. HS-65 (capitalisme)

1 Étoile2 Étoiles3 Étoiles4 Étoiles5 Étoiles (aucune évaluation)
Loading...

Le nouvel Observateur, Hors-Série, no. 65 (Mai-Juin 2007), 83p. [7.75$]

Dossier « Comprendre le capitalisme. Des théories fondatrices aux dérives de la mondialisation »

Le dossier porte sur le destin du capitalisme. Il comprend 22 articles et est coordonné par Laurent Mayet, rédacteur en chef. Le numéro s`ouvre par une table ronde qui a pour thème « Qu`est-ce qui nous divise (encore) ? » où discutent des représentants de la gauche et de la droite à l`occasion d`un colloque organisé en mars 2007 par le Nouvel Observateur et la Fondation Jean Jaurès. Puis, un dossier de 12 pages sur les pères de l`économie et leurs théories réalisé par « Challenges » en février 2007. Notons également la contribution de plusieurs philosophes. Une entrevue avec Bernard Stiegler qui, concernant la crise actuelle du capitalisme et l`apathie civique et politique qui en découle, invite à restaurer une affection pour le bien commun : « Il ne s`agit donc pas, pour le capitalisme occidental, de « garder son avance technologique » en s`arc-boutant à son modèle de développement « dissocié » (producteur-consommateur), mais de réussir sa mutation, pour devenir un milieu « associé » symbolique : un milieu participatif, de coopération et de mutualisation du savoir, capable de renforcer les singularités pour soutenir cet effort d`intelligence collective requis pour ouvrir un avenir commun » (p.26). Une autre entrevue donne la parole à André comte-Sponville, auteur du livre Le capitalisme est-il moral ? (2004). Ce dernier rappelle la difficulté actuelle de concilier l`exigence de justice sociale et l`efficacité économique. Pour sa part, Yannis Constantinidès mentionne que « le destin du capitalisme est […] d`épuiser petit à petit les fortes énergies détournées de l`accomplissement spirituel et mises au service de l`accumulation indéfinie d`argent, pour aboutir à la triste existence petite-bourgeoise, soucieuse avant tout de confort et de sécurité, celle des « derniers hommes » dont parle le « Zarathoustra »de Nietzsche » (p.70). De son côté, Marcel Conche affirme qu`il faut mettre un frein à la croissance du capitalisme d`abord par la loi, ensuite par la sagesse de chacun en réduisant notre consommation.

Philosophie Magazine, no. 9 (Montaigne)

1 Étoile2 Étoiles3 Étoiles4 Étoiles5 Étoiles (aucune évaluation)
Loading...

Philosophie Magazine, no. 9 (Mai 2007), 98p. [10.50$]

La section Analyse publie le second volet de l`article de Ronald Dworkin. Ce dernier s`intéresse cette fois au serment d`allégeance des citoyens américains qui, dit-il, « agit de manière à renforcer l`association de la religion et du patriotisme » (p.24). La rubrique Dialogue met en présence Alexandre Jollien, handicapé de naissance et auteur de La Construction de soi et l`acteur Bernard Campan. Tous deux ont fait de leur corps leur outil de travail pour surmonter les apparences et aller au-delà. Le Dossier a pour thème « L`Univers est-il fait pour l`homme ? ». Le cosmologiste Thibault Damour et le philosophe Frédéric Nef y croisent le fer et plaident pour un renouveau du dialogue entre science et métaphysique. La rubrique Entretien offre sa tribune à l`historien français Paul Veyne qui affirme ne pas croire aux idées générales. Pour ce dernier, l`histoire n`est pas une science mais compréhension du réel, description de pratiques concrètes. En ce sens, il considère que « le lecteur doit avoir le poids concret de ce qu`il lit. Il ne faut pas écrire pour les professionnels mais pour le public cultivé, ce qu`on appelait l`honnête homme » (p.58). La section Biographie est consacrée à Montaigne. Anne-Vanessa Prévost rappelle que « toute l`entreprise de Montaigne dit le malaise d`un moi placé entre l`exigence de se fixer et l`impossibilité de se constituer en être stable » (p.60). À propos de l`auteur des Essais, André Comte-Sponville y voit un maître d`incroyance, un maître de liberté : « Maître à penser plutôt qu`à croire, et à vivre plus encore qu`à penser. Il invente une sagesse à la fois laïque et fidèle […], une sagesse sans rien qui  pèse ni qui pose, une sagesse pour ceux qui ne sont pas des sages et qui se moquent de la sagesse : une sagesse pour tous, à condition que chacun, suivant son exemple, sache inventer la sienne » (p.68). En guise de supplément, un Cahier central (16 pages) contenant des extraits du Livre II, Chapitre I des Essais intitulé « De l`inconstance de nos actions » présentés par Antoine Compagnon, professeur de littérature française à l`Université Columbia (New York) et au Collège de France.

Info. : Site Web

Le Magazine littéraire, no. 463 (Kierkegaard)

1 Étoile2 Étoiles3 Étoiles4 Étoiles5 Étoiles (aucune évaluation)
Loading...

Le Magazine littéraire, no. 463 (Avril 2007), 98p. [8.10$]

Dossier « Soren Kierkegaard, philosophe et dandy »

Le dossier de 36 pages qui comprend 12 articles est coordonné par Patrice Bollon. Il est structuré autour des trois « stades sur le chemin de la vie » (l`esthétique, l`éthique et le religieux) qui constituent la colonne vertébrale de l`oeuvre de Kierkegaard. Dans l`avant-propos, Jean-Louis Hue, directeur de la rédaction, rappelle concernant l`auteur du Traité du désespoir que « La mélancolie ne lui est pas une pénitence, plutôt une grâce. Loin de se réduire à une lugubre tessiture, son oeuvre est sans cesse parcourue d`échos, de correspondances, de variations, à la manière d`une symphonie. Kierkegaard s`y plaît à endosser des identités multiples, comme s`il lui était impossible de parler de lui directement, et convoque la fiction pour éclairer sa propre vie » (p.3).

Pour Patrice Bollon, journaliste et essayiste, Kierkegaard est « le prophète d`une nouvelle façon de penser, apte à nous délivrer des errements du rationalisme et d`une pensée hiérarchique d`autorité » (p.29). De son côté, le philosophe Alain Badiou voit dans Kierkegaard l`un des plus grands antiphilosophes : « J`appelle  » antiphilosophe  » cette sorte particulière de philosophe qui oppose le drame de son existence aux constructions conceptuelles; pour qui la vérité existe, absolument, mais doit être rencontrée, expérimentée, plutôt que pensée ou construite » (p.50). Pour sa part, Jean-Louis Chrétien, professeur de philosophie à Paris-IV Sorbonne, montre que les nombreux « discours édifiants » publiés par Kierkegaard, loin d`être des sermons pontifiants, sont des paroles intimes adressées à un lecteur, pris dans toute sa singularité, afin qu`il accède par lui-même à la vérité.

Info. : Site Web

Philosophie Magazine, no. 8 (Hegel)

1 Étoile2 Étoiles3 Étoiles4 Étoiles5 Étoiles (aucune évaluation)
Loading...

Philosophie Magazine, no 8 (Avril 2007), 98p. [10.50$]

La section Analyse publie le premier volet d`un article intitulé «Trois questions à l`Amérique», paru dans la New York Review of Books et signé par Ronald Dworkin, professeur de droit et de philosophie à l`université de New York. L`auteur y traite de l`enseignement des théories créationnistes dans les écoles publiques. La rubrique Dialogue fait état d`un échange entre le philosophe Michel Onfray et l`homme politique Nicolas Sarkozy. Les deux protagonistes abordent des sujets tels la croyance, le mal, la liberté et la transgression. Le Dossier a pour thème « Quelles idées pour l`Élysée ? ». Il s`ouvre par un lexique passant en revue onze concepts-clés de la présidentielle française. On y retrouve aussi une cartographie des intentions de vote des philosophes (Comte-Sponville votera pour Ségolène Royal alors que Luc Ferry donnera son vote à Nicolas Sarkozy) ainsi qu`une enquête sur la place de ces derniers dans les équipes de campagne. Enfin, un petit manuel du «désélecteur» analyse ses choix par défaut que sont l`abstention, le vote sanction, le vote blanc ou nul. La rubrique Entretien donne la parole à Slavoj Zizek, directeur de l`Institut d`études sociales de Ljubljana, en Slovénie. Concernant le devoir du philosophe dans un contexte de globalisation, ce dernier mentionne que « Nous sommes en train de parvenir à une époque sans monde. Car le capitalisme global n`est pas un monde, ni même une civilisation, mais une machine neutre et universelle qui peut fonctionner dans tous les mondes, qu`ils soient hindouiste, chrétien ou bouddhiste. Le devoir du philosophe n`est pas d`inventer un programme ou de trouver des solutions, mais de montrer comment la perception biaisée d`un problème peut le mystifier » (p.59). La section Biographie est consacrée à Georg W.F. Hegel. Anne-Vanessa Prévost rappelle que le philosophe d`Iéna a mis sa vie au service de la volonté de comprendre le monde. En guise de supplément, un Cahier central (16 pages) contenant des extraits de L`«Introduction» des Leçons sur la philosophie de l`histoire, présentés par Gilles Marmasse, maître de conférence à la Sorbonne et spécialiste de la philosophie allemande et traduits par Jean Gibelin.

Info. : Site Web

L`Histoire, no. 317 (censure)

1 Étoile2 Étoiles3 Étoiles4 Étoiles5 Étoiles (aucune évaluation)
Loading...

L`Histoire, no. 317 (Février 2007), 98p. [7.95$]

Dossier « Le retour de la censure, d`Abélard aux caricatures de Mahomet »

Ce dossier de 32 pages, qui contient six articles, nous rappelle comment, depuis le Moyen Age, censure et liberté d`expression ont mené un combat toujours renouvelé. Dans le premier article, qui traite de la liberté de pensée au Moyen Age, Patrick Boucheron allègue qu`« il n`y avait donc pas de pensée unique au Moyen Age. Et d`abord parce que, quel qu`ait pu être son rêve d`unité et d`universalité, l`Église n`était pas une, mais traversée de tensions et de luttes d`intérêts […] Et c`est dans les failles de l`institution englobante qu`était l`Église que les maîtres de l`université trouvaient les brèches, qui sont les lieux mêmes de la pensée » (p.34). Le deuxième article, rappelle les ruses et stratagèmes des philosophes confrontés à la police des livres. Descartes opte pour l`autocensure et le pseudonyme; Diderot choisit de garder par-devers lui l`essentiel de ce qu`il écrit ou d`en donner une diffusion restreinte. Pour sa part, Robert Kopp, historien de la littérature, spécialiste des XIXe et XXe siècles, passe en revue les débats et les combats qui ont été menés jusqu`à l`instauration de la liberté de la presse dans la Loi du 29 juillet 1881 où « ni les institutions, ni la famille, ni la propriété, ni les cultes, ni la morale ne sont protégés » (p.43). Par la suite, on peut lire un entretien avec l`écrivain Abdelwahab Meddeb qui tourne autour de la question « Peut-on critiquer l`islam ? ». Celui-ci mentionne que dans l`islam classique, il était possible de critiquer la religion mais ce n`est qu`au XIIIe siècle qu`a eu lieu le grand verrouillage de la pensée. De son côté, Pap Ndiaye signale que bien que la liberté d`expression aux États-Unis est garantie par le 1er amendement, ce droit a néanmoins subi de nombreux accrocs dans le domaine politique : loi sur la sédition (1798), loi sur l`espionnage (1918), loi Smith (1940), Patriot Act (2001). Dans le dernier article, Françoise Chandernagor, écrivain et juriste, s`inquiète du fait que les nouvelles menaces sur la liberté d`expression viennent du Parlement, visant en cela les cinq lois mémorielles en France. Et cette dernière d`ajouter : « De toute façon, il est clair que nous sommes entrés dans un mouvement qui est de l`ordre du religieux. Entrés dans la mécanique du sacrilège, la victime, dans nos sociétés, est entourée de l`aura du sacré. Du coup, l`écriture de l`histoire, la recherche universitaire, se retrouvent soumises à l`appréciation du législateur et du juge comme, autrefois, à celle de la Sorbonne ecclésiastique » (p.60).