Suite à un bref échange de courriels, monsieur Jacques Darriulat m’a généreusement accordé la permission de reproduire in extenso (environ vingt pages en version papier) son texte Michel-Ange et la théologie de la Sixtine dans  PhiloTR.

Monsieur Jacques Darriulat est maître de conférences à Paris IV- Sorbonne.

On pourra retrouver d’autres textes du même auteur en visitant son site. Je ne saurais trop  en recommander la visite. Il s’agit d’un espace intellectuellement riche. Indéniablement une des mines d’or du Web! On y retrouvera principalement des leçons prononcées au cours des douze dernières années devant des étudiants de Paris IV, et, pour certaines d’entre elles, devant les élèves de classe terminale ou de Lettres Supérieures du lycée Henri IV, à Paris. Leçons de philosophie générale et leçons de  philosophie esthétique se partagent la part du lion.

Concernant le texte Michel-Ange et la théologie de la Sixtine, monsieur Darriulat veut montrer comment l’oeuvre du sublime Florentin, dans ce haut lieu du catholicisme, annonce les angoisses des Temps Modernes. Il nous propose ainsi un voyage dans l’univers théologique, philosophique et artistique d’une des plus glorieuses périodes de l’histoire de l’art.  Je me permets de souligner en terminant comment ce texte fait bien ressortir le rôle de la philosophie néoplatonicienne dans l’oeuvre de Michel-Ange.  Et ne serait-ce que pour cela, il s’agit d’un document vraiment intéressant.

Je vous laisse maintenant à votre plaisir!
Yves Bastarache
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Michel-Ange et la théologie de la Sixtine

Conférence prononcée au lycée Henri IV le 14 mai 2001

La chapelle Sixtine n’est pas un lieu de culte tout à fait semblable aux autres : elle est Magna Capella Sacri Palatii, la Grande Chapelle du Sacré Palais, le centre liturgique de la chrétienté romaine, c’est-à-dire de la catholicité, et de nos jours encore seul le Pape peut célébrer la messe sur l’autel que surplombe, depuis le milieu du XVIe siècle, l’immense fresque de Michel-Ange représentant Le Jugement Dernier. L’extrême dignité sacerdotale du lieu le destinait en priorité à une organisation hautement symbolique, en laquelle rien n’était laissé au hasard, et qui devait résumer en sa totalité le message chrétien de la Rédemption, une sorte de compendium de la chrétienté, depuis la création du monde et le premier péché jusqu’à la fin du monde et la résurrection des morts.

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