Sommaire

 

 

Présentation

Le titre de « Bienheureux »

Philosophes béatifiés

Blaise Pascal : repères biographiques

Choix de citations

 

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Présentation

 

C`est le 8 juillet 2017 qu`a eu lieu dans son logement (suite 201) de la Résidence Sainte-Marthe du Vatican,  une rencontre entre le pape François et Eugenio Scalfari, 93 ans, figure tutélaire de la gauche italienne et fondateur du quotidien La Repubblica. Lors de cet entretien, publié samedi par le quotidien italien, le pape François s`est déclaré favorable à la béatification du savant, philosophe et écrivain français Blaise Pascal (1623-1662), célèbre apologiste du christianisme. « Moi aussi, je pense qu’il mériterait la béatification », a répondu très spontanément le pape à la suggestion de son interlocuteur, avant de renchérir : « J’envisage de demander la procédure nécessaire et l’avis des organes du Vatican chargés de ces questions, en faisant part de ma conviction personnelle positive ». Rappelons qu`au  XVIIe siècle,  Pascal se révèle proche des jansénistes, ennemis jurés de la congrégation jésuite dont est issu l`actuel souverain pontife.

Suite à cela, la Congrégation pour la cause des saints, l’organe au Vatican qui s’occupe de ces questions pourrait donc très prochainement ouvrir un dossier « Pascal ». Par conséquent, le processus de béatification sera sans doute long et la vie et l’oeuvre de Blaise Pascal seront décortiqués même s`il est considéré comme un des grands écrivains catholiques français.

 

Le titre de « Bienheureux »

 

La béatification (du latin beatificatio, » action d`apporter le bonheur »)  est l`acte  par lequel le pape, au cours d`une cérémonie solennelle, confère le titre de « Bienheureux » à une personne décédée dont la vie ou la mort ont été édifiantes ou marquée par des événements exceptionnels (apparition, miracles, etc.) et à laquelle peut être rendu un culte public dans certains lieux ou groupements déterminés (un diocèse, un État, une congrégation). À cette occasion, le pape dévoile un portrait du bienheureux qu`il offre à la vénération des fidèles; on chante aussi l`oraison du nouveau bienheureux.

Cette déclaration propose un modèle de vie chrétienne dont on constate l`achèvement en Dieu. Les miracles servent à attester cette réalité. Un bienheureux et une bienheureuse peuvent être honorés publiquement dans une certaine partie du monde, généralement leur pays d`origine ou celui dans lequel ils ont œuvré principalement; ils ne sont pas l`objet d`un culte dans l`Église universelle. Pour leur part, les saints et les saintes sont des modèles de vie chrétienne achevée proposés aux fidèles du monde entier. Ladite déclaration  est promulguée par lettre apostolique, en forme de bref pontifical, sub annulo Piscatoris, « sous l`anneau du pêcheur », signée par le secrétaire d`État.

La béatification est dite formelle quand elle résulte d`un procès sur l`héroïcité des vertus et d`une déclaration officielle de l`Église. Elle est dite équipollente quand spontanément les fidèles rendent un culte et que l`Église ne s`oppose pas au culte rendu.

Le « procès en béatification » est l`enquête préliminaire menée en vue d`une éventuelle béatification; il ne représente que la  première étape avant la canonisation dans le cursus romain. En réalité, ce n`est qu`un acte  préparatoire, une déclaration de l`Église permettant de croire qu`il y a des motifs très sérieux de penser que celui ou celle qui est proclamée bienheureux (se) jouit dans le ciel de la béatitude éternelle.

Elle est précédée d`un examen très minutieux. Pour les martyrs, il faut prouver historiquement que leur sang a bien été répandu pour la foi et l`Église. Pour les non-martyrs, on s`appuie sur les témoignages de personnes les ayant connus, sur l`appréciation de leurs écrits, leur réputation de sainteté, et l`évidence de leur intercession dans un miracle ou une guérison.

Au Moyen Âge, la béatification est prononcée par l`évêque du diocèse auquel appartient le serviteur de Dieu. Elle se change automatiquement en canonisation quand le culte se répand aux autres diocèses, puis à l`Église. En 1170, sous le pape Alexandre III (v. 1110-1181), la béatification formelle qui est devenue peu avant le fait des conciles pléniers, est réservée au pape. En 1634, le pape Urbain VIII (1568-1644) fixe juridiquement la distinction formelle entre saint et bienheureux. À partir de 1971, le pape Paul VI (1897-1978) préside une seule cérémonie à la Basilique Saint-Pierre de Rome. Puis, après 1978, le pape Jean-Paul II (1920-2005) programme des béatifications hors de Rome lors de ses voyages apostoliques. Dès le début de son pontificat, le pape Benoît XVI introduit une modification importante dans la célébration du rite. Il a toujours lieu désormais dans le diocèse du bienheureux, sous la présidence du préfet de la congrégation pour les Causes des saints ou d`un autre prélat, sans lien avec un voyage pontifical, afin de souligner la différence avec la canonisation, qui fait sens pour l`Église universelle, et valoriser le rôle de l`élu dans le peuple dont il est originaire ou qu`il a servi.

 

Philosophes béatifiés

 

 

 

Titus Brandsma (1881-1942), prêtre carme et journaliste catholique néerlandais. Béatifié le 3 novembre 1985, en la basilique Saint-Pierre de Rome, par le pape Jean-Paul II.

Il naît le 23 février 1881 à Oegekleaster (Pays-Bas). Après des études secondaires au lycée de Megen, il entre à 17 ans au noviciat des Grands-Carmes à Boxmeer. De 1905 à 1909, il étudie la philosophie et la sociologie à l’Université grégorienne de Rome où il obtient son doctorat de philosophie. De 1909 à 1923, il enseigne la philosophie, la sociologie et l’histoire de l’Église au Philosophicum, séminaire des Carmes, à Oss (Pays-Bas). En 1923, à la fondation de l’Université catholique de Nimègue (l’actuelle Université Radboud de Nimègue), il est nommé professeur d’histoire de la philosophie et de la mystique.

En 1935, il devient le porte-parole de l’archevêché d’Utrecht et dès ce moment il s’oppose fermement aux théories nazies et à la persécution des Juifs. En 1938-1939, il donne une série de cours sur les principes néfastes du nazisme et prend la défense des Juifs.

Le 19 janvier 1942, Titus Brandsma est arrêté à Nimègue et emprisonné à Arnhem, puis transféré à La Haye pour deux jours d’interrogatoires. Du 20 janvier au 12 mars, il est en prison à Scheveningen; puis du 12 mars au 28 avril au Polizeiliches Durchgangslager Amersfoort, un camp de transit. Du 28 avril au 16 mai, il est de nouveau à la prison de Scheveningen. Selon le témoignage de ses codétenus, dans chaque prison, il apportait réconfort et consolation. Du 16 mai au 13 juin, il est à la prison de Clèves où selon un juge, il défend le catholicisme contre le nazisme. Le 13 juin, il est transféré au camp de concentration de Dachau où il arrive le 19 juin. Très faible, il passe plusieurs fois par l’infirmerie. Inconscient durant plusieurs jours, il reçoit une injection mortelle donnée par l’infirmière du camp et décède en quelques minutes, le 26 juillet à 14h00. Il est incinéré dans un des fours crématoires de Dachau.

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