SOMMAIRE

 

Présentation

 

Repères biographiques

 

Témoignages

 

 

 

Le 2 mars 2016 est décédé d`une pneumonie à l`âge de 100 ans le théologien et historien québécois, le Père Benoît Lacroix, o.p. Hospitalisé depuis une dizaine de jours, il souffrait d’une pneumonie sévère depuis quelque temps.

 

Universitaire de renom, spécialiste des religions populaires, il a été un témoin privilégié de l’histoire du Québec. Observateur lucide et passionné de l`Église et de la société québécoise, il intervint régulièrement à la télévision, à la radio ou dans la presse écrite.

 

Il a enseigné l’histoire médiévale pendant 40 ans à l’Université de Montréal. Il fut également responsable de l`édition critique des Oeuvres du poète et écrivain québécois Hector de Saint-Denys Garneau (1912-1943) et de l`historien québécois Lionel Groulx (1878-1967). Il est l’auteur de plus de 40 ouvrages consacrés à l’histoire, à la théologie, à la spiritualité et aux études médiévales.

 

Homme de grande culture, indépendant de pensée, il aura marqué la vie culturelle québécoise par ses nombreuses interventions dans les médias et ses réflexions toujours empreintes d’équilibre et de bon sens. Le Québec perd en lui une importante figure intellectuelle et un homme réputé d’une grande sagesse.

 

 

Repères biographiques

 

 

Il naît sous le nom de Joseph-François-Xavier-Joachim Lacroix, le 8 septembre 1915 à Saint-Michel-de-Bellechasse dans la région Chaudière-Appalaches, au Québec, au sein d`une famille d`agriculteurs. Il est le fils de Caïus Lacroix, cultivateur et de Rosanna Blais.

 

Il débute ses études primaires à l`école paroissiale, dans le 3e rang de Saint-Michel-de-Bellechasse. De 1927 à 1936, il est pensionnaire au Collège de Sainte-Anne-de-la-Pocatière. En 1936, il fait ses études classiques au Collège de Sainte-Anne-de-la-Pocatière situé dans la région du Bas-Saint-Laurent; il y obtient un baccalauréat en arts (B.A.). Le 26 juillet 1936, il entre comme postulant puis novice chez les Dominicains, à Saint-Hyacinthe. C’est en devenant dominicain qu’il prend le nom de frère Benoît-Marie. De 1938 à 1943, il étudie au Collège des Dominicains, à Ottawa.

 

Le 5 juillet 1941, il est ordonné prêtre. En 1941 aussi, il obtient les grades de lecteur en théologie au Collège dominicain d`Ottawa. En 1945, il est nommé à l`Université de Montréal. En 1946, il obtient sa licence en théologie à l`Université d`Ottawa. À partir de 1946, il est professeur à l`Institut d`études médiévales de l`Université de Montréal dont il est le directeur pendant plusieurs années.

 

Dans les années 1950, il s`intéresse au poète et écrivain québécois Hector de Saint-Denys Garneau (1912-1943), auteur de Regards et Jeux dans l`espace (Fides, 1937). En 1950, il publie un essai Pourquoi aimer le Moyen Âge (Montréal, L`Œuvre des tracts). De 1950 à 1960, il enseigne également à l`École de bibliothécaires et au Département de philosophie de l`Université de Montréal. Le 30 mai 1951, il obtient le titre de docteur en sciences médiévales au Pontifical Institute of Médieval Studies de Toronto, en Ontario. Son directeur de thèse est alors le philosophe et historien français Étienne Gilson (1884-1978), spécialiste en histoire de la philosophie médiévale. Sa thèse porte sur « Les Débuts de l’historiographie chrétienne ». En 1952-1953, il entreprend des études postdoctorales à l`École pratique des Hautes Études, à Paris. En 1954, il est récipiendaire du deuxième prix scientifique de la Province de Québec. La même année, il publie un essai Vie des lettres et Histoire canadienne (Montréal, Éditions du Lévrier). L`ouvrage n`est pas une histoire littéraire en soi. Il sert plutôt de prolégomènes à une étude de la vie des lettres canadiennes. De 1956 à 1972, il est directeur-fondateur de la collection « Vie des lettres canadiennes » aux Presses de l`Université Laval, à Québec. En 1956, il est secrétaire du comité de publication de la collection « Classiques canadiens » aux Éditions Fides, entendu dans le sens traditionnel où canadien signifie canadien-français. Cette même collection sera plus tard rebaptisée la série « Vie des lettres québécoises ». À partir de 1958, il est présent en ondes à Radio-Canada, notamment le Vendredi saint. En 1959-1960, il est récipiendaire de la John Simon Guggenheim Memorial Foundation, ce qui le conduit à l`Université Harvard, à Cambridge (Massachusetts).

 

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