Texte publié avec la permission de l’auteure:
Marie-Michelle Poisson
Professeure de philosophie
Collège Ahuntsic
Montréal

Pourquoi Marc Ouellet veut-il maintenir l’enseignement religieux à l’école? Parce qu’il a la conviction que tout autre enseignement moral ( par exemple un enseignement de l’éthique ayant des fondements philosophiques, rationnels et humanistes) ne pourrait que mener notre belle jeunesse à la perdition, à la dépravation, voire au suicide! Tel est l’essentiel du message qu’il est venu livrer récemment devant la Commission Bouchard-Taylor. Or, M. Ouellet s’est fait rappeler, à juste titre, par bon nombre d’intervenants sociaux, que l’Église n’a pas toujours été et n’est toujours pas un exemple à suivre quant au respect le plus élémentaire des droits humains et que certains crimes commis au nom des dogmes de la foi catholique sont tout simplement inexcusables. Devant un tel paradoxe, comment Marc Ouellet peut-il justifier le maintien de l’enseignement moral catholique à l’école autrement qu’en essayant de composer de toute urgence, en ayant recours à bon nombres de sophismes et de contre-vérités, un visage respectueux des droits humains à l’Église Catholique Romaine? L’Église n’a-t-elle pas eu un comportement immoral envers les autochtones, les femmes, les gais et lesbiennes, les orphelins et les enfants nés hors du mariage, les divorcés, les filles mères, les victimes de prêtres pédophiles? Dans son étrange lettre M. Ouellet l’admet sans équivoque en demandant « Pardon pour tout ce mal ». Est-ce que l’Église a rectifié ses positions envers ces personnes? Non et elle ne semble pas disposée à la faire. Par conséquent l’Église Catholique est bien mal placée pour donner des leçons de morale à qui que ce soit.

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