Le 28 mai 2014 est décédé à l`âge de 87 ans l`historien français Maurice Agulhon. Il fut une figure majeure de la pensée historique française. Il était un spécialiste de l`histoire contemporaine de la France des XIXe et XXe siècles dont il a renouvelé l`approche en mettant l`accent sur les approches anthropologiques et sur l`histoire des représentations. Il appartient au très petit nombre des historiens qui ont forgé et imposé, au milieu des années 1970, un concept, celui de « sociabilité », afin de rendre compte des modes d`association et de vie collective et de leur influence sur les comportements sociaux et politiques. Il fut aussi un fidèle collaborateur de la revue L`Histoire avec une vingtaine d`articles. Il fut également membre fondateur du Comité Laïcité République (CLR). Il s`intéressa aussi au général Charles de Gaulle (1890-1970) auquel il consacra deux ouvrages et à la mythologie qui entourait le fondateur de la Ve République française.

 

M. Agulhon a étudié l’histoire politique de la France, de la Révolution à nos jours. Il a montré comment la démocratie libérale, en France, a progressivement pris la forme d’un régime républicain, en mettant en évidence les conditions de son succès et de son ancrage dans la France rurale du XIXe siècle.

 

Il était membre de l’Association des anciens élèves de l’École normale supérieure, de la Société d’histoire moderne,  vice-président de la Société d’études jaurésiennes, président de la Société d’histoire de la révolution de 1848, de la Société des études romantiques, de la Société d’ethnologie française et de plusieurs sociétés historiques régionales. Il fut également invité plusieurs fois à l`Université de Princeton (New Jersey), aux États-Unis. Mentionnons que le philosophe français Jacques Maritain (1882-1973)  a aussi enseigné à cette même institution.

 

 

Repères biographiques

 

 

Il naît le 20 décembre 1926 à Uzès (Gard) dans une famille d`instituteurs laïcs de confession protestante. Il était le fils d`André Agulhon, instituteur et de Marie-Rose Rigaud, institutrice, qui exerçaient tous deux leur profession dans le petit village de Pujaut (Gard).

 

De 1935 à 1942, il étudie au Lycée Frédéric-Mistral, à Avignon. Puis, de 1943 à 1946, il étudie au Lycée du Parc, à Lyon afin de préparer le concours d`entrée à l`École normale supérieure (ENS), rue d`Ulm, à Paris. À ce même endroit, certains philosophes y ont étudié tels Jean Lacroix (1900-1986), Pierre Boutang (1916-1998) et Louis Althusser (1918-1990); d`autres y ont enseigné comme Vladimir Jankélévitch (1903-1985) et Emmanuel Mounier (1905-1950). Au Lycée du Parc, il apprécie particulièrement l`enseignement du philosophe français Joseph Hours (1896-1963), qui a côtoyé Marc Bloch (1886-1944) dans la Résistance durant la Seconde Guerre mondiale. En 1946, mesurant le rôle joué par les communistes dans la Résistance, il rejoint le Parti communiste. De 1946 à 1950, il étudie à l`École normale supérieure, à Paris.

 

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