La neuvaine de Bernard Émond sortira vendredi sur nos écrans [mise à jour : le film est maintenant sorti en DVD].  On aimera ou pas, on jugera bon ou mauvais ce film qui aborde une thématique spirituelle.   Des scènes sont tournées à Sainte-Anne-de-Beaupré.  Dans les entrevues données à la presse, Émond se définit de façon paradoxale comme un « catholique non-croyant »  L’expression a-t-elle un sens ?

Ce film semble un des rares au Québec depuis belle lurette à aborder notre passé catholique autrement que sous l’angle de la dérision ou du refus indigné de celui qui par ses lumières a su dépasser ce stade infantile de la pensée.  Pour un, j’ai toujours été frappé par le manichéisme de certains intellectuels dont toute la pensée sur la religion se réduit à un « Écrasons l’infâme » voltairien.  Les curés, par exemple, c’est bien connu, sont des pédophiles ou, au mieux, des frustrés sexuels.  J’étonne toujours les gens lorsque je leur dis qu’ayant été éduqué par les Frères de l’instruction chrétienne et les Jésuites, je n’ai jamais subi d’agression sexuelle en plus de 15 ans !  On peut alors se demander si les baby-boomers, à tout le moins ceux qui se piquent de penser, entretiennent une relation saine à l’égard de notre passé religieux et sont en mesure de dépasser la révolte adolescente.  Dans mes périodes de cynisme, il m’arrive de penser que réduire notre passé culturel religieux à une quelconque « grande noirceur » constitue un truc facile pour passer pour une lumière.

Bref, athée, agnostique ou croyant, quelle approche devrions-nous avoir devant notre héritage culturel religieux ?  Ou, pour être plus polémique, l’esprit du temps nous a-t-il réduit à n’être que de petits rationalistes coupés de toute transcendance ?

Bon cinéma et, espérons-le, bonne discussion.