C`est dimanche, le 20 novembre 2011 à 14h00 qu`aura lieu une lecture publique intitulée « Socrate. L`ultime liberté : mourir dans la dignité », à la Chapelle du Musée de l`Amérique française, à Québec. L`événement est présenté par la Fondation Humanitas pour les humanités gréco-latines. Cette activité s`inscrit dans le cadre de l`événement Liberté ! Liberté ? qui se déroulera au Musée de la civilisation du 13 au 20 novembre 2011. Pendant cette période, le Musée de la civilisation à Québec (MCQ) veut permettre d`échanger sur une question qui préoccupe sans doute depuis l`aube de l`humanité : Suis-je plus libre sans les autres ? Le comédien Jack Robitaille fera le récit de la mort de Socrate, accompagné par le violoncelliste Vincent Bélanger. En collaboration avec la Hellenic Foundation (Toronto), le même événement sera repris jeudi, le 24 novembre 2011 à 19h30 à la Salle des Boiseries de l`UQAM au local  J-2805 sous le clocher de la rue Saint-Denis.

 

Un cas historique est celui de la vie du célèbre philosophe grec, Socrate. Accusé d`être un homme dangereux dans Athènes, il fut condamné. De trois options qu`on lui offrait, il choisit librement de boire un poison fatal. Sa dernière journée sera racontée dans des textes poignants que Platon nous a laissés : les raisons que Socrate donne lui-même pour avoir choisi cette fin de vie et le récit de sa mort, qui se fit dans la dignité.

 

 399 av. J.-C. :   Procès et condamnation à mort de Socrate

 

En 399, alors que la démocratie est rétablie à Athènes, Mélétos (poète), Anytos (tanneur) et Lycon (orateur) déclenchent contre Socrate un procès devant le tribunal des Héliastes. On le confond avec les Sophistes. Le parti démocratique l`accuse d`impiété, lui reprochant  de « corrompre la jeunesse et d`introduire de nouveaux dieux ». En effet, une violente réaction religieuse se produit dans l`opinion publique : on englobe dans la même haine, les aristocrates, les philosophes et les ennemis des dieux. Socrate, déjà confondu par la comédie avec les représentants de l`athéisme et du scepticisme, est victime de cette confusion, qu`il n`essaie d`ailleurs pas de dissiper. Jugeant sans doute qu`il ne peut continuer son apostolat dans un milieu devenu hostile, et pensant peut-être qu`il a assez vécu, il dédaigne de se défendre sérieusement. Il est condamné par 281 suffrages contre 220, et sa mort est finalement décidée par 368 voix. Il ne se révolte pas contre cette décision, restant fidèle à ses principes : il vaut mieux subir l`injustice que de la commettre. Un soir du mois de février ou mars,  il boit la ciguë, après le retour du vaisseau sacré (trière) envoyé à Délos pour commémorer la victoire de Thésée sur le Minotaure. Il boit donc ledit poison, au milieu de ses disciples, avec une sérénité qui fait de sa mort même le dernier acte de son apostolat, le plus persuasif et le plus beau. Des amis lui procurent l`occasion de s`enfuir, mais il refuse, par respect pour les lois de son pays. Il meurt calmement.

 

La Fondation Humanitas a été créée en 1988 afin de promouvoir au Québec les humanités gréco-latines. Elle vise à encourager l`étude des lettres anciennes – œuvres littéraires, philosophiques, historiques et patristiques – et en particulier leur lecture en langue originale. À cette fin, elle appuie des projets qui amènent un plus grand nombre de gens à fréquenter les grandes œuvres de l`Antiquité.

 

Info. :   http://www.mcq.org/liberte