Pierre Lemay a enseigné la philosophie au Cégep de Trois-Rivières de 1977 à 2014, année de sa retraite. Il a été adjoint au coordonnateur du Département de Philosophie du Cégep de Trois-Rivières en 1980-81. Il est membre-fondateur de la Société de Philosophie du Québec (SPQ) en 1974. Il fut également archiviste-adjoint de la SPQ en 1981 et 1982 et membre du Comité de rédaction du Bulletin de la SPQ de 1981 à 1984. Il est aussi membre-fondateur de la Société de Philosophie des régions au coeur du Québec en 2017. De plus, il est membre de l`Institut d`histoire de l`Amérique française depuis 1993 et membre de la Corporation du Salon du livre de Trois-Rivières depuis 2015. Il collabore à PhiloTR depuis sa création en 2004.

Le Point. Références. no. 82 (septembre-octobre-novembre 2020). 122 p. [13.50$] ISBN : 978-285-083-021-1

 

Ce numéro a pour thème « La bibliothèque idéale des philosophes ».

Dans l`avant-propos, Catherine Golliau souligne qu`il est difficile de résumer la philosophie à ses œuvres incontournables sans commettre d`injustice et que, de fait, choisir, c`est renoncer. Voici les critères retenus dans ce hors-série par cette dernière : 1° nous avons fait le choix de privilégier ceux dont l`influence est la plus universelle, et donc préféré Husserl et Heidegger à Sartre et Camus, 2° nous avons aussi laissé sur le bord de la route les penseurs de la French Theory, Derrida, Foucault, etc., 3° nous n`avons retenu de la philosophie analytique que Wittgenstein. Et celle-ci de préciser qu`« En choisissant de créer une ¨ bibliothèque idéale ¨ , nous nous condamnons à l`omission, à l`injustice, à l`ignorance et à l`erreur » (p. 6).

Le numéro comprend quatre parties. Dans la première De l`Antiquité au Moyen Âge, on peut, entre autres, lire l`article « Une bibliothèque philosophique dans l`Antiquité » du philosophe québécois (vivant en France) Luc Brisson (p. 9-11), où il parle de la bibliothèque de Césarée qui au IVe s. compte plusieurs milliers de livres (20,000 ou 25,000), dont des ouvrages de littérature biblique, de poétique et de philosophie. C`est dans celle-ci que l`écrivain grec chrétien Eusèbe de Césarée (v. 265-340) puise pour composer ses ouvrages, dont son Histoire ecclésiastique.

Dans la deuxième, De la Renaissance au XVIIe siècle, le philosophe français Stéphane Toussaint, spécialiste de la Renaissance italienne et historien de l`humanisme signe l`article « Le culte du livre des humanistes » (p. 41-43). Il y mentionne que « Certes, si, chez les humanistes, on vénère les grands auteurs, on ne célèbre pas invariablement l`idée fixe et classique du ¨ canon ¨, et on les voit encore moins comme des autorités immuables » (p. 42).

Dans la troisième, Des Lumières au XIXe siècle, on peut prendre connaissance de l`article sur « Catherine II, bibliothécaire des Lumières » (p. 63-65) de la journaliste Victoria Gairin. Elle rappelle que c`est au début du mois d`août 1779 que les 6814 volumes et manuscrits de la bibliothèque de Voltaire (1694-1778) font leur entrée dans la capitale de l`Empire russe. Par exemple, elle contient des ouvrages de philosophie et de droit, que Voltaire lui-même utilisa avec succès dans sa lutte contre l`Église catholique. S`ajoute à cela des ouvrages sur l`histoire de France et l`histoire universelle, les œuvres d`Isaac Newton (1642-1727), les meilleures encyclopédies périodiques de son temps, des récits de voyage, des atlas, des recueils de poésie, un riche ensemble relatif à l`histoire de la Russie, enfin plusieurs ouvrages sur les penseurs des XVIIe et XVIIIe siècles. Mais la bibliothèque personnelle de Catherine II la Grande (1729-1796) comprend également les 3000 volumes de Diderot (1713-1784). Dans ce dernier cas, ils ont été dispersés pour la plupart.

Dans la quatrième et dernière partie, Aujourd`hui, dans l`article « Promenade dans une bibliothèque contemporaine » (p. 85-87), Catherine Golliau interroge le philosophe français Frédéric Worms, spécialiste de l`œuvre d`Henri Bergson (1859-1941) et lui demande : Qui sont les philosophes « canoniques » en 2020 ? En fait, c`est la bibliothèque personnelle de Worms que le lecteur visite. À coup sûr, ce sont les livres de Bergson qui y tiennent une place à part. Et puis, des grands noms français (Descartes, Péguy, Bachelard, Wahl, Brunschwig), des livres sur la philosophie des sciences (Jonas, Canguilhem), d`autres livres sur les grands de l`après-guerre. À cela s`ajoute des étagères consacrées non par éditeurs mais plutôt par moments : le moment ¨ Bergson ¨, le moment ¨ existentialiste ¨, le moment ¨structuraliste ¨.

À cela s`ajoute, un lexique (p. 110-115) et une bibliographie (p. 116).