NDLR : nous reproduisons ici les notes de Patrice Létourneau, coordonnateur du Département de philosophie du Cégep de Trois-Rivières, pour sa participation à la table ronde sur «Le rôle de la philosophie et de son enseignement dans une société comme la nôtre», qui a eu lieu dans le cadre de l’État des lieux de la philosophie au Québec, du 22 au 24 novembre 2013.  Y sont abordés les enjeux de la formation générale au collégial, la place de la philosophie et de son avenir dans ce cadre qui pourrait être actualisé, de même que des considérations sur l’embauche, entre autres choses.  Ce texte est aussi disponible en version .pdf.

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Notes pour la table ronde sur

«Le rôle de la philosophie et de son enseignement dans une société comme la nôtre»

(Dans le cadre de l’État des lieux de la philosophie au Québec, 22 au 24 novembre 2013)

 

Patrice Létourneau

(Coordonnateur du Département de philosophie du Cégep de Trois-Rivières)

 

 

1) La dimension sociopolitique des cours obligatoires de philosophie au Cégep

 

On ne comprend rien – ou si peu – aux cours de philosophie en formation générale obligatoire des Cégeps, si on ne comprend pas d’abord ce que signifie le fait que ces cours sont obligatoires pour tous, de la future hygiéniste dentaire à l’étudiant en design d’intérieur, en passant par la future diététicienne et le futur technicien en technologie de l’électronique industrielle comme la personne en logistique du transport.

 

Pour légitimer la place de la philosophie en formation générale obligatoire (je préfèrerais l’expression de formation fondamentale, mais bon, formation générale est l’expression adoptée par le Ministère), il faut nécessairement penser ce qu’elle peut apporter d’incontournable, de fondamental, pour la formation de tous les étudiants aux études supérieures, et ce, d’autant plus qu’en formation générale, les étudiants n’ont pas le choix de suivre ces cours.  En ce sens, la philosophie au collégial ne peut pas être coupée de son insertion culturelle au sein de la société québécoise et il faut toujours garder à l’esprit que ces cours sont assujettis à des devis ministériels.  Et, bien qu’un cours a une valeur qui ne peut pas être réduite qu’au politique, il y a nécessairement une dimension politique (au sens large) qui en découle.  C’est ce que je voudrais faire ressortir ici à deux niveaux, l’un beaucoup plus restreint touchant la tâche et l’attribution des cours, l’autre beaucoup plus large touchant à l’insertion sociopolitique et culturelle des cours de philosophie obligatoires dans la culture québécoise – qui touche à la formulation des devis ministériels, qui pourraient bien être ouverts pour une actualisation dans un avenir pas si lointain, la dernière réforme au collégial, la Réforme Robillard (du parti Libéral), datant de 1993-94.

 

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