C`est du 23 janvier au 13 février 2008 qu`aura lieu la représentation de la pièce Les Justes d`Albert Camus au Théâtre Denise-Pelletier, à Montréal. La mise en scène est confiée au cinéaste André Melançon. La pièce met en vedette Maxime Denommée dans le rôle d`Ivan Kaliayev, Jacinthe Laguë dans celui de Dora Doulebov, l`amante de Kaliayev et Philippe Lambert interprétant Stepan Federov. L`événement se tiendra dans la grande salle de l`ancien cinéma Granada. André Melançon en est à sa deuxième incursion au théâtre, avec l`adaptation, il y a quelques années à peine, de la pièce La Promesse de l`aube (1960) de l`écrivain français Romain Gary (1914-1980) à l`Espace Go. Pour lui, le texte de Camus semble gagner chaque année davantage en actualité. En effet, même si l`action des Justes se passe dans la Russie du tout début du siècle dernier, la pièce soulève des questions toujours pertinentes : jusqu`à quel point peut-on épouser une cause ? L`idéal politique et social peut-il renier la vie ? Peut-on commettre des gestes destructeurs dans le seul but de défendre une idée ? Comme on peut le voir, ce sont là des questions qui résonnent encore à la une des journaux (Bosnie, Rwanda, Tchétchénie, Afghanistan, Iraq, Beslan en Ossétie du Nord), surtout depuis le 11 septembre 2001. Pour Melançon, la force de Camus, c`est de poser des questions sur la vie, sur l`engagement. De sorte que c`est non seulement pertinent philosophiquement, mais on se sent concerner par différents éléments, affirme-t-il. Melançon a ancré sa mise en scène dans la réalité moscovite de 1905, elle est très conventionnelle, juge-t-il. Seuls écarts par rapport au texte original et didascalies originales : un prologue. Écrit par ses soins, pour expliquer ce contexte. Et aussi, l`apparition sur scène de la bombe, absente chez Camus.

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