Le Magazine littéraire, no. 469 (novembre 2007), 98p. [8.10$]

Dossier « Pascal, miroir de notre vie »

Le dossier de 34 pages qui comprend 17 articles est coordonné par David Rabouin. Ce dernier rappelle que notre époque doit à Pascal des interrogations fondamentales sur la condition humaine, la religion, la morale et la vérité. Pour lui, « Si Pascal est de notre temps, c`est d`abord parce qu`il est profondément du sien, contrepoint à la modernité que vient d`esquisser Descartes. Alors que ce dernier avait cherché à mettre le savoir sous le signe de l`égo, seule certitude donnée à l`homme (« je pense, donc je suis ») et du modèle de la raison mathématique, Pascal s`exclame que le moi est aussi introuvable qu`haïssable, que les mathématiques supposent à leur principe des notions qui n`auront pas été démontrées, et dont l`évidence se donne donc non à la raison, mais au cœur » (p. 32-33). Trois autres articles montrent l`influence qu`il a eu aux XVIIIe, XIXe et XXe siècles. Par la suite, différentes personnalités témoignent de leur lecture personnelle de Pascal. Ainsi, pour Jacques Attali, « Pascal est certainement l`intellectuel le plus extraordinaire de tous les temps. […] Il est un intellectuel aussi car il refuse toute dépendance à l`égard du pouvoir : il veut bien donner son avis aux gouvernements mais il n`a jamais été un homme de pouvoir. Il a toujours gardé une liberté d`esprit totale. (p.40). Jacques Julliard, lui, mentionne que « Pascal pense que les croyances sont libres, qu`elles ne doivent répondre qu`à la conscience et à la raison. Le religieux ne doit pas être dominé par l`ordre de la force » (p.41). Pour sa part, Michel Schneider soutient que Pascal n`écrivait pas pour dire ce qu`il pensait mais écrivait pour penser. Pour ce psychanalyste, écrire, c`est se placer au lieu où la pensée échappe aux mots et s`échappe hors de soi. Et l`écrivain d`ajouter : « Ce que j`aime chez Pascal, ce n`est pas sa foi, c`est sa peur. Ses divisions mortelles, son écriture de feu et de cendres, son empressement à dire toujours dans la même phrase trop et trop peu. […] Pascal est un écrivain qui ne se sait pas écrivain et surtout ne veut pas l`être » (p.45).

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