Le 3 août 2008 est décédé à son domicile à Moscou l`écrivain russe Alexandre Issaïevitch Soljenitsyne des suites d`une insuffisance cardiaque aiguë à l`âge de 89 ans. Romancier, essayiste, penseur politique et social, il est considéré comme le plus grand écrivain russe de la seconde moitié du XXe siècle. Rescapé de la terreur stalinienne, il incarnait le refus du totalitarisme soviétique et la conscience de l`éternelle Russie.

Il naît le 11 décembre 1918 à Kislovodsk, dans le nord du Caucase, un an après la Révolution d`Octobre. Il appartient à une famille d`origine paysanne. Son père est mort, six mois avant sa naissance, d`un accident de chasse. Sa mère est la fille d`un riche cultivateur, un « koulak ». Il est élevé par sa mère très croyante à Rostov-sur-le Don dans le sud de la Russie. Celle-ci l`emmène aux offices religieux dans l`église Saint-Pantaléon, où il fut baptisé. Il fait des études de mathématiques et de physique à l`université de Rostov-sur-le-Don. À ce moment, il rejoint les Jeunesses communistes. En 1939, il s`inscrit aux cours par correspondance  de philosophie, d`histoire et de littérature à l`université de Moscou. En avril 1940, il épouse Natalia Rechetovskaïa, une amie d`école, au moment où il est professeur d`astronomie et de mathématiques dans une petite ville du Caucase.

En 1941, l`Allemagne nazie attaque la Russie; il est alors mobilisé dans l`armée soviétique comme simple soldat dans la cavalerie lorsque le chancelier allemand Adolf Hitler (1889-1945) lance la Werhmacht dans les plaines russes. En 1943, il participe à la gigantesque bataille de Koursk. En 1944, il devient capitaine d`artillerie, et est décoré à deux reprises pour son courage sur le front lors des terribles combats durant le siège de Léningrad. Le 9 février 1945, alors qu`il se trouve sur le front de Prusse-Orientale, à Königsberg, il est convoqué dans la tente de son chef, le colonel Travkine. Il est alors arrêté pour délit d`opinion sur une fausse dénonciation pour avoir mis en doute les talents militaires de Joseph Staline (1879-1953) qu`il nomme « le caïd, dans une lettre à son ami Koka Vitkievitch, officier sur un autre secteur du front. Il est transféré à la fameuse Loubianka, à Moscou, le siège du NKVD (Narodnyi Komissariat Vnoutrennykh Diel), soit le Commissariat du peuple aux Affaires intérieures. Il est détenu dans la cellule 69 avec le matricule CH-282. Il est alors condamné à huit ans de travaux forcés pour activité contre-révolutionnaire en vertu de l`article 58, paragraphe 1 ert 2, du code pénal. Il séjourne d`abord au camp de la Nouvelle Jérusalem, près de Moscou, puis à Moscou même sur un chantier. Mais la NKVD se souvient de ses compétences scientifiques. Compte tenu de sa formation de mathématicien, il est affecté à une « charachka » de Marfino, sorte de prison-laboratoire où il effectue, sous bonne garde, des recherches sur l`acoustique. Il évoquera d`ailleurs cet institut de recherche secret dans son roman Le Premier Cercle. Par après, il est envoyé au camp d`Ekibastouz, au Kazakhstan. Dans ce goulag, il découvre le monde des camps de travaux forcés, avec sa langue, ses codes et la loi des « blatnoï », la pègre. Sa femme demande le divorce et se remarie. Dans ce camp, il devient « chef de brigade ». En 1952, il prend part à la révolte qui éclate dans son camp.

Libéré en février 1953, il est assigné à résidence dans un village de la région, à Kok Terek, à la lisière du désert kazakh où il enseigne les mathématiques. En 1954, il publie Le Cerf et la Putain du bagne, drame qu`il rédige durant son exil. En 1955, une grave maladie le contraint de passer plusieurs mois à l`hôpital de Tachkent (Ouzbekistan) où il est opéré pour une tumeur cancéreuse à l`estomac. En 1956, il obtient sa réhabilitation, lors de la déstalinisation. Il s`installe alors à Riazan (au sud-est de Moscou) et y enseigne la physique jusqu`en 1962. Il y retrouve son ex-femme et l`épouse à nouveau. C`est chez elle qu`il commence la rédaction du Premier cercle. Cette même année, après avoir reçu l`autorisation du premier secrétaire du Comité central du Parti communiste d`U.R.S.S., Nikita Khrouchtchev (1894-1971), il publie sa célèbre nouvelle sur un camp stalinien, Une journée d`Ivan Denissovitch. Écrite en trois semaines, celle-ci paraît en janvier 1962 dans la revue Novy Mir; puis 100,000 exemplaires sont publiés dans une édition à bon marché. Ce récit, qui soulève l`enthousiasme, constitue la première évocation des camps de travail soviétiques et la première campagne de revendication des libertés artistiques. Il y raconte cette expérience de « zek » (prisonnier des camps). Ladite nouvelle restera la seule de ses oeuvres éditée dans l`ex-URSS avant la perestroïka. Par la suite, il publie successivement dans la revue Novy Mir avec l`appui du poète soviétique Alexandre Trifonovitch Tvardovski (1910-1971) L`Inconnu de Kretchetovka (1963), La Maison de Matriona (1963), Pour le bien de la cause (1963), nouvelles captivantes qui décrivent l`âme de la Russie mais qui suscitent des remous de la part des autorités. Devenu célèbre, il est admis à l`Union des Écrivains soviétiques.

L`indépendance d`esprit et le talent de Soljenitsyne lui créent alors des ennemis et des envieux de sorte qu`à partir de 1964, toutes ses œuvres furent interdites en Union soviétique. Celles-ci parviennent néanmoins à l`étranger à son insu grâce au « samizdat » (organisation clandestine de publication) et sont aussitôt traduites. En effet, c`est le cas du roman Le Premier Cercle (écrit de 1955 à 1964) paru en 1968 qui porte sur le régime policier stalinien et la vie des prisonniers intellectuels à l`Institut de recherche scientifique; le récit se déroule en 4 jours de 1949. Dans le roman Le Pavillon des cancéreux (écrit de 1963 à 1967) paru également en 1968, chaque être humain apparaît dans toute sa vérité face à la maladie. Le livre évoque la Russie stalinienne comme un pavillon de contagieux où se propagent le caméléonisme, la calomnie et la cruauté, la terreur et la lâcheté. C`est dans ces deux mêmes romans, fresques sociales dominées par la préoccupation humaniste et morale, que son génie s`est le mieux affirmé.

Soljenitsyne écrit également des nouvelles saisissantes telles que : La Main droite (1964), Zacharie l`Escarcelle (1966), La Procession pascale (1969). À cela s`ajoute le recueil de lettres sur Les Droits de l`écrivain (1969), ainsi que le roman Août 14 (1969-1970), premier tome d`une vaste fresque historique à laquelle l`auteur travaille depuis 1936, et paru en 1972. Dans ledit roman, à travers la défaite russe dans les marais de Mazurie, il stigmatise l`impréparation de l`armée et les carences du haut commandement.

Le 16 mai 1967, il s`adresse au 4e Congrès de l`Union des écrivains soviétiques et demande la suppression de toute censure (Lettre sur la censure) et dénonce les persécutions qui le visent. En 1968, il réussit à faire passer le manuscrit de L`Archipel du Goulag hors de l`URSS pour le mettre à l`abri en France. La même année, il reçoit le Prix du meilleur livre étranger pour Le Premier Cercle, roman édité en France. En 1969, la campagne publique contre lui devient violente; il est alors exclu de l`Union des écrivains soviétiques à la suite de sa dénonciation de la censure. Interdit d`habiter Moscou, il trouve alors refuge chez le violoncelliste russe Mstislav Rostropovitch. En octobre 1970, il est reçoit le prix Nobel de littérature mais ne se rend pas à Stockholm (Suède) de peur de ne plus pouvoir revenir en Russie. Les insignes de son prix – un diplôme et une médaille d`or à l`effigie d`Alfred Nobel (1833-1896) – devaient lui être remis par M. Karl Ragnar Gierow, secrétaire perpétuel de l`Académie suédoise. En 1971, il accorde des interviews au New York Times et au Washington Post, dans lesquelles il demande l`accès aux archives russes, et s`en prend à ses détracteurs soviétiques. En août 1973, à Leningrad (auj. Saint-Pétersbourg) une de ses amies, Élisabeth Voronianskaïa, qui est aussi l`une des dactylographes du samizdat, qui avait caché un exemplaire de L`Archipel du Goulag, est arrêtée et interrogée par le KGB (Komitet Gossoudarstvennoï Bezopasnosti), comité de sécurité de l`État. Elle avait conservé, à l`insu de Soljenitsyne, une copie du livre où figuraient les noms de 227 rescapés de la terreur stalinienne vivant sur le territoire soviétique. Elle finit par en avouer l`emplacement. Peu après, elle est retrouvée pendue chez elle. À la fin de 1973, il publie pour la première fois en russe à Paris aux Éditions YMCA Press, dirigées par Nikita Struve, le tome I (50,000 exemplaires) de L`Archipel du Goulag (1958-1967), que le journal français Le Monde présente comme un « réquisitoire impitoyable contre l`univers concentrationnaire soviétique ». Dans l`hebdomadaire français Le nouvel Observateur du 15 juillet 1975, Claude Roy mentionne que le livre constitue « la première tentative d`histoire générale de la répression de masse en URSS de 1917 à nos jours ». À la fin de 1973, Bernard Pivot lui consacre, au moment de la sortie de L`Archipel du Goulag, l`une des émissions d`Ouvrez les guillemets, où sont présents Jean Daniel, Max-Pol Fouchet et Alain Bosquet.

Le 11 février 1974, Soljenitsyne est convoqué à un interrogatoire par le parquet de Moscou; il refuse de s`y rendre. Le 12 février 1974, il est arrêté chez lui par huit policiers et interné à la prison moscovite de Lefortovo et déchu de la citoyenneté soviétique par décret du praesidium du Soviet suprême. Le 13 février 1974, il est expulsé de son pays par avion spécial de l`Aeroflot vers Francfort en Allemagne, pour « activités incompatibles avec le statut d`un citoyen soviétique », selon le communiqué de l`Agence Tass. Par là, il est le premier citoyen soviétique expulsé depuis Léon Trotski (1879-1940), théoricien et homme politique russe, en 1929. Puis, il se rend en voiture à Langenbroich, où l`écrivain ouest-allemand et prix Nobel de littérature 1972, Heinrich Böll (1917-1985) l`a invité à venir s`installer dans sa maison de campagne. Il y reste deux jours. Ensuite, il s`établit avec sa nouvelle épouse Natalia Svetlova depuis 1973 et ses fils à Zurich (Suisse). En mars 1974, dans sa Lettre aux dirigeants de l`Union soviétique, il précise ses conceptions politiques personnelles, empreintes de nationalisme mystique et d`aversion profonde pour la technocratie moderne. En avril 1974, L`Archipel du Goulag (tome II) paraît en français. En 1974, il reçoit le prix Nobel de littérature qui lui a été décerné quatre ans plus tôt. En 1975, paraît Lénine à Zurich ainsi que Le chêne et le veau. Le 11 avril 1975, il participe avec son éditeur français Claude Durand à l`émission « Apostrophes » animée par Bernard Pivot. Sur le même plateau, on retrouve également Jean d`Ormesson, Jean Daniel, Pierre Daix , Georges Nivat et Nikita Struve (éditeur, traducteur et ami de l`auteur). Pivot le recevra à quatre reprises dans ses émissions « Apostrophes » et « Bouillon de culture ».

Le 15 juillet 1975, il prononce une conférence sur la situation mondiale au Sénat américain. En 1976, il s`installe à Cavendish, dans l`État du Vermont (États-Unis) où il vit un exil laborieux pendant dix-huit ans. Là, il entasse des archives et récrit l`histoire de la Révolution bolchévique. Le 8 juin 1978, dans un discours intitulé Le déclin du courage et prononcé à la remise des diplômes à l`université Harvard, il s`en prend à l`intelligentsia américaine dont le « bazar mercantile » ne vaut pas mieux que le « bazar idéologique » d`en face, dit-il. Dans son allocution, il met en parallèle l`affaiblissement des caractères en Occident et leur affermissement à l`Est. En février 1979, il accorde dans sa maison du Vermont, un long entretien à son compatriote Janis Sapiets dans lequel il s`en prend aux Occidentaux, soit à leur mollesse, leur aveuglement, leur manque de caractère, leurs illusions sur une trompeuse « détente ». En 1979, un éditorial du New Yorker le compare à l`ayatollah iranien Khomeyni (1902-1989) pour son refus de l`Occident athée. En 1980, il publie Les tanks connaissent la vérité ainsi qu`Erreur de l`Occident où il critique la faiblesse de cette dernière. En 1983, il confie, dans un long tête-à-tête à Bernard Pivot dans son refuge du Vermont, sa conviction qu`il assisterait, de son vivant, à la défaite du communisme. En 1988, il publie La Roue rouge (5000 pages en dix volumes, écrites pendant son séjour au Vermont), qui est une grande évocation de la Révolution de février 1917. En novembre 1988, pour la première fois depuis 1966, un texte de Soljenitsyne, « Ne pas vivre dans le mensonge », paraît en URSS, dans un quotidien de Kiev.  En juin 1989, l`interdiction de publication de ses œuvres est levée en Russie. En août 1989,  la publication de L`Archipel du Goulag (acronyme russe pour g (lavnoje) ou (pravlenje) lag (erej) qui signifie « direction principale des camps de travail ») a été vendu à 5 millions d`exemplaires depuis sa première parution en russe. En 1990, il retrouve sa nationalité russe. La même année, il publie un essai Comment réaménager notre Russie ?, dans lequel il défend l`idée d`une Union soviétique plus petite, plus russe, panslave, d`un retour aux valeurs familiales traditionnelles. En 1991, il écrit à la reine d`Angleterre Elisabeth II pour lui rappeler la livraison britannique à l`Armée rouge, en 1945, de milliers de réfugiés soviétiques. En septembre 1993, il se rend en Vendée (France) et inaugure le Mémorial construit aux Lucs-sur-Boulogne dédié aux victimes des colonnes infernales durant la guerre de 1793 à 1796.

En juin 1994, trois ans après l`effondrement de l`Union soviétique et après avoir été réhabilité par le président russe Mikhaïl Gorbatchev, il revient s`installer dans sa Russie natale. Il choisit de passer par l`est, par Vladivostok (ville stratégique qui abrite l`état-major et les navires de la flotte du Pacifique), et de regagner Moscou en train. Le voyage à bord du transsibérien dure plusieurs semaines. À l`issue de ses deux mois de périple à travers la Russie, il arrive à la gare de Iaroslav (300 km au nord de Moscou) pour venir habiter un des deux appartements moscovites que sa femme a achetés, en attendant son installation dans une maison des environs de la capitale. En octobre 1994, il prononce son premier discours officiel, d`une durée de 40 minutes, dans lequel il critique sévèrement le gouvernement et les institutions politiques russes. S`exprimant devant la Douma, la chambre basse du Parlement russe, il estime « qu`il n`y a pas de démocratie en Russie, que des souffrances ! ». En 1998, il publie Le Grain tombé entre les meules. La même année, Bernard Pivot tourne un reportage avec l`auteur dans sa maison des environs de Moscou. En 2000, il reçoit le nouveau président russe Vladimir Poutine pendant trois heures. Tous deux sont contre les visées de l`OTAN en Ukraine. Depuis cette date, il manifeste sa méfiance envers la politique de son pays et prône un retour aux valeurs traditionnelles de la Russie. En 2002, il publie, chez Fayard, Deux siècles ensemble, 1795-1995, tome I : Juifs et Russes avant la révolution. En 2003, paraît Deux siècles ensemble, 1917-1972, tome II : Juifs et Russes pendant la période soviétique. Ce dernier ouvrage, censé favoriser la compréhension mutuelle entre Juifs et Russes, selon lui, lui vaut des accusations d`antisémitisme, notamment par l`écrivain et ancien dissident soviétique Vladimir Voinovich. En 2003 toujours, un colloque international sur son œuvre lui est consacré à Moscou. Fervent supporter du président russe Vladimir Poutine, il soutient l`intervention en Tchétchénie, la peiner de mort pour les terroristes et la volonté du président de réformer la Russie. En 2006, il accuse l`OTAN de préparer « l`encerclement total de la Russie et la perte de sa souveraineté ». Le 12 juin 2007, le président Poutinerend visite à l`écrivain chez-lui, à Troitse-Lykovo (au nord-ouest de Moscou) et lui décerne le prestigieux Prix d`État russe.

Au cours des quatre dernières années, suite à une attaque, il avait perdu l`usage de son bras gauche. Malgré la maladie et cloué à une chaise roulante, il travaillait encore trois ou quatre heures par jour. Sa dépouille mortelle fut exposée le 5 août 2008 à l`Académie des Sciences de Moscou pour une cérémonie d`adieux. Les funérailles eurent lieu le 6 août, à la cathédrale du monastère de Douskoï.  Le célèbre dissident est enterré au cimetière du monastère de Douskoï. Il avait lui-même choisi ce lieu de son vivant, suite à sa demande auprès du patriarche Alexis II, patriarche de Moscou et de toutes les Russies. Il laisse dans le deuil son épouse et ses trois fils : Ignat, Stépan et l`aîné Ermolaï.

Parmi les réactions suite à sa mort, celle du président français Nicolas Sarkozy pour qui il était « l`une des plus grandes consciences de la Russie du XXe siècle ». De son côté, l`ancien président de la République française Jacques Chirac estime qu`il fut « un grand combattant pour la vérité et une figure de la liberté ». Le ministre des Affaires étrangères de la France, Bernard Kouchner, mentionne qu`il était « un homme courageux qui incarnait, à bien des égards, la conscience de l`humanité face au totalitarisme ». Pour sa part, le président russe Dmitri Medvedev considère qu`il avait été « un des plus importants penseurs, écrivains et humanistes du XXe siècle ».

Son œuvre imposante, formée de récits, de nouvelles, de romans et d`essais,  comprend également les titres suivants : Des voix sous les décombres (1975), Flamme au vent (1977), Le Déclin du courage (1978), Message d`exil (1979), Nos pluralistes (1983),  Les Invisibles (1992), Le « Problème russe » à la fin du XXe siècle (1994), Ego (1995), Nos jeunes (1997), La Russie sous l`avalanche (1998), Deux récits de guerre (2000), Esquisses d`exil. T. II : Le grain tombé entre les meules, 1979-1994 (2005), Aime la révolution ! (2007), Une minute par jour (2007), Réflexions sur la révolution de février (2007).

La quasi-totalité des livres de Soljenitsyne publiés en français l`ont été au Seuil jusqu`en 1979, puis chez Fayard. Cette dernière maison d`édition, dirigée par Claude Durand, a entrepris l`édition des Œuvres complètes de l`écrivain. À ce jour, quatretomes sont déjà parus : Le Premier Cercle (tome I), Le Pavillon des cancéreux, Une journée d`Ivan Denissovitch et autres récits (tome II), Œuvres dramatiques (tome III) et L`Archipel du Goulag (1er volume), édition nouvelle, traduction entièrement révisée par Geneviève Johannet (tome IV). Notons qu`une partie de ses droits d`auteur est versée au fonds portant son nom, qui aide les anciens zeks. Souvent contestée pour ses prises de position, Soljenitsyne reste celui dont la voix s`est élevée dans le silence du totalitarisme soviétique. Rappelons enfin que dans son essai intitulé Alexandre Soljenitsyne : En finir avec l`idéologie, paru le 20 août dernier chez Fayard dans la collection « Commentaire », Daniel J. Mahoney, professeur de philosophie politique à l`Assumption College, près de Boston, analyse les idées de Soljenitsyne, partagé entre sa haine du système soviétique et son refus d`un Occident consumériste et décadent. Le livre de 334 pages a été traduit de l`anglais par Sébastien Viguier.