Le numéro d’Automne 2010 – Hiver 2011 de la revue «Argument.  Politique, société, histoire» vient de paraître. 

Le second dossier de ce numéro a pour thème «Grandeur et misère du citoyennisme» et tente «de jeter un regard critique sur cette nouvelle forme de militantisme que représente le «citoyennisme».  Largement présent au sein de l’ensemble des espaces publics en Occident depuis bientôt deux décennies […]» (p. 45).  On y retrouve des articles de :

Danic Parenteau (professeur adjoint au Collège militaire royal de Saint-Jean),
François Charbonneau (professeur adjoint à l’École d’études politiques de l’Université d’Ottawa)

– et d’Éric Martin (candidat en pensée politique à l’Université d’Ottawa). 

Le premier dossier a quant à lui pour thème «Le Québec au miroir de ses téléséries».  Après avoir remarqué que «les téléséries québécoises se sont multipliées et se sont considérablement raffinées sur le plan du contenu et de la qualité télévisuelle, à l’instar des grandes productions américaines […]» (p. 14), il s’agit de les prendre «comme matière à investigation et de les analyser en tant que miroir de la société qu’elles dépeignent, en y posant un regard distancié, sociologique.» (p.14).  On y retrouve :

–    un article de Pierre Barette (titulaire d’un doctorat en sémiologie et enseignant au Cégep du Vieux-Montréal, ainsi qu’à l’École des médias de l’UQAM) sur la série Trauma

–    un article d’Helen Faradji (titulaire d’un doctorat en littérature de l’UQAM – sur l e cinéma des frères Coen – et rédactrice en chef de la revue 24 images) sur la série Les Invincibles ;

–    un article de Carl Bergeron (essayiste) sur la série C.A. ;

–    un article de Catherine Côté (professeure agrégée à l’École de politique appliquée, à l’Université de Sherbrooke) sur la série Tout sur moi ;

–    et un article d’Éric Bédard (historien et professeur à la Télé-Université de l’UQAM) sur la série Minuit le soir .

À propos de ce dossier sur les téléséries, on peut lire l’article de Stéphane Baillargeon dans Le Devoir : «Médias – Cinq intellos au chevet des téléromans québécois»

Par ailleurs, dans le dossier «Autour d’un livre» est mis en discussion le dernier ouvrage de Joseph Facal : «Quelque chose comme un grand peuple».  Prennent part à l’échange :

–    Eugénie Brouillette (professeure agrégée à la faculté de droit de l’Université Laval) 

–    Jean-Herman Guay (professeur titulaire à l’École de politique appliquée de l’Université de Sherbrooke)

–    Claude Couture (professeur à l’Institut d’études canadiennes, au Campus Saint-Jean de l’Université de l’Alberta)

–    Éric Montpetit (professeur agrégé au Département de science politique de l’Université de Montréal)

–    Mathieu Bock-Côté (candidat au doctorat en sociologie à l’UQAM)

–    François Rocher (directeur et professeur titulaire à l’École d’études politiques de l’Université d’Ottawa)

–    Et la réplique de Joseph Facal

Quelques extraits
Extraits :
«Le citoyen conscientisé d’aujourd’hui ressemble à ce bon vieux Atlas de la mythologie grecque qui, après la révolte des Titans contre les dieux de l’Olympe, s’est vu condamné à soutenir le monde à perpétuité.  Mais contrairement à l’image d’Épinal d’Atlas, torse musclé et nu croulant sous le poids de la terre, le citoyen d’aujourd’hui ressent le poids du monde de manière un peu moins glorieuse, c’est-à-dire seul à l’épicerie, devant la rangée de papiers de toilettes.  Est-ce que le Cottonel se biodégrade plus vite que le Charmin ? A-t-il été fabriqué par des employés syndiqués ? […]  Où se trouve l’usine ?  A-t-elle été construite sur des terres humides ?  Combien de tonnes de gaz à effet de serre de plus seront relâchées dans l’atmosphère si j’achète le Scott plutôt que le Troubadour ?  Choisir un papier à deux épaisseurs est-il une preuve d’égoïsme ?
[…]
Comment en sommes-nous arrivés là ?  Est-ce pour le mieux ?»
(François Charbonneau, Le citoyennisme ou le militantisme intégral, dans «Argument» vol. 13 no 1, pages 60-61) 

«Dans le Québec de Minuit le soir, on ne se questionne jamais sur ces dysfonctionnements graves.  On ne critique pas les politiciens ou les fonctionnaires pour leur mauvaise gestion, ni la génération précédente pour ses choix.  On ne déplore jamais l’écart entre les beaux récits de la Révolution tranquille et la triste réalité du Québec d’aujourd’hui.  Aucun apitoiement, aucune jérémiade, aucune déception : on prend acte de la dureté de la vie et on tente de tirer le meilleur parti des circonstances.  Les personnages ne vivent tout simplement pas dans le Québec historique, ni ne participent à aucune aventure collective.
Comme c’est souvent le cas dans la dramaturgie québécoise, le dénouement est malheureux, à tout le moins pour les deux personnages clefs.    Dans le dernier épisode de la troisième saison, un Marc serein se rend chez Fanny avec un bouquet de fleurs dans le but de lui déclarer son amour.  Le happy end est gâché par un assassinat complètement inattendu.  Cette mort n’a aucun sens, comme la vie de tous ces personnages.»
(Éric Bédard, Solitude et boule d’amour.  Minuit le soir, dans «Argument» vol. 13 no 1, page 44)

«Il faut simplement souhaiter qu’à défaut de résoudre les problèmes, les générations actuelles influentes – d’intellectuels et de politiciens en particulier – ne viennent pas verrouiller l’avenir pour celles qui vont suivre.  Les générations, tout orgueilleuses qu’elles sont, considèrent souvent que nulle autre ne réussira là où elles ont échoué.  Or, on a toujours tort lorsqu’on pense que l’imagination de l’histoire s’est définitivement tarie.»
(Jean-Herman Guay, L’échec tranquille.  Essai critique, dans «Argument» vol. 13 no 1, page 133)