Thierry Blin est notamment à l’origine du recueil de traductions d’Alfred Schütz accompagné d’une remarquable préface, intitulé «Essai sur le monde ordinaire» (dont nous avons rendu compte , ainsi que dans les «Cahiers internationaux de sociologie», PUF, 2008), ainsi que l’auteur de «Requiem pour une phénoménologie».

Dans son dernier essai paru le 1er septembre 2010, «L’invention des sans-papiers. Essai sur la démocratie à l’épreuve du faible» (PUF), il analyse le cas des «sans-papiers de Saint-Bernard» comme cas type d’un «changement de paradigme politique, tout entier dominé par la question des droits de l’Homme, [qui] marque une étape de l’individualisme démocratique et de l’affirmation corrélative d’une démocratie des droits de l’Homme.»  Ou en d’autres termes, un passage des luttes sociales vers des luttes de «reconnaissance», un passage des luttes sociales aux luttes morales, ce qu’il considère comme une régression.

Par delà les données sociologiques et les considérations politiques, le philosophe des sciences comme le philosophe de la culture y trouveront aussi matière à réflexion.  Car, au travers de cet ouvrage, Thierry Blin montre le rôle et l’importance du symbolique et du conjoncturel, qui dépassent le seul structurel et les seules ressources matérielles.

À écouter : l’actualité des essais sur France Culture

À lire :

la critique de Solange Chavel
le compte-rendu d’Axelle Brodier


Présentation des Presses Universitaires de France :

«Une histoire culturelle des luttes d’immigrés clandestins témoignant de la montée en puissance des « luttes (humanistes) pour la reconnaissance » au détriment de la plus traditionnelle « question sociale ». 

Une dissemblance notoire apparaît entre l’immigré clandestin, victime de l’exploitation capitaliste, figure étendard des mobilisations gauchistes des années 1970 et le sans-papiers contemporain, que l’on a privé de droits et dont on n’a pas respecté l’humanité.
Hier, l’exploitation, aujourd’hui l’exclusion, la relégation, la reconnaissance de l’autre dans son identité particulière, et ce plus particulièrement s’il est porteur de stigmates, de témoignages de « mépris social ». Les luttes actuelles n’affirment pas une autre vérité.
Ce changement de paradigme politique, tout entier dominé par la question des droits de l’Homme, marque une étape de l’individualisme démocratique et de l’affirmation corrélative d’une démocratie des droits de l’Homme.

Philosophe et politiste de formation, Thierry Blin est maître de conférences à l’Université de Montpellier III. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages sur la sociologie phénoménologique, dont Requiem pour une phénoménologie (Éd. du Félin, 2010), ainsi que de l’introduction et de la traduction d’articles d’Alfred Schütz publiés sous le titre Essais sur le monde ordinaire (Éd. du Félin, 2007).»

Table des matières :
« Introduction

Première partie. — Histoires de luttes
– « Même patron, même combat » ?
– L’immigré et les années 1970
– De la traversée des années 1980 aux « lois Pasqua-Méhaignerie »
– L’irruption des sans-papiers au sommet : Saint-Bernard

Deuxième partie. — Aperçus sur la guerre des faibles
– Introduction
– Liminaire : questions de sociologie politique
– Au commencement était l’émotion
– Miséreux de la représentation, exposez-vous !
– Spectacularisation du conflit : « se mobiliser, c’est paraître »
– Conclusion

Troisième partie. — Morale de l’histoire
– Sous le signe de l’immanence
– Une société de la reconnaissance généralisée ?

– Conclusion
– Bibliographie

Annexes
– Qui sont les Saint-Bernard ?
– Tableau du suivi du traitement journalistique du mouvement des sans-papiers de Saint-Bernard
– Présentation du corpus étudié
– Tableau des nationalités recensées à Saint-Bernard
– Tableau concernant la participation aux manifestations en faveur des Saint-Bernard
– Liste des « médiateurs » de Saint-Bernard
– Liste des sigles organisationnels et autres acronymes
– Table des encadrés
– Index nominatif»

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AUTEUR : Thierry Blin
DATE DE PARUTION : 1er septembre 2010
PAGES : 240
ISBN :  978-2-13-058288-5