C`est du 28 septembre au 7 octobre 2012 qu`aura lieu le 28e Festival international de la poésie de Trois-Rivières (FIPTR). L`événement a pour thème ce vers évocateur d`Hector de Saint-Denys-Garneau « … sous les mots il déplace toutes choses ». Cette année, le Festival souligne justement le centième anniversaire de naissance du poète québécois Hector de Saint-Denys-Garneau (1912-1943). Plusieurs activités souligneront donc ce même anniversaire. Ainsi, le 2 octobre sera présenté le documentaire de Jean-Philippe Dupuis intitulé Saint-Denys-Garneau en partenariat avec Télé-Québec et Ciné-Campus au Séminaire Saint-Joseph. Pour sa part, le journaliste et animateur Winston McQuade lira deux fois les poèmes de ce grand poète québécois avec l`OSTR, le 29 septembre et le 5 octobre. Le 6 octobre, le poète et philosophe Paul Chamberland animera une table ronde sur le poète honoré en compagnie des spécialistes de son œuvre, Paul-Chanel Malenfant et Hélène Dorion. De plus, le temps du Festival, la Place d`Armes sur la rue des Ursulines prendra le nom du Parc Hector-de-Saint-Denys-Garneau et les visiteurs pourront lire sa poésie sur la Corde à poèmes, installée à cet endroit.

Pendant 10 jours, les festivaliers pourront entendre 90 poètes, en majeure partie du Canada, mais plus de 20 pays seront du rendez-vous. La ville de Trois-Rivières qui s`enorgueillit du titre de « Capitale mondiale de la Poésie » accueillera cette année des invités de Colombie, d`Estonie, du Mexique, des Pays-Bas, d`Israël, de Russie, d`Australie et d`Islande. Plusieurs activités sont au programme : 150 repas-poésie, apéros-poésie, pique-nique-poésie, thé-poésie et scotch-poésie. À cela s`ajoute 35 ateliers d`écriture, 7 expositions-poésie dans les galeries d`art, une grande soirée de poésie Québecor avec 25 poètes sur scène, 5000 poèmes qui flottent sur la corde à poèmes, à la Place de l`Hôtel-de-ville. Le FIPTR, c`est 400 activités dans quelques 70 lieux de diffusion.

Diverses distinctions ont été remises. Le Prix Alphonse-Piché de poésie de l`UQTR a été décerné à Marco Geoffroy (Québec) pour son recueil Coma sympathique. Le prix de poésie Félix-Antoine-Savard a été offert à Judy Quinn (Québec) pour son recueil Sur la piste des aveugles. Le prix international de poésie Antonio Viccaro a été remis à Françoise Coulmin (France). Le prix de poésie Gatien-Lapointe/James-Sabines a été octroyé à Jean-Paul Daoust (Québec). Le gagnant du Grand Prix Québécor est Normand de Bellefeuille pour son recueil Mon bruit (Éd. du Noroît). Le Prix de poésie Jean-Lafrenière/Zénob a été consenti à François Guérette (Québec). Enfin, le Prix national de poésie en immersion française a été remis à Émily Murphy, originaire de la Nouvelle-Écosse.

Signalons en terminant que mercredi le 3 octobre 2012 à 17h00 aura lieu un 5 à 7 poétique intitulé « Empreintes et Spectacles de poésie » au Théâtre du Cégep de Trois-Rivières situé au Pavillon des Humanités. La mise en scène est confiée à Diane-Andrée Bouchard, Pierre Legris et Yves Raymond. L`auditoire pourra alors assister à une performance des étudiants de l`option Théâtre et Médias.

Info. : www.fiptr.com

 

Hector de Saint-Denys-Garneau

 

 

Il naît à Montréal le 13 juin 1912. Il est le fils de Paul Garneau et d`Hermine Prévost. Son arrière-grand-père est l`illustre historien et poète canadien-français François-Xavier Garneau (1809-1866). En 1916, sa famille déménage au manoir Juchereau-Duchesnay à Sainte-Catherine-de-Fossambault pour tenter l`expérience de l`agriculture et de l`élevage. Il y passe une partie de son enfance en compagnie de sa cousine la romancière Anne Hébert (1916-2000). En 1922, sa famille déménage à Québec. En 1923, il s`établit à Montréal avec ses parents, dans le quartier de Westmount.

En 1923 toujours, il fréquente le Collège Sainte-Marie. En 1924, il étudie l`anglais au Collège Loyola de Westmount. En 1925, il fréquente Paul-Émile Borduas, Jean Palardy, Marjorie Smith et Jean-Paul Lemieux à l`École des Beaux-Arts de Montréal. En 1926, il reçoit le prix littéraire de la maison Henry Morgan, pour son poème « Le dinosaure ». En 1927, il revient au Collège Sainte-Marie et quitte l`École des Beaux-Arts. La même année, il rédige son journal (cahier I), vite interrompu, dans lequel il décrit ses états d`âme et son quotidien. En 1928, il obtient un prix littéraire de l`Association des auteurs canadiens pour son poème « Automne ». La même année, il écrit des articles sur l`art et des poèmes dans La Revue scientifique et artistique. En 1928 également, il collabore aux revues Idées, Le Canada et L`Action nationale. En 1930, il débute une longue correspondance avec plusieurs de ses amis, dont Robert Élie, Claude Hurtubise, Jean Lemoyne et André Laurendeau. En 1933, il débute sa première année en philosophie au Collège Sainte-Marie.

En 1934, des problèmes de santé l`obligent à abandonner définitivement ses études classiques sous la recommandation de ses médecins. La même année, il fonde la revue La Relève avec Robert Charbonneau, Robert Élie et Paul Beaulieu. En 1934 toujours, il expose quelques peintures à la Galerie des arts de Montréal. À partir de 1934, et ce durant trois ans, il fait paraître de nombreux articles, essais et poésies dans La Relève (revue devenue, en 1941, La Nouvelle Relève) et dans d`autres revues littéraires du Québec. Du 30 janvier 1935 au 22 janvier 1939, il rédige son Journal. En 1937, il publie, à compte d`auteur, son premier recueil de poèmes Regards et jeux dans l`espace. Il y aura trois éditions de cet ouvrage : 1949, 1965 et 1972. La même année, il part pour l`Europe en compagnie d`un ami, le journaliste et essayiste Jean Lemoyne (1913-1996). Il passe à Paris trois semaines tourmentées, et rentre précipitamment au Québec; il s`installe définitivement au manoir. Il décède subitement le 24 octobre 1943, à Sainte-Catherine-de-la-Jacques-Cartier, à la suite de problèmes cardiaques, à l`âge de 31 ans.