Le 11 juin 2016, M. Serge Cantin, professeur de philosophie à l`Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) a reçu le Prix Jacques-Parizeau remis annuellement par Les Intellectuels pour la souveraineté (IPSO). Ledit prix récompense chaque année un intellectuel qui s’est investi en faveur de la souveraineté du Québec. La remise du prix a été effectuée dans le cadre du colloque annuel des IPSO. « On me fait un grand honneur en m’attribuant ce prix », a déclaré le récipiendaire.

Serge Cantin est professeur titulaire au Département de philosophie de l’Université du Québec à Trois-Rivières et chercheur au Centre interuniversitaire d’études québécoises (CIEQ-UQTR). Essayiste et spécialiste de la pensée et de l’œuvre du sociologue québécois Fernand Dumont (1927-1997), ses travaux de recherche se situent au carrefour de la philosophie, de la sociologie et de l’histoire. De plus, il a rédigé l’introduction générale aux œuvres complètes de Fernand Dumont (5 volumes, PUL, 2008). Il est l`auteur d’un grand nombre d’articles parus dans des ouvrages collectifs, revues universitaires et périodiques (Esprit, Liberté, Dialogue, Philosophiques, Argument, L’Action nationale, Possibles). Il a prononcé plusieurs conférences au Québec et à l’étranger. Il est membre titulaire de l’Union des écrivaines et des écrivains québécois. Il fait également partie du comité scientifique de la Chaire Fernand-Dumont sur la culture. Il assume aussi la direction des Cahiers Fernand-Dumont aux Éditions Fides. Ajoutons qu`il est plusieurs fois boursier, notamment du Conseil des Arts du Canada, du Centre des études universitaires de Trois-Rivières et du Conseil de recherche en sciences humaines (C.R.S.H.).

 

Repères biographiques

 

Serge Cantin naît à Québec le 20 décembre 1950. En 1976, il fait la connaissance de Fernand Dumont au moment où il fait sa maîtrise en sociologie à l`Université de Montréal.

En septembre 1983, il quitte le Québec pour aller étudier en France. En 1984, il dépose à l`UQTR son mémoire de maîtrise qui a pour titre « De l’illusion en philosophie – éléments pour une herméneutique de la culture ». Après des études en sociologie à l’Université de Montréal, il réoriente sa formation et termine, en 1988, un doctorat en philosophie à l’Université Paul-Valéry de Montpellier III. Sa thèse de doctorat donne lieu à la publication d’un premier ouvrage. En 1988 toujours, il signe un article « Ce pays comme un enfant… », dans la revue québécoise de critique et de création Liberté, vol. 30, no. 1 (175) p. 36-53.

En 1991, il signe un article intitulé « L`histoire que nous nous racontons » dans la revue Liberté (juin 1991), p. 15-34. En 1992, il enseigne au Collège de Sherbrooke. La même année, il publie Le philosophe et le déni du politique : Marx, Henry, Platon (Sainte-Foy, PUL). Préfacé par Fernand Dumont, l`ouvrage pose la question suivante : quelle est l`attitude du philosophe envers la politique ? En 1993, il est lauréat du Prix Raymond-Klibansky de la Fédération canadienne des études humaines pour son ouvrage La philosophie et le déni du politique. Marx, Henry, Platon. Ce prix récompense le meilleur livre francophone dans le domaine des sciences humaines. La même année, dans la revue Liberté (avril 1993), il signe un article intitulé « La fatigue culturelle de Jacques Godbout », p. 3-37; ce même texte est reproduit dans Ce pays comme un enfant, p. 57-92. En 1994, il rédige la préface à la réédition de l`essai de Fernand Dumont intitulé Le lieu de l`homme : La culture comme distance et mémoire (1968), paru aux Éditions Bibliothèque québécoise. En 1995, il publie une synthèse du Traité des problèmes sociaux en bref (Québec, Institut québécois de recherche sur la culture), ouvrage publié sous la direction de Fernand Dumont, Simon Langlois et Yves Martin. En 1997, il publie Ce pays comme un enfant : Essais sur le Québec 1988-1996. (Montréal, Éd. de l’Hexagone, coll. « La ligne du risque »). Les essais qui composent ce livre constituent pour la plupart des versions remaniées de textes déjà publiés dans la revue Liberté.

En 2000, il publie Fernand Dumont : un témoin de l`homme (Montréal, Éd. de l`Hexagone). Il s`agit d`entretiens colligés et présentés par l`auteur. L`ouvrage se veut d`abord une introduction à la vie et à l’œuvre de l’un des plus pénétrants esprits de notre époque mais c’est aussi une formidable leçon d’humanisme, qui s’adresse à tous les habitants du « lieu de l’homme ». La même année, il codirige avec Robert Mager, L`autre de la technique (PUL/L`Harmattan, coll. « Mercure du Nord »). En 2003, il publie Nous voilà rendus au sol : Essais sur le désenchantement du monde (Montréal, Bellarmin, coll. « L`Essentiel »). Il s`agit de six essais qui reposent sur une même interrogation spirituelle, formulée dans une perspective littéraire, philosophique ou éthique. En novembre 2006, il participe à la création des « Philoconférences de Trois-Rivières », organisme culturel né des efforts conjoints de professeurs des départements de philosophie du Cégep de Trois-Rivières (Yves Bastarache, Clément Loranger, Jacques Rioux, Patricia Nourry) et de professeurs de l’UQTR (Suzanne Foisy). En 2006 également, il reçoit le Prix d`excellence en enseignement de l`Université du Québec à Trois-Rivières. En 2007, dans le volume 10, numéro 1 (automne 2007-hiver 2008) de la revue Argument. Politique, société, histoire, dont le thème est : « Devons-nous en finir avec l`indépendance », il signe un texte intitulé « Philosophie et culture chez Fernand Dumont ». Le 19 novembre 2008, il prononce une conférence intitulée « L’avenir de la culture dans un monde désenchanté », dans le cadre des Philoconférences de Trois-Rivières. L`événement, organisé conjointement par les départements de philosophie du Cégep de Trois-Rivières et celui de l`UQTR, a lieu à l`église Saint James dans le vieux Trois-Rivières. Les intéressés peuvent lire le texte de cette même conférence dans le 4e numéro de la revue Médiane qui a pour titre : « La culture est-elle en crise ? » (Printemps 2008). En 2008-2009, il est Titulaire de la Chaire d’études du Québec contemporain à l’Université de la Sorbonne Nouvelle-Paris III. En 2009, il codirige avec Marjolaine Deschênes, Nos vérités sont-elles pertinentes ? L’œuvre de Fernand Dumont en perspective (Québec, PUL). En 2009 aussi, dans la section « Contributions libres » de la revue Argument , vol. 11. no. 2 (Printemps-Été 2009), il signe un article, « L’État croupier à l’épreuve de Jean-Jacques Rousseau ».

En juin 2010, il prononce une conférence intitulée « Art, culture et politique. Quelques réflexions sur l`éclipse du monde », dans le cadre du 6e colloque « Une cité pour l`homme : la cité et les arts », organisé par le Département de philosophie du Cégep de Trois-Rivières. En 2010, il codirige avec Éric Bédard, L’histoire nationale en débat. Regards croisés sur la France et le Québec (Paris, Éd. Riveneuve). La même année, il codirige avec Robert Mager, Modernité et religion au Québec : Où en sommes-nous ? (Québec, PUL). Il s`agit des actes du dernier colloque tenu par le groupe de recherche Modernité et religion au Québec. Vingt-neuf collaborateurs issus des horizons de la théologie, de la sociologie, de l’histoire, de la philosophie proposent de nouvelles perspectives du rôle et de la place de la religion catholique dans l’accession du Québec à la modernité. Le 8 mars 2011, il prononce une conférence intitulée « Existe-t-il une philosophie québécoise ? » lors d`une rencontre du Cercle Est-Ouest, au Café Bistro à Trois-Rivières. En 2014, il publie La souveraineté dans l’impasse (Québec, PUL). Ce livre se veut, en même temps qu’un acte de résistance contre les forces de déculturation et d’uniformisation que sécrète la modernité, un plaidoyer pour  » l’avenir de la mémoire  » en guise de réponse à  » la fatigue culturelle du Canada français « . La même année, l`ouvrage se mérite le Prix Richard-Arès pour le meilleur essai publié au Québec en 2014 et qui témoigne d’un engagement à éclairer les Québécois sur les grandes questions d’intérêt national.