Le mardi, 7 mai 2019 à 17h00 avait lieu une rencontre avec le philosophe et sociologue québécois Mathieu Bock-Côté (MBC) à la Librairie Poirier à Trois-Rivières, suite à la publication de son dernier livre L`empire du politiquement correct : Essai sur la respectabilité politico-médiatique (Cerf, 2019). Pour l`occasion, l`entrevue fut animée par la chroniqueuse littéraire Patricia Powers; l`événement a attiré une centaine de personnes. Il est l`un des essayistes les plus influents de sa génération.

Mathieu Bock-Côté a enseigné à l’Université du Québec à Montréal, à l’Université de Montréal. Il est chargé de cours à l’École des hautes études commerciales de Montréal (HEC Montréal) et professeur invité à l`Institut de préparation à l’administration générale (IPAG).

Figure de la vie intellectuelle québécoise, on peut le lire dans Le Journal de Montréal et dans les revues L`Action nationale et Égards; il est également animateur à QubRadio, la radio numérique de Québecor. Il a aussi collaboré au fil du temps au 98,5 FM Montréal, à CHOI, à La Presse, au Devoir et à Échos Montréal. Il est chroniqueur au journal virtuel La Vie agricole, à Radio-Canada ainsi qu’à Radio VM.

En France, il collabore à quelques périodiques comme Le Figaro, Le Débat, le journal en ligne Causeur et la revue intellectuelle trimestrielle Commentaire. Héraut de la « renaissance intellectuelle du conservatisme », certains posent même la question suivante : la nouvelle voix de la droite conservatrice en France serait-elle québécoise ?

Il est l`auteur de plusieurs livres et articles portant sur la politique québécoise, le conservatisme occidental, le progressisme contemporain et le multiculturalisme. De plus, il intervient régulièrement sur les questions d`actualité.

Repères biographiques

En 1980, il naît à Lorraine dans les Basses-Laurentides, au Québec. Indépendantiste convaincu, son père, professeur d`histoire, enseigne durant toute sa carrière l’histoire du Québec et celle de la civilisation occidentale au Collège de Rosemont à Montréal; il est un disciple de l`historien québécois Maurice Séguin (1918-1984), auteur de L’idée d’indépendance au Québec, genèse et historique. (Boréal Express, 1968).

Mathieu Bock-Côté est bachelier en philosophie de l’Université de Montréal.

Les années 2000

En 2000, il présente sa candidature pour la présidence du Comité national des jeunes du Parti québécois, sans succès.

En février 2001, il est responsable du contenu au sein du Forum jeunesse du Bloc québécois. Avec deux autres membres du forum, Guillaume Ducharme et Benjamin Gagnon, il rédige le mémoire La situation du français et le chantier du redressement national – Pour une conception nationaliste du français au Québec présenté aux États généraux sur la situation du français au Québec.

À partir de 2005, le goût pour la joute l’amène à intervenir de plus en plus régulièrement dans les médias québécois.

En 2007, il obtient une maîtrise en sociologie de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) ayant pour titre La dénationalisation tranquille : essai sur la reconstruction de la conscience historique québécoise depuis 1995. En 2007 aussi, il est invité à débattre en France par le philosophe et essayiste Alain Finkielkraut. La même année, il codirige avec le sociologue québécois Jacques Beauchemin La cité identitaire (Athéna Éditions, 304 p.). Axé sur le multiculturalisme, l`ouvrage regroupe des contributions originales provenant de l’ensemble des disciplines des sciences sociales et de chercheurs œuvrant à la mise en scène de cette réalité déterminante. En 2007 également, il publie La dénationalisation tranquille : Mémoire, identité et multiculturalisme dans le Québec post-référendaire (Boréal, 211 p.). Dans cet essai, il analyse la diffusion d`une mauvaise conscience qui aura convaincu la pensée québécoise de se redéfinir en dehors des raisons fortes qui l`avaient traditionnellement alimentée. À travers l`étude des acteurs politiques et des historiens qui ont contribué à forger la culture politique postréférendaire (Jocelyn Létourneau, Gérard Bouchard), il cherche à voir comment cette tentative de transformation de l`identité nationale aura été menée et comment elle se sera soldée, selon lui, par un échec.

Depuis 2008, il est membre du comité scientifique de l`Institut de recherche sur le Québec (IRQ).

Les années 2010

En 2012, il publie Fin de cycle : Aux origines du malaise politique québécois (Boréal, 174 p.). Dans cet essai, il décrypte la crise politique québécoise à la lumière des tendances historiques et sociologiques lourdes qui ont fait le Québec depuis cinquante ans. De l`implosion de la question nationale à celle du mouvement souverainiste, en passant par le retour d`un certain conservatisme longtemps refoulé dans les marges du débat public, il cherche à dégager le sens d`une mutation historique. De plus, il cherche à voir ce qui, dans cette fin de cycle, permet d`espérer un ressaisissement du Québec. Le 22 mars 2012, il donne une entrevue à l`animatrice Marie-France Bazzo à l`émission Tempo à Télé-Québec. À cette occasion, il se laisse prendre au jeu des confidences et confie quelques-uns de ses secrets à celle-ci.

En 2013, il acquiert un doctorat en sociologie de l`UQAM avec une thèse intitulée La mutation de la gauche et la recomposition du champ politique occidental : 1968-2010. En 2013 aussi, il est chargé de cours à l’École de politique appliquée de l’Université de Sherbrooke. En 2013 toujours, il publie Exercices politiques (VLB éditeur, 384 p.). Il y explore plusieurs thèmes qui traversent sa réflexion, dont la démocratie, le multiculturalisme, le conservatisme, la souveraineté et le rapport à la lecture. Son objectif consiste à inscrire les événements dans un contexte plus vaste pour dégager les véritables enjeux auxquels ils se rattachent. Le 16 avril 2013, il donne une conférence à la Grande Bibliothèque à Montréal qui a pour titre « Le 30 octobre 1995 — Le référendum sur la souveraineté : il était une fois l’indépendance ».

Depuis 2014, il collabore au journal quotidien français Le Figaro. En 2014, il dirige l`ouvrage Indépendance : Les conditions du renouveau (VLB Éditeur) où les auteurs réunis se demandent comment envisager aujourd`hui la question nationale suite à la défaite du Parti québécois aux élections d`avril 2014. En 2014 aussi, il publie Le tour du jardin. : Entretiens avec Mathieu Bock-Côté sur les livres, la politique, la culture, la religion, le Québec et la saisine (Boréal). Bock-Côté s`entretient avec Jacques Godbout qui raconte son parcours de cinéaste et d`écrivain québécois.

Le 18 novembre 2015, il donne une entrevue à Charles Moquin dans la série « Questions réflexions ». Ce dernier rencontre des personnalités de la scène culturelle et les interroge sur leurs valeurs, leurs principes individuels ou sociaux, leur vision du monde, sur des questions de société ou des sujets philosophiques.

En 2016, il publie Le multiculturalisme comme religion politique (Cerf, 368 p.). Il y analyse ce qu’est le multiculturalisme et comment il s’est répandu, à gauche d’abord, pour devenir, aujourd’hui, une sorte de « religion politique » occidentale, porteuse de « valeurs primordiales, universelles et incontestables ». Il dénonce le caractère autoritaire du multiculturalisme et l’appropriation de la démocratie par une minorité qui remet en cause les institutions et les traditions culturelles. Le 16 juin 2016, le magazine français Famille Chrétienne no. 2005 (18 au 24 juin 2016) donne un portrait de l’essayiste québécois Mathieu Bock-Côté. Ce dernier affirme que : « L`État multiculturel traite sa population comme étant intoxiquée par des préjugés issus du monde ancien. Il s`agit donc de fabriquer un nouveau peuple, en modifiant les mentalités ». Le 4 octobre 2016, il donne une entrevue au journal francophone de l`Université McGill Le Délit au sujet de son plus récent livre Le multiculturalisme comme religion politique. Sur ce thème, il affirme que « par multiculturalisme je n’entends pas la diversité ethnique ou la diversité des origines dans une société, ce n’est pas ce qui m’intéresse. Ce qui m’intéresse c’est l’idéologie, et je fais l’histoire de celle-ci. Je montre aussi comment elle est aussi une religion politique au sens que je l’entends, c’est-à-dire la prétention à délivrer l’humanité d’un mal fondamental qui serait la répression de la différence et là une renaissance à l’ouverture à l’altérité. Cela dit, si on propose une autre définition du multiculturalisme, je suis prêt à en parler ». Le 5 octobre 2016, il est interviewé par le journaliste québécois Richard Martineau dans le cadre de l`émission Les Francs-tireurs (Saison 21) à Télé-Québec.

En 2017, il publie Le Nouveau régime : Essais sur les enjeux démocratiques actuels (Boréal, coll. « Papiers collés », 320 p.). À travers une vingtaine d`essais, il propose, de ce nouveau régime, un tableau et une critique, en abordant certaines de ses manifestations et certains de ses mythes les plus actuels, de la théorie dite du genre à la prétendue « fin des idéologies », du suicide assisté conçu comme un droit de l`homme à la célébration du « multiculturalisme ». Le 26 janvier 2017, il se fait entarter en public à la Librairie du Quartier, à Québec. L`incident a lieu au moment où il donne une conférence à propos de son récent livre Le Nouveau régime. Le 3 juin 2017, il affronte l`entrepreneur et homme d`affaires québécois François Lambert dans un débat agité à l`émission du journaliste  Denis Lévesque à LCN (chaîne de télévision spécialisée québécoise d`information continue) sur le comportement des patrons versus les travailleurs. 

Le 22 janvier 2018, il est reçu au Collège Notre-Dame de Rivière-du-Loup (Bas-Saint-Laurent). À cette occasion, il s’adresse aux élèves de 2e cycle sur divers sujets liés au rapport à l’identité québécoise dont la langue, l’histoire, la fierté, l’éducation et le sens du devoir. Le 5 février 2018, lors d`un entretien avec l’animatrice québécoise Sophie Durocher à la station radiophonique BLVD, il dénonce le discours « racialisant » des médias. Selon lui, de plus en plus, les médias distinguent les gens non pas selon leur nationalité, mais selon leur couleur de peau. Le 5 avril 2018, il donne une conférence au Centre civique de Saint-Jean-Chrysostome (Lévis) intitulée « Situation du souverainisme québécois », devant les associations du Parti québécois (PQ) des comtés de Bellechasse, des Chutes-de-la-Chaudière, de Lévis et de Lotbinière-Frontenac. Le 25 novembre 2018, le Rassemblement pour un pays souverain lui remet le Prix Omer-Héroux, pour « sa contribution à la cause indépendantiste québécoise ». À cette occasion, il prononce un discours de remerciements à Saint-Ours. Le 15 décembre 2018, il participe à l`émission « Grand face-à-face » sur France Inter. Le débat est le suivant : « Notre démocratie est-elle au bord de la crise de nerfs ou vivons-nous au contraire un grand moment de vitalité démocratique ? ».

En 2019, il reçoit le Prix prestige « Impératif français » (volet politique), pour « sa remarquable contribution au débat sur l’identité québécoise ». En 2019 aussi, il publie L`empire du politique ment correct : Essai sur la responsabilité politico-médiatique (Cerf, 2019). Il y décrypte les lois explicites et implicites qui régentent la vie publique et passe au crible les critères de la respectabilité politique. L`ouvrage paraît en France, le 28 mars et au Québec le 25 avril. En 2019 également, il signe la préface de l`essai Disparaître ? : Afflux migratoires et avenir du Québec (Liber) de Jacques Houle, conférencier en histoire à l`Universitédu Troisième Âge (UTA) de l`Université de Sherbrooke.

Le 28 avril 2019, il donne une conférence sur la laïcité à la Société des Québécoises et des Québécois des Hautes-Rivières, à Mont-Laurier (Laurentides). Le 4 mai 2019, en entrevue avec Joël Le Bigot au micro de Studio 18 (Première/ICI Radio-Canada), il part en guerre contre la rectitude politique. Le 9 mai 2019, la librairie montréalaise Le Port de tête annule le débat intellectuel entre Mathieu Bock-Côté (qui vient de publier L’empire du politiquement correct) et le philosophe Louis-André Richard, après avoir reçu des menaces sur les réseaux sociaux. Le 7 juin 2019, au cours d`un houleux débat télévisé sur la chaîne de télévision française d`information en continu LCI, il traite le réalisateur et longtemps militant trotskiste français Romain Goupil d`imbécile pour l`avoir comparé au militant négationniste français Robert Faurisson (1929-2018). Le 10 juin 2019, il accorde une entrevue sur le blog de Philippe Bilger « Justice au Singulier ». Ce dernier est président de l`Institut de la parole et exerça pendant plus de vingt ans la fonction d’avocat général à la cour d’assises de Paris. Le 11 juin 2019, il est interviewé par le journaliste Benoît Dutrizac dans le cadre de l`émission « 6 à 9 ». Selon Bock-Côté, les personnes dont la parole dérange sont traitées de fascistes ou de populistes et marginalisées dans l’espace des démocraties occidentales selon son dernier livre  L’empire du politiquement correct. Le 12 juin 2019, Le Cercle Pol Vandromme reçoit Mathieu Bock-Côté qui présente son nouveau livre L’empire du politiquement correct. MBC décortique en détail le système du « politiquement correct » que nous subissons depuis des décennies, de ses causes et méfaits et il explique comment s’y prendre pour y remédier. Le Cercle Pol Vandromme est un cercle franco-belge créé au printemps 2016 qui organise à Bruxelles des conférences.

Depuis 2019, il est membre du Conseil d’orientation de l’Institut Thomas More, laboratoire d’idées ou club de réflexion européen et indépendant basé à Bruxelles et Paris, fondé en 2004.