Les dimanches 17, 24 novembre et 1er décembre 2019 à 11h00 aura lieu une animation intitulée J`aime Diderot par le journaliste trifluvien Réjean Martin. Les trois rencontres se dérouleront à la microbrasserie Le Temps d`une pinte (2e étage), situé au 1465 Notre-Dame au centre-ville de Trois-Rivières. L`activité se fera à partir d`un texte de 52 pages qui sera remis aux participants au terme de l`exercice et portant sur l`intérêt de mieux connaître l`écrivain et philosophe français Denis Diderot (1713-1784).

Réjean Martin s`intéresse particulièrement à l`approche de cet intellectuel qui a constamment entretenu le désir de trouver un moyen d`agir sur son époque. On peut réserver sa place au 819-840-2823 au coût de 10$.

Repères biographiques

 

En 1742, Diderot commence une carrière de traducteur qui établit sa réputation chez les libraires parisiens. En 1745, il est d`abord chargé de la traduction de la Cyclopaedia (2 volumes illustrés parus à Londres en 1728) de l`éditeur et encyclopédiste anglais Ephraïm Chambers (1680-1740).

En 1746, il rencontre le philosophe et écrivain français Jean d`Alembert (1717-1783) qui devient son principal collaborateur. Ce dernier est l`auteur du Discours préliminaire de l`Encyclopédie (1751) où il définit les principes de tout enchaînement de nos connaissances, qui se lit selon la mémoire, l`imagination, la raison; il y esquisse une histoire des progrès de l`esprit humain. La même année, Diderot publie Les Pensées philosophiques où il attaque le christianisme.

En 1749, il publie Lettre sur les aveugles à l`usage de ceux qui voient (1749) où il affirme que toute connaissance vient des sens et propose une explication matérialiste de l`origine du monde. Cet opuscule entraîne d`ailleurs le 24 juillet 1749 son emprisonnement (3 mois) au donjon du château de Vincennes, où le philosophe et écrivain français Jean-Jacques Rousseau (1712-1778) lui rend visite. Il obtient sa libération grâce à la pression des libraires parisiens, au premier rang desquels l`éditeur français André Le Breton (1708-1779), qui ont besoin du maître d`œuvre de l`Encyclopédie qu`ils ont en chantier.

Diderot est notamment connu pour avoir dirigé l`Encyclopédie de 1747 à 1766 (environ 60,200 articles) à la demande du libraire Le Breton. La publication de l`ouvrage s`échelonne de 1751 à 1780. Soit 17 volumes in-folio et 11 volumes de planche de 1751 à 1772; 5 volumes de suppléments, qui ne sont pas de Diderot, paraissent en 1777, et 2 volumes de planches en 1780.

En 1750, il rédige le Prospectus de l`Encyclopédie. Il supervise également les travaux de ses collaborateurs, oriente les recherches, corrige et amende les épreuves, supplée les défaillants.

De 1751 à 1757, l`Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers, par une société de gens de lettres paraît régulièrement à raison d`un volume par année. Cette entreprise  implique plus de 200 collaborateurs (d`Alembert pour les mathématiques, Rousseau pour la musique, Voltaire pour la littérature, d`Holbach pour les articles de chimie et de minéralogie et qui en plus finance l`entreprise, Helvétius et Condillac pour la philosophie, Quesnay et Turgot pour l`économie politique d`inspiration libérale, Daubenton pour l`histoire naturelle, Marmontel pour la critique littéraire, l`abbé Yvon pour la théologie, Dumarsais pour la grammaire, Montesquieu pour l`article « goût »), dont le plus important est le chevalier Louis de Jaucourt (1704-1780), érudit français. Ce dernier est l`auteur d`une Histoire de la vie et des œuvres de Leibniz (1734).

En 1751, le 1er tome de l`Encyclopédie paraît et le second l`année suivante.

En 1758, après la condamnation du livre De l`esprit du philosophe français Claude-Adrien Helvétius (1715-1771), l`Encyclopédie est interdite en 1759. Bien que l`achèvement de l`entreprise est cependant, de fait, toléré, Diderot est obligé de continuer dans la clandestinité, et les 10 volumes de textes qui restent en chantier ne sont publiés qu`en 1766.

En 1765, il cherche depuis quelques temps à vendre la bibliothèque qu`il a constituée en vue de la préparation de l`Encyclopédie. Or, il trouve un acquéreur en la personne de l`impératrice Catherine II de Russie (1729-1796), protectrice des « philosophes » et des artistes français. Celle-ci  lui achète sa bibliothèque tout en lui en laissant la jouissance et en lui assurant une pension. Devenu le conseiller de la souveraine pour tout ce qui touche aux arts et aux lettres, il part pour Saint-Pétersbourg en 1773, pour remercier Catherine II la Grande, auprès de qui il  passe cinq mois.

Il rédige aussi un conte philosophique Jacques le Fataliste et son maître (écrit en 1771, la 1re édition en volume est publiée chez Buisson en 1796) où il exprime ses idées sur le problème de la liberté.

Son œuvre est caractéristique du rationalisme spirituel et ouvert du mouvement des Lumières, où littérature et philosophie se mêlent étroitement. De plus, il est considéré par son époque comme « le philosophe » par excellence, doué d`un génie multiforme.