Pierre Lemay

Pierre Lemay a enseigné la philosophie au Cégep de Trois-Rivières de 1977 à 2014, année de sa retraite. Il a été adjoint au coordonnateur du Département de Philosophie du Cégep de Trois-Rivières en 1980-81. Il est membre-fondateur de la Société de Philosophie du Québec (SPQ) en 1974. Il fut également archiviste-adjoint de la SPQ en 1981 et 1982 et membre du Comité de rédaction du Bulletin de la SPQ de 1981 à 1984. Il est aussi membre-fondateur de la Société de Philosophie des régions au coeur du Québec en 2017. De plus, il est membre de l`Institut d`histoire de l`Amérique française depuis 1993 et membre de la Corporation du Salon du livre de Trois-Rivières depuis 2015. Il collabore à PhiloTR depuis sa création en 2004.

L’Histoire / Les Collections, no. 87 (avril-juin 2020), 98 p. [10.99$].


Ce numéro a pour thème : « Spinoza. Amsterdam au Siècle d’or ».

Dans l`Avant-propos, on rappelle que cette année marque le 350e anniversaire de publication du Tractatus theologico-politicus (TTP) du philosophe hollandais d`origine juive Baruch Spinoza (1632-1677), publié de son vivant sans nom d`auteur et sous un faux nom d`éditeur : Hambourg, Henri Künrath, 1670. Spinoza espère de cette façon détourner de sa personne les foudres des rabbins et des pasteurs calvinistes contre lesquels l`œuvre est dirigée. L`ouvrage établit, sur la base de textes tirés de l`Ancien Testament, l`indépendance du pouvoir politique à l`égard de l`Église et nie aussi l`existence des miracles. Il y démontre que la liberté de l`esprit est la condition même de la paix de l`État. Dès sa parution, il suscite de violentes réactions tant par les protestants que par les catholiques. L`ouvrage est condamné par toutes les Églises de Hollande à cause de son rationalisme religieux. Le livre cause un véritable scandale en Hollande et en Allemagne. En 1673, la réaction orangiste fait interdire l`ouvrage dans toutes les Provinces-Unies.

Le Tractatus theologico-politicus se divise en trois parties. La première (chap. I-XIII)  traite surtout de l`interprétation des Écritures. La seconde (chap. XIV-XV) est consacrée à la foi. Pour l`auteur, cette dernière ne consiste pas en cérémonies extérieures, mais dans le fait « d`obéir à Dieu d`une âme pure, éprise de justice et de charité ». La troisième partie (chap. XVI-XX) est plus spécifiquement politique : il y est question de l`État, du droit naturel et civil et du pouvoir souverain.


Émigré aux Pays-Bas, le journaliste et protestant français Gabriel de Saint-Glain (1620-1684) qui fréquente Spinoza à Voorburg près de La Haye, entreprend en 1678 la traduction en français du Tractatus theologico-politicus, avec la collaboration de Spinoza. En 1965, le livre, traduit par le professeur de philosophie Charles Appuhn, est publié chez Flammarion dans la collection « GF ». En 1966, le philosophe français André Malet publie Traité théologico-politique et la pensée biblique à la Société Les Belles Lettres, à Paris. En 1999, le livre est traduit et annoté par  la philosophe française Jacqueline Lagrée en collaboration avec l`historien de la philosophie français Pierre-François Moreau  dans la collection « Épiméthée » aux PUF sous le titre du Traité théologico-politique.


Le Sommaire comprend trois sections. La première s`intitule « Comment on devient Spinoza ». On y retrouve notamment l`article « Les quatre naissances de Spinoza » (p.18), signé par le philosophe français Maxime Rovere, spécialiste de Spinoza. Il enseigne la philosophie à l’université pontificale catholique de Rio de Janeiro (Brésil) depuis 2015.

La seconde a pour titre « Le philosophe en son siècle ». L`historien néerlandais Willem Frijhoff, professeur émérite d`histoire moderne à l`Université libre d`Amsterdam, signe l`article « Une surprenante liberté religieuse » (p.52).

La troisième porte sur « Le premier des modernes ». On peut y lire entre autres l`article de l`historien anglais Jonathan Israël « A-t-il inventé les Lumières radicales » (p.72). Ce dernier est professeur d’histoire moderne de l’Europe à la School of Historical Studies de l’Institute for Advanced Study à Princeton (New Jersey).

À cela s`ajoute un lexique (p.6),  une chronologie (p.94) et une médiagraphie (p. 96-98).