Les passions intellectuelles.  Tome 1 : Désirs de gloire (1735-1751).

Auteur: Élisabeth Badinter
Édition: Fayard (19 août 2002)
ISBN-10: 2213604150
ISBN-13: 978-2213604152

« Pendant que la ruche encyclopédique produit son miel, l’Académie des sciences continue d’attirer les convoitises.  Tous ceux qui se piquent d’être savants ou philosophes rêvent d’y entrer.  C’est le cas de Diderot.  Ceux qui en font déjà partie et brûlent d’ambition cherchent à la dominer.  Après la tentative avortée de Maupertuis, Clairaut et d’Alembert se livrent une bataille acharnée pour récupérer le sceptre de Fontenelle.  Davantage encore, chacun aspire à être sacré par ses pairs comme le plus grand savant de son temps.  C’est cette insatiable ambition que l’on voit à l’oeuvre et qui pousse les uns et les autres à des démarches inattendues, voire à des faux pas. » (p.331)

Le premier tome des Passions intellectuelles se déroule au temps où la France et le français trônaient, bien haut, dans le ciel des choses de l’esprit, du savoir, de la science.  Il y a bien longtemps de cela, me semble-t-il… En pensant à ce temps, je serais tenté de dire « in illo tempore ». Par comparaison, le siècle de Périclès me semble moins lointain, et pourtant…

Dans ce premier tome de trois, Élisabeth Badinter nous présente tout le gratin de l’intelligentzia « scientifique » de l’Académie des sciences de Paris,  tant chérie par sa  très royale majesté (Louis XV).  Ce lieu de l’esprit célébrera de nombreuses  et importantes découvertes, mais, dans son côté obscur,  il sera aussi le lieu de tant de haines, de vengeances et de bassesses… Il faut lire!

À la poubelle le savant et sa tour d’ivoire!  La vérité, au guichet de la prestigieuse Académie, est au service de l’intérêt personnel, du plus puissant de tous les intérêts personnels chez les « nerds », le désir de gloire, décliné sur le thème de la reconnaissance par les pairs.  (cf. Valéry Fabrikant)

Une lecture indéniablement profitable à qui souhaite mettre l’auréole scientifique en perspective.