On connaît Friedrich Nietzsche le philosophe.  On sait aussi qu’il a d’abord été un philologue.  Mais dans quelle mesure son étude érudite des textes de l’Antiquité, son travail de philologue, aide à comprendre sa propre pensée philosophique ?  C’est cette genèse de la pensée nietzschéenne qu’éclaire le livre de Martine Béland, Kulturkritik et philosophie thérapeutique chez le jeune Nietzsche, paru en août 2012 aux Presses de l’Université de Montréal.

 

Voici la présentation de l’ouvrage par l’éditeur :

« Dans la Grèce ancienne, on considérait la philosophie comme un remède aux maux de l’âme, comme une thérapeutique permettant à l’individu d’atteindre l’indépendance et la tranquillité d’esprit par la connaissance de soi. Il n’est pas étonnant de retrouver des échos de cette pensée sous la plume du jeune philologue Friedrich Nietzsche. Dans ses premiers écrits, Nietzsche, alors professeur à l’Université de Bâle, donne à cette préoccupation thérapeutique la forme de la Kulturkritik : le philosophe est un médecin qui lutte contre la maladie de la civilisation, en s’en prenant à la fois aux causes et aux manifestations du mal. Cette entreprise l’amène à critiquer les postures caractéristiques du moderne : l’optimisme théorique, l’esprit scientifique, le relativisme historique, l’esthétique de l’imitation, la dignité accordée au travail.

Martine Béland retrace les formes de la Kulturkritik en la rattachant au projet philosophique de Nietzsche d’entre 1869 et 1876, une époque essentielle pour comprendre la genèse de la pensée nietzschéenne.

Martine Béland est titulaire d’un doctorat en philosophie (EHESS, Paris). Elle est professeure au Département de philosophie du Collège Édouard-Montpetit (Longueuil) et chercheur associé au Centre canadien d’études allemandes et européennes (Université de Montréal).»