C`est du 11 au 14 septembre 2012 à 19h00 qu`aura lieu la pièce « La Sagesse des abeilles. Première leçon de Démocrite », à l`Usine C à Montréal. L`événement s`inscrit dans le cadre du 9e festival « Les Escales improbables de Montréal ». Le texte est du philosophe français Michel Onfray et la mise en scène de Jean Lambert-Wild. Ce dernier est l`actuel directeur de la Comédie à Caen, Centre dramatique de Normandie. La musique, celle de Jean-Luc Therminarias et les costumes, ceux d`Annick Serret. Le spectacle scénique a été créé le 23 avril 2012 au Théâtre des Cordes à Caen. Le sous-titre « Première leçon de Démocrite » fait référence à l`un des philosophes antiques préférés de Michel Onfray.

Signalons que Michel Onfray échangera avec le public montréalais lors d`une rencontre-discussion organisée par le Consulat général de France, en partenariat avec les Éditions Flammarion. L`événement se tiendra à la salle Bourgie du Musée des beaux-arts de Montréal, le lundi 10 septembre 2012, de 19h00 à 20h30. Les intéressés peuvent également lire l`entrevue donnée par courriel par Onfray au journaliste Paul Journet sur la mort et l`infinité du cosmos. Publié dans le journal La Presse du 8 septembre 2012 en page 10 du cahier « Arts », l`article s`intitule « La leçon philosophique des insectes ».

 Dans la présentation de la pièce, on peut lire ce qui suit :

« Imaginez 20 000 abeilles sur scène, seules actrices vivantes d’un spectacle qui leur rend hommage, mises en exergue par le très beau texte du philosophe Michel Onfray écrit pour l’occasion. L’orchestration scénique de Jean Lambert-Wild nous ouvre les portes d’un monde étrange et nous invite à prendre conscience du deuil qu’il faudra porter si les abeilles continuaient à disparaître. Cette amnésie qui fait perdre aux abeilles le chemin de la ruche, les laissant mourir hors de chez elles, fait écho à l’amnésie qui frappe les hommes, aujourd’hui souvent bien en peine lorsqu’il s’agit de « converser » avec un monde qu’ils habitent sans plus le contempler.

En prenant la forme d’une réconciliation nécessaire entre l’Homme et le vivant, le spectacle nous rend un univers tout empli du vrombissement d’abeilles qui tourbillonneraient en nous et en-dehors de nous comme les atomes rêvés par Démocrite, nous laissant les oreilles bourdonnantes du murmure de la conversation de l’homme avec le monde, et de l’homme avec lui-même. La disparition des abeilles – à la fois sentinelles et pollinisatrices indispensables à notre survie – signifierait une lourde menace pour l’humanité tout entière. La République des butineuses fait figure de modèle à méditer pour la société humaine. Dit par Michel Onfray, le poème est traité par couches, tel un matériau plastique auquel la musique de Jean-Luc Therminarias insuffle une stratification rehaussée par un souffle électro ».

Située dans le quartier centre-sud de Montréal, le choix pour l`Usine C de s`implanter dans ce lieu s`inscrit dans la continuité de l`œuvre commencée, en 1979, avec la cofondation par CARBONE 14, le Nouveau Théâtre Expérimental et Omnibus du théâtre Espace libre situé sur la rue Fullum près d`Ontario. Les cofondateurs de ce nouveau centre de création sont Danièle de Fontenay et Gilles Maheu. La salle offre une capacité de 472 places.

Les Escales improbables de Montréal (EIM) est un festival d`art interdisciplinaire annuel créé en 2004 par Mustapha Terki et Sylvie Teste. Les activités ont lieu en septembre sur les quais du Vieux-Port de Montréal et en soirée dans une salle du centre-ville. Les EIM ont pour mandat de soutenir, développer et faire vivre une conception pluridisciplinaire, intergénérationnelle, créative et sociale de la place de l`art dans la cité et dans la vie des citoyens.

 

 

Michel Onfray est né le 1er janvier 1959 à Chambois (Basse-Normandie). En 1986, il soutient une thèse de troisième cycle intitulée « Les implications éthiques et politiques des pensées négatives de Schopenhauer à Spengler » sous la direction de Simone Goyard-Fabre, au centre de philosophie politique et juridique de l`Université de Caen. De 1983 à 2002, il enseigne la philosophie dans les classes terminales du Lycée technique privé catholique Sainte-Ursule de Caen. En 2002, il démissionne de ce même poste et fonde l`Université populaire de Caen. En 2004, aux Éditions Galilée, il en écrit le manifeste : La Communauté philosophique.

Parmi ses nombreuses publications, mentionnons les suivantes : L`Art de jouir. Pour un matérialisme hédoniste (Grasset, 1991), Théorie du corps amoureux. Pour une érotique solaire (Grasset, 2000), Antimanuel de philosophie. Leçons socratiques et alternatives (Bréal, 2001), Traité d`athéologie. Physique de la métaphysique (Grasset, 2005), L`Ordre libertaire. La vie philosophique d`Albert Camus. (Flammarion, 2012).

 

 

Philosophe grec au savoir encyclopédique, Démocrite d`Abdère naît à Abdère (Thrace) vers 460 av. J.-C. et meurt vers 370 à l`âge d`environ 100 ans dans cette même ville. Il est plus jeune que son célèbre compatriote Protagoras, avec lequel on suppose qu`il eut de nombreuses discussions. Disciple de Leucippe, il en complète et développe les doctrines. Il fut peut-être le disciple d`Anaxagore. Il fut aussi très lié avec le médecin Hippocrate de Cos. On prétend qu`il vécut à Athènes sans avoir cherché à rencontrer Socrate, son contemporain. Platon ne le nomme pas sans doute parce qu`il était violemment hostile à sa philosophie.

Dans sa jeunesse, il voyage dans toute la mer Égée, en Égypte (il passe cinq années auprès des géomètres), en Perse et à Athènes. S`il faut en croire des écrivains anciens, il dissipa dans ses voyages un riche patrimoine, et rentré pauvre dans sa patrie, il rétablit sa fortune en lisant en public son principal ouvrage. Enthousiasmés par cette lecture, les Abdéritains lui auraient fait don de 500 talents, et l`auraient mis à la tête du gouvernement. Selon une autre tradition, il aurait, au contraire, été regardé comme fou et confié aux soins d`Hippocrate. À son retour dans sa patrie, il se consacre entièrement à la philosophie. Vers 420, il fonde son école à Abdère.

La légende a fait de lui un philosophe qui sourit des folies des hommes, par opposition à Héraclite qui en pleure. Ceci provient peut-être de la sérénité et de l`esprit d`adaptation dont Démocrite fait montre dans son éthique. On raconte qu`il se serait crevé les yeux, afin de mieux se retirer dans ses pensées. Premier grand représentant de l`atomisme ancien, il constitue une physique matérialiste inspirée de son maître Leucippe.