Le 7 août 2016 est décédé à Montréal à l`âge de 95 ans, le philosophe québécois Yvon Blanchard. Il fut professeur titulaire à la Faculté de philosophie de l`Université de Montréal. Au cours de sa carrière, il a publié de nombreux livres et articles.

Repères biographiques

Il naît le 6 mars 1921 à Sherbrooke. Il est le fils d`Antonio Blanchard et d`Émérentienne Brousseau.

Entre 1935 et 1942, il fait ses études au Séminaire Saint-Charles-Borromée, à Sherbrooke. De 1943 à 1946, il poursuit ses études à la Faculté de philosophie de l’Université de Montréal. En 1946, il obtient son doctorat en philosophie. Sa thèse a pour titre Le problème de la définition de l`âme chez Aristote (Département de philosophie, Université de Montréal, 221 p.; Bibliothèque / U. de Mtl / Dépôt Youville / cote : B29 U54 1946 v.001).

Mentionnons qu`au plan des influences reçues, il n`a jamais hésité à reconnaître sa dette envers le fondateur du personnalisme français, le philosophe Emmanuel Mounier (1905-1950) qu`il considère comme un de ses maîtres. En effet, Mounier joue un rôle important au début de la « Révolution tranquille » au Québec dans l`action des catholiques de gauche, notamment chez Yvon Blanchard et le sociologue québécois Fernand Dumont (1927-1997).

De 1946 à 1966, il remplit les fonctions d’enseignant à l’Ecole des Vétérans, au Lasalle College, au Chestnut Hill College (Philadelphie) et à l’Université de Montréal. Dans ces établissements, il enseigne principalement la philosophie, mais également les sciences sociales.

Le 4 octobre 1947, il épouse Renée-Claire Cauvier (décédée le 6 juillet 2017) avec qui il a quatre enfants: François, Dominique, Marie-Hélène et Marc-André. En 1947, il signe un article intitulé « Crise de l’homme » dans Lectures, vol. I, no 5. (janvier 1947), p. 273-277. En 1947-1948, il vit à Paris en compagnie de son épouse Claire, avant de s`installer pour trois ans à Philadelphie (Pennsylvanie).

En 1953, il signe un article intitulé « Vers une connaissance philosophique de l’activité économique », dans L`Actualité économique, vol. 29, no 1, (avril-juin 1953), p. 39-50. En 1953 également, il signe un autre article intitulé « Sur la condition du philosophe » dans Cité libre, no. 7 (mai 1953), p. 15-19. En 1956, il signe un article intitulé « Nécessité et urgence de l’expansion de l’enseignement universitaire » dans Alerte (mai-juillet). En 1957, il se joint au Comité « Pensée et action religieuse » de l`Institut supérieur de sciences religieuses de la Faculté de théologie de l`Université de Montréal, en remplacement de M. Marcel Rouault, professeur, rentré en France à la fin de cette même année.

Au cours des années 1960, l`intérêt pour la philosophie politique au Québec commence à se manifester alors que ce domaine philosophique est jusque-là accaparé par un discours qui s`inspire de la doctrine sociale de l`Église. Or, dans l`effervescence des idées qui marquent la « Révolution tranquille » et l`ouverture sur les questions traitant de la justice sociale et de la libération politique des peuples, quelques philosophes s`intéressent aux écrits de Marx et aux interprètes de la pensée marxiste. C`est notamment le cas d`Yvon Blanchard, de Maurice Lagueux (qui enseigne la philosophie de l`histoire à l`Université de Montréal de 1967 à 2005 et auteur du livre Le marxisme des années soixante : Une saison dans l`histoire de la pensée critique, Montréal, Hurtubise HMH, coll. « Brèches » 1982. 350 p.) et de Jean-Guy Meunier (professeur titulaire au département de philosophie à l`Université du Québec à Montréal et auteur du livre Genèse du matérialisme dans les écrits de jeunesse de Karl Marx. Université d`Ottawa, coll. «Philosophica », vol. 14, 1981. 131 p.).

Le 7 mars 1960, il prononce une conférence intitulée « Le rôle de la philosophie dans la société » à l`École normale Ignace-Bourget, à Montréal. Le 24 mars, il prononce la même conférence au Collège de Victoriaville (Centre-du-Québec).

En 1961, il signe un article intitulé « Le cinquième congrès thomiste international » dans Sciences ecclésiastiques (janvier-avril), p. 105-107. En 1961 également, il signe un article intitulé « Situation de la philosophie au Canada français » dans Recherches et débats (Paris), cahier no. 36 (octobre 1961), p. 197-201. En 1961 toujours, il signe un article intitulé « Le travail est le propre de l’homme », dans Thomistica morum principia, Rome, Officium Libri Catholici, t. II, p. 139-147.

En 1962, il publie Note sur la philosophie du travail chez Hegel (Montréal : Faculté de théologie / Bruges : Desclée de Brouwer. En 1962 également, il signe un article intitulé « Note sur le caractère philosophique de la pensée de Karl Marx » dans Dialogue, vol. 1, no. 2 (septembre 1962), p. 153-162. En 1962 toujours, il signe un article intitulé « Note sur la philosophie du travail chez Hegel », dans Sciences ecclésiastiques, vol. XIV (septembre 1962), p. 311-318. En 1963, il signe un article intitulé « De Karl Marx à Robert Tucker » dans Dialogue, vol. 1, no. 4 (mars 1963), p. 417-430. En 1964, il signe un article intitulé « À propos d’une philosophie du travail », dans Dialogue, vol. 3, no. 2 (septembre 1964), p. 176-185. En 1966, il devient professeur titulaire à l’Université de Montréal. Le 2 décembre 1966, il prononce sa leçon inaugurale faite à l`Université de Montréal, intitulée : « Humanisme et philosophie économique ». En 1967, il signe un article intitulé « Marx et la religion », dans Dialogue, vol. 5. no 4 (mars 1967), p. 592-602. En 1968, sa leçon inaugurale « Humanisme et philosophie économique » est publiée aux Presses de l`Université de Montréal (49 pages) dans la Collection « Les Leçons inaugurales de l`Université de Montréal, no. 4 ».

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De 1970 à 1972, il est Vice-Doyen de la Faculté de philosophie à l`Université de Montréal. En 1970, il signe un article intitulé « Humanisme et philosophie économique », dans Dialogue, vol. 8, no 4, p. 707-709.

En 1985, il publie La philosophie de Karl Marx (Bibliothèque / U. de Mtl / cote : B3305 M74 B63 1985). En 1986, il prend sa retraite de l`enseignement. De 1986 à 2015, il séjourne plusieurs mois par année à Saint-Jean-Port-Joli dans la région Chaudière-Appalaches, au Québec. Là, en compagnie de son épouse, il habite une maison avec une vue splendide sur le fleuve Saint-Laurent. À l`automne 1989, il fait don de ses archives à l`Université de Montréal.

En 1992, il signe un article intitulé « Haïti » dans Brèves littéraires, vol. 7, no. 3-4, p. 26-27.

En 2004, une édition électronique de son ouvrage Humanisme et philosophie économique est publié dans la collection « Classiques des sciences humaines » par Jean-Marie Tremblay, professeur de sociologie au Cégep de Chicoutimi (auj. ville de Saguenay).

La famille a reçu parents et amis(e)s au Centre funéraire Alfred Dallaire (Memoria) dans l`arrondissement Outremont, à Montréal. Le défunt a été exposé mercredi le 17 août, de 13h00 à 15h30. Ses funérailles se sont déroulées à 16h00 en l`église Saint-Viateur, située à Outremont.