Le 20 septembre 2016, M. Jean Grondin a été nommé président de l`Académie des arts, des lettres et des sciences humaines de la Société royale du Canada (SRC). Les présidents élus prirent leur fonction pendant l’Assemblée générale annuelle de la SRC lors de la fin de semaine du 17 au 19 novembre 2016, au Four Points by Sheraton à Kingston, en Ontario.

Professeur de philosophie à l`Université de Montréal, M. Grondin est mondialement reconnu pour ses travaux dans les domaines de l`herméneutique, de la métaphysique et de la philosophie allemande, qu`il a contribué à introduire au Canada.

Son œuvre est prestigieuse : 234 conférences prononcées en cinq langues, 20 ouvrages traduits dans une quinzaine de langues, 160 articles publiés dans des revues et 83 comptes rendus parus dans les meilleures revues. Ses travaux ont surtout porté sur la philosophie allemande, l`histoire de la métaphysique, la phénoménologie, l`herméneutique, la philosophie de la religion et celle du sens de la vie.

La Société royale du Canada

 

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Les Académies des arts, des lettres et des sciences du Canada a été fondée suite à un acte du parlement en 1883 comme académie nationale du Canada, regroupant d’éminents scientifiques, chercheurs et gens de lettres du pays. Considérée comme l’Académie nationale du Canada, la SRC a pour objectif premier de promouvoir l’acquisition du savoir et la recherche en arts, en lettres et en sciences naturelles et sociales.

La SRC se compose de trois Académies bilingues couvrant de nombreuses disciplines intellectuelles et artistiques. L’Académie I est l’Académie des arts, des lettres et des sciences humaines. Elle comporte trois divisions : une division anglophone (I) – Humanities, une division francophone (II) – Lettres et sciences humaines et une division bilingue – Les arts (III), qui regroupe l’architecture, la création littéraire et les arts. L’Académie II est l’Académie des sciences sociales. Elle se divise en deux : une division anglophone (I) – Social Sciences et une division francophone (II) – Sciences sociales. L’Académie III constitue l’Académie des sciences. Elle regroupe quatre divisions bilingues : sciences appliquées et génie; sciences de la terre, de l’océan et de l’atmosphère; sciences de la vie et, enfin, mathématiques et sciences physiques. Chaque division de l’Académie III est composée de membres anglophones et de langue française.

Repères biographiques

 

Jean Grondin est né le 27 août 1955 à Cap-de-la-Madeleine (auj. Trois-Rivières) en Mauricie. Le lauréat effectue des études philosophiques de premier (1974) et de deuxième cycle (1978) à l`Université de Montréal.

En 1982, il fait une thèse de doctorat sur le concept de vérité en herméneutique à l`Université allemande de Tübingen, là même où étudièrent les philosophes allemands Friedrich Hegel (1770-1831) et Friedrich Schelling (1775-1854). Il a aussi étudié la philologie classique et la théologie à cette même institution. De 1982 à 1990, il enseigne à l`Université Laval, à Québec. En 1984, il est directeur de projets de recherche sur l`herméneutique subventionnés par le Conseil de recherche en sciences humaines du Canada (CRSHC) et jusqu`en 2014. En 1988-89, il fait un stage post-doctoral à l`Université de Bonn, en Allemagne. En 1989, il publie Kant et le problème de la philosophie : l` a priori  (Vrin, coll. « Bibliothèque d`histoire de la philosophie »).

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Dans cet ouvrage, il cherche à comprendre le sens de la Critique de la raison pure (1781). Il entend montrer jusqu’à quel point et en vertu de quelle rigueur le problème essentiel de la Critique est celui de la possibilité d’un savoir a priori. La question fondamentale de Kant est : comment la métaphysique est-elle possible comme science?  Mais la réponse de Kant l’est beaucoup moins. Où Kant répond-il, de manière claire et distincte, à la question de la justification du savoir a priori et dès lors de la métaphysique comme science ? C’est à cette question que le présent ouvrage se propose de répondre.

En 1990-91, il enseigne à l`Université d`Ottawa, en Ontario. Depuis 1991, il est professeur titulaire au Département de philosophie de l`Université de Montréal. Il a été professeur invité au sein de plusieurs universités : Nice (1998), Lausanne (1998, 2000), Minsk (2001, 2003), l`Istituto Italiano per gli Studi Filosofici de Naples (2003), l`Universidad Centroamericana (UCA) de San Salvador (2005), l`École Normale Supérieure de Port-au-Prince (2008), l`UNSTA de Tucuman (2009). En 1993, il publie L`Universalité de l`herméneutique. Préface de H.G. Gadamer (PUF, coll. « Épiméthée »).  Cet ouvrage se présente comme une introduction historique mais aussi comme une véritable introduction philosophique du sens de l`herméneutique. Ce même livre est la version française révisée et traduite par l’auteur, Jean Grondin, de son ouvrage publié en Allemagne en 1991 : Einführung in die philosophische Hermeneutik (Introduction à l’herméneutique philosophique). En 1994-95, il devient récipiendaire d`une bourse Killam décernée par le Conseil des arts du Canada alors qu`il n`a que 39 ans. En 1998, il est élu membre de l`Académie des lettres et des sciences humaines de la Société royale du Canada. En 1999, il publie H.G Gadamer. Eine biographie, Tübingen, Mohr Siebeck, 1999. L`édition allemande originale paraît en français la même année sous le titre Introduction à Hans-Georg Gadamer (Cerf, coll. « La nuit surveillée »).

En 2002, il publie Le tournant herméneutique de la phénoménologie (PUF, coll. « Philosophies »). Ce livre s’efforce d’exposer la rigueur du tournant herméneutique de la phénoménologie en suivant l’itinéraire qui conduit de Husserl et Heidegger à leurs principaux héritiers herméneutiques : Gadamer, Ricoeur et Derrida. En 2003, il publie Du sens de la vie (Bellarmin, coll. « L`Essentiel »). Dans ce livre, la question capitale à laquelle il tente de répondre est la suivante : la vie a-t-elle un sens ? Il nous invite à redécouvrir que, malgré toutes ses souffrances, la vie vaut la peine d’être vécue, qu’elle n’est pas qu’une « passion inutile », comme le prétend le philosophe français Jean-Paul Sartre (1905-1980) dans L`être et le Néant (Gallimard, 1943). En 2004, il publie Introduction à la métaphysique (PUM, coll. « Paramètres »). Dans cet ouvrage, il s’intéresse aux étapes les plus déterminantes de l’histoire de la métaphysique occidentale dans l’espoir de faire ressortir la continuité d’une discipline de pensée qui est sans doute constitutive de la pensée philosophique comme telle. En 2006, il publie L`Herméneutique (PUF, coll. « QSJ? », no. 3758; rééd. 2011). Née d’une réflexion sur l’art d’interpréter les textes et sur la vérité des sciences humaines, l’herméneutique est devenue, grâce à Dilthey, Nietzsche et Heidegger, une philosophie universelle de l’interprétation. Elle a connu ses développements les plus conséquents et les plus influents dans les pensées de Hans-Georg Gadamer (1900-2003) et Paul Ricœur (1913-2005), récemment disparus. En se penchant sur ses origines, ses grands auteurs et les débats qu’ils ont suscités, mais aussi sur le sens de son universalité, cet ouvrage offre la première présentation synthétique du grand courant de l’herméneutique. En 2008, il se voit attribuer un Doctorat honoris causa de l`Universidad del Norte Santo Tomas Aquino (UNSTA) de Tucuman (Argentine); cette même année, il devient membre honoraire de la Fundacion Muguel Lillo de Tucuman. En 2009, il publie La philosophie de la religion (PUF/coll. « QSJ? », no. 3839). Dans cet ouvrage, il tente de démontrer que la religion et la démarche philosophique ont toujours maintenu un dialogue mutuellement fécond. La réflexion de l’une (la philosophie) n’a jamais été possible sans l’autre (la religion) qui, historiquement, l’a précédée. Si bien qu`il y a donc, selon lui, une dette de la philosophie envers la religion, tout comme il y a une dette de la religion envers la philosophie.

En 2010, la Fondation Humboldt lui décerne le prix Konrad-Adenauer, l`un des prix les plus prestigieux d`Allemagne. En 2011, il est vice-président de la Société francophone de Philosophie de la religion. En 2011 aussi, il reçoit un Doctorat honoris causa de l`Universidad Nacional de Santiago del Estero ainsi que le Prix Léon-Gérin (sciences humaines et sociales) décerné par le Gouvernement du Québec ; la même année, il est professeur honoris causa de l`UCA de Buenos Aires. En 2011 également, il publie Hans-Georg Gadamer. Une biographie (Grasset, coll. « Collège de philosophie »).

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Il s`agit d`une biographie consacrée au grand maître de l’herméneutique contemporaine, Hans-Georg Gadamer. L’ouvrage, divisé en dix-huit chapitres, paraît ici dans une version française refondue. En 2011 toujours, il publie À l`écoute du sens. Entretiens avec Marc-Antoine Vallée. Il s`agit d`une série de cinq entretiens réalisés par Marc-Antoine Vallée qui lève le voile sur le parcours du philosophe québécois qui jouit d’une reconnaissance internationale. Retraçant son itinéraire philosophique, à la lumière de ses recherches sur la tradition herméneutique et ses principaux représentants : Heidegger, Gadamer et Ricœur, Jean Grondin livre sa réflexion sur quelques-unes des facettes de la grande question du sens. Y a-t-il un sens qui serait immanent à la vie ? Comment l’art et la littérature articulent-ils notre expérience du sens ? Quelle est la contribution de la religion à la réflexion philosophique sur le sens ?  En 2012, il reçoit le Prix ACFAS-André-Laurendeau en sciences humaines. Il s`agit d`une distinction québécoise remise par l’Association francophone pour le savoir – Acfas. Il est destiné à une personne travaillant dans le domaine des sciences humaines. Il a été créé en 1986 en l’honneur d’André Laurendeau, grand éditorialiste et humaniste. La même année, il reçoit également le Prix Killam, décerné par le Conseil des Arts du Canada à d’éminents chercheurs canadiens qui se sont distingués en sciences sociales, en sciences humaines, en sciences naturelles, en sciences de la santé ainsi qu’en génie. En janvier 2013, il est également titulaire de la Chaire de métaphysique Étienne-Gilson à Paris. Il est reconnu comme l`un des meilleurs philosophes tant au Québec qu`au Canada. Il est membre du Comité scientifique de plusieurs revues, dont Graduate Faculty, Philosophy Journal, Archives de philosophie, Études philosophiques.  En 2013 également, il publie Du sens des choses. L`idée de la métaphysique (PUF, Collection de métaphysique Chaire Étienne Gilson). En 2016, il publie Paul Ricoeur (2e éd., PUF, coll. « QSJ ? », no. 3952). Dans cet ouvrage, il donne à comprendre la richesse de la pensée de l’un des plus importants philosophes du XXe siècle. Il y offre un portrait sensible de celui qui a proposé une philosophie de l’homme agissant et souffrant. Ajoutons que ce texte fait référence à une édition épuisée ou non disponible de ce titre.