C`est du 3 au 21 mars 2009 qu`a lieu la représentation de la pièce Z comme Zadig de l`écrivain français Voltaire, à La Caserne Letourneux, à Montréal par Griffon Théâtre. L`adaptation libre et la mise en scène sont confiées à Anne Millaire et Ariel Ifergan.

Griffon Théâtre a pris son envol à l`hiver 2007 avec la production Z comme Zadig, présentée à la Salle Fred-Barry du Théâtre Denise-Pelletier. La jeune compagnie désire monter des textes pris dans le corpus mondial de toutes les époques et dont la forme littéraire est forte. Soucieux de la teneur philosophique des écrits et de leur encrage dans l`actualité, les membres du Griffon Théâtre cherchent à susciter une réflexion chez le spectateur.

Présentation

Zadig est un conte oriental en 19 chapitres qui met en scène un jeune homme de Babylone (auj. en Iraq). L`action se déroule à Babylone, en Égypte, en Arabie et en Syrie, entre le XIIIe et le XVe siècle. Ce dernier est placé dans beaucoup de situations difficiles qui lui permettent de mesurer l`inconstance des femmes, la malhonnêteté du clergé, la crédulité des princes, la jalousie entre les courtisans. Par sa sagesse, il rétablit l`ordre partout et finit par devenir lui-même roi de Babylone, qui est désormais « gouvernée par la justice et par l`amour ».

Le problème essentiel que pose ce conte est celui de la Providence. Ainsi, les destins humains sont-ils réglés par une volonté divine en vue de la meilleure fin possible, ou sont-ils le fruit du hasard ?

Ce premier conte de Voltaire paraît d`abord en 1747 à Amsterdam sous le titre de Memnon. Il est présenté comme la traduction d`un conte oriental et accueilli très favorablement. Zadig inaugure un nouveau genre, soit le conte philosophique, ce qui permet à son auteur de développer une veine romanesque.

Personnages principaux

Zadig, jeune Babylonien, premier ministre puis roi philosophe.

Cador, son ami.

Azora, sa première épouse.

Orcan, Arimage et son épouse Itobad, ses ennemis.

Astarté, épouse de Moabdar, roi de Babylone.

Jesrad, ermite et ange, envoyé de Dieu, voix de la Providence.

Extraits

Il s`agit d`un extrait du chapitre XVIII intitulé L`ermite, que l`on retrouve aux pages 132, 136 et 137, publié aux Éditions Bordas dont la référence apparaît ci-après.

« Il rencontra en marchant un ermite dont la barbe blanche et vénérable lui descendait jusqu`à la ceinture. Il tenait en main un livre qu`il lisait attentivement. Zadig s`arrêta et lui fit une profonde inclination. L`ermite le salua d`un air si noble et si doux que Zadig eut la curiosité de l`entretenir. Il lui demanda quel livre il lisait.  » C`est le livre des destinées, dit l`ermite; voulez-vous en lire quelque chose ?  » Il mit le livre dans les mains de Zadig, qui, tout instruit qu`il était dans plusieurs langues, ne put déchiffrer un seul caractère du livre. Cela redoubla encore sa curiosité.  » Vous me paraissez bien chagrin, lui dit ce bon père. – Hélas ! que j`en ai sujet ! dit Zadig. – Si vous permettez que je vous accompagne, repartit le vieillard, peut-être vous serai-je utile : j`ai quelquefois répandu des sentiments de consolation dans l`âme des malheureux.  » Zadig se sentit du respect pour l`air, pour la barbe et pour le livre de l`ermite. Il lui trouva dans la conversation des lumières supérieures. L`ermite parlait de la destinée, de la justice, de la morale, du souverain bien, de la faiblesse humaine, des vertus et des vices, avec une éloquence si vive et si touchante que Zadig se sentit entraîné vers lui par un charme invincible. […]

Tandis que le Babylonien parlait, il aperçut que le vieillard n`avait plus de barbe, que son visage prenait les traits de la jeunesse. Son habit d`ermite disparut; quatre belles ailes couvraient un corps majestueux et resplendissant de lumière.  » O envoyé du Ciel ! ô ange divin ! s`écria Zadig en se prosternant, tu es donc descendu de l`empyrée pour apprendre à un faible mortel à se soumettre aux ordres éternels ? – Les hommes, dit l`ange Jesrad, jugent de tout sans rien connaître : tu étais celui de tous les hommes qui méritait le plus d`être éclairé. »

Textes

Les documents suivants sont disponibles à la bibliothèque du Cégep de Trois-Rivières :

  1. VOLTAIRE. Contes. Paris, Bordas, coll. « Sélection Littéraire Bordas », 1968. 191p. cote : 848.5 V935c 1970.
  2. VOLTAIRE. Zadig ou la destinée. Histoire orientale. Paris, Ellipses Éd. coll. « retour au texte », 1995. 62p. [ISBN 2-7298-9592-2] cote : 848.5 V935w.
  3. VOLTAIRE. Zadig et autres contes. Préface de Bruno Vincent. Paris, L`Aventurine, coll. « Classiques universels ». 2002. 324p. [ISBN 2-84595-080-2] cote : 848.5 V935 wa.

Repères biographiques

Il naît à Paris le 21 novembre 1694, dans un milieu bourgeois aisé, où il est le troisième enfant vivant de ses parents. Le 22 novembre de la même année, il est baptisé à la paroisse de Saint-André-des-Arts. Il perd très tôt sa mère, Marguerite D`Aumart, morte en 1701. Grâce aux relations aristocratiques de cette dernière, il est introduit dans les cercles littéraires et mondains. Son père, François Arouet, est conseiller du roi. Fils d`un riche notaire parisien, François-Marie Arouet, dit Voltaire, fait ses études chez les Jésuites du collège royal de Clermont (auj. lycée Louis-le-Grand). C`est là qu`il se lie d`amitié avec le duc de Richelieu ainsi qu`avec René-Louis, marquis d`Argenson, qui sera ministre des Affaires étrangères de 1744 à 1747. Il est notamment l`élève des PP. Tournemine, Porée et Thoulier, qui lui donnent le goût de l`art classique et le culte du style ingénieux. Plutôt que de faire ses études de droit, dans l`étude de Me Alain, auxquelles le contraint son père, il préfère fréquenter les milieux littéraires (libertins), notamment la Société du Temple, où il est introduit par son parrain, l`abbé de Châteauneuf, en 1706. En 1712, il concourt pour le prix de poésie offert par l`Académie française, en écrivant une Ode à la Vierge, mais il échoue le sujet imposé. Insolent aux yeux de son père, ce dernier l`envoie à Caen, puis à La Haye en 1713, où il est secrétaire d`ambassade. En 1714-1715, il reprend ses études de droit à Paris. Le 5 mai 1716, il est en exil à Tulle, pour avoir écrit un pamphlet contre le Régent. Il écrit aussi des vers dont certains, jugés insolents envers le Régent, Philippe d`Orléans, le font embastiller pour onze mois, du 17 mai 1717 au 11 avril 1718. Peu de temps après sa libération, il prend le pseudonyme de Voltaire (anagramme d`Arouet le jeune, avec un u pour v et li pour lj) afin de mieux échapper à la censure. Le 18 novembre 1718, il fait jouer sa tragédie philosophique et satirique Œdipe, au Théâtre Français.

En 1722, il publie l`Épître à Uranie, où il se proclame l`adversaire de toute révélation et professe le déisme. Le 1er janvier de la même année, son père meurt. De juillet à octobre, il voyage en Belgique. En 1723, il compose La Ligue (bientôt nommée La Henriade), où il retrace les luttes religieuses et les guerres civiles où s`est distingué Henri IV de 1589 à 1594. Vaste épopée nationale, en dix chants, il s`agit d`une édition clandestine et incomplète. À cette époque, il connaît la célébrité et la richesse. En effet, il entreprend de fructueuses opérations financières dans les fournitures aux armées et le commerce avec l`Amérique grâce aux banquiers Pâris. En 1724, il publie sa tragédie Marianne. La même année, il accompagne le duc de Richelieu aux eaux de Forges car sa santé se détériore. Toute sa vie, il souffrira de douleurs intestinales. À cette époque, il peut compter sur les pensions royales, l`héritage paternel et son capital personnel qui lui assurent une rente annuelle de près de 8,000 livres. En 1725, il publie sa comédie l`Indiscret. Célèbre et fêté, il est reçu à la cour et se complaît dans les milieux aristocratiques et mondains. En 1726, il retourne à la prison d`État la Bastille pour deux mois après une querelle avec le chevalier de Rohan-Chabot (qui veut se venger d`un épigramme) et l`outrecuidance qu`il montre en exigeant réparation, lui, le roturier, d`une offense que lui a faite le chevalier. Le 1er mai 1726, il part pour Londres. Or, son banquier londonien ayant fait faillite, il perd 10,000 livres, dès son arrivée en Angleterre. De 1726 à 1729, il effectue un séjour à Londres en Angleterre où il prend contact avec des philosophes, dont John Locke (1632-1704). En 1727, il publie une nouvelle édition intégrale de La Henriade, sous le patronage de la reine d`Angleterre. Voltaire y célèbre la tolérance et s`y élève contre le fanatisme. À cette époque, il découvre le fondement de l`ordre anglais, soit la liberté de pensée. De cette constatation, naissent les Lettres philosophiques ou Lettres anglaises. En mars 1729, il obtient l`autorisation de rentrer en France. Après un séjour à Saint-Germain, il gagne Paris. À ce moment, il spécule sur la Loterie et gagne 500,000 livres.

En décembre 1730, il publie sa tragédie Brutus. En 1731, il publie une étude historique destinée à dénoncer la « folie des conquêtes », soit L`Histoire de Charles XII. L`ouvrage sera interdit. Le 13 août 1732, c`est la première de sa tragédie Zaïre, inspirée du poète dramatique anglais William Shakespeare (1564-1616). Cette dernière œuvre lui vaut un triomphe. En 1733, il publie Épitre à Uranie, qui est une critique des dogmes du christianisme. En mars de la même année, il publie le Temple du goût qui est aussi une critique des écrivains à réputation surfaite. En 1734, les banquiers Pâris intéressent Voltaire aux fournitures de vivres aux armées; il gagne 600,000 livres. En 1734 toujours, il rédige la tragédie Adelaïde du Guesclin. La même année, il publie un ouvrage polémique Lettres philosophiques (au nombre de vingt-quatre) où il fait l`éloge de son exil de trois ans en Angleterre. Il y vante la tolérance religieuse et la politique libérale de cette nation. L`ouvrage provoque un scandale, car il critique sévèrement le régime monarchique français. À partir de là, il est classé parmi les auteurs subversifs. Il quitte alors Paris et se retire alors au château de Cirey (Haute-Marne), chez la marquise Mme Du Châtelet, où il écrit une dizaine de tragédies. Il y compose également un Traité de métaphysique (qui ne sera jamais publié de son vivant) et La Pucelle d`Orléans. Il y réside jusqu`en 1744. De 1734 à 1738, il rédige ses sept poèmes intitulés Discours sur l`homme. Ceux-ci font l`apologie de la religion naturelle et de la morale purement humaine. En 1735, il fait jouer sa tragédie La Mort de César. En janvier 1736, c`est la première de la tragédie Alzire. En avril 1737, il s`établit définitivement à Cirey. En 1738, il publie un ouvrage de vulgarisation sur les Éléments de la philosophie de Newton.

En septembre 1740, il rencontre Frédéric II, à Wesel, près de Clèves. En août 1741, il fait jouer sa tragédie Mahomet. Dirigée contre le fanatisme, la pièce est dédiée par Voltaire au pape Benoît XIV qui lui envoie sa bénédiction. En février 1743, il fait jouer sa tragédie Mérope, inspirée de la tragédie du poète tragique grec Euripide (v.480-v.406). En 1743 toujours, il publie un poème épicurien Le Mondain, qui fait scandale. Il s`agit d`une fantaisie dans laquelle il montre le rôle social du luxe. En 1743-1744, il est en mission diplomatique à Berlin et en Hollande. De 1744 à 1747, protégé de Mme de Pompadour, il connaît une période florissante. En 1744, de nouveau en grâce, il regagne Versailles, puis Sceaux. En 1745, admis à la cour, il publie le Poème de Fontenoy, qu`on lui a commandé. En avril 1745, il est nommé historiographe du Roi Louis XV; il reçoit une pension de 2,000 livres. En avril 1746, il est élu membre de l`Académie française. En décembre de la même année, il est nommé gentilhomme ordinaire de la Chambre du roi. En 1747, il publie, sans nom d`auteur, le conte philosophique Zadig ou la Destinée, histoire orientale. Ledit conte a pour héros un jeune babylonien bien né qui connaît successivement la gloire et la misère. Voltaire y raille la présomption humaine et critique les abus sociaux. Il s`agit d`une transposition de ses mésaventures de courtisan, mais surtout l`illustration d`une nouvelle conception du bonheur. En 1748, il effectue des séjours à la cour de Stanislas Leszczynski, à Lunéville, en Lorraine. Le 10 septembre 1749, à la mort de la marquise du Châtelet, affligé, il retourne à Cirey, puis à Paris, où il séjourne chez sa nièce, Mme Denis (qui devient sa maîtresse à partir de 1744).

Chargé de négociations secrètes auprès de Frédéric II de Prusse (avec lequel il correspond depuis 1736), il accepte les offres de ce dernier et part s`installer à Berlin. De juin 1750 à 1753, il effectue donc un séjour, à Potsdam, auprès de Frédéric II de Prusse comme correcteur des vers de son hôte. Il y reçoit 20,000 livres de pension, la clef de chambellan et la croix de l`Ordre royal. Il espère avoir de l`influence sur le roi et croit trouver en lui le « despote éclairé » dont il rêve. En 1752, il adopte le genre du conte philosophique avec Micromégas. Il s`y inspire du roman satirique Gulliver (1726) du romancier anglais Jonathan Swift (1667-1745). Il y donne une leçon de relativité, montrant le peu de place occupée par l`homme dans l`univers, et la vanité de sa prétention à tout expliquer. S`étant fâché avec son protecteur, il quitte ce dernier le 26 mars 1753. Il revient alors en France par petites étapes, mais non à Paris. Mais un ordre de Frédéric II le retient prisonnier pendant cinq semaines à Francfort, ville impériale où il doit se dessaisir des poésies royales. En novembre 1754, il s`installe à Prangins. En 1755, son poème héroi-comique, la Pucelle scandalise les catholiques. La même année, brouillé avec le monde, après un passage en Alsace, il s`installe dans sa propriété des Délices (où se trouve aujourd`hui le Musée Voltaire), près de Genève, où il rédige son histoire de la civilisation, l`Essai sur les mœurs. En 1756, son Essai sur les mœurs excite contre lui les protestants. La même année, il rédige son poème philosophique Sur le désastre de Lisbonne, qui marque un tournant dans sa pensée; il s`aliène à ce moment Jean-Jacques Rousseau (1712-1778). Après le tremblement de terre à Lisbonne, où meurt trente mille habitants écrasés sous les ruines, il pose le problème de l`existence du mal. Ainsi, à l`optimisme du Mondain succède un pessimisme dont Candide fixe les limites. En 1756 toujours, il complète son grand ouvrage historique Le Siècle de Louis XIV. En 1756 également, il rédige l`Essai sur les mœurs et l`esprit des nations, qui choque les protestants. Cette œuvre historique est conçue comme un abrégé de l`histoire universelle. S`intéressant d`abord à l`histoire de l`Orient, il laisse, pour des raisons d`information, une place privilégiée à celle de l`Europe, depuis Charlemagne jusqu`au règne de Louis XIII. En 1759, il rédige le conte philosophique Candide ou l`Optimisme, où il réfute l`optimisme outré qu`il attribue au philosophe allemand Wilhelm Gottfried Leibniz (1646-1716) et préconise une sagesse toute pratique. Mais sa collaboration à l`Encyclopédie lui vaut de nouveaux ennuis, du côté de la Suisse, cette fois. Or, pour éviter toute surprise, il achète en France, sur la frontière, les deux terres de Tournay et de Ferney. C`est ainsi qu`en 1759 toujours, à la recherche d`une résidence tranquille, il achète le domaine de Ferney, à la frontière franco-suisse où il passe ses dix-huit dernières années. Profitant de sa liberté de manœuvre, il lance de là, presque quotidiennement, une avalanche de lettres, de libelles, de pamphlets, d`ouvrages petits ou grands, mais toujours efficaces. C`est en ce lieu qu`il reçoit les hommes les plus brillants d`Europe et qu`il y écrit également pour dénoncer les abus du pouvoir et l`intolérance (affaire Calas, Pierre Sirven, le général Lally-Tollendal, chevalier de La Barre). Par conséquent, le petit village de Ferney devient l`une des capitales de l`Europe pensante, un des « lieux saints » de la philosophie. C`est également là qu`il développe de nouvelles techniques agricoles et installe quelques fabriques; il y joue au seigneur éclairé. De 1760 à 1778, le village de Ferney passe de 50 à 1500 habitants.

Après 1760, il se consacre plus activement encore à la propagande philosophique par ses pamphlets, ses lettres, ses interventions pour réhabiliter des victimes d`erreurs judiciaires. En 1763, il rédige le Traité sur la tolérance, plaidoyer inspiré par l`Affaire Calas (1761). Il s`y oppose à tout fanatisme. En 1764, il rédige un conte philosophique Jeannot et Colin. Cette satire des parvenus raconte l`histoire de deux amis, séparés un moment par les préjugés sociaux et que la vie réunira. En 1764 toujours, il publie son Dictionnaire philosophique portatif. L`ouvrage comprend 614 articles qui constituent de franches prises de position, essentiellement sur la religion (attaques contre le clergé et contre le dogme) et la politique (défense de la liberté de pensée et du régime constitutionnel). Il y oppose l`adoration de l`Être suprême, dieu géomètre « de tous les êtres », qui engage à suivre une morale fondée sur le « droit naturel » de chacun. En 1767, il rédige un conte satirique L`Ingénu où il dénonce la corruption des mœurs politiques. Il y illustre le mythe du « bon sauvage », c`est-à-dire de la simple nature perfectionnée grâce aux sciences et aux arts. En février 1778, à 83 ans, il vient à Paris assister à la représentation de sa pièce Irène; Paris lui réserve un accueil triomphal. Son buste est même couronné sur la scène pendant la représentation d`Irène. Il meurt le 30 mai 1778, vers onze heures du soir. La sépulture ecclésiastique est refusée à ses restes par le curé de Saint-Sulpice et l`archevêque de Paris. Son corps, transporté clandestinement, est enseveli par les soins de l`abbé Vincent Mignot, son neveu, à l`abbaye de Seillière, près de Troyes, en Champagne.

En juillet 1791, l`Assemblée Constituante décrète le transfert de ses cendres au Panthéon, à Paris. À sa mort, avec 350,000 livres de rentes, Voltaire est milliardaire. De 1784 à 1790, on publie la première édition complète des Œuvres de Voltaire (Éd. de Kehl), par les soins de l`écrivain français Beaumarchais (1732-1799). De 1817 à 1829, c`est la période de la vogue du Voltairianisme. Durant cette même période, douze éditions des œuvres de Voltaire se succèdent. En 1828 et les années suivantes, on publie les Œuvres complètent par Beuchot. De 1877 à 1882, c`est l`édition de Voltaire par Moland. Le 18 décembre 1897, le tombeau est ouvert et les restes dispersés. Ces constatations réduisent à néant la légende de la profanation de ses restes. De sorte qu`aujourd`hui, c`est donc plutôt un cénotaphe (un tombeau vide) devant lequel les visiteurs passent, dans la crypte réservée aux grands hommes pour la patrie reconnaissante.

Il laisse une volumineuse Correspondance. Forte d`environ 20,000 lettres à environ 800 correspondants, celle-ci constitue une œuvre à part entière. Dans ce corpus, qui va de 1711 à 1778, près de 15,000 lettres sont de la main de Voltaire, qui écrit plus de vingt lettres par jour, à Ferney. Ses amis les plus proches en sont les principaux destinataires : le comte d`Argental, l`imprimeur Gabriel Cramer. On retrouve aussi des correspondants de toute l`Europe : le roi Frédéric II, l`impératrice Catherine de Russie, les philosophes Diderot et d`Alembert.

Polémiste brillant et versatile, il incarne « l`esprit français » de son siècle. Adepte d`une philosophie plus pratique que métaphysique, défenseur d`une civilisation de progrès, il n`a cessé de lutter pour la liberté, la tolérance et la justice. Esprit pratique, hostile à toute métaphysique, il fonde sa morale naturelle sur la tolérance et la bienfaisance.

Info. : www.denise-pelletier.qc.ca