Archives pour septembre 2008

Exemple de la section de problématisation, avec les concepts «Opinion» et «Vérité»

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Opinion et vérité
(exemple d’introduction)

(Sujet amené + référence historique) 
Au Ve  siècle avant Jésus-Christ, Socrate et les sophistes s’interrogeaient sur la valeur à accorder aux différentes opinions. Alors que Socrate s’efforçait de trouver des définitions véridiques et universelles concernant des vertus comme la justice; les sophistes soutenaient au contraire que la vérité est relative, estimant que toutes les opinions se valent. Environ 2500 ans plus tard, le débat est toujours présent, mais beaucoup plus sanglant. En effet, les attentats dirigés par Ben Laden et dont ont été victimes les États-Unis le 11 septembre 2001 indiquent qu’on ne s’entend toujours pas sur une vérité universelle. Cette situation m’amène à me poser la question suivante :

(Sujet posé) 
Des opinions divergentes sur un même sujet peuvent-elles être aussi vraies l’une que l’autre ?

(Démonstration du caractère philosophique de la question) :
a)    Le caractère fondamental de la question posée :

Si je réponds par l’affirmative, alors cela signifie qu’il sera toujours impossible de trouver une définition, une vérité universelle, ce qui implique qu’une entente entre tous les peuples, tous les êtres humains est irréalisable. La guerre sera donc inévitablement toujours présente sur la Terre.

b)    Le caractère controversé de la question posée :

Certains comme Socrate, affirment que des opinions différentes ne peuvent être toutes deux porteuses de vérité, car la vérité en tant que telle ne doit comporter aucune contradiction, or des opinions contraires sont basées sur un ensemble de contradictions. 2. L’antithèse et son argument : Alors que d’autres, comme les Sophistes, croient que des opinions divergentes peuvent être aussi vraies l’une que l’autre, car nos opinions proviennent de nos impressions, qui elles ont bien une réalité et en cela ne peuvent être fausses; or il peut y avoir autant d’impressions concernant une même chose que de personnes pour en juger.

Exemple de la section de problématisation, avec les concepts «Plaisir» et «Amour»

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Plaisir et amour
(exemple d’introduction)

(Sujet amené)
À voir tous les Cupidons qui tentent de nous vendre n’importe quoi en ce temps de la St-Valentin, il est apparent qu’amour rime avec chocolat, aphrodisiaque, passion, plaisir donc. Mais il y a une face cachée à cette lune : l’amour est aussi un âpre combat. Combien de femmes continuent à aimer leur homme dans un climat de violences de toutes sortes ? Combien il y a d’hommes qui persistent à aimer malgré les maux de tête répétés de leur Valentine ? Amour-bonbon ou amour-rose, épines incluses. Cet étrange paradoxe nous amène à la question suivante :

(Sujet posé)
Est-ce que le plaisir est nécessaire à l’amour ?

(Démonstration du caractère philosophique de la question) : 

a)    Le caractère fondamental de la question posée :

Cette question a toutes les apparences d’être philosophique, puisque la réponse à cette question aura des conséquences déterminantes sur notre façon de vivre l’amour ou non. Si je réponds par l’affirmative, je devrai m’évertuer à faire de cette relation une sorte de no man’s land où la recherche de satisfactions sera centrale. Je devrai aussi réfléchir à la nature du plaisir à rechercher. Ça implique également qu’aussitôt le plaisir absent de cette relation, aussitôt l’amour cessera. Faudra agrandir le cimetière des amours-morts pour cause d’hécatombe appréhendé.

b)    Le caractère controversé de la question posée :

De plus, quoi de plus controversée que cette question. Les partisans du nécessaire plaisir invoquent notre vie si courte pour placer un amour comme « ailleurs », le plaisir devant être au cœur de cette expérience, sans quoi ça devient de l’obligation, un devoir familial…  Par contre, les opposants à cette vision vont quant à eux faire appel au réalisme d’un nécessaire compromis : chaque personne est unique et le plaisir de l’un est différent du plaisir de l’autre, il serait donc illusoire d’adhérer à la conception du nécessaire plaisir en amour, qui rendrait tout amour durable impossible, selon eux.

Exemple pour la formulation et l’explication de l’argumentation

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Exemple pour la formulation de l’argumentation
Formulation du lien entre la thèse et l’argument («je crois que p parce que q») :
Je crois que la démocratie est un système politique défaillant, parce que la majorité des individus ne sont pas en mesure de déterminer quelles sont les bonnes décisions à prendre.

(Notons ici que l’explication de l’argument sera très importante : est-ce parce qu’on suppose que la majorité des gens sont des idiots?  Est-ce que l’éducation ne fait pas justement en sorte que la majorité est suffisamment instruite pour juger?)

Explication du lien entre la thèse et l’argument : 
Pour prendre une bonne décision, les bonnes intentions ne suffisent pas, il faut aussi avoir une bonne connaissance du sujet en question.  C’est d’ailleurs pourquoi on dit parfois que «l’enfer est pavé de bonnes intentions».  Cependant, les décisions politiques couvrent une très large variété de sujets et d’enjeux.  Or, ces enjeux comportent non seulement des controverses concernant la manière de tenter de les aborder et de les régler, mais en plus ceux-ci sont souvent complexes (après tout, si les solutions étaient si évidentes, on les aurait déjà appliquées).  Le problème ici, c’est qu’il n’est pas vraiment possible de bien connaître tous les dossiers, puisqu’il y en a tout simplement trop pour le temps dont on peut disposer, en tant que citoyen, pour fouiller chacun de ceux-ci.  Par conséquent, si la majorité n’est pas apte à prendre les bonnes décisions, ce n’est pas parce que la majorité serait composée d’idiots et ce n’est pas non plus parce que la majorité n’aurait pas l’éducation nécessaire.  C’est plus simplement (ou plus humainement), parce que la majorité ne dispose tout simplement pas du temps nécessaire pour bien connaître tous les dossiers qui seront impliqués par les prises de décisions.

Exemple de l’argument :

Par exemple, la majorité des gens vont travailler 40 heures par semaine.  À cela s’ajoutent parfois des contraintes familiales, ainsi que du temps pour des loisirs.  En fin de compte, lors d’élections par exemple, il devient difficile de disposer du temps nécessaire pour lire à fond tous les programmes politiques de tous les partis.  Mais encore là, lire les programmes n’est pas suffisant, puisqu’il faudrait aussi s’assurer qu’ils ne contiennent pas de sophismes de caricature.  Et pour le savoir, il faudrait pouvoir s’informer à fond sur les sujets et sur l’état des lieux dans la réalité, «sur le terrain», en s’assurant d’en saisir tous les aspects.  Or, on ne peut pas faire cela pour tous les sujets : santé, éducation, environnement, économie, etc., car ça deviendrait un travail à temps plein.  Par conséquent, on se prononce davantage sur la base d’impressions et de connaissances partielles que sur la base d’une véritable connaissance de toutes les implications.
Formulation de l’objection («certains pourraient m’objecter que non-p, parce que x) :
Par contre, certains pourraient m’objecter que la démocratie n’est pas un système politique défaillant, car au contraire elle rend plus difficile la prise de contrôle par des «spécialistes» qui pourraient être tentés de privilégier leurs propres intérêts lors de décisions politiques.…(refaire les mêmes étapes que pour ce qui précède)…

Directives pour la section de problématisation de la dissertation

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La section de problématisation
–> La démonstration du caractère philosophique de la questionDans cette section, je dois démontrer le caractère philosophique de la question. Pour ce faire, je dois réaliser les deux étapes suivantes:

A) La démonstration du caractère fondamental de la question philosophique
-je montre tout d’abord le caractère fondamental de la question. Cela se fait en formulant des conséquences possibles et significatives que la réponse à la question peut entraîner. On adoptera le modèle du raisonnement hypothétique: «S’il s’avérait que x (x étant une réponse possible à la question philo.), alors y.» La conséquence (y) doit être significative, c’est-à-dire qu’elle doit montrer que répondre à la question engage la réflexion dans une direction qu’il vaut la peine d’explorer. On ne philosophe pas sur des idées insignifiantes.
B) La démonstration du caractère controversé de la question philosophique
-je montre ensuite le caractère controversé de la question. Cela se fait en indiquant que l’on peut très bien soutenir la thèse et l’antithèse (le «oui» et le «non»), chacune étant accompagnée d’unargument crédible et pertinent.  Attention: il ne s’agit pas ici de faire état des motivations personnelles (qui relèvent des jugements de préférence ou de goût), mais bien d’identifier des arguments (qui se situeront au niveau des jugements de valeur ou d’interprétation) indiquant en quoi il pourrait être justifié de défendre la thèse et en quoi il pourrait aussi être justifié de défendre l’antithèse.

Directives pour la section de conceptualisation

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Dans cette section, il vous faudra définir les concepts importants de la question philosophique, illustrer les définitions des concepts importants et, enfin, reformuler la question philosophique en vous servant de vos définitions.Les étapes de la section de conceptualisation1) Formulation de la définition réelle du premier concept-clé de la question philosophique 

Définir réellement un concept, c’est dire quelle sorte de chose il est (son genre) et ce qui lui appartient en propre (sa différence spécifique). Vous devez donc à cette étape de votre dissertation identifiez les concepts importants de la question philosophique et produire une définition réelle pour chaque concept identifié. Prenez garde aux fautes de définition!

– Par exemple, une bonne définition réelle de la philosophie pourrait être la suivante: «c’est une réflexion critique [voilà le genre de chose que c’est] sur des questions fondamentales [et voilà ce qui est spécifique à ce type de réflexion critique].»
– Et, autre exemple, une bonne définition réelle (genre + différence spécifique) du concept de «vérité» pourrait être la suivante: «c’est une affirmation, une pensée ou une croyance qui est conforme au réel.»
2) Exemple venant illustrer chacun des éléments de la définition réelle du premier concept-cléIci vous devez donner un exemple concret et pertinent (bien relié) pour la définition réelle produite. Il faut ici prendre le soin d’illustrer clairement chacune des parties de la définition réelle.  En cas de doute sur la pertinence de votre illustration, justifiez le lien entre votre exemple et la définition dont il est un exemple.
– Par exemple, une bonne définition réelle du concept d’utilitépourrait être la suivante : «c’est une chose, une action ou une activité qui apporte un avantage».  Par la suite, lorsque vous devez illustrer (exemple) le concept d’utilité, un exemple simple pourrait notamment être le suivant : «un marteau est un outil qui, de par sa forme et sa consistance, apporte un avantage afin de planter des clous, car c’est plus rapide et plus facile qu’avec une pièce moins dure, comme un morceau de bois, et c’est aussi plus rapide et plus facile qu’avec une pièce se maniant moins bien, comme une roche.»
3) Formulation de la définition réelle du second concept-clé de la question philosophique Il s’agit ici de répéter l’exercice de la première étape, mais avec le second concept-clé.
4) Exemple venant illustrer chacun des éléments de la définition réelle du second concept-clé
Il s’agit ici de répéter l’exercice de la deuxième étape, mais avec le second concept-clé.
5) Reformulation de la question philosophique à la lumière des définitions réelles
Il s’agit ici de substituer les concepts-clés par les définitions réelles.
– Par exemple, supposons que la question philosophique est la suivante : «Est-ce que la philosophie est utile?».  Les deux concepts-cés de cette question sont : le concept de «philosophie» et le concept d’«utilité».  Ainsi, dans la définition des concepts on aurait :
– la «philosophie, c’est une réflexion critique sur des questions fondamentales» ; et
– «l’utile, c’est «quelque chose» (une chose, une personne, une action ou une activité) qui apporte un avantage»
La reformulation de la question philosophique à la lumière des définitions réelles donnerait donc ceci :
–> «Est-ce qu’une réflexion critique sur des questions fondamentalesest quelque chose qui apporte un avantage 
Ceci permet alors de mieux voir la signification profonde de la question, tout en permettant de mieux voir ce que l’argumentation devra démontrer.