«L’idée de justice se place elle-même, délibérément, en face du plus important ouvrage de Rawls, Théorie de la justice, et, pour une large part, en est la contestation radicale.» (Robert Maggiori)(lire la suite)
«Finalement, la seule question de la philosophie est depuis toujours : comment y entrer.» (Roger-Pol Droit)»(lire la suite)
«Penser l'être incarné. [...] même si le corps a souvent été considéré comme un fardeau entravant la connaissance et la vertu, aucune philosophie n’a jamais pu faire l’économie de sa présence. [...] Cet ouvrage analyse les paradoxes de notre rapport au corps et la manière dont chaque époque invite à le repenser.»(lire la suite)
«[...] ce livre qui devrait faire date est loin d'être simplement un remarquable cours d'histoire des idées. Il déplace les perspectives habituelles et renouvelle profondément l'approche théorique de l'argumentation, en proposant une définition inédite de la rhétorique comme "négociation de la distance entre des individus à propos d'une question donnée". L'accent est ainsi mis sur les questions plutôt que sur les réponses [...]» (Roger Pol-Droit).(lire la suite)
Marc Angenot nous propose d'explorer l'univers de la mécompréhension dans la volonté de persuader, d'en analyser les mécanismes, de répertorier les formes du raisonnement logique et celles des errements illogiques, et de nous éclairer quelques cas de dialogues de sourds qui marquèrent l'histoire de la philosophie. Cet ouvrage en vient à poser, in fine, la question de l'universalité de la raison raisonnante et à en dessiner les limites.(lire la suite)
Avant tout, ce livre répond à une question simple : que peut encore dire un croyant de la Création et d’un Dieu créateur maintenant qu’on sait que la Terre a 13,7 milliards d’années, que la Vie en a près de 5 milliards et que les premiers hommes sont apparus il y a environ 2 millions d’années ?(lire la suite)
Vouloir évaluer le legs de Maurice Merleau-Ponty (1908-1961), cent ans après sa naissance, signifie donc avant tout prendre l’œuvre au sérieux en tant qu’œuvre et mettre au jour l’extrême cohérence qui la soutient. En suivant le fil rouge d’une notion, omniprésente des premiers aux derniers écrits, mais qui, en tant que concept opératoire, est passée jusqu’ici inaperçue, l’ouvrage retrace la lutte incessante de Merleau-Ponty contre toute idéologie de la transparence (transparence de soi à soi, du soi et de son savoir, du soi et de l’Autre) qui est aussi toujours la lutte de Merleau-Ponty avec lui-même. (Lire la suite)
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Pour les personnes souhaitant alimenter leurs réflexions avant le colloque «Une cité pour l'Homme» sur La cité et les arts qui aura lieu les 2, 3 et 4 juin prochain, de la même manière que je me suis permis de suggérer l’écoute de l’émission TLMSF qui portait sur le Bauhaus et la ville de Québec, je me permets de suggérer la lecture de cet article du New York Times sur le phénomène artistique qui émerge de Leipzig : The New Leipzig School (6 pages). C’est l’œil alerte de notre collègue et ami Guy Béliveau qui nous avait fait découvrir cet article en 2006.
était coupée de l’expressionnisme abstrait, du minimalisme et de l’art conceptuel. L’enseignement des arts était en filiation avec l’enseignement classique. Ceux qui enseignent maintenant les arts visuels à Leipzig ont été formés ainsi et répètent, dans une certaine mesure, cet enseignement où il y a un très fort accent sur le travail rigoureux de la technique et une production figurative. Dans la nuit du 9 au 10 novembre 1989, à la suite des manifestations de Berlin et de Leipzig, le mur de Berlin tombe. Die Wende. Ce que l’on appelle la «Nouvelle école de Leipzig», ce sont les jeunes artistes, nés dans les années des décennies de 1960 et 1970, formés par ces professeurs. Avec la chute du mur, il leur devient possible de se faire connaître sur la scène du marché international de l’art. Depuis la percée de Neo Rauch au milieu de la décennie de 1990, leurs œuvres sont extrêmement convoitées. Selon le New York Times, la ville de Leipzig est maintenant au cœur du premier grand phénomène artistique du 21e siècle.
La cité et les arts ? Assurément, ça pose questions.
En parlant du philosophe Michel Foucault, le journaliste et essayiste de renom Jean-Claude Guillebaud, que nous avons eu le plaisir de recevoir l'an dernier, constatait que «On insiste moins, en revanche, sur l’appétence joyeuse, le rire sonore, la bonne humeur bondissante de l’homme. On a tort. Cette simple image rompait de manière saisissante avec l’archétype traditionnel du philosophe, reclus dans son sérieux et sa tour d’ivoire. Foucault était l’homme qui pense et qui doute, mais qui rit en même temps. Il aimait les concepts et la fête. […] Ce maître-là s’amusait. Un comble ! C’est peu de dire qu’il «collait» à son époque. Si, un jour, il ne devait rester de Foucault que l’étourdissante gaîté de son rire, ce ne serait pas négligeable.» (Jean-Claude Guillebaud, La force de conviction, pages 96-97).
Et au Québec, quiconque a déjà entendu une entrevue avec le philosophe Charles Taylor aura remarqué la présence récurrente de son rire.
Est-ce donc un «signe des temps» si la professeure de philosophie Julia de Funès qui animera, à partir du 5 avril à France 5, l’émission «Le bonheur selon Julia!» est aussi la petite fille de l’acteur comique Louis de Funès ? Il semblerait que de manière quotidienne, en capsule de 2 minutes, l’émission se proposera de faire connaître l’éclairage de la philosophie de manière distrayante, mais pas «divertissante» au sens pascalien. Julia de Funès publiera aussi un livre intitulé Coup de philo sur les idées reçues aux éditions Michel Lafon (à paraître le 18 mars 2010). Pour des précisions sur l’émission, voir cet article, ainsi que cet autre article qui donne quelques indications sur le parcours de Julia de Funès.
Les 2, 3 et 4 juin prochain se tiendra un événement d’envergure : le sixième colloque Une cité pour l’homme qui aura pour thème La cité et les arts. À cet égard, certains souhaiteront auparavant alimenter leurs réflexions sur les multiples facettes à la fois des arts et de la cité, afin de se préparer à l’événement et se mettre dans l’ambiance. Les angles de questionnements sont bien sûr multiples, comme on pourra l’entrevoir en fréquentant le site de l’événement.
C’est donc sans vouloir donner l’impression d’un seul pôle de réflexion, mais pour alimenter des réflexions, que je me permets de suggérer l’écoute de l’épisode 2 de l’émission «Tout le monde s’en fout» (TLMSF), qui offre de stimulantes réflexions sur le Bauhaus et la Cité.
Animée par Matthieu Dugal et diffusée à partir du quartier St-Roch de la ville de Québec, TLMSF est «une émission de radio tournée pour la télé» (source et détails), qui a l’audace de parler de sujets dont l’univers médiatique préjuge trop souvent que tout le monde s’en fout. Lors de ce second épisode (à partir de 04:14), la très pertinente Catherine-Eve Gadoury (ancienne enseignante en arts plastiques et maintenant chroniqueuse en arts et culture), qui soit dit en passant fait un incroyable travail de «passeur» pour faire connaître les arts visuels au Québec, dresse un magnifique portrait du Bauhaus, soulignant l’audace révolutionnaire qu’incarna le Bauhaus à Weimar au début du 20e siècle, alors qu’encore aujourd’hui perdure, pour reprendre son exemple, une séparation entre la faculté des arts visuels de l’Université Laval et l’école des métiers d’arts de Québec. Le Bauhaus intégra la cohabitation des beaux-arts et des métiers d’arts, l’idéation et la technique, des disciplines très diverses, la production, etc. Lors de ce même épisode, Matthieu Dugal s’entretient aussi avec Réal Gauthier, lui-même ancien étudiant du Bauhaus 2 et spécialiste de la question, qui tente de voir si leur ville, Québec, ne serait pas apte à réactiver et actualiser les énergies représentées par le Bauhaus.
L’ouvrage du 9e art paraîtra le 19 mars aux Éditions le Lombard. Il faudra voir et lire pour en juger, mais si nous pensons aux voies ouvertes, par exemple, par Ernest Hemingway avec Le vieil homme et la mer pour faire ressentir les creusets d’un stoïcisme à partir des émotions volatiles de la jeunesse (par exemple), alors nous pouvons considérer qu’il pourrait être dommage de ne pas accorder l’attention qu’il faut à la parution de cet ouvrage du 9e art. En attendant sa parution, pour en savoir un peu plus, outre le billet de Fabien Deglise, on peut consulter cette page du site de Maximilien le Roy.
Ce n’est peut-être pas de la philo, ou peut-être bien que si. Peut-être bien que si, si nous évitons les nombreux effets de surface.
De ce qui passe et de ce qui dure, d’Héraclite et Parménide, la question sans cesse revient de ce qui peut faire la valeur d’une œuvre. De ce qui peut perdurer par-delà les changements. L’universel par le particulier et le particulier par l’universel, soit, on peut imaginer des vases communicants.
Mais entre ghettos et chapelles, y a-t-il vraiment échange possible ?
Si l’on est intéressé par des échos «de l’intérieur», alors il peut être utile de prendre connaissance de ce petit texte, apparemment (mais les apparences!!...) sans prétention, de l’écrivain Nicolas Dickner qui «rêve parfois d’un grand livre qui s'intitulerait : Une histoire de la littérature moderne en 50 exclusions» : Ghettos et chapelles.
Ghettos et chapelles. Un petit rien, qu’un grain de sable. Mais qui sait ce que peuvent faire les grains de sable, lorsqu’ils trouvent leurs huîtres !
Historien et politologue de formation, ancien professeur d’histoire canadienne à l’Université Laurentienne (à Sudbury, en Ontario) et directeur des pages culturelles du Devoir depuis 2002, Jean-François Nadeau avait déjà publié, en 2007, une biographie fort remarquée sur Pierre Bourgault, qui a fait événement. Il reprend maintenant l’exercice d’analyse avec une autre biographie, mais en plongeant dans de tout autre eaux politiques, où tout à l’inverse il «met en lumière la place qu’occupe la droite extrême dans la fondation du Québec contemporain.» Et ce singulier personnage d’influence qu’il analyse, c’est Robert Rumilly, l’homme de Duplessis.
Une exploration d’une autre facette, plus obscure, de notre histoire sociale, politique et culturelle que celles de sa précédente biographie sur Pierre Bourgaut, disions-nous ? À vous de juger des ramifications extrêmement diverses de ce qui a tissé notre histoire ! Voici donc la présentation, par Jean-François Nadeau, de cette ombre omniprésente à son époque, que semble avoir été Robert Rumilly :
«L’historien Robert Rumilly, un intellectuel au temps de Duplessis Né en Martinique, éduqué en Indochine puis en France, Robert Rumilly s’installe au Canada en 1928. Il va y devenir un des historiens les plus prolifiques du XXe siècle, tout en devenant un des proches conseillers de la droite, notamment de Maurice Duplessis. Toute sa vie, Robert Rumilly va s’employer à défendre des idées réactionnaires, au nom d’une conception de la société qui emprunte à celle de son maître, l’idéologue français Charles Maurras. À travers le parcours étonnant de cet homme à la force de travail hors du commun, c’est tout un pan de l’histoire intellectuelle du Québec que l’on découvre.»
Cette philoconférence aura lieu le lundi 15 février à 19h., à l’Église St-James. Comme à l’habitude, l’entrée est libre et gratuite.
«L’idée de justice se place elle-même, délibérément, en face du plus important ouvrage de Rawls, Théorie de la justice, et, pour une large part, en est la contestation radicale.» – Robert Maggiori (source)
La traduction française de The Idea of Justice (paru le 30 septembre 2009, chez Harvard University Press), de Amartya Sen, est parue ce mois-ci aux Éditions Flammarion.
Voici la présentation de l’éditeur français :
«Imaginons trois enfants et une flûte. Anne affirme qu’on doit lui donner la flûte parce qu’elle est la seule qui sache en jouer ; Bob parce qu’il est pauvre au point de n’avoir aucun jouet ; Carla parce qu’elle a passé des mois à la fabriquer. Comment trancher entre ces trois revendications, toutes aussi légitimes ? Les partisans des théories aujourd’hui dominantes – utilitarisme, égalitarisme, école libertarienne – plaideront chacun pour une option différente, selon la valeur qu’ils attachent à la recherche de l’épanouissement humain, à l’élimination de la pauvreté ou au droit de jouir des fruits de son travail. Mais, souligne Amartya Sen, aucune institution, aucune procédure ne nous aidera à résoudre ce différend d’une manière qui serait universellement acceptée comme juste.
«S’il fallait lire un seul livre de Camus, c’est peut-être Noces qu’il faudrait choisir.» – Christian Rioux, Camus essentiel
Le 4 janvier 2010 marquant le cinquantième anniversaire de la mort d’Albert Camus, plusieurs médias ont commencé à faire échos à la fois à l’homme et à l’œuvre. À cet effet, parmi les liens de qualité, mentionnons notamment :
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